N° 51
Mai/Juin

http://piednoir.net

Les Bords de la SEYBOUSE à HIPPONE
1er Juin 2006
jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr
LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
Les dix derniers Numéros :
EDITO

De la Mémoire à l'Histoire
en passant par le Beignet et le Créponet.

Une trentaine de Bônois de retour chez eux. Un séjour de pèlerinage, de souvenirs, de découvertes et de coups de jeunesse.

    Pour ce deuxième voyage "du site de Bône la Coquette" et de la "Gazette La Seybouse", un groupe de 37 personnes de 44 à 75 ans est arrivé le dimanche 16 avril dans l'après midi, dans une ambiance euphorique et pleines d'émotions parfois non contenues. Ce groupe composé par l'intermédiaire d'Internet, venus de tous les coins de l'hexagone et même du bout du monde, n'en croyait pas leurs yeux remplis de larmes devant les premiers accueils à l'aéroport. Le premier parcours jusqu'à la plage de la Patelle avec nos compagnons de Souk Arhas et l'arrivée à l'Hôtel de la Seybouse.

    Le passage devant les endroits familiers produisait des embrasements de joies et de larmes. Pour certains c'était le 2ème voyage, mais pour d'autres le 1er retour après 44 ans d'exil. Certains sont venus en familles natives de Bône, d'autres ont fait découvrir notre ville à leur conjoint ou conjointe.

    Les quatre premiers jours d'excursions ont permis de restés unis par la consolidation de l'esprit d'amitié de ce groupe, né sur Internet, dont la majorité a fait la connaissance physique à l'aéroport de Marignane. Ces excursions de groupe ont permis de visiter, partager les émotions et découvrir ensemble des lieux que les circonstances d'avant l'exode n'avaient pas favoriser. Ces journées nous ont rappelé l'évidence que l'Algérie est pour nous le plus beau pays et qu'il reste à découvrir.

    Les autres journées, jusqu'au départ du 27, ont été libres. Cette liberté a été mise à profit pour visiter en petits groupes tous nos quartiers ; de retourner dans les villages, villes ou fermes de l'enfance de certains d'entre nous ; de retrouver des amis, des familles avec l'accueil chaleureux des Algériens ; de revisiter les cimetières dont l'état laisse à désirer un meilleur entretien et à Bône c'est encore le cimetière européen qui est dans le meilleur état même s'il reste beaucoup à faire. Le cimetière Juif c'est la désolation. Le cimetière arabe de notre célèbre dicton est dans un mauvais état aussi. Les vandales sont passés partout.
    Les visites sur les lieux scolaires ont ravivé les souvenirs de jeunesse sur les bancs de ces établissements. Que d'anecdotes sont à raconter ! La joie des élèves actuels, à la vue de ces pépés et mémés venus s'asseoir sur ces bancs d'époque, était belle et pleine de promesses pour leur mémoire. Ils pourront dire : " J'ai rencontré ces exilés, ils sont comme nous. "
    Les promenades seules ou en petits groupes ont toujours été entrecoupées d'arrêts par des " Bienvenus chez vous " et des petites causeries amicales et chaleureuses. Les moments de détente chez le marchand de beignets ou à l'Ours Polaire pour déguster les créponnets, ont été des moments où la rêverie reprenait son cours, sur le Cours Bertagna.
    Les visites des maisons de notre enfance ont été des moments d'intenses émotions. C'est vrai que l'état général manque d'entretien. Cela est dû à l'état misérable dans lequel le peuple vit et qui ne profite pas de la manne du pétrole. Néanmoins, les nouveaux propriétaires tentent de maintenir l'intérieur dans un état propre pour y vivre.

    Au fil des conversations, on nous dit que les gens ne veulent plus travailler car il y a beaucoup de corruption et que c'est toujours les mêmes qui en profitent. En France aussi, c'est ainsi, et ce n'est pas une raison pour rester à attendre ………. Les sauveurs et le messie.
    Ce peuple devrait se prendre en main, en ouvrant les yeux sur ce qui a été réalisé pendant 130 ans, sur ce qui est possible de faire en occultant les tabous ; en ne refusant pas les bienfaits du modernisme ; en classant la religion dans le seul coté de la foi et non pas du coté de la loi ; en se mettant au travail sans laisser les chinois, japonais ou autres leur prendre.
    On ne peut que leur dire : " Qu'avez-vous fait de votre indépendance ? ". C'est là que l'on comprend que l'on appartient à ces lieux, ces coutumes, ces souvenirs et que l'ont veut s'identifier dans le changement profond de la ville extérieure.
    Le retour a été plus morose avec la tristesse de retrouver la terre d'exil, le train-train quotidien. L'arrivée à Marignane avec des esprits encore à Bône, la dispersion avec des larmes. Un dernier verre à la buvette pour les derniers hussards qui m'ont fait l'amitié de m'offrir ces derniers instants de fraternité puis la séparation pour un retour chez soi où le téléphone et Internet fonctionnent à plein temps, car une vraie amitié est née dans ce groupe.

    Ce qui est à retenir, c'est la joie et le bonheur dans les moments forts partagés, avec des anciens qui ont été des pères, des mères et des guides pour les plus jeunes d'entre nous ; la tristesse de l'état physique de la ville ; la recherche de contact de la population de tout age avec des marques de sympathie ; l'accomplissement d'une démarche forte, souvent évoquée ou souhaitée et la conservation dans notre esprit de l'image de notre merveilleux pays qui reste à découvrir ; le soulagement d'avoir fait " un pèlerinage " sur notre sol natal, le sol de nos anciens ; et d'avoir assouvi ce besoin vital d'un être humain, de retrouver ses racines malgré les destinées si différentes de chacun.
    Ce pays, quoiqu'il advienne, restera à jamais au fond de nos cœurs, toujours le notre. Cet air que nous avons respiré sera toujours le meilleur. Maintenant, je pense que beaucoup comprendront mieux leurs ancêtres et l'amour qu'ils ont eu pour le pays qu'ils ont façonné, l'Algérie Française devenu simplement ALGERIE.

                                   Jean Pierre Bartolini                         

        Diobône,
        A tchao.

    Mon Adresse est : jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr


Aprés votre visite,
(---n'oubliez pas de Cliquer --- )

RAPPEL La Saint-Couffin !
A UZES le 4 JUIN 2006
Communiqué de l'A.B.C.T
RETENEZ BIEN CETTE DATE 4 JUIN 2006
ET RESERVEZ-LA

Rassemblement national des Bônois, Constantinois et anciens de Tunisie

Cher(e) Compatriote et Ami(e) de l'Est Algérien

     J'ai le grand plaisir de vous annoncer, que pour la 40ème année, l'Amicale des Bônois, Constantinois et Anciens de Tunisie du Gard, organise le grand rendez-vous national d'UZES. C'est donc le:

dimanche 4 juin qu'aura lieu la traditionnelle journée champêtre

     Comme les années précédentes, c'est dans le cadre verdoyant
du camping municipal d'UZES, mis à notre disposition
par la Municipalité de cette ville, que nous vous accueillerons.

Le programme est le suivant:
8 heures 30 :Entrée libre et gratuite - accueil des participants.
10 heures 30 : Grand-messe en plein air avec la statue de Saint Augustin : Evêque d'Hippone.
11 heures 30 :Accueil des personnalités Gardoises et des représentants des amicales de rapatriés de toute la région.
12 heures :Repas tiré du sac.
15 heures 19 heures: Animations diverses avec comme d'habitude Jean Pierre PACE et son Saxo.
17 heures : Tirage de la tombola. 10 lots de grande valeur (prix du billet 1 Euro 50)

Vous trouverez sur place .: Boissons, merguez, Fougasse, pâtisseries orientales et café.
La recette des différents stands, nous permet de couvrir les frais de cette organisation (assurances - animation - sécurité - agencements etc.) Nous comptons sur vous pour les faire " tourner ".

Bônois, Constantinois, anciens de Tunisie, Pieds Noirs de tous horizons, amis et sympathisants, venez nombreux participer à cette journée, afin de retrouver des visages connus, d'échanger des souvenirs impérissables et d'assurer dans la joie et la bonne humeur le succès complet de cette manifestation.
Qu'on se le dise ! ! ! de bouche à oreilles ou par Tam-Tam....

Merci d'avance de votre participation
Le Président, J.P. ROZIER

Cette journée nationale, Campagnarde et conviviale, se déroule au Camping Municipal d'UZES (dans le Gard).
Chacun apporte son "Couffin" ou sa "Cabassette",
sa petite table et ses chaises pliantes.
N'oubliez pas les verres pour notre éternel "Sirop de Cristal"
(se délecter avec modération entre copains)




SOUVENIRS Du 2ème VOYAGE A BÔNE          
Le 2ème voyage du site de BÔNE la COQUETTE
et de la Gazette la SEYBOUSE
DU 16 AVRIL AU 27 AVRIL 2006
(dans l'ordre d'arrivée)


j’ai besoin d’y retourner



Bône vue d'avion le 16 avril 2006

Là, face aux côtes de France,
Au bord de la mer immense,
Sous le soleil d’Afrique,
Il est un vrai coin de paradis que je chéris,
O Bône, Ville d’amour, où nous avons vu le jour,
Nous avons la nostalgie de tes rivages,
Le regret de tes plages au sable fin,
Tu es, et reste au plus profond de notre cœur,
     
et te disons ,

         Lors de mon premier séjour en 2005, c’était avant tout les retrouvailles avec Ma Terre, le séjour étant court, il fallait « vivre très vite » ces instants d’émotions, de bonheur, et en faire la digestion après !.
         Ce 2ème séjour, plus long, fut salutaire pour concrétiser le premier. Je n’ai pas eu la même émotion à la descente de l’avion, parce que cette fois-ci je savais ce que j’allais voir…., car « j’étais chez moi » et pourtant….. !!! Pourtant, d’autres émotions m’attendaient…… !!!.
         Dès le lendemain de notre arrivée, visite incontournable de notre cimetière, mais plus encore, nous avons fait une visite au cimetière Juif et au cimetière Musulman, mis à part l’émotion très intense d’être en ces lieux, j’ai été très sensible à ce fait, en ce lundi de Pâques.
         La messe à Saint-Augustin : après 44 années, la célébration dans cette Basilique fut un moment émouvant pour moi, car j’y ai associé en pensée « tous les miens »

         Beaucoup de changements positifs sur le réaménagement de la Ville sont intervenus durant l’année, et cela m’a fait chaud au cœur de voir « Bône » sur la voie de la « beauté ».

         La découverte de La Calle par la côte, et je peux dire que nous avons « ouvert » la nouvelle route, le coin de paradis d’Herbillon, sur les traces de Saint-Augustin à Souk-Ahras, le Rummel de Constantine, le hammam de Guelma, un émerveillement de voir des paysages plus beaux les uns que les autres, des vues magnifiques, des champs cultivés, des découvertes de toutes sortes, tant sur le plan culturel qu’émotionnel !!. Car nous avions la chance d’avoir des indications et des précisions pointues de nos Aînés, ils se reconnaîtront !.

         Cette journée au « Vivier », Jean-Pierre avec ses souvenirs d’enfance, nous a pris sous son aile, afin de nous faire découvrir à Yves, Antoinette, Mounir et moi la « pointe du rocher » où nous avons pu nous enivrer au vent, au soleil et à la mer. Merci à lui, pour cette belle émotion.


La pointe la plus avancée du Cap de Garde

         Un vrai bonheur d’avoir plus de temps pour découvrir et/ou redécouvrir certains endroits, pouvoir savourer à loisir, humer à volonté, et faire le marché, sans oublier beignets, makrouts de 4h et créponnets !!.

         Le contact chaleureux avec les habitants, « soyez les bienvenus chez vous » ou « vous êtes Bônois, vous êtes chez vous » étaient toujours là, mais le plus touchant fut ces phrases :
                  - alors que j’étais au marché, de la part d’un Monsieur de 60 ans ! « quand j’ai le bourdon, je vais au cimetière et je regarde les Tombes ! » et c’est ensemble que nos yeux se sont embués de larmes !
                  - lors d’une promenade vers la pépinière avec Jean et Antoinette, lors d’une conversation enrichissante et intéressante avec une personne ayant fait ses études à Alzon : « excusez-moi je dois partir, car j’ai envie de pleurer ! »
                  - quartier Ste Anne : « et pourquoi vous n’êtes pas venus avant ? vous êtes chez vous ici »

Il y a beaucoup de choses à dire dans ce sens et pour ma part, je ne garde en mémoire, que cela, les émotions positives et pleines de chaleur.
                  - Au delà des retrouvailles, des souvenirs, des émotions de chacun, il y a quelque chose de « très fort » qui s’est ressenti au cours de ce 2ème séjour :
                  - Toutes différences confondues, il y avait l’ambiance, la solidarité, la chaleur, le partage «d’être ensemble» car nos cœurs battaient à l’unisson dans notre « Bône », chère à nos yeux, du moins c’est ma propre analyse.
                  - Par petit groupe, chacun d’entre nous a assisté, a contribué, a pris acte des émotions de l’autre : car il n’était pas « seul, pour trouver, retrouver et revoir les endroits de jadis» !! quelques exemples :
                  - Suzanne, devant la maison de ses parents, qui nous montre la petite lucarne qui se trouve en façade, sa maman avait mis une statue de St-Antoine……, à la place aujourd’hui il y a un bouquet de fleurs !
                  - Jean, devant sa maison ! moment émouvant avec « son chez lui »,
                  - Elie, découvre le domicile où Paule, son épouse a vécue, ainsi que l’ école !,
                  - Christian et Antoinette, retrouvent leur domicile et sont invités à y entrer !, avec le partage de la galette pour le lendemain.
                  - Yves, qui fixe l’objectif de son appareil sur la maison où il est né, sans oublier son domicile à Guelma où se trouve actuellement une haie splendide de bougainvillées alors qu’il n’en avait planté que 3 à l’époque !,
                  - Suzette, qui se souvient d’une côte pour rejoindre l’Ecole normale, retrouve ses faits et gestes dans la cour avec ses superbes orangers où elle révisait,
                  - Henri, sur les traces où a vécue sa maman dans les années 1920 à 1930 !
                  - Pour ma part, en compagnie de Yves, Elie et Jean, que je remercie d’avoir été à mes côtés, lorsque j’ai voulu refaire à pieds le chemin vers la Colonne, Sadi-Carnot, Maternelle Garibaldi, Ste-Anne, et le n° 30 de la rue Eugène François, mon domicile, où l’émotion est à son comble !!, Je n’étais pas « seule » mes Amis étaient là ! et leur présence m’a permis d’apprécier encore mieux ces instants.

         J’ai pris acte des émotions ressenties par vous tous et suis heureuse de ce partage. Merci à vous d’avoir contribué à ce bonheur avec une pensée toute particulière à ma sœur de cœur «Antoinette »

         Je remercie très sincèrement Jean-Pierre pour l’initiative, la préparation, l’organisation et le surcroît de travail qu’il a déployé, sans oublier Jeanine, qui à ses côtés, dégage tant de gentillesse, de douceur, de compréhension à notre égard ; elle, une fille de France !.

         A notre guide « Mounir », qui a veillé sur nous, comme sur sa propre famille, partageant et comprenant nos émotions, et qui a mis sa spontanéïté, son dévouement, sa gentillesse, à notre service, il a trouvé dans notre groupe « papy, mamie, frères et sœurs de cœur ». Qu’il soit ici remercié.

         Et comme je n’ai pas fini de faire mon marché !!!! il me manque le camembert de St-Augustin et l’eau de Larbi !

j’ai besoin d’y retourner, mais pas sans vous !!

Restons « groupir » et rendez-vous sur net.

NÖELLE        



BÔNE !

         Bône où j'ai ouvert les yeux un jour de juin 1938. Bône où j'ai grandi, souffert et failli mourir en juin1956. Bône le cœur gros, les tripes serrées, les larmes aux yeux quand je t'ai quitté en 1962. Bône de juillet 62 à avril 2005 je n'ai rêvé que de toi, de tes rues, de tes senteurs, de ton bruit. Avril 2005 le miracle s'accomplit Bône (Annaba) je te retrouve avec mes amis.
         Annaba, tu n'es plus Bône, mais ton cœur l'est toujours : la place d'armes, le marché couvert, le théâtre, l'Hôtel de ville, le cours Bertagna, la gare sont toujours là, vieillis eux aussi, comme ma vieille carcasse, écrasés par le poids des ans.
         Mon cœur bat à plus de cent à l'heure immergé dans cette foule grouillante mais sympathique. Je n'arrive pas quarante trois ans après à m'imaginer que je foule de nouveau mon sol natal, l'émotion est trop forte trop grande. La visite à nos ancêtres qui eux par la force des évènements sont restés sur place, me pétrifie, le temps et quelques vandales ont fait leur œuvre de destruction, mais l'essentiel est là ; pour bon nombre notre premier devoir sera de lui redonner son aspect initial, certes le " cimitière " de Bône ne nous donnera plus l'envie de mourir, mais le message à nos ancêtres, nous ne vous oublierons jamais se concrétise et c'est l'essentiel.
         Jean-Pierre et Jeanine, organisateurs, quelle immense joie vous avez procuré au sexagénaire que je suis. Le jour du départ, je me suis fait le serment que je reviendrai.

         Avril 2006 voilà qui est fait : Annaba, Bône de mes amours me revoilà. Certes l'émotion est toujours aussi forte, mais cette année je goûte au bonheur total. Le groupe n'est pas un groupe, mais une famille de pieds-noirs et de métropolitains, certains comme moi sont là pour la deuxième fois, nos émotions et nos joies sont partagées.
         Qu'il est agréable de se promener dans ce Bône d'avant 1962, les autochtones, les anciens nous reconnaissent, et les " Bienvenus chez vous " résonnent comme des sésames sur notre passage. Nous visitons les maisons qui nous ont abritées ou qui nous ont vu naître, parfois les écoles où nous avons usés nos fonds de culottes. Nous explorons la campagne environnante de cet Annaba mégapole. Nous explorons les villes de La Calle, Herbillon, Souk-Ahras, Guelma, Constantine.


         Cette année nos organisateurs Jean-Pierre et Jeanine nous ont particulièrement gâtés : séjour plus long, excursions à la demande, messe à Saint-Augustin, journées libres etc… etc… tout y était.

         Pour moi c'est le prélude à un troisième voyage. Et si nous nous évadons d'Est en Ouest ? Ou vers le Sud ?
         Avec de tels amis et une telle organisation, il serait idiot de faire mentir le vieil adage "Jamais deux sans trois " Jean-Pierre tu sais ce qu'il te reste à faire, Jeanine tu vois ce que je veux dire.

         Je terminerai mes impressions, pour cette biennale Bônoise pour dire à tous mes amis que leur compagnie m'a été des plus douce et des plus précieuse, je ne citerai aucun nom de peur d'en oublier, mais je suis sûr que vous vous êtes tous reconnus, et je vous embrasse chaleureusement, et comme Annaba sera pour moi toujours Bône je formule le " Inch'Allah "

Christian MIGLIACCIO le 10 mai 2006       



Souvenir de mon voyage à Bône.
        

         ¤ Quel merveilleux souvenir ce voyage du 16 au 27 Avril en compagnie de JP Bartolini.

         ¤ Nous avons eu des excursions, telle que La Calle, Herbillon, Guelma, Hamman Meskoutine, Souk Ahras et Constantine.

         ¤ Nous avons découvert des endroits merveilleux et au retour de notre journée à La Calle, nous avons pu nous arrêter dans la Ferme ou j'ai vécu (Beugin faisait parti des Fermes Françaises) quel bonheur même si tout a changé et quel merveilleux accueil des habitants, il y en a certain qui se souvenait de mes parents, j'ai même retrouvé l'ouvrier qui travaillait à la menuiserie de la ferme avec mon père, certes il est âgé mais se souvient de tout.

         ¤ Bien sûr j'ai été au Champs de Mars à Bône pour retrouver mon collège, là aussi un accueil super et très chaleureux.

         ¤ Maintenant le point fort de notre voyage c'est la messe à St Augustin spécialement dite pour notre groupe, tout le monde était très ému et nous avons tous fait un vœu de paix et bonheur pour tous.

         ¤ Un seul point noir dans le voyage, ceux sont les cimetières dans les villages comme Mondovi, Oued Zenati qui sont en très mauvais état, par contre le cimetière de Souk Ahras est intact.

         ¤ En conclusion nous avons passé 12 jours merveilleux avec un groupe formidable, tout le monde a participé aux émotions de l'autre, il me reste encore à remercier Jean Pierre pour la préparation, l'organisation et aussi d'avoir l'initiative de ce voyage, très cher à mon cœur et pour moi c'est un souvenir inoubliable.

Marie Paule et Bernard Faure       



QUE DU BONHEUR

         Le 16 Avril jour de Pâques Jean Pierre nous a rassemblé dans le hall de l'aéroport à Marignane, en ce jour de fête chrétienne nous partions pour la terre d'Afrique qui nous avait vue naître. On disait dans ma jeunesse que ce jour là les cloches revenaient de Rome, hum ?
         Que dire du voyage : rien une heure dix, juste le temps d'une petite collation on y est. L'air est plus doux, les massifs de géraniums en fleur et, la Tour de contrôle, pas la grande, la petite me rappelle des souvenirs. C'est là que j'ai pris contact avec mon métier en avril 1958.
         Je pourrais citer les noms de ceux qui m'on mis le pied à l'étrier mais ce serait trop long.
         L'Hôtel Seybouse : bon accueil du personnel, c'est confortable, et propre.
         A 16 heures mon épouse et moi nous partons pour un tour en ville
         Le cours Bertagna, le Maxéville, le Palais Lecoq, la rue Thiers, la rue Bugeaud, le Globe, le passage Sens, le Marché, l'épicerie Grec, le Temple Protestant, la librairie Mariani, la rue Suffrein, la place Alexis Lambert, tient le Petit Vatel, les allées Guillemer, ha ! La gendarmerie a disparu, la maison natale du Maréchal JUIN par la même occasion, retour par le Palais de Justice, la pharmacie Coggia a disparu remplacée par les bureaux d'Air Algérie. Nous remontons le long de la Prison, la place vide de la Cathédrale, le lycée Mercier la grande Poste, retour à l'hôtel.

         La nostalgie nous a accompagné dans cette promenade. On marchait dans notre ville natale. Chaque rue, maison, magasin, place nous rappelaient notre jeunesse, on était en train de feuilleter un vieil album photos et on retrouvait nos souvenirs mais tout nous paraissait rétrécis et les bonjours, bienvenus chez vous, qu'on nous adressait nous remplissaient d'un sentiment indéfinissable avec un arrière goût de gâchis. Merci au grand C….
         Certains m'ont dit que c'était sale, s'est sûrement vrai mais pris dans nos sensations nous ne l'avons pas remarqué ! J'en suis désolé mais le matin départ de l'hôtel à 6 h pour aller manger un beignet rue THIERS la ville que nous avons traversé était propre.
         Le lendemain visite au cimetière.
         Là aussi que d'émotions l'équipe de In Mémoriam fait des efforts pour entretenir les allées mais on a laissé trop de temps, aux vandales et au temps, et bien des tombes sont dégradées. Je ne reproche rien à personne. Je suis responsable en partie de ce qui est arrivé aux tombeaux de nos parents et dès que je pourrai, je retournerai pour faire faire les réparations qui s'imposent même si cela dérange.

         Organisées de mains de maître les sorties se sont succédées : Bugeaud, Herbillon, la messe à Saint AUGUSTIN et visite des ruines d'Hippone, la Calle, Randon, Souk-arras, Hammam-Meskoutine, Guelma, Constantine, chacun a vu ce qui lui plaisait d'aller voir et pour finir une journée Mémorable au Vivier du Cap de Garde où Roland a pêché un catsomarine et des oursins. On y a fait un repas de poissons frais inoubliable.
         Ces 12 jours ont parus trop courts à beaucoup de participants.
         De notre voyage à Bône voilà ce que je peux en dire << QUE DU BONHEUR >>
         Mais plus que le voyage c'est l'organisation que je dois louer car Jean pierre, je devrais dire MONSIEUR BARTOLINI avait tout prévu nous avons été accueillis avec gentillesse et en quelques jours nous n'étions plus qu'un groupe mais comme l'a si bien dit <> qui avait plaisir à se déplacer ensemble. Pas de grincheux ou de mécontents et le soir à table dans une bonne humeur qui ne nous a jamais fait défaut et qui a enchanté nos soirées. C'est vrai qu'il faut ajouter que Jeanine Bartolini a bien secondé son Bénévole de mari et les deux guides Mounir et Hocine qui nous ont entourés de leurs attentions et leurs gentillesses. Nous sommes prêts à repartir dans les mêmes conditions.
         A bientôt à UZES

Georges et Denise Jacono       



Amabilité et courtoisie à l'honneur

         Ce voyage très agréable a parfaitement été organisé, un grand merci à son concepteur.
         Les excursions étaient bien élaborées avec le guide professionnel Hocine dans un rôle de maître conférencier et un accompagnateur compétent et courtois.
         L'ambiance dans le groupe, dont on ne peut rêver mieux pour l'état d'esprit, était idéale, rieuse avec une amabilité toujours présente.
         L'hôtel Seybouse irréprochable avec un personnel très professionnel et avenant.

         Nous avons eu la surprise de retrouver le vrai goût des produits locaux, pommes de terre, tomates, fèves, petits pois et le poisson, dieu qu'il était bon.
         Le vivier du cap de garde gardera à jamais l'empreinte du métier de bâtisseur qu'exerçaient mon défunt père et mon frère.
         Dommage que des dégâts ont été commis à notre cimetière, des progrès ont commencé à immerger, mais aussi combien il reste à faire.
         L'accueil des annabis et des vieux bônois algériens était très fraternel. On a du mal à s'en remettre après être revenu à la réalité métropolitaine. On rêve déjà de refaire le même voyage, pourvu que ce soit encore possible.
         Inciter les indécis à aller à Annaba, une démarche à entreprendre. Diffuser nos photos et DVD en grand nombre, serait une solution !!

         Ayant été détaché à la gare de Bône pour faire partir le train pour Moris j'avais en tête le réglement du transport des voyageurs. Il est bien précisé que le train doit partir que lorsque les voyageurs sont tous assis mais vue l'urgence et la ponctualité de notre cahier de charge, j'ai du faire partir ce train qui semble légèrement surchargé.
         Néanmoins, veillant à sa sécurité celui-ci est arrivé et à l'heure et entier.
         La prochaine fois je m'y prendrai autrement, avec l'accord des autorités locales, je nommerai sous chef de gare, Roland notre monteur d'images insolites.

         Teuf-Teuf. Ce n'est qu'un au revoir, bisous et merci à tous

Rose Marie et Marcel Saliba       



Joie, Peine et Souvenir Intense !

         Deux sentiments se dégagent sur ce merveilleux retour aux sources, la joie et la peine.
         - La joie de retrouver tous ces endroits où l'on a passé notre enfance, les quartiers, les rues, les plages où l'on allait presque tous les jours, notre Cap de Garde, le Stade Municipal et.............; toutes ces retrouvailles faites avec un groupe formidable ont fait apparaître dans ma tête, une terrible question, pourquoi tout ce gâchis ? Ces excursions faites dans un climat ''bon enfant'' ont permis de minimiser sinon atténuer le trouble émotionnel ressenti de se retrouver sur notre terre natale. Le soleil, la mer, la plage, un rêve qui se réalise 44 ans après, inexplicables les émotions ressenties. Le bruit, les couleurs du marché, le côtoiement de la population ont réveillé de merveilleux souvenirs; la visite de Saint Augustin, très importante pour moi car j'ai retrouvé l'inscription de mon arrière grand-père qui a été le décorateur de la basilique. Mon escapade pendant les journées libres, deux jours seul à refaire toutes les rues et quartier de mon enfance, une ballade de la Caroube en faisant toute la Corniche et revenir par le Pont de la Tranchée, à pieds, souvenirs inoubliables!!! Pour conclure ce paragraphe joie, merci encore à tous et en particulier à Jean Pierre et Jeanine pour leur dévouement.
         - La peine, parce qu'un si beau pays qui ne demande qu'à '' éclore'' et qui d'après tout ce que j'ai vu, se '' laisse aller'' faute de moyens, est terrible à comprendre, la politique tue tout. D'innombrables constructions non terminées, pas beaucoup de mise en valeur sinon rien, des constructions '' laissées'' en 62 retrouvées dans des états se passant de commentaires et un dernier sujet très important, la propreté, beaucoup de travail à faire de ce coté là.
         Pour terminer j'aborderais le problème du cimetière, très déçu de le retrouver dans cet état, on '' donne'' un aspect faux de la situation, au premier ''coup d'oeil'' on voit le long des allées que c'est à peu près correct mais lorsque l'on commence à pénétrer un peu plus à l'intérieur, c'est la catastrophe, le désastre, c'est lamentable, tombes saccagées, marbres disparus et l'horreur au cours d'une visite, un caveau ouvert avec le cercueil apparent, terrible vision!!! J'ai été également très surpris au cours d'une visite, (il y avait d'autres personnes) par l'apparition soudaine dans le cimetière, vers la porte d'entrée, d'un camion et de plusieurs ouvriers équipés de taille-haie qui ont été directement ''guidés' vers le haut du site, accompagné par un " français ", je pense la personne qui doit ''s'occuper'' de l'endroit et le comble de tout çà, dans le quart d'heure qui a suivi, une équipe de télévision (M6) est arrivée!!! De qui se moque-t-on? On veut faire croire n'importe quoi, enfin il y a toujours des gens qui aiment la publicité mensongère.............

         Malgré tout cela, je garderais un souvenir intense de ce voyage qui est gravé à jamais dans ma mémoire. Un si beau pays ....
         Voila j'arrête, je vous embrasse à tous.

Robert Guittard.       



LE RETOUR

         Après avoir entendu trop souvent " retournez chez vous " à une certaine époque, quelle joie d'entendre " Bienvenue chez vous " aujourd'hui.
         Quand nous avons quitté " Notre Pays " pour rejoindre " notre Patrie " nous avons laissé notre Terre natale et une population avec qui nous partagions une communauté de vie et d'esprit amical qui souvent s'apparentaient à des liens familiaux.
         Entreprendre un retour 44 ans plus tard, partagé entre les opinions favorables de ceux qui avaient fait le pas avant nous et les rumeurs propagées par certains et les médias, il ne fallait pas hésiter pour pouvoir être juge.
         Aussi quand sur le Net j'ai appris la préparation d'un voyage à Bône et que j'ai fait la connaissance de Jean Pierre, recevant tout de suite, un accueil fraternel, je ne pouvais que céder à la tentation. Le remercier pour cela et pour tout ce que nous avons vécu grâce à lui, ne peut s'exprimer que par l'assurance de lui conserver notre profonde amitié ainsi qu'à Jeanine, de tout coeur avec nous.
         " Chez Nous " .... Sur cette terre où mon aïeul paternel avait débarqué le 10/11/1861 à Philippeville pour venir s'installer à Bône et que nous avons quitté le 10/06/1962 avec ma femme et nos 2 filles aînées après UN SIECLE de présence !!!
         " Chez Nous " .... Oui, car dans le groupe chaque membre a partagé avec tous, ses émotions, ses joies et créé des liens amicaux et fraternels autour d'un centre d'intérêt commun notre Terre.

         J'avais avec moi 31 ans de souvenirs personnels mais aussi plusieurs décennies de ceux de mes parents et grands parents sur Bône et sa région.
         J'ai eu la sensation que par mes yeux eux aussi retrouvaient les lieux et paysages qui nous étaient chers.
         La curiosité puis la sympathie et l'accueil amical et même affectueux des " annabis " et autres citadins, nous rappelant que nous étions " Ouled blédi " enfants du pays, a fait chaud à mon coeur.
         Retrouver, au cimetière de Bône, les caveaux de famille en état malgré les blessures du temps et à Souk-Ahras, dans un cimetière tel que nous l'avions laissé, la tombe du plus jeune frère de ma femme, m'a rassuré sur le sort de ceux qui sont restés là définitivement; j'aurais souhaité qu'il en fut de même pour tous.
         Je ne regrette pas d'avoir sacrifié l'excursion au centre de Souk-Ahras, pourtant ville de mon mariage et de naissance de mes 2 filles aînées; la visite au cimetière avec Marie Paule et Bernard, compense cela, surtout que Suzette a eu la délicate attention, qui m'a beaucoup touché de m'offrir quelques cartes postales de la Ville.
         Dans toutes nos visites, qu'elles soient pour le groupe ou en petit comité, nous n'étions jamais seuls et comme le dit Noëlle nous avons partagé chacun à notre tour les émotions et joies des autres.

         Bonheur pour moi de retrouver après 44 ans un jeune homme ( un peu vieilli, mais toujours lui même ) Christian, vieux compagnon de risques et d'aventures.
         Joie de pouvoir échanger avec Bernard Gauci, des souvenirs communs et en cherchant bien de découvrir des liens familiaux (à la mode de Bretagne).


         Je n'oublie pas non plus mes charmantes petites soeurs, Noëlle et Antoinette qui m'ont adopté vraiment comme un grand frère.

         Ce retour aux sources, inoubliable, car à coté des émotions, nous avons et cela aussi est mémorable, réussi à trouver des amis, des frères et soeurs, une famille au moins de pensée et dans tout cela je n'oublie pas Mounir qui s'est investi totalement pour nous.

Et comme l'on dit là-bas " bqaou à la khir " et " le liqa ".
Autrement dit Au revoir et à la prochaine rencontre.
INCH 'ALLAH

Yves Jan       



C'est Cela Être Ensemble

         Jean Pierre, je te l'ai maintes fois répété, ce voyage a été un cadeau pour moi, tu avais déjà bien préparé le groupe avec les échanges d'emails et le trombinoscope de Noëlle. Notre premier contact à Marignane en a été grandement facilité. Je crois que nous étions tous un peu anxieux, on nous avait tant dit de choses. D'être ensemble, nous, rendait plus fort.

         A l'arrivée à l'aéroport, je ne ressentais pas que je touchais le sol que j'avais quitté 44 ans auparavant. En sortant, j'ai rencontré des arabes, rien de bien différent des rues de Marseille ou Lyon. Nous nous sommes "engouffrés" dans le bus, et là le voyage a commencé; je ne savais plus ou regarder, les indications fusaient de partout, nous étions revenus au pays, nous retrouvions nos repères. J'étais assommée, est-ce que je rêvais.
         Des moments forts: la visite des 3 cimetières, chrétien, juif, et arabe le lundi de Pâques, tout un symbole, puis la montée à la basilique d'Hippone, la messe, où croyants ou non, l'émotion était présente, puis détente avec la visite des ruines, l'occasion grâce aux pitreries, d'évacuer les émotions et rassembler le groupe.
         Les 4 jours d'excursions, nous ont permis de nous connaître, nous étions dans le même habitacle, il n'y avait pas que son émotion à gérer égoïstement, celles des autres étaient communicatives; et c'est cela être ensemble. Nous riions pour retenir nos larmes, et lorsque l'un de nous allait retrouver ses racines, nous étions présents, nous le suivions, il nous racontait sa jeunesse, "j'étais là, j'allais à l'école là, etc... " nous partagions ces instants.

         Troisième temps du voyage, nous nous sommes spontanément déplacés par petits groupes pour retrouver notre ville, ce qu'il y a de merveilleux, c'est que l'autre acceptait de se diriger vers un quartier qui n'était pas le sien et c'est ainsi qu'avec Georges comme guide, Denise, Henri et Claire, j'ai parcouru la ville, et là Bône a repris vie en moi.
         Nous ne pouvions pas faire quelques pas sans être abordés: " soyez les bienvenus, vous êtes chez vous, pourquoi êtes vous partis", Henri était toujours derrière discutant avec tous les passants qui nous souhaitaient la bienvenue, les makrouds, les caldis que nous voulions acheter; nous étaient offerts.
         Au marché couvert, une fête, avec Georges à la poissonnerie, puis aux fruits et légumes, les vendeurs étaient heureux d'être pris en photos et de voir dans l'appareil leurs visages et leurs étals. Les femmes m'ont paru moins directes, mais, même avant 62 elles ne se manifestaient pas trop. J'ai pu revoir mon école primaire, le cours complémentaire, le lycée Mercier; je n'ai pas hésité à taper aux portes comme un enfant qui revient chez lui après des années d'absence, et on m'a ouvert, souhaité la bienvenue et permis de remettre mes pas dans les anciennes marques.


         Et je ressortais de ces lieux, ragaillardie, ce qui me poussait vers d'autres rencontres.
         Une femme nous entendant dans sa rue, alors que nous nous dirigions vers la maison du frère de Denise, nous a suivi, invité à entrer chez elle, nous a présenté ses filles, elle semblait heureuse de cet échange.
         J'ai retrouvé ma maison, là aussi, j'ai été très bien reçue, me répétant que j'étais chez moi, ils me proposaient de pousser les meubles et les tapis pour prendre des photos, après une invitation à déjeuner, je suis partie, les bras chargés de cadeaux, leur promettant de revenir, ma chambre était réservée. Je n'ai pas le souvenir d'avoir été reçue ainsi, pendant ces années loin de mes racines. Pourquoi s'acharne t'on à déformer l'histoire?

         Autre temps fort pour moi, la journée au cap de garde, je n'y étais pas allée souvent dans mon adolescence, j'ai été émue de voir la métamorphose de nos compagnons de voyage, en maillot, dans le vivier, ils avaient retrouvés leur jeunesse.
         Constantine, que je suis contente, de m'être entêtée, je l'ai retrouvée mon école normale, grâce à la participation de mes amis dans le bus, une perfusion de DHEA! Malgré le barrage à l'entrée que j'ai " forcé ", nous avons été très bien accueilli.

         Mon cher Jean-Pierre, je pourrais t'écrire pendant 12 jours, tous les jours ont été des cadeaux.
         En résumé, et si tu es fatigué ce soir, je te permets, comme pour les thèses, de ne lire que la conclusion.
         Une organisation supérieure à toutes les agences de voyages, un accueil inattendu et oh combien vivifiant, un groupe sympathique et qui je l'espère restera uni, Bône a repris vie grâce à toi et Jeanine, à l'accueil des Bônois algériens, au groupe, à Mounir si attentionné, j'ai pu retrouver les traces que j'avais laissées et y mettre mes pas et espère de tout coeur continuer à tracer ce sillon.
         MERCI

Suzette Marchetti       



A TOUTES ET A TOUS . . . SALUT & FRATERNITE ….

         Jean-Pierre ayant souhaité connaître nos " impressions " et autres " commentaires " faisant suite au voyage que nous venons de faire en ALGERIE, voici (succinctement !) ce que Denise & Daniel DARDENNE en ont retiré !

         Il nous semble difficile de vouloir mettre en parallèle des personnes qui retournaient à BONE pour y chercher leurs racines avec celles qui ont découvert ANNABA dans les années 1980 : de ce fait, leurs impressions étaient fort différentes. Comment superposer un " vécu " (mis à part celles et ceux, de ce voyage, qui étaient partis trop jeunes d'ALGERIE pour en garder un " souvenir " ?!) de l'époque française sur celui de l'époque algérienne ?

         Ces remarques préliminaires étant faites, ces jalons étant posés, il nous semble intéressant, justement, de confronter ces deux visions de l' " histoire " (avec un petit " h " !). L'une qui a abouti à l'indépendance du peuple algérien après huit ans de guerre et d'incompréhensions qui auraient pu être évitées, l'autre qui nous a vu découvrir une ALGERIE avec ses doutes et ses " ratés " mais aussi avec sa jeunesse si pleine d'espoir et de rage de " s'en sortir ", une ALGERIE où le pouvoir a été " confisqué " par les chefs historiques du Front de Libération Nationale, ne s'ouvrant que lentement à la " démocratie ", pour nous qui étions chargés de la leur enseigner dans nos Etablissements Scolaires.

         Nous sommes partis, suite à notre condamnation à mort en nov. 1993. C'est dire si les années 1990 - 2001 étaient ce que nos amis algériens ont appelé de manière pudique " les années de plomb " : lentement mais sûrement nous avons vu monter l'islamisme le plus radical qui soit, ayant provoqué, selon les médias algériennes, plus de 100 000 victimes ! Ne fallait-il pas que le peuple algérien connaisse cette souffrance - une forme d' " accouchement " ! - pour maintenant envisager cette " paix civile " demandée par le pouvoir en place ?

         Ainsi, depuis 13 ans que nous l'avions quittée, la ville d'ANNABA s'est encore accrue tant pour le nombre de personnes qui, maintenant, y vivent que pour la " parc immobilier ", les constructions fleurissant partout, de nouveaux quartiers se créant. S'agissant de la population dépassant maintenant le million d'habitants (pour " mémoire " : 120 000 à l'Indépendance, il y a tout juste 44 ans !), n'oublions pas que la montée du terrorisme frappant surtout dans les campagnes (le massacre de BEN TAHALA … aussi bien que celui des moines français de TIBHERINE dont on vient de commémorer le " triste " anniversaire, 10 ans déjà !) a contraint ces villageois qui avaient " de la famille en ville " à se réfugier dans les Cités ou en périphérie (les " bidons villes "), sans structures d'accueil, sans aménagements urbanistiques et de voieries en conséquence.

         Si nous avons noté une moins grande densité de la foule sur le Cours de la Révolution (ex " Cours Bertagna ") à l'heure où nous nous y promenions, entre 10 et 17 H en général, par contre, dans les rues transversales (derrière le théâtre, rue Bouscarein, Rue de l'Emir Abd-El-Kader, Bd Mohamed Khemisti, autour du Marché Central etc…) la circulation, aussi bien pour les piétons que pour les véhicules, était difficile.

         Il nous semble bon de préciser - dans la mesure où ce " changement " est " notable " … donc " noté " ! - que l'admission de véhicules importés est largement facilitée, certaines catégories de véhicules coûtant moins cher, neuf, que dans leur pays d'origine ! Ainsi, voit-on rouler des voitures coréennes, japonaises, allemandes et... françaises, bien sûr !

         De même, au " marché couvert ", par exemple, les étalages étaient bien remplis, prouvant que de nombreuses denrées " entrent légalement " en ALGERIE : finie l'époque des " trabendos " que nous avons connue ! Seulement, il faut y mettre le prix ! Quand on sait que le " S.M.I.C. " est à l'équivalent de 100 €, on peut imaginer que ces produits ne soient pas " à la portée de toutes les bourses " ! Parallèlement, les " cyber cafés ", les magasins vendant aussi bien G.S.M. qu'appareils photos ou caméras numériques, fleurissent un peu partout. Le matériel informatique (de qualité…si l'on considère les produits " H.P. " - la " PUB " étant interdite, je crois Jean-Pierre ?! -), frappé de moins de taxes qu'en France y est vendu moins cher !

         Ceci pour expliquer que la période " socialisante " avec restriction du marché et omni- puissance des Sociétés Nationales est révolue : l'ALGERIE s'ouvre au " capitalisme " et aux " privés " qui relancent, ainsi, l'économie jusque là handicapée par la mono-exportation, celle du pétrole et gaz naturel. Même " l'industrie " touristique commence à s'équiper, rénovant les Hôtels " POUILLON ", créant des stations balnéaires (comme l'aménagement de la Corniche vers le Cap de Garde ou la région de LA CALLE …). Mais, nous avons observé le décalage persistant entre les projets élaborés en " hauts lieux " et la réalisation sur le terrain : la route qui mène au Cap de Garde en est un " bon " exemple !

         En conclusion (provisoire, espérons … espérons !) nous avons re-trouvé un pays qui a fait un grand bond en avant mais sera, de ce fait, une " proie " potentielle pour des pays " avancés " très entreprenants, commercialement agissant ! Ainsi, les petits déjeuners de l'Hôtel SEYBOUSE nous ont semblé être davantage des " salles de travail " pour entrepreneurs (étrangers le plus souvent) qu'un espace de convivialité et détente. Il en était de même au repas du soir ! Ajoutons que la langue française était rarement employée, l'anglais étant largement utilisé par ces " cadres " d'entreprises étrangères : australiens, japonais, coréens … indiens etc… Toute l'ASIE du SUD EST !

         Merci Jeanine… Merci Jean-Pierre de nous avoir facilité les " retrouvailles " avec ce pays où nous avons passé 16 ans de notre vie… Merci, aussi, à toutes celles & ceux qui ont partagé ce voyage… A quand la prochaine ???

Denise & Daniel DARDENNE - UZEMAIN (88) le 26 mai 2006.       



Annaba, avril 2006

         J'étais déjà revenu dix ans après avoir quitté Bône, et la ville avait commencé à changer. Cette fois-ci la transformation est radicale : avec la périphérie Annaba atteint le million d'habitants, m'a-t-on dit.
         Mes premières impressions ont été celles que j'ai ressenties en marchant dans les rues.
         Le centre-ville est encore reconnaissable, la ville européenne et les quartiers résidentiels, tout ce qui était Bône est là, avec bien sûr beaucoup, beaucoup de décrépitude, et les paraboles qui ont envahi toutes les façades et les balcons, comme des patelles sur un rocher... Mais j'ai vite retrouvé mes repères- les bâtiments officiels ont très peu changé, et comme les rues n'ont pas bougé non plus, on ne pouvait pas se perdre- en ayant la bizarre impression que tout ce que je voyais maintenant était rapetissé ; la rue Gambetta me semblait aussi large qu'un boulevard dans ma mémoire, et le parking derrière le théâtre, que je traversais tous les jours pour aller chercher le lait chez Anglade, rue Mesmer, m'a semblé ridiculement petit !
         J'ai retrouvé dans toutes les rues des marchands de cacahuètes et de cigarettes au détail; bien plus nombreux qu'avant, et beaucoup sont bien vieux…

         Du monde partout, des piétons par centaines, des voitures dont beaucoup sont neuves. Beaucoup de désoeuvrés aussi.
         Quelques tristes spectacles : les Galeries de France… et le grand vide mort à la place de la cathédrale. Des magasins à l'abandon.
         A la périphérie, des tours de plus de dix étages, les Béni Ramassés bétonnés, l'oued Kouba recouvert, la montée de Bugeaud couverte de tours et de barres d'habitation… La côte au Nord du golfe jusqu'à Toche défigurée par des constructions sauvages, inachevées parce que frappées d'interdiction mais jamais rasées. De l'autre côté, Joannonville et Sidi-Salem couverts de barres d'habitation sur des kilomètres.
         Une usine chimique aux portes de la ville, à l'embouchure de la Seybouse, et le complexe d'El Hadjar qui teintent l'atmosphère de leur pollution.


         C'est Annaba, " capitale de l'acier ", comme l'annonce un monument sur la route de l'aéroport.
         Des centres universitaires construits un peu partout, l'ancien lycée Mercier devenu une faculté, les écoles pimpantes, propres, remplies d'enfants calmes, studieux et respectueux, le stade toujours bien entretenu.
         Le lycée Saint Augustin, qui s'appelle toujours " Lycée Saint Augustin "…repeint à neuf, propre, et l'eucalyptus est toujours là !
         J'arrête la liste là, je ne veux pas dépasser une page ; je ne parlerai pas de tout ce que j'ai revu qui peuplait mon souvenir, le cap de Garde, la maison de Mémé, rue Eugène François, ni les cinémas.
         Je parlerai maintenant non pas de ce que j'ai vu, mais de ce que j'ai ressenti, et que vous aussi avez ressenti, car je sais que nous avons tous été en communion pendant toute la durée de notre séjour.
         Le bonheur.
         Le bonheur de partager la joie et les émotions de chacun d'entre vous, le bonheur de savoir que vous aussi partagiez mes émotions (retrouver la ferme de Sakrania où ma mère a vécu sa petite enfance), le bonheur de sentir que l'air que nous respirions nous rajeunissait, que les arbres du Cours semblaient se souvenir de nous, que les makrouts et les créponnets avaient le même goût qu'il y a quarante-quatre ans !
         Et le bonheur d'entendre tous les jours les Annabis nous dire avec un sourire bienveillant :
         " Bienvenue chez vous ".
Henri et Claire Lunardelli       



L'intensité des relations

         J'ai longtemps hésité à prendre la plume ou plutôt la souris…Arrivé deux jours après tout le monde, ayant peu participé aux excursions du groupe, et de nature peu porté à aller spontanément vers les gens, même si je peux une fois le contact établi être très prolixe, je me suis aperçu en retrouvant le trombinoscope que j'étais passé à côté de la plupart d'entre vous…Alors que raconter ? D'autant que, parti d'Algérie à 2 ans en 1969, je ne pouvais partager les mêmes impressions que des personnes qui retrouvaient les lieux de leur jeunesse…
         Malgré tout, même sans souvenirs personnels, cette terre, j'y suis non seulement né, mais elle représente pour moi des heures, des années, à entendre parler de gens et de lieux sur lesquels il n'y avait aucune image à mettre…sinon celle de la frustration…Alors ce voyage m'a tout d'abord permis de découvrir où je suis né, où j'ai vécu ainsi que ma famille durant plusieurs générations et ainsi mettre des images sur ce qui n'était que des noms, comme si je retrouvais un sens perdu. Mais ce " retour aux sources " m'a permis bien plus que de découvrir des lieux. J'ai eu la chance de retrouver sur place 7 autres membres de ma famille. Cette situation particulière m'a laissé entrevoir la densité et l'intensité des relations de sociabilité dans ces espaces…Il y avait parmi nous un cousin que je ne connaissais même pas alors que nous habitons à moins de 300 kilomètres les uns des autres…Combien étaient ils ces cousins, ces amis que l'on côtoyait et qui d'un seul coup ont disparu du quotidien ? Finalement, je me demande si ce n'est pas ça, cette distance spatio-temporelle avec les lieux mais aussi les gens qu'on aime, la famille, les amis… qui a le plus manqué à ceux qui ont subi l'exode…Pour la plupart d'entre nous, enfants de ceux qui ont des souvenirs, cette charge affective est moins forte, ce qui explique sans doute que beaucoup n'éprouvent pas le besoin ou le désir d'aller voir quelque chose qui quelque part leur est devenu étranger. Ils se sont construits ailleurs et sans ça. C'est l'explication que j'ai trouvée au fait d'être le seul de ma génération à avoir eu ce besoin.
         C'est peut être aussi ça les conséquences de l'exode …Je préfère dire exode que rapatriement…rapatriement c'est le retour sur la terre des pères… au bout de six générations, la terre des pères c'est quoi ? c'est où ? Est-ce ce village perché dans la forêt, surplombant un paysage maritime à couper le souffle où a atterri mon aïeul, ou celui, tout gris, perdu au milieu des forêts vosgiennes d'où il venait, que je suis allé voir il y a quelques années et qui me vaut ce patronyme si français… ou bien encore ces terres maltaises et italiennes d'où sont venues les femmes de la famille au combien non moins importantes dans la transmission de cette culture bariolée qui nous caractérise ? Une culture qui risque d'ailleurs de disparaître…Qui parle encore cette langue colorée et imagée des gens de la colonne qui me faisait tant rire il y a quelques années ?


         Concernant le groupe, bien que l'ayant assez brièvement côtoyé, j'en garde étrangement un bon souvenir. J'ai tout d'abord été agréablement surpris par la bonhomie et la décontraction qui régnait, à laquelle les facéties de Roland et Christian ne sont sans doute pas étrangères. Ensuite, par l'absence de conflits ou de tensions, propres à toute activité de groupe qui dure plus de quelques heures…Enfin et surtout, j'ai apprécié le fait de ne pas avoir entendu de ressentiment, de propos aigris ou revanchards. Bien sûr, il y a eu des déceptions de ne pas retrouver en l'état ce que l'on a laissé… Ne serait-ce que de mon côté, les occasions n'ont pas manqué : de la ferme de mon grand père maternel qui a été rasée au caveau de ma grand mère maternelle, dépouillé de tout son marbre, souillé de traces de feu, d'urine et de graffitis obscènes auquel on a essayé de redonner un peu de dignité, en passant par la maison familiale de mon père partiellement effondrée. Je n'oublierai pas l'émotion suscitée par la vue des gravats et j'espère que mes parents ne m'en voudront pas de les avoir incités à faire ce voyage …
         Mais revenons au groupe. Comme je le disais, pas de ressentiment. Le sentiment cultivé par les membres du groupe était plutôt celui du bonheur des petites sensations retrouvées : le goût du cidre " selecto " qui rappelait l'enfance, le plaisir d'un créponnet savouré sur le cour Bertagna ou du poisson frais mangé au bord de la mer…Plus particulièrement, il me reste quelques images furtives. Ce fut Chaker, venu me chercher à l'aéroport, avec qui le courant est tout de suite passé et que je regrette de ne pas avoir eut le temps de revoir. J'espère que ce n'est que partie remise. C'est aussi le contraste entre la carrure de force de la nature d'Elie et la douceur, la jovialité qui se dégageait de lui dans ses contacts avec autrui. Et puis ce regard dans le vague, surpris lors d'un repas, indescriptible, mais d'une profondeur d'âme certaine, une sorte de mélancolie nostalgique, de " saudade " sémitique ?… Que dire également de l'étrange sensation d'avoir toujours connu Henri ou Suzette, comme s'ils avaient toujours fait partie de la famille, sans doute le signe que quelque part on vient bien de la même planète…Un peu comme avec Hocine, vers qui je me suis rapidement senti attiré malgré la différence d'âge et de parcours. J'ai apprécié nos échanges qui je l'espère pourront se poursuivre, comme une preuve que, malgré l'histoire, ou peut être à cause de l'histoire, des liens existent, résistent… telle la joie de mon père d'avoir retrouvé ses amis algériens perdus de vue depuis 37 ans…

         Alors pour tout ça, je tiens à remercier Jean-Pierre et " tantie " Jeanine comme l'on dit ici, sans qui cela ne serait pas arrivé…Et pour avoir eu à côtoyer quelques minutes un autre " chef de groupe ", je n'en ai que plus apprécié d'être parti avec Jean-Pierre. La preuve qu'au delà d'une reconnaissance institutionnelle, on pouvait aussi accorder de l'importance au partage des émotions, à la reconnaissance du cœur …

Philippe L'Hote       



Ce fil fragile d'Ariane…

RETOUR VERS LE PASSE I

         Après une année de tension, de stress, d'angoisses, craignant le moindre petit " grain de sable", la moindre information qui aurait pu enrayer la Machine ...l'avion m'a enfin posée sur la terre chérie de mon Enfance, le 16 avril 2OO6, 44 ans après ..

         Un aéroport inconnu pour moi, un bus, une route, où suis-je ? Mes yeux sont des radars, il me faut lire plus loin " Bienvenue à … " et un peu plus loin encore voir l'horloge de la Gare, mais oui, ÇA Y EST J'Y SUIS. Geneviève pince moi ! (Hé pas si fort !) Non je ne rêve pas, Oh temps suspend ton vol ! ! L'Hôtel 'Super', le balcon, la vue : c'est là, mais non, plus loin à droite à gauche ? On verra demain ... je pense si fort à mon quartier à ma rue, à ma maison, au Cimetière où mon frère est resté, mais il faudra attendre quelques jours, à cause des excursions ..

         Il y a beaucoup de monde dans les rues, beaucoup de voitures de taxi. J'étais partie au temps des calèches, super jolies, blanches pour les mariages noires pour les enterrements.
         Je me suis revue jouant sur les pavés brûlants, et voir passer les marchands de pastèques rouges bien sur, le trou le confirmait, de figues de barbarie " attention, disaient nos mères, au bouchon ! " charrettes tirées par un bourriquot !
         Et les autres avec d'énormes plaques sur la tête, remplies de beignets où de pâtisseries orientales ! les abeilles tournant autour ..hum Et les arroseuses municipales ! ! Quelle époque formidable ! Les marchands de cacahuètes sont toujours là pareil, avec leur petit verre et leur cornet de papier.


         Et enfin quand après tous les " BIENVENUE CHEZ VOUS " revoir enfin La Gazelle, sa rue, sa maison, son école, l'accueil chaleureux des habitants, c'est une chose que je n'oublierai jamais ...

         Que L'Algérie est belle, pouvoir la visiter de long en large, Constantine, vers Souk-Arhas, cette verdure, cette terre riche, c'est magnifique, La Calle, Herbillon, Bugeaud, ces plages, les plages d'Annaba, ces criques, c'est extraordinaire, elles n'ont rien à envier à d'autres pays, c'est clair ..

         " Non ce fil fragile d'Ariane qui nous relie à L'Algérie, ne cassera jamais "! L'émotion au Cimetière, à la messe à Saint-Augustin ; autant de moments inoubliables, à jamais immortalisés avec les photos.

         En conclusion, je me demande : Aurions-nous " peut-être " pu continuer à vivre heureux là-bas, comme avant, TOUTES COMMUNAUTES CONFONDUES, partageant les mêmes bancs d'école, les mêmes jeux, les mêmes fêtes ?

         Le destin en a décidé autrement ... C'est la vie.

         Amitiés bônoises à tous.
         Suzette 'son mouchoir '
         A mounir ........

ANGELE BUSSOLA       
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        (Texte lu et remis le 27 Avril 2006 à l'Hôtel)

         A Jean-Pierre……….

         Je ne pouvais faire ce voyage, le plus BEAU DE MA VIE, sans rendre hommage à Notre Ami, Jean-Pierre BARTOLINI. Sans lui, nous n'aurions jamais vécu ces moments magiques, riches en émotions fortes.

         J'espère trouver les mots assez forts pour exprimer tout ce que j'ai ressenti depuis que j'ai su que j'allais revoir mon pays natal…

         J'ai eu beaucoup de chance de rencontrer, il y a une dizaine d'années, ce couple extraordinaire qu'est Jean-Pierre et Jeanine, fait d'amitiés sincères, d'honnêteté et de générosité.

         Jean-Pierre qui, malgré tous " LES BATONS DANS LES ROUES " comme on disait chez nous, a tenu à s'investir A FOND dans ce voyage, ce pèlerinage, ne ménageant ni son temps, ni son argent, pour nous permettre de remarcher sur les traces de notre enfance, 44 ANS APRES…. Et tout cela dans les meilleures conditions… Beaucoup ont plus vu en 10 jours qu'en 20 ans !!!

         Maintenant que tout est accompli, je pense me faire le porte parole de tous ici, en disant :

         M E R C I Jean-Pierre du fond du cœur,

         Merci à tous, organisateurs, Annabis pour leur chaleureux accueil et tous leurs " bienvenue chez vous ",

         Merci pour l'accueil à tous et le mot de la fin sera :

         " I N C H A L L A H !!!!!!!!!!! ………… "

ANGELE BUSSOLA       

P.S. : Un Merci tout particulier pour Mounir et Hocine (ils savent pourquoi)



Les armes du Bonheur

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         Ce deuxième voyage, après des mois de projets et de préparation, a pris tournure définitive à la veillée de Noël 2005 par un appel de mon copain Hocine Rizzi qui se trouvait à Alger et qui me souhaitait une bonne fête. Au cours de la discussion, il me demandait les dates de mon prochain voyage et il m'a mis en contact avec l'agence Mili Voyage avec qui nous avons conclu un marché et la mise en place du programme que j'avais préparé. Merci et bravo à l'agence Mili pour le respect des engagements et la bonne marche du séjour dans une discrétion parfaite.
         Le 1er janvier, lancement des inscriptions officielles. Au 15 janvier, 114 inscrits. Comme je sais qu'il y a toujours des défections, j'avais retenu pour 80 places. Mais les défaitistes, les mauvais, les haineux, ceux qui n'ont pas compris que d'autres ont besoin de retrouver leur terre et leurs racines, tous ceux -là ont fait un travail de démolition en persuadant les plus faibles de ne pas faire le voyage. A ceux-là sont venus s'ajouter, ceux qui ont eu de véritables empêchements. Résultat, au départ le 16 avril, nous étions 37. Oui 37, mais les meilleurs, un groupe dont la majorité ne se connaissait pas ; qui ont commencé à dialoguer par Internet. Un groupe qui a très vite sympathisé, devenu amical puis familial avec la durée du séjour. Les plus anciens prenant sous leur ailes les plus jeunes et jouant les " pères " racontant des pans de vie et les lieux à leurs enfants. Merci Yves, Jean, Carmen, Georges, Denise, Christian, Augustin, etc..

        Le jour du départ arrive, le dimanche 16 avril, rendez-vous à l'aéroport de Marignane à 10H. Tout le monde s'est reconnu muni du trombinoscope, concocté par notre mère Noëlle, tout un symbole. Distribution de billets, passeports, enregistrement des bagages, puis embarquement dans l'avion qui en 1H 10mn nous a ramené chez nous.


         Cette année, l'émotion à la pose du pied sur le sol à été différente pour ceux qui avait déjà fait le voyage 2005, mais les autres ont ressenti une joie qui a fait couler des larmes de bonheur.
         Les formalités de douane et récupération de bagages rapidement faits, nous voilà sortis en compagnie de Mounir, notre accompagnateur désigné que nous découvrons et que nous apprécierons tout au long du séjour.
         Bien entendu, notre Ami Rachid Habbachi nous attendait de pied ferme et c'est en sa compagnie que nous sommes montés dans le bus.
         Nous avons fait le voyage aérien en compagnie d'un groupe de Souk-Arhassiens pris en charge par une de nos charmantes accompagnatrices 2005, Amel, et les deux bus sont partis ensemble escortés comme d'habitude.
         Nous nous sommes retrouvés à la plage de la Patelle où les responsables du voyage des Souk-Arhassiens nous ont offert le thé de l'amitié. Premier contact avec le sable et la mer, avec vue sur le Phare du Cap de Garde.
         Nous avons laissé nos compatriotes de Souk-Arhas à leur Hôtel en bordure de mer et nous sommes rendus à l'Hôtel Seybouse, notre lieu de résidence, choisi pour sa situation géographique ; son confort ; son accueil ; le professionnalisme et la gentillesse de tout le personnel, du directeur à la dame de ménage ; et sa restauration qui nous laissait le choix des menus. Le séjour hôtelier a été conforme à ce que l'on attendait. Bravo l'Hôtel Seybouse qui mérite tous nos remerciements et félicitations.
         Après la distribution des chambres, la pose des bagages avec un rapide tour sur les terrasses, nous revoilà au bas de l'hôtel. Entre temps, en compagnie de Mounir, j'ai du me rendre à Air Algérie et j'en ai profité pour déguster mon premier créponnet. Des petits groupes se sont formés et ont pris des directions différentes pour aller se promener et humer l'air de Bône. Avec Jeanine, mon épouse et Robert Guittard, mon ami d'enfance, nous sommes allés à la rue d'Arsonval où il habitait et à la rue de Savoie où j'habitais une partie de mon enfance. Nous avons retrouvé avec joie notre Ami Omar, qui a pris le surnom de son père, Omar Tonton. Après ce tour dans notre quartier de la cité Bona, retour à l'hôtel pour le dîner avec tout le groupe reformé et première nuit à Bône.

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        Lundi 17 : Pour moi, lever à 5 H et à 6H, première visite chez mon marchand de Beignets avant de revenir à l'Hôtel prendre mon thé et où j'avais commandé pour le groupe des beignets. Une fois que tout le monde s'est rassasié avec le petit déjeuner très copieux que l'on mettait à notre disposition, nous voilà rassemblé dans le bus avec un premier départ.


         Direction le cimetière européen où chacun a tenté et parfois retrouvé des tombes chères à son cœur. Beaucoup d'entre nous, avaient des missions de personnes qui ne pouvaient pas faire le voyage. A savoir, localiser des tombes, constater l'état et les fleurir si possible. Malgré les difficultés dues en grande partie aux informations approximatives, beaucoup d'entre elles ont été accomplies.

         Le cimetière européen est entretenu par la mairie au point de vue allées et murs d'enceinte. Les caveaux et tombes de part et d'autre des allées sont dans un bon état, réparé pour certains. Malheureusement, lorsque l'on pénètre à l'intérieur des carrés, nous constatons encore qu'il y a trop de tombes saccagées. Le temps passé et l'érosion ont une part dans la dégradation mais la très grosse part en revient au vandalisme. Il y a des carrés où il est très difficile de rentrer et circuler. Du travail a été fait, il en reste encore énormément à faire. Il y a l'association In Mémoriam qui veille, qui arrange quelques plaques ou croix, pas plus car l'entretien et la réparation en incombent aux familles !!!
         Quelles seraient les solutions ?
1) Que le gouvernement français prenne en charge ces travaux et assure son suivi, ce serait dans la logique de la réparation et de l'indemnisation qui nous sont dues, du fait de notre déportation voulue par la France.
2) Que les familles fassent appel à des artisans locaux pour réparer les tombes et à des amis pour aller les entretenir et fleurir pendant notre absence.
3) Les deux premiers points imposent que la Mairie, les autorités locales et le Consulat Français assurent un vrai gardiennage avec une surveillance pour garantir la pérennité de ces lieux de mémoire et de repos.
         Pourquoi le cimetière Anglais est intact, pas de dégâts, un entretien irréprochable, un respect que les autres cimetières (européens, juif et arabe) n'arrivent pas à obtenir ? Il y a sûrement des raisons d'état qui nous dépassent mais que nous n'acceptons pas. LA France doit s'impliquer davantage, car l'Angleterre a sûrement plus de respect pour ses défunts que la France envers ses enfants. La dégradation actuelle de la France en est un exemple frappant.

         10H 30, visite du cimetière juif, c'est la désolation, le comble de l'horreur, l'abandon le plus complet, le saccage est incommensurable. L'entrée est fermée, il a fallu escalader une ouverture dans ce qui reste de mur d'enceinte, pour pouvoir y pénétrer. Une honte pour la France, pour l'Algérie et aussi pour le consistoire juif qui ne fait rien. Nous avons demandé à M. le Consul français de rapatrier les restes dans le cimetière européen où il y a de la place. M. le Consul nous a expliqué que le consistoire était opposé car la religion juive n'autorisait pas le déplacement des restes juifs. PEUPLE JUIF, réveillez-vous, ne laissez pas vos ancêtres être profanés comme cela.
         La Mairie doit refaire le mur de clôture, je ne pense pas que cela soit la meilleure solution car les tombes resteront en l'état. Un beau jour, ce cimetière sera complètement rasé au bulldozer (peut-être, même pas par les autorités locales) et ces restes seront jetés dans une décharge à la merci des chiens. Je vous lance ce cri, faites pression sur ce consistoire juif d'Alger pour qu'il autorise et demande officiellement le déplacement de ces défunts vers le cimetière européen. Vos morts, qui sont aussi les nôtres, ont droit au respect le plus élémentaire. Et si le consistoire refuse, prenez vous-même la décision de faire déplacer vos familles dans un lieu plus adéquat, c'est votre droit et votre devoir. Ce n'est plus une question essentiellement religieuse, la religion a ses règles, la conscience humaine a les siennes pour le respect de ces morts.

         Après la vue de ce lieu d'apocalypse, nous montons vers Bugeaud. Malheureusement, le brouillard nous a gâché cette virée. Nous nous sommes rattrapés en déjeunant, pour la plus grande partie du groupe, dans un restaurant avec un copieux repas confectionné à la demande car les cuisiniers n'attendaient pas autant de monde. Une bonne partie de rigolade et de plaisir sous les airs enchanteurs des canaris et chardonnerets avec l'odeur des fleurs du petit jardin.


         14H 30, nous retrouvons l'autre partie du groupe qui avait déjeuné chez des amis à l'Hôtel Mountaza.

         Nous arrivons au Cap de Garde, l'accès au phare nous est refusé par le gardien car sous contrôle de la marine. Une autorisation spéciale est nécessaire. Nous redescendons vers le Vivier et un petit groupe m'a suivi jusqu'à la pointe la plus avancée du cap de Garde. Un tour à la buvette pour boire une bière allemande et prendre un rendez-vous qui sera conté plus loin.


         Nous rentrons par les plages et nous nous arrêtons au cimetière musulman, celui qui a fait la renommée de Bône " Voir li cimitière de Bône, envie di mourir y ti donne ". Ce cimetière non plus n'a pas été épargné par les vandales, les barbares.
         La tombe de Mme Charlotte Eberhardt est toujours là, pas trop abîmée. Ce cimetière mériterait lui aussi une grande réhabilitation rien que pour la mémoire et pour ceux qui sont sous cette terre. Quelques familles tentent de remettre en état mais ce n'est pas suffisant.

         Tous les morts, quelle que soit leurs religions, ont droit au repos éternel avec le respect qui leur est dû. Ils font partie des racines du pays, ils ont apporté la vie, ils ont contribué à l'essor du pays à chaque étape des générations, avant, pendant et après la présence française.

         16H 30, retour à l'hôtel, une bonne douche et nous voilà repartis par petits groupes ou individuellement vers nos quartiers où chacun a pu retrouver sa maison ou ses amis, avec un petit passage obligatoire sur le Cours Bertagna pour y déguster….. Le Créponet bônois à l'Ours Polaire. 20H, dîner en commun avec des rigolades déclenchées par les " Historiens " Christian et Roland.

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        Mardi 18 : Temps maussade, il pluvine. Lever tôt pour les amateurs qui me suivent chez notre ami tunisien, le roi du Beignet.
         Rassemblement et départ pour La Calle en longeant la route du littoral, le lac des oiseaux. Arrivée au Bastion de France " La Vieille Calle ", la plus ancienne présence française en Algérie. Ce " Comptoir-Forteresse " construit près de La Calle par des marseillais d'origine corse, les frères Lenche, en vertu d'un privilège exclusif pour la pêche au corail, consenti par le " gouvernement " barbaresque d'Alger en 1552. Il fut abandonné et repris par les Italiens, etc… une longue histoire à connaître. Il ne reste plus que quelques ruines, des murs du Fortin, connues sous le nom de " Marsa el-Kerraz ". La petite plage est attirante
         Du côté droit de la plage, des rochers façonnés par le temps et l'assaut des vagues, nous voyons La Calle et plus loin Tabarka. Un vieil homme lui aussi façonné par le temps et le soleil, faisant partie du décor, semble regardé et gardé ces lieux chargés d'histoire.



         Nous descendons à La Calle par une nouvelle route en construction, l'ancien chemin des muletiers. Nous devons remercier l'escorte, le chauffeur de bus, les ouvriers qui nous ont facilité le passage sur ce tracé pas encore goudronné et qui nous ont dégagé des endroits pour permettre au bus d'avancer. Louons ces gens pour leur gentillesse et leur propension à se mettre au devant pour nous faire plaisir par amitié. En France, nous aurions été refoulé sans ménagement. Ils nous ont permis de découvrir La Calle par un côté inhabituel avec des vues magnifiques de cette baie. Qui part du Cap Rosa vers Tabarka.
         A La Calle, quelques averses et une bonne promenade le long des rues ; une visite, pour certains, au cimetière dont l'état est excellent. Il paraît que les réparations ont été faites par les artisans du coin et l'entretien confié à des amis musulmans, sous l'œil bénévole de l'association des Callois. Si cela est vrai, BRAVO les Callois.
         Le déjeuner pris dans un restaurant tenu par un " Franco/Algérien " ou l'inverse, ne nous laissera pas un grand souvenir avec un prix européen, un mauvais vin, des plats froids, etc., bref un restaurant pas à la hauteur de la réputation qui nous avait été faite. C'est la raison pour laquelle, pour la suite du séjour nous avons privilégié les petits restaurants ne payant pas de mine comme celui de Bugeaud mais où nous Mangions sans chichi et avec le sourire.
         Au cours de ce repas, nous avons accueilli notre benjamin, Philippe L'Hote qui arrivait du Niger et que nous avions fait rejoindre le groupe et ses parents en taxi, grâce à l'organisation mise en place.
         15H, cap sur le Lac Tonga à la frontière Tunisienne, prés de Tabarka. Une réserve de faune et de flore où même une ballade en barque nous était proposée. Le temps trop juste nous a fait renoncer. Des explications très savantes, du conservateur des Eaux et Forêts, nous ont appris la richesse de cette réserve. Nous avons retrouvé des acacias aux grosses épines pour manger les escargots.

         Après cet intermède écologique, en passant par Le Tarf, Blandan, nous voilà à Randon, l'accueil toujours aussi chaleureux et expansif de la foule qui s'est précipitée à notre descente du bus et jusqu'à l'école où notre Juliette Bardin a retrouvé les bancs de son enfance.
         L'heure tournant, nous faisons des arrêts dans les Fermes Françaises pour nos amies Juliette Bardin et Marie Paule Faure, qui ont vécu dans ces lieux. Je tiens à signaler que leurs parents n'étaient pas les affreux colons que l'on décrit dans les manuels scolaires, c'étaient de simples fermiers travaillant pour une compagnie " Les Fermes Françaises " dont le siège était en France. Ces gens étaient les égaux des musulmans, l'accueil reçu en témoigne. Elles sont retournées seules (avec leurs époux) en taxi pour retrouver ces lieux pleins de souvenirs.

         Après cette journée chargée en émotions, en vision, en souvenirs et en fatigue, nous avons pris le dîner et beaucoup d'entre nous ne sont pas sortis le soir. Néanmoins avec un groupe de courageux, nous avons fait quand même un tour en ville à 23 H, histoire de prendre l'air frais. A dire vrai, on voulait se taper un créponnet, mais les kiosques étaient fermés.

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        Mercredi 19 avril : Le temps est au beau, il ne nous quittera pratiquement plus. Après le beignet et le petit déjeuner, nous voilà prêt pour une autre journée de découverte pour la majorité.
         8H 30, départ pour Herbillon. La route par Aïn-Mokra n'a pas tellement changée, un peu plus large, toujours des virages au travers du massif de l'Edough. Une escorte insolite nous accompagne avec un chef qui s'est mis à notre disposition pour nous faire aller où l'on voulait.


         Avant l'arrivée sur Herbillon, le bus s'est arrêté sur les hauteurs dominant la baie pour nous faire admirer la plus belle baie du monde. Le temps de réserver au restaurant et j'indique la direction du Cap de Fer, Malheureusement le bus n'a pas pu aller plus loin que la petite plage du pied de ce Cap.

         Nous avons quand même pris un bon bol d'air et d'eau pour certains, puis le chef d'escorte me demande si je veux aller au Cap Toukauch, il se faisait fort de faire passer le bus. Tout le monde est d'accord et nous voilà parti pour cette route où le bus, hélas, a du s'arrêter à environ 4 Km du phare. Rien ne nous arrête, marche à pieds, certains ont été jusqu'à l'ancienne tour, d'autres ont été amené en voiture par le chef d'escorte jusqu'à la tour. Les plus courageux ont commencé à monter à pieds jusqu'au phare et ensuite jusque sur une butte où une vision féerique nous attendait. C'est là que se trouve la plus belle anse du monde. On pourrait rester des heures à l'admirer. Un endroit où il était difficile de s'arracher, dans ces moments là on ne sent pas les efforts et la fatigue qui ne sont plus tellement de nos ages sans entraînement. Au diable l'avarice de l'effort et les varices des jambes. Merci Geneviève, Suzette, Roland pour m'avoir accompagné et à Noëlle qui est arrivée jusqu'au phare et qui nous a pas vu grimper sur la butte dominant l'anse féérique.

         L'heure du repas arrive, le restaurant retenu est parfait, nous nous installons à l'extérieur. Vite servis, les merguez et le poisson sont les plats commandés avec une entrée copieuse et un dessert à volonté, puis des plats de résistance resservis avant encore du dessert. Café et boissons Sélecto et Bona qui nous ont replongé quelques années passées.

         14H, direction la plage de la Fontaine Romaine. Henri et Claire Lunardelli qui avaient emporté les maillots, ont pris les premiers bains à Herbillon. Avec Robert, nous avons longé la plage jusqu'à l'ancien quai en passant devant le Rocher du Lion, cela a ravivé le souvenir de nos journées passées sur cette " plage " où je venais en vélo, il fallait être sportif pour le faire, ou alors accroché derrière le bus, là il fallait être fou sur cette petite route. Avec le temps on se rend compte du danger. Une fois que nos nageurs se sont séchés au soleil avec une parole qu'Henri a failli regretter quelques jours plus tard. " Je me suis baigné à Herbillon, maintenant je peux mourir. ", nous avons repris le chemin du retour.

         16H, hôtel, douche et dispersion dans les rues de la ville. J'étais à l'Ours Polaire où je dégustais un créponnet avec Hasséne Kati lorsque mon copain Layachi Dib est venu me chercher et j'ai eu droit à un concert de musique Mahlouf, Arabo-Andalouse. En effet, avec son orchestre, j'ai assisté au Théâtre à la répétition du concert qu'il donnait les vendredi et samedi à Constantine dans le cadre du Festival de cette musique douce et envoûtante. Merci Layachi, merci l'équipe.
         L'heure du repas approchant, j'ai rejoint mes compagnons à l'hôtel où nous avons fini la soirée tous ensemble dans la joie avec nos " historiens maison ".

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        Jeudi 20 Avril : 7H 30, départ pour Souk Arhas. Nous faisons un 1er arrêt à Mondovi pour voir la forge de l'oncle de Bernard Gauci et pour voir la maison d'Albert Camus.


         La route suit en grande partie la Seybouse. Le paysage est magnifique, à lui seul il mérite un film. Nous constatons et avons la confirmation du renouveau de la vigne et des oliviers. Les champs de blé font plaisir à voir. L'agriculture jusqu'à Souk Arhas est en plein essor. Très peu de terrains à l'abandon.

         La ville de Souk Arhas, malgré l'augmentation de sa population a eu une harmonisation qui ne choque pas. Il y a même une recherche de style.
         Le bus s'arrête sur le parking de l'Olivier de Saint Augustin. Cet olivier de légende d'au moins 17 siècles aurait servi de lieux de méditation dans la jeunesse du saint homme, le père de l'église et natif de cette ville. Un petit musée en voie d'élaboration se trouve juste à coté de cet arbre d'où chacun a emporté un rameau avec des petites olives " noirtes ".

         Pendant que Yves Jan et d'autres allaient au cimetière, qui est dans un état remarquable et cela grâce à la petite association de Souk Arhas qui utilise les mêmes méthodes que celles de La Calle. Félicitations M. Gilbert Quaranta pour ton implication dans ce travail aux cotés de la mairie. Cela prouve qu'avec de petits moyens, on peut faire aussi de bonnes œuvres.
         Nous parcourons les rues du centre ville, où la Mairie est en pleine rénovation. Sur la place, le Kiosque à musique est toujours là contrairement à celui de Bône et, paraît-il, il continue de servir. Le lion est toujours là aussi et monte la garde.

         Nous avons la chance d'assister à un défilé en voiture d'un mariage avec klaxons, cris et chants, filmé par une femme debout à l'arrière d'un véhicule.

         Au cours de cette marche au milieu de cette population bon enfant et accueillante, nous rencontrons des enfants en costume traditionnel.

         Les femmes du groupe en profitent pour visiter une boutique où le commerçant s'est fait un plaisir à sortir les créations de robes plus jolies les unes que les autres avec des broderies de fils d'or et d'argent. Du vrai travail d'artisanat.
         L'heure du repas nous rappelle que le moment est venu de rejoindre le bus et les copains. Nous déjeunons dans un petit restaurant sympa. Après un dernier tour en bus de cette petite ville, nous prenons la direction de Guelma en passant devant une ancienne fontaine chère aux souvenirs de Christian Migliaccio.
         Arrivée à Hammam Meskhoutine où nous retrouvons nos compatriotes souk-arhassiens. Les chutes d'eaux plusieurs fois millénaire sont un patrimoine très visité. Le détournement pour une affaire commerciale d'une partie de cette eau chaude, bouillante (95°), met en péril la survie de ce mur peut-être unique au monde. Il devrait être classé au patrimoine mondial. Cela est criminel de détruire lentement mais sûrement ce lieu de légende. (Voir texte de Rachid Habbachi, plus loin).

         Les visites à 16H 30 du Théâtre Romain et des ruines d'Héliopolis sont écourtées car les lieux sont déjà fermés. L'entêtement du conservateur ou gardien contre des personnes est une affaire algérienne dont nous avons fait les frais. C'est dommage, non professionnel et anti culturel. Je pense que les autorités devraient être plus soucieuses et à l'écoute de la demande touristique.
         Nous reprenons la route en direction de Nechméya et s'arrêter devant l'ancien bar de Carmen Weiss née Bussola. Le bar est en réparation et fermé. La famille Bussola reviendra en taxi et aura accès.

         La route du retour accompagnée par des escortes, " Police et Gendarmerie ", qui se " disputaient " ce privilège, avec beaucoup d'arrêts et d'attente, nous a fait perdre beaucoup de temps et l'énervement commençait à gagner. Heureusement, l'entrée dans la willaya de Bône avec l'escorte mieux organisée, que nous connaissons, s'est bien déroulée jusqu'à l'Hôtel.
         C'est vrai que l'escorte est une contrainte, mais nous devons comprendre les autorités qui veulent assurer notre sécurité et empêcher tout incident. Les incidents diplomatiques et les décisions du chef de l'état Algérien sur l'islamisme incitent à la prudence. D'ailleurs les populations locales nous font ressentir les craintes qu'elles ont pour l'avenir. On pourrait dire que ces affaires ne nous concernent pas, mais c'est quand même notre pays et nous n'aimerions pas qu'il retombe dans les affres d'une nouvelle guerre néfaste pour tout le monde.
         Retour à l'hôtel, douche, petit tour créponnet dans la ville, c'est devenu une habitude, jusqu'au dîner en commun.

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        Vendredi 21 avril : 8H 30, départ pour la Basilique de Saint Augustin et la messe dite par le Père Raphaël Abdilla. Je pense que cela a fait le bonheur du groupe dans ce lieu historique et qui en a profité pour faire bénir les rameaux de l'Olivier de Saint-Augustin.


         Petite anecdote : pendant que le groupe assistait à l'office à l'intérieur, assis avec Philippe L'Hote et Hocine Rizzi sur la balustrade, nous avons vu arriver deux petits bus avec des écoliers accompagnés par des professeurs pour une visite des lieux. Quelques instants après, une voiture est arrivée et a distribué à certains élèves (d'autres ont refusé) un petit dépliant de propagande islamiste. Nous avons trouvé cela complètement nul et dépassé. Nous avons commencé à entamer la conversation avec un professeur qui nous disait qu'il arrivait d'un bled du coté de Philippeville et qu'il amenait ses élèves sur des lieux historiques. Bien que lui-même musulman, il voulait faire connaître la basilique aux gosses dont certains étaient déjà des adolescents. Nous lui avons dit qu'après la messe, la visite serait ouverte avec le Père Abdilla.
         Il savait que ce lieu était très important dans l'histoire de l'Algérie mais n'en connaissait pas l'histoire complète. Et qui l'eut cru, c'est moi, non croyant et libre penseur mais respectant toute les religions sans en accepter les excès, qui s'est transformé en " petit professeur d'un jour " pour donner un cours d'histoire sur le Saint de la ville de Bône. Bien sûr que je n'ai pas manqué de lui donner l'adresse du site de Bône pour trouver des explications plus complètes sur la vie du père de l'Eglise ainsi que l'adresse de la Bibliothèque Nationale pour trouver des livres très intéressants. C'est un fait très réconfortant de savoir que des Algériens apprennent la véritable l'Histoire de leur pays. J'ai apprécié que des gosses, qui avaient pris, lu et gardé le dépliant islamiste, posent des questions.

         Après cet intermède de plaisir, nous sommes descendus vers les ruines d'Hippone en passant par le Théâtre Romain.
         Cette année un effort particulier a été fait. Un grand nettoyage a eu lieu, même les égouts romains ont été vidés, il reste encore du travail à faire. Nos remarques de l'année dernière ont peut-être été entendues, si c'est le cas, merci M. le Maire et M. le Président de l'A.P.W.
         Henri, " notre Saint-Homme " assis à la place du grand Saint et lisant un de ses écrits universels a fait passer un frisson dans l'assistance. La place nous manque pour mettre les nombreuses photos de ces ruines, mais nous en voyons au travers des pitreries des " Gamins " que nous sommes redevenus en ces lieux où jeunes scouts, nous avons fait les " archéologues ".

         Le musée étant fermé à midi, nous avons libéré le bus et nous sommes dispersés par petits groupes dans la ville. Avec un bon groupe nous nous sommes dirigés chez " Colombo " pour manger des douzaines de brochettes, merguez et côtelettes accompagnées de frites maison et de poivrons délicieusement préparés. Hocine Rizzi nous rapportant des petits gâteaux pour terminer ce repas avec le thé du patron.
         L'après midi a entamé les journées " totalement libres " qui avaient été décidées avant le départ.
         Les groupes se forment et se reforment suivant les lieux à voir, on se croise, on s'assoit pour prendre un verre, un thé ou un créponnet avec des amis que l'on retrouve ou avec des contacts spontanés. Le soir on fait notre dîner en commun toujours dans la bonne humeur et en famille.

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        Samedi 22 avril au soir : Réception au Consulat de France. Avant d'entrer dans le Consulat, une petite discussion serrée a lieu avec des reporters de M6 qui voulaient nous filmer. A première vue, cela aurait pu paraître naturel, mais lorsque j'ai demandé le thème du reportage et si nous avions un droit de regard sur ce reportage avec droit à l'image, c'est là que ça s'est corsé. Ces " reportants ", outre le fait qu'ils n'aient pas été invités, n'avaient même pas eu la politesse de nous contacter et voulaient se servir de notre voyage pour illustrer leur reportage dont le sujet était " ces Pieds-Noirs qui sont restés ". Cela nous ne concernait en aucune manière, et je ne voulais pas qu'ils utilisent notre image, y mettre des voix off avec des commentaires de propagande anti Pieds-Noirs. Cela s'est déjà vu, cela se verra peut-être (s'ils osent diffuser ces images) dans un montage cinématographique au cimetière (nous avons des témoins de leur trucage) qui sera diffusé dans " Zone Interdite " . Nous, nous sommes des exilés involontaires même des déportés et non pas des " déserteurs, fuyards ou traîtres " comme nous a traité un (piednoir) membre de l'Association In Mémoriam.

         M. le nouveau Consul, nous a reçu simplement, sans protocole, en ami dans ses appartements privés et cela cadrait bien avec un des buts du voyage, pas de réception officielle, de l'amitié et c'est tout.

         Nous avons eu quelques explications sur les cimetières et nous comprenons la réserve de M. le Consul suite aux situations diplomatiques intérieure et extérieure.

         Après avoir remercié M. le Consul et son épouse, nous avons pris congé et la plupart d'entre nous, sommes rentrés à pieds à l'Hôtel.


        Le dimanche matin 23 avril, un petit groupe est rentré en France avec regret, pris par des obligations professionnelles. Ils reviendront sûrement.

        Les journées du samedi 22 au mercredi 26 avril étant des journées plus personnelles et chacun a pu choisir ses directions soit individuellement soit en groupe. Cela a surtout permis à tous ceux qui voulaient revoir encore des lieux particuliers, comme les Fermes Françaises, Randon, Mondovi, Constantine, Rochnia, Nechméya, Joannonville, Duzerville, Saint-Paul, Bugeaud, etc. et surtout rendre visite à des amis ou connaissances. Ces jours ont été mis à profit pour faire la ville en long, en large, en travers ; manger du poisson à la grenouillère, Saint-Cloud ou Chapuis ; se gaver de pâtisserie ; s'en mettre plein la vue et les oreilles car les conversations à tous les coins de rues ou dans les maisons étaient ininterrompues avec des invitations qui fusaient de partout.
         Pour notre part avec Jeanine, nous avons été invité à manger chez Rachid et nous avons passé des moments familiaux avec sa charmante épouse.
         Bien sur Kamel Benyoussef nous a reçu en famille, aussi avec Noëlle Hatrel et Elie Salfati, tout un symbole, comme cela se pratiquait dans toute l'Algérie en tant de paix, sans distinction de religion, de croyance ou non croyance. Merci Kamel.
         Je ne peux pas oublier Layachi Dib, lui aussi en famille, tout simplement, nous a reçu pour des instants très importants.
         A chaque fois, nous repartions avec des cadeaux et un des cadeaux le plus symbolique et inédit vient de Layachi avec les camemberts de Saint-Augustin qu'il a déniché à la place d'Armes.
         Le Cours Bertagna et l'Ours Polaire ont été les Points phare des rendez-vous et retrouvailles, c'était l'occasion de boire et de manger, de discuter, de respirer l'air et l'ambiance de Bône. Les discussions avec Hasséne Kati, Sakraoui, Attoui, Ahmed le photographe qui a participé au livre de Paul Piro, Les musiciens de Layachi, Khadir lui aussi photographe d'art qui a fait un joli cadeau photographique à Jeanine et dont vous pouvez voir des œuvres sur http://www.eurl-nesma.com , et je ne peux les citer tous.


         C'est certain, nous n'avons pas pu honorer toutes les invitations. Merci à tous, Amis connus et inconnus qui sans fioritures, avec spontanéité, vous êtes venus à notre rencontre et accepté de parler à bâtons rompus du bon vieux temps sans haine ni reproche, mais avec fraternité.

         Je ne peux passer sous silence la journée spéciale du mardi 25 avril : Lors de notre première visite au Cap de Garde et avant de repartir, avec ceux qui m'avaient suivi à la pointe du cap, nous nous sommes arrêtés boire une bière à la buvette du Vivier, je dois dire de l'ancien Vivier. En parlant avec les propriétaires nous avons conclu de venir manger du poisson. Avec Roland, Christian, Claire, Mounir, Bernard et Geneviève (partis le dimanche), il nous fallait trouver une journée. Après réflexion et en fonction des petits programmes de chacun, nous avons fixé cette journée bonus pour le 25. Avec Mounir qui s'est fait notre intermédiaire pour la négociation, nous avons demandé et inscrit le repas.
         Le matin du 25, par groupe de 4, nous avons pris des taxis pour aller au vivier. Un ensemble de 20 personnes qui se demandaient si cette journée champêtre pourrait avoir lieu car le temps matinal sur Bône était encore pluvieux avec le reste de l'orage nocturne. En scrutant le ciel et allant chercher les pois chiches au camoun que j'avais commandé la veille, avec les plus fervents nous avons décidé d'y aller et quoi qu'il arrive, nous serions quand même à l'abri.
         Pendant que les taxis embarquaient tout le monde, je suis allé chez Rachid et Kamel pour récupérer des cannes à pêche puis j'ai rejoint en taxi les copains qui avaient déjà commencé à faire les oursins. Chacun prenant ses marques sur les rochers, dans les criques, dans le vivier où Roland a trouvé un Catsomarine. Avec Jean et Jeanine, j'ai entamé une partie de pêche qui n'a rien donné vu que les amorces n'étaient pas formidables pour des hameçons à prendre du requin (Clin d'œil à mes amis Rachid et Kamel). L'intention y était et on pourra dire, on a pêché au Cap de Garde en 2006.


         Puis j'ai invité Antoinette, Noëlle et Yves, Mounir nous rejoignant plus tard, à faire un petit peu d'escalade sur les rochers par un chemin qui m'est familier, à aller à la pointe la plus avancée du Cap de Garde. Là où j'allais adolescent après avoir rejoint le Vivier en vélo. A 14/15 ans on grimpait comme des chèvres, là on est plus prudent. Nous avons passé un grand moment à respirer cet air pur en méditant en silence devant la beauté du paysage qui nous entourait. L'heure du " Moment " arrivait et il nous fallait redescendre retrouver les Amis.

         La table est dressée, le feu est en marche, le poisson nettoyé, nous prenons les chaises ou les marches d'escaliers pour ceux qui n'avaient pas de chaise. Cela n'est pas grave car en famille on ne se gêne pas et pas de chichi. Nous commençons par une salade bien garnie avec des légumes frais cueillis qui avaient le goût des légumes. Puis la saga de la mer commence avec les oursins ouverts comme il faut, que l'on mangé avec délectation ; les sardines grillées sont arrivées ; puis des poivrons verts grillés aussi avec les pois chiches au " camoun " délicieuses à point ; puis les haricots de mer ; les crevettes en sauce ; c'est le tour des poissons : dorades, sars, figues de mer, brochet de mer, pageots, sparle, etc., nous n'avons pas pu finir le stock ; et une délicate attention du patron, du fromage et pas n'importe lequel, du camembert mais du Saint Augustin, un régal et à point ; des fruits, oranges, bananes, pommes et dattes sèches que j'avais ramené du marché. Et la surprise supplémentaire est venu de Jean Zammit qui nous a offert une mouna ramenée de chez lui et qu'il avait gardé secrètement pour un moment insolite, cette action résume l'esprit de ce groupe, de cette famille.

         Après un dernier petit tour sur les rochers ou dans l'eau, nous reprenons la route à pieds jusqu'à la plage de la Patelle pour les uns et jusqu'à l'Hôtel pour Claire, Noëlle, Suzette et Henri (11 Km) qui a déclaré " Heureusement que je ne sui pas mort après Herbillon, j'aurais loupé cette journée ".
         Une journée inoubliable à marquer dans nos mémoires. J'avais d'autres projets que le temps, hélas encore trop court, (12 jours) ne nous a pas permis de mettre en route, peut-être une prochaine fois !!!.

         La dernière soirée à l'Hôtel, avec l'anisette de Roland et de Daniel, pour l'entamer et où j'ai la joie d'accueillir mon copain Denis Fadda, venu donner des cours de droit international à la faculté d'Annaba.


         A la fin du repas et après la distribution d'enveloppes et de cadeaux, Angèle Bussola/Castells, une de mes " sœurs ", nous a fait cadeau, Jeanine et moi-même, d'un petit texte (plus-haut) de remerciements qui nous a touché au plus profond de nous même. MERCI Angèle, MERCI vous tous, vos Larmes de Bonheur sont mes Armes du Bonheur.

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        Le Jeudi 27 Avril, le départ vers l'aéroport s'est fait avec des pointes de peine de devoir " déjà " rentrer sur la terre d'exil pour la majorité d'entre nous. Malgré cela, nos historiens Christian et Roland ont su débrider le groupe avec les dernières blagues de derrière les fagots. L'arrivée à Marignane, dans un premier silence, s'est animée pour les derniers hussards devant un dernier verre de l'amitié avec des petits gâteaux sortis du sac à dos spécialement acheté pour emporter mon ravitaillement.


         Pour nous, ce voyage complète celui de l'année dernière où j'étais resté sur l'inachevé car pris par des obligations. J'ai profité comme tout le monde et comme je le disais l'année dernière, je suis prêt à repartir, tout comme mes compagnons de fortune. La lecture des impressions diverses ci-dessus confirme mon récit et tant pis pour les détracteurs qui ne connaîtront sûrement pas notre vécu.

         Je ne pourrai clore ce récit sans remercier tous les amis qui m'ont aidé par leur soutien moral, et par leur aide sur place :

les amis Hocine, Rachid, Kamel et Layachi sur place ; M. Saïdi, consul général d'Algérie ; le Consulat de France ; la congrégation religieuse ; les autorités locales de l'APW et de l'APC ; les services de sécurité et douaniére ; M. et Mme Atman Shanoun et toute son agence Mili Voyages ; Mlle Fathia d'Air Algérie ; et bien sur tout le groupe dont le comportement, la gentillesse, l'amabilité, le dévouement, la compréhension, la cohésion et l'ambiance ont permis cette réussite extraordinaire du séjour. Merci LA FAMILLE.

         Le plus grand MERCI revient à mon Epouse Jeanine, Bônoise par amour, qui a été à mes cotés dans tous les instants pour me soutenir et apporter le réconfort nécessaire et la modération face à l'adversité traduite par des menaces et des insultes.


Jean Pierre et Jeanine Bartolini       
La devise de Noëlle prend ici toute sa dimension:
"ENSEMBLE, nous formons un coeur,
dont chacun d'entre nous est l'un de ses battements"

Et un petit cadeau


LA LEGENDE DES MAUDITS
Par Rachid Habbachi
le 30 juillet 2003

        On a dit, redit et parfois même médit sur l'origine des monticules calcaires de forme conique qui ornent l'esplanade qui jouxte les cascades pétrifiées d'Hammam Meskhoutine, cette station thermale réputée des environs de Guelma en Algérie.
        Parmi ses guerriers, la tribu pouvait se glorifier de la présence dans ses rangs d'un cavalier émérite, le plus brave de tous et le plus riche, de toute la province, pour ne rien gâter, Sid Errezk le bien nommé (rezk voulant dire richesses, biens, propriétés) avait une sœur Yamenah, renommée dans tous le pays pour son port de reine et son extraordinaire beauté.
        De très nombreux prétendants, les plus riches, les plus puissants, les plus braves, les plus beaux, avaient demandé sa main, proposant des dots faramineuses en bétail et en or sans que Sid Errezk ait jamais accédé à aucune de ces demandes.
        Ces refus répétés ont fini par éveiller les consciences et, la rumeur aidant, il était clair que le frère tyrannique était épris de sa sœur et qu'il songeait même à l'épouser, acte s'il en est, réprouvé par toutes le règles de la morale qui régit le genre humain.
        Horrifiée par la nouvelle, la communauté tribale persuadée qu'un pareil crime ne pouvait être commis, espérait malgré tout qu'aucun Cadi (dignitaire musulman cumulant les fonctions de juge et d'officier d'Etat-civil) digne de ce nom et de sa fonction ne pourrait enfreindre une loi divine en bénissant une union incestueuse.
        La puissance, la richesse, peut-être même la peur eurent finalement raison des scrupules d'un Cadi qui consentit à unir le frère indigne à la sœur non moins indigne même si la légende ne précise pas si elle était consentante ou non.
        Les mariés, les témoins et le Cadi, réunis pour la cérémonie sur la grande place jouxtant la cascade, les membres de la tribu, ne voulant pas cautionner par leur présence cet acte contraire à la morale, levèrent le camp pour aller au plus vite le plus loin possible du lieu où allait s'accomplir le plus abominable des forfaits.
        Quelques jours après, sans nouvelles des noceurs, des nouveaux mariés, des témoins et du Cadi, certains se décidèrent à revenir au pays et grandes furent leur surprise, leur épouvante en découvrant sur le lieu même de la noce ces cônes blancs à forme humaine qui n'existaient pas avant leur départ.
        On ne doutât point que les époux incestueux, leurs invités, les témoins de la noce ainsi que le Cadi, tous complices de la plus grande infamie de leur Histoire, eussent étés pétrifiés par le tout puissant.
        Les différents acteurs de la noce maudite furent reconnus par tous pour leurs attitudes et leurs caractéristiques propres dans les différents cônes et tout le monde convint que la justice divine avait frappé et que les coupables punis pour leur forfaiture avaient étés figés pour l'éternité afin que nul n'ignore ce qui s'était passé en ce lieu baptisé depuis, Hammam Meskhoutine (les thermes maudits).

Texte rédigé à l'attention des bônois du groupe Bartolini qui me l'ont demandé durant leur récent séjour à l'hôtel Seybouse, à Bône du 16 au 27 avril 2006.

Rachid HABBACHI


AU CLAIR DE LA LUNE
Envoyé par M. Marc Dalaut
Ecrit par M. Gaëtan Dalaut


Dans la nuit,
A la brune ,
Une lune
Pâle luit.

Colombine
Rit et fuit
Mais lambine.

Arlequin
Ce coquin
La lutine.


IN MEMORIAM

Denis PUCHEU
Un vrai de derrière les fagots…
N° 3 de Janvier 1950
de M. D. GIOVACCHINI
Envoyé par sa fille

         
         C'était vrai, car PUCHEU, orgueilleux bien naïf, assumait toutes les responsabilités, s'imaginant ainsi mieux gravir tous les échelons de la gloire.
         Il n'atteignit guère les sommets dont il rêvait, mais la pente douloureuse s'annonçait pour lui, se transformant en calvaire, sans qu'aucun do site anciens apôtres né l'aide à porter sa croix. Ses victimes ne le haïssent même pas : ils le méprisent. Ceux qui furent ses amis, sans courage souvent, s'éloi-~.,., et 1- lei remua, d'un pe tiréré.
         Je ne sais s'il est capable de re-mords, mais je devine ses pensée intime, : " Oui, j'ai eu tort, j'ai fait trop de mal parce que je croyais mon règne éternel... " lui clame ce qui lui reste de conscience dans le chaos de ses cauchemars nocturnes. Et il souffre surtout de se voir lâché par les sens,
         Comprenez vous maintenant, PUCHEU, qu'il n'est ni beau ni utile de faire le mal ! Tôt ou tard, tout se paie.
         Vous n'étiez pas sot et peut-être aussi n'étiez-vous guère foncière-ment méchant. Mais la vanité vous a dominé, pour vous laisser ensuite choir lamentablement, sur le che-min pénible du regret et de la déception.
         Ah ! si vous aviez borné votre " fameux " travail, à discerner les véritables mauvais Français, c' est à dire les délateurs et les marchands véreux...
         Mais vous vous acharniez sur une foule d'innocents, alors que TUCCI, valet de CHATEL, le Gouverneur au gilet de perroquet, demeurait tabou et se pavanait sur un coffre-fort d'où émanaient les relents d'un profit fait de sueur humaine.
         La Libération fut une oeuvre sainte. Mais, comme le disait le grand pamphlétaire Camille DES-MOULINS : s Les apôtres font les Révolutions, et ensuite les gredins les déshonorent ".
         Vous vous réclamiez de la doctrine socialiste. N'avez-vous donc jamais lu JAURES, qui, dans ses plus belles pages, chante ces belles vertus que sont la bonté et la fraternité.
         Est-ce donc des raisons d'Etat qui dictaient vos froides déterminations ? Ce serait alors de l'outrecuidance. Il est vrai que souvent vous parliez au nom du Général De GAULLE, et cela sans gêne, et sans rouge au front.
         Quoi qu'il en soit, vous avez fait beaucoup de mal au Socialisme dans cette ville. Et vous n'en aviez pas le droit, car le Socialisme porte en lui-même de belles et fécondes moi-sons.
         Et c'est avec des fautes aussi lourdes et aussi grossières que PANTALONI a pu se remettre en selle.
         Vous aviez semé ta haine : vous avez récolté la tempête.
         J'ai toujours dormi du sommeil du juste, parce que dans ma jour-née, il ne m'arrivait jamais de faire du mal à un faible, fut-il mon adversaire : au contraire.
         Je vous plains M. PUCHEU, car vos nuits seront toujours troublées par l'image hallucinante des camps de concentration.
         Pauvre homme, condamné à ne pouvoir même plus trouver l'oubli. Et quelle peine ne doit-il pas é-prouver en retrouvant auprès de PANTALONI, certains rélateurs qui officiaient rue Bugeaud



Ça qu'on vous a pas dit … !      N° 36
Christian AGIUS
le Maltais de la route de Bugeaud,
y ramasse dans les poubelles de luxe…
ma, tombe de ses morts, c'est la franche vérité !!!


Si t'y en a le courage en dedans le pantalon, tu peux essayer la rigolade que je m'en vas t'espliquer.
Le décret 61-501 du 3 mai 1961, encore en vigueur comme la zenana à Rachid…, y précise que les indications du système métrique elles doivent être données aussi claires que l'eau d'la Seybouse, dans les unités légales.
Ezemple : une vitesse elle doit être écrite 130 km/h et pas 130 tout seul. Tu me suis ?
Aussinon, arrête l'anisette espèce de tanoute !
Entrement dit, un panneau de limitation de vitesse qu'il est écrit " 130 " il est pas légal. Y devrait être écrit " 130 km/h ".
D'ailleurs, les panneaux de limitation de poids pour les camions y z'indiquent bien " 10 T ", pour 10 tonnes.
Tu peux toujours dire : " …Diocane, m'ssieur l'agent. Tête de ma mère j'ai cru que " 130 " ça voulait dire : " 130mètres/seconde (ça fait 468 km/heure…) "……..
Oualou dessur les panneaux de limitation de vitesse, pourquoi y sont pluss nombreux et que les mandja'franques du gouvernement y veulent faire des économies, sauf pour leurs surprise-parties !!!
Alors, comme j'ai dit en dessur, si tia des klaouis, essaye au prochain coup………….


Bernadette Chirac, la femme du medjnoun de l'Elysée, elle est allée à Montélimar pour récupérer, accompagnée de 130 calamars mandja'franques, 10.000 zorros de pièces jaunes que les zenfants du coin y zavaient récoltées.
Ma cette saint-couffin elle a coûté à la ville 80.000 zorros, pluss le TGV spécial ; pluss le détournement de tous les trains habituels d'la région ; pluss les chambres et la bouffe dans le meilleur hôtel.
Total : c'est l'association " opération pièces jaunes ", ac David Douillet, qu'elle a douillé la note en pluss de la ville de Montélimar….
Si tia encore quelques pièces jaunes en dedans tes poches, régale-toi !!!!!!!!!!!


La grippe aviaire ?..........
On t'a bien gonflé le boudin dessur la question ? Hein…..
Ac le médicament Tamiflu qu'il a jamais guéri personne…
Ma, il est fabriqué par le laboratoire américain Gilead, qu'il a refilé le brevet à Roche.
Le président de Gilead c'est……. : Donald Rumsfeld ! Le ministe de la guerre de Bush !!!!!!!


Djack Lang, qui se croit toujours futur président de la raie publique, y s'est fait photographier ac madame à côté de Nelson Mandela, pèlerinage obligatoire pour les hommes de gôche.
Bizarre : on oit dessur la photo qu'ils portent tous les trois des montres Hublot, celle de Monique Lang ac cadran de nacre et diamants, le tout pour au moins 20.000 zorros !
50 ans de salaire d'un noir des ghettos, là-bas….


Le C.P.E. il a bon dos !
Pour manifester leur colère en devant cette atteinte intolérable à leur sécurité de l'emploi, les djeunes de Strasbourg y zont sarraqué toute la cave à vin du président de l'université.
Donc, c'était pas des musulmans !
Quoique………


C'est l'U.N.E.F., le syndicat de pointe des étudiants qu'elle a foutu le bordel partout.
Pourtant, aux élections, elle vient de passer de 38 % à 16 % !!!
Comme quoi, une poignée d'abeilles elle est toujours plus meilleure qu'un sac de mouches…….(proverbe arabe) !


L'évêque de l'Ardèche y vient de vendre pas cher un terrain à la mairie de Tournon/Rhône à condition que celle-ci elle construit dessur une…………….mosquée !!!!!
Si toi tu comprends, moi non……..


Le président du Venezuela il a ensulté George Bush en le traitant de " lâche ", " bourricot " et " ivrogne " !
Des fois qu'il aurait raison………


Le conseil général de l'Essonne il a changé de logo, en commandant un autre à l'agence de publicité qu'il a l'habitude de travailler avec.
Qui a répondu en…………….refaisant exactement le même !
Ma, en présentant une facture de………47.840 zorros que les gougoutsses du département y vout raquer ac le plaisir !!!

La suite au prochain numéro :
te fais pas de mauvais sang,
J'en ai encore des tas en dedans les tiroirs….

LE PLUSSE DES KAOULADES BÔNOISES (37)
La "Ribrique" de Rachid HABBACHI
LA TERRE NETTE, UN JOUR PEUT-ÊTE,
A C'QU'Y PARAÎT

       Internet, zotch alors ! une fenêtre ouverte dessur le monde qu'il a dit l'aut' et diocamadone, moi j'te dis que c'est pas une fenêtre, c'est une porte et, une madone de porte grande ouverte et tellement ouverte que des courants, t'y en as un wagon mais pas des courants d'air de ceux-là là qu'y te font du mal, des courants qu'y te tiennent au courant de tout et de rien mais entention, c'est le tout qu'y nous intéresse.
       Moi que j'te parle, y a de ça quèques temps, j'trouvais pas la soge très nette pasqu'y faut dire que j'la comprenais pas, mais alors oualou et pis à force de oir mes goiyes là-dessur et d'les entende dire j'navigue, j'navigue, y m'a venu moi aussi l'envie de prende le large et j'me suis retrouvé en plein dedans ce large, mais de tout mon long. Purée de nous z'aut', d'un seul clic, et des fois deux, dessur une p'tite souris, n'as pas peur ô baouèle, elle est en plastique et en plusse, elle mord pas ; avec ce clic là, diocane, tu te prends une madone de claque dessur la fugure mais entention, pas une claque à de bon, c'est, comme y dit le poètre, une motte à forts qu'on s'la trouve seulement dedans les champs de la culture, pas celle-là là de culture des chpaïs qu'y te font pousser le blé, non, j'te parle de la culture de la tête, la culture de ceux-là qu'on s'les appelle les tellectuels.
       Brèfle, pour te revenir à Internet, moi aussi, aujourd'hui, je peux t'en parler et comment ?... mais tu me fais une promesse, t'y écoutes seulement, tu parles pas et surtout, tu poses pas des questions, aucune question, pas une seule. D'abord et avant tout, ceux-là là qu'y connaissent bien, y disent jamais Internet, y disent la toile, pourquoi ?... tu ois, oilà les questions qu'elles commencent, des questions que moi j'les aime pas… ceux qu'y connaissent, j'te disais, y z'appellent ça la toile et pis c'est tout, ça te suffit comme réponse ?... la toile, elle me fait penser à celle-là là qu'elle se fait l'araignée pour s'attraper des mouches pour s'les affoguer, j'y pense à cause que si t'y es pris dedans la toile du Net, t'y es foutu et ça c'est, c'est ça qu'y m'est arrivé et plusse je bouge en dedans et plusse je suis attrapé, un peu comme le chardonneret dessur son bâton de glu.
       Par exempe, tu vas dessur le premier serveur venu, ô tchoutche, pas celui de l'Orient ou de la Paix dessur le Cours… un serveur c'est ça qu'y te fait rentrer dedans le système, c'est un peu la clé et y'alors, tu vas dessur google, un nom à coucher déhors mais qu'y rend beaucoup des services et à un endroit précis, tu tapes jean-pierre bartolini …entention que tu touches pas à Jean-Pierre que c'est mon ami oh ! pasque là, c'est toi que je tape…tu tapes dessur ton clavier, là ousque t'y as des p'tites lettes comme si que c'était une machine à écrire et là, t'y as tout ça que toi tu veux, même des kaoulades bônoises et aussi du créponnet mais si que pour les kaoulades t'y as un peu l'odeur et le goût si que tu sais mette l'accent, pour le créponnet, oualou, t'y as juste l'adresse ousque tu peux t'l'affoguer, c'est dessur le Cours, à l'Ours Polaire, mais pour le goût, tu peux faire ceinture pasque si qu'Internet y fait des miraques, il en fait que des p'tits, pour les grands, tu te prends une avion et tu vas à Bône justement avec J-P Bartolini et tout un groupe de bônois le 12 avril prochain.
       Tu ois un peu, avec tous les moyens alectroniques mis à not' disposition, on a réussi à se faire Internet, à s'l'enventer mais pour une terre nette, on peut s'attacher une gamelle, l'Humanité elle est pas prête justement pasque par manque d'humanité elle se prête injustement à un tas des magouilles que chez nous z'aut', on appelle ça des embrouilles ousque la toile de l'hypocrisme elle est encore plusse gluante que la toile du Net.
       Allez ouah ! fais moi plaisir et dis moi que t'y as compris ça que c'est Internet et si que, à de bon, tu l'as fait à partir de mes esplications, je peux te dire chapeau, t'y es un as pasque moi, j'ai même pas compris ça que j'l'ai écrit.

Rachid HABBACHI

L'AÏN-BEÏDA - TÉBESSA
BÔNE son Histoire, ses Histoires
Par Louis ARNAUD

          APRES l'injustice dont ils avaient été victimes, les Bônois pouvaient croire qu'aucune autre atteinte ne serait jamais plus portée à leur patrimoine naturel.
          Leur patrimoine naturel c'était toute la production, agricole, minière, industrielle et commerciale, s'il en était un jour, qui pouvait provenir de cette vaste région s'étendant jusqu'à Tébessa en s'appuyant contre la frontière Algéro-Tunisienne et qui constituait l'hinterland de son port.
          Le rapporteur de la Commission des Travaux publics, avait, d'ailleurs, déclaré en 1879, du haut de la Tribune de la Chambre des Députés, sans doute pour apaiser les rancoeurs et chasser les inquiétudes qui risquaient de s'emparer des habitants de Bône, en présence de la spoliation, à peine déguisée, dont ils étaient victimes, que " Tébessa se rattachait géographiquement à Souk-Ahras ainsi que l'indique la direction des Oueds qui coulent du Sud au Nord vers La Meskiana et la Medjerda ".
          C'était bien, on ne saurait s'y méprendre, pour rassurer les Bônois meurtris et lésés, et leur garantir qu'on ne leur prendrait plus rien à l'avenir.
          Si ce brave homme de rapporteur avait mieux connu la géographie de l'Algérie et, en particulier, celle de la région qui l'occupait à ce moment, il se serait rendu compte que la vérité première qu'il proclamait pour la zone de Tébessa s'imposait également, et même davantage, pour la zone d'Aïn-Beïda.
          C'est d'Aïn-Beïda, en effet, que commence à se développer le cours de l'Oued-Cherf qui, à partir de Medjez-Amar va se mêler à la Seybouse dont l'embouchure n'est qu'à une centaine de mètres du port de Bône. Il n'y a donc, pour ces deux cours d'eau, qu'un seul et même lit qui se poursuit d'Aïn-Beïda à Bône, sans aucune solution de continuité.
          La règle imposée par " la Direction des Oueds ", comme se plaisait à dire M. le Rapporteur Journault, ne devait-elle pas commander, plus impérieusement encore que pour Tébessa, que la région d'Aïn-Beïda fut reliée à son débouché naturel sur la mer, en suivant tout simplement les cours de l'Oued-Cherf et de la Seybouse ?
          Il est inutile de revenir sur cette douloureuse étape de la vie économique de Bône. Mais il n'est pas inutile de rappeler les paroles du rapporteur qui comprenait très bien, on le voit par cette assurance qu'il donnait aux habitants de Bône, que la zone de Tébessa leur appartenait et leur resterait indiscutablement, au moment où il leur arrachait celle d'Aïn-Beïda.

           Il leur apportait cette assurance comme un baume sur leur blessure.
          Ce rappel, va donner aux agissements des adversaires de Bône leur véritable caractère.
          Constantine et Philippeville ne mèneront plus le jeu, ouvertement comme pour l'Aïn-Beïda-Ouled-Rahmoun, elles agiront désormais, par personne interposée.
          Elles ne réclameront plus, pour leur port, les produits miniers de la région tébessienne ou la production agricole de la campagne guelmoise : elles feront réclamer par Tébessa d'abord, et par Guelma ensuite, leur émancipation de la tutelle bônoise et la construction d'une voie ferrée nouvelle qui leur permettrait d'avoir un second débouché sur la Méditerranée, ce second débouché devant être, comme par hasard, le port de Philippeville.

* * *

           Avant d'aller plus loin, il convient de parler de Jérôme Bertagna et de l'oeuvre qu'il a accomplie en vue de la prospérité de la ville de Bône.
          En 1879, Jérôme Bertagna représentait au Conseil général les intérêts de la circonscription d'Aïn-Beïda et il avait âprement lutté contre l'adoption du projet de la ligne qui devait transiter par Ouled-Rahmoun vers le port de Philippeville, les produits et les marchandises de la région dont il était le Conseiller général, région qui était depuis toujours l'apanage de Bône.
          Battu avec les partisans de la variante vers Aïn-Abid à une voix de majorité ; il renonçât à représenter désormais Aïn-Beïda et s'en vint se faire élire Conseiller général de La Calle. Devenu, quelque temps après, propriétaire de l'important domaine de Guébar, il fut, jusqu'à sa mort, le mandataire de Mondovi à l'Assemblée départementale.
          C'est dans cette lutte pour la défense des intérêts de Bône contre les zélateurs du port de Philippeville nouvellement créé et construit par l'entrepreneur Lesueur, qui occupa pendant un certain temps, l'unique siège de sénateur du département, qu'il a conçu le projet de l'agrandissement du port de Bône.
          A la faveur des appétits constantinois et philippevillois, il avait compris la grande importance d'une vaste installation portuaire capable de recevoir, et surtout d'attirer toutes ces fameuses richesses minières, objet des convoitises de nos voisins.
          Les travaux d'agrandissement du port de Bône devaient commencer moins de dix ans après l'affaire d'Aïn-Beïda-Ouled-Rahmoun.
          Désormais, on ne pourrait plus arguer d'une insuffisance quelconque ou de tout autre défaut, quel qu'il fut, de cet important organe de la vie maritime et commerciale d'une ville, pour détourner de Bône la moindre parcelle de fret qui revenait de droit à son port.

* * *

           Et cependant, en 1905, les Tébessiens réclamèrent à grand tapage, la construction d'un chemin de fer qui les rattacherait à Aïn-Beïda, mais, disaient-ils, c'était tout simplement pour avoir deux voies pour écouler " leurs produits à leur volonté, soit par Bône, soit par Philippeville ".
          Au cours d'une réunion publique, qu'ils avaient organisée et qui eut lieu à Constantine, le 24 octobre 1905, pendant la session du Conseil général, le Maire de Tébessa avait exposé les raisons qui, selon ses administrés et lui-même, militaient en faveur de la construction d'une voie ferrée entre Aïn-Beïda et Tébessa.
          Ces deux centres étant chacun déjà relié à un port de mer par une ligne de chemin de fer, leur permettant d'évacuer leurs produits, on était en droit de se demander à quel besoin économique essentiel, cette création nouvelle si instamment réclamée, pouvait bien répondre.
          Le Maire de Tébessa qui ne faisait aucun grief au port de Bône, se chargeait lui-même d'indiquer dans son discours les motifs qui rendaient nécessaire, sinon indispensable, cette nouvelle ligne de chemin de fer.
          Voici, textuellement rapportées, les paroles prononcées au cours de cette réunion par le Maire, Ferdinand Cambon :
          
" Dès que l'Aïn-Beïda-Tébessa direct sera ouvert au public, ce gisement minier (le Thasbent, énorme montagne de phosphates au sud de Tébessa) d'une richesse extraordinaire sera immédiatement mis en exploitation avec Philippeville comme port d'embarquement ".
          " Avec Philippeville comme port d'embarquement "
est-elle assez claire cette finale pour indiquer l'origine de cette soudaine manifestation des Tébessiens à Constantine pendant la session du Conseil général d'octobre 1905.
          Ne rappelle-t-elle pas les lignes du fameux rapport Journault de 1879 ? " Aïn-Beïda renferme dans ses environs des mines et des forêts importantes ? "
          Ce chemin de fer de Tébessa à Aïn-Beïda n'était donc que le prolongement prémédité de l'Aïn-Beïda-Ouled-Rahmoun. Et il avait fallu attendre vingt-cinq ans pour en parler ouvertement.
          Quelle ténacité et quelle duplicité.

           Le Maire de Tébessa avait encore prononcé cette phrase lapidaire qui montrait chez lui et ses administrés une volonté bien arrêtée de plaire aux Philippevillois.
          " Nous voulons l'Aïn-Beïda-Tébessa direct parce que nous voulons avoir deux voies nous permettant d'écouler nos produits à notre volonté soit par Bône ou Philippeville ".
          Les Tébessiens étaient vraiment surprenants. Il n'étaient pas fait comme les autres, ils exigeaient qu'on leur permit, par cette création d'une ligne entre Tébessa et Aïn-Beïda, de choisir entre deux directions, l'une vers Bône, l'autre vers Philippeville.
          Singulière et inutile alternative puisque la voie ferrée qui les mènerait à Philippeville aurait près de cent kilomètres de longueur de plus que celle dont ils disposaient pour aller à Bône.
          Habituellement, en effet, les usagers recherchent toujours les trajets les moins longs, et, par conséquent, les moins onéreux, pour ne pas grever leurs produits de frais de transport trop lourds.
          Le caractère fantaisiste de la raison donnée par le Maire de Tébessa n'a sûrement pas manqué de sauter aux yeux de tous ses auditeurs justement à cause de la différence des deux trajets, et, surtout, parce que cette différence était désavantageuse pour Philippeville.
          Ce n'était, certes pas pour écouler les produits agricoles ou commerciaux de leur région que les Tébessiens réclamaient, à si grands cris, la construction de cette ligne qui aurait imposé d'excessives dépenses au budget gouvernemental.
          La vraie raison de cette création, le Maire de Tébessa l'avait indiquée quelque peu avant, dans ce discours explicatif, qui ressemblait fort à cet exposé des motifs qui doit toujours précéder les lois ou les décrets du Gouvernement, lorsqu'il avait dit, comme nous l'avons rapporté plus haut, que
          " dès que l'Aïn-Beïda serait ouvert au public, le gisement minier du Thasbent, d'une richesse extraordinaire, serait immédiatement mis en exploitation avec Philippeville comme port d'embarquement ".
          Ces produits miniers, en l'espèce des phosphates, qui pourraient, paraît-il, être exploités pendant une durée si longue qu'il est impossible de la préciser, même approximativement, sont les seuls, en effet, qui sont susceptibles de ne point être par trop gênés par la charge onéreuse d'un si long parcours.
          Un tel surcroît de dépenses pourrait, en effet, aisément être compensé par des avantages consentis exceptionnellement par la Chambre de commerce de Philippeville qui se doit de faire tous ses efforts pour donner à son port le plus d'activité possible.
          Ces avantages pourraient consister en réductions sur les droits de péages et d'embarquement, et porter sur des concessions, à titre à peine onéreux, voire gratuit, des terre-pleins et locaux nécessaires aux installations mécaniques, de chargement des navires, aux docks et aux bureaux de la Société minière.
          C'est seulement en envisageant la question sous cet angle, qu'on peut admettre l'utilité de la construction du chemin de fer réclamée par le Maire de Tébessa au nom de toute la population de sa commune.

* * *

           Dans la salle des fêtes de l'Hôtel de Ville de Bône, eut lieu, le 9 décembre 1905, une grande réunion publique en réplique à celle de Constantine.
          Ferdinand Marchis, qui était Maire de Bône, avait convié tous les Maires et les élus des communes et des Centre de l'Est constantinois.
          Tous répondirent à son appel, seuls les représentants de Tébessa n'avaient pas daigné... ou pas osé répondre à cette invitation, pourtant fort courtoise, comme c'était la manière habituelle du Maire de Bône.
          Ferdinand Marchis, en un brillant exposé, plein de précisions démontra le caractère astucieux du projet préconisé par les Tébessiens.
          Il s'attacha surtout à mettre en lumière les menées sourdes et déloyales dirigées contre le patrimoine naturel du port de Bône et le danger que la cupidité ou la jalousie d'adversaires qui ne se montraient pas, faisaient courir à la Ville de Bône.
          La motion présentée par Ferdinand Marchis protestant contre de tels agissements, fut naturellement votée à l'unanimité.
          C'est ainsi qu'échoua piteusement cette tentative de détournement au profit du port de Philippeville d'un trafic qui appartenait, sans contestation possible, en raison des lois les plus élémentaires de la géographie économique, au seul port de Bône.
          Cette tentative n'était que la suite de la vaste opération conçue par les Constantinois et les Philippevillois contre Bône, opération dont le détournement des produits de la région d'Aïn-Beïda avait été la première réussite, réelle et fructueuse.
          On verra, dans les pages qui vont suivre, que les adversaires de la prospérité bônoise n'ont nullement été rebutés par l'échec de la tentative tébessienne.


LA FETE DES MERES
Envoyé par M. Marc Dalaut
Ecrit par M. Gaëtan Dalaut


C'est en ce jour, Maman, qu'on célèbre la fête
Des Mères, comme toi, c'est pourquoi nous venons
Ensemble tes enfants, petite soeur en tête,
T'apporter nos souhaits. Aujourd'hui nous prenons
L'engagement sacré de bien t'aimer nous-mêmes,
De t'aimer très longtemps et de t'aimer toujours,
De t'aimer tendrement ainsi que tu nous aimes.

Mais nous ne savons pas faire de longs discours
Aussi donne ta joue afin que l'on s'embrasse.
Aux lèvres nous avons mis notre petit cœur.

Voici donc nos baisers, accepte les de grâce
Maman chérie avec nos doux voeux de bonheur.


Juin 40 au Lycée St Augustin
Envoyé par M. Pierre Latkowski

        La flamme patriotique qui nous animait se manifesta bruyamment un certain jour de juin 1940.

        Non, pas le 18 : laissons à l'appel du Général toute sa célébrité, mais nous n'avions pas attendu cette date-là pour exprimer nos sentiments envers notre pays. C'était plutôt la veille, journée non moins mémorable, du moins pour quelques-uns d'entre nous, car c'était le début des épreuves écrites du baccalauréat.

        Assis à nos pupitres, nous faisions des efforts plus ou moins heureux, devant nos copies, pour nous reporter quelques milliers d'années en arrière et traduire les pensées de je ne sais plus quel auteur de la Grèce antique, quand nous fûmes brutalement interrompus par l'entrée fracassante du proviseur. Il était très agité, le teint plus rouge qu'à l'ordinaire, et ébouriffé autant qu'il lui était encore possible de l'être. Par la porte entrebâillée, il cria:

        "Vous avez pu entendre, à la TSF, que la France avait signé l'armistice avec les allemands ? c'est une fausse nouvelle, répandue par la 5ème colonne !".

        Et il était reparti aussitôt, pour diffuser l'information vers d'autres candidats, dans d'autres salles.

        Eh bien, croyez-moi, toute la classe s'était levée pour applaudir !

        J'aimerais qu'on imagine tous ces garçons de 16-17 ans, venus là pour décrocher un diplôme si important pour leur avenir, et qui, dans un élan aussi spontané, manifestaient leur joie de savoir que les combats continuaient !

        Ce n'était pas de l'inconscience. Armistice ou pas, nous pressentions bien ce qui nous attendait, dans un avenir proche.

        Et notre cher proviseur du moment savait bien, lui aussi, ce que guerre voulait dire, lui qui avait laissé son bras droit à celle de 14-18.

        Allez expliquer çà, vous, aujourd'hui !

        La nouvelle était fausse, et la "fausse" était vraie, mais notre enthousiasme, lui, était authentique.

        Nous avons, les uns et les autres, traversé la tourmente avec des fortunes diverses, plus ou moins glorieuses ou dramatiques. Mais puisque j'ai eu la chance d'en sortir, je me dois de témoigner, plus de 60 ans après, du patriotisme que manifestèrent aussi spontanément ce 17 juin 1940 les candidats au bac du Lycée Saint-Augustin, à Bône.

        Et si nous avions su, à cette date, combien ce patriotisme serait mis à l'épreuve tout au long de notre vie, cela n'aurait rien changé.

        Juin 2006 est là ! Un anniversaire comme un autre. Et si j'en parlais à Jean-Pierre?
        Bien amicalement

Pierre LATKOWSKI             

QUAND L'ORAGE PASSA
par M. Robert Antoine                  N°22
L'EXODE

CES DERNIERS TEMPS

      Le revirement de la politique française se perçoit vers la fin des années 60. Le début de l'exode date d'avril 62. Un an et demi pour assimiler, évaluer, accepter une cohabitation, c'est peu pour l'Histoire, c'est infime pour une population, qui ne se sent plus protégée et, vers la fin agressée, humiliée. Le temps aurait pu aménager les relations entre ces deux communautés, à la condition expresse qu'elles se sentent protégées, dans l'instant et dans le temps. Ce ne fut pas le cas, c'est là une grande erreur devant l'Avenir, devant l'Histoire.

      Je pourrai noircir page après page, je ne démêlerai jamais cet écheveau.
      À quoi bon !
      Je terminerai par une anecdote authentique racontée par un ami. Elle résume et met un point final à notre recherche cartésienne, qui veut démontrer et trouver un bouc émissaire.

      En 1928, au sud de Tiaret, un Caïd prophétisait : les Arabes ne vous aiment pas, ils vous chasseront, mais quand ils trouveront un vieux soulier abandonné par les Français, ils l'embrasseront.
      C'est si vrai, si justement vu que je ne peux rien rajouter. J'ai voulu écrire les causes de notre départ, comprendre le pourquoi de cette peur panique soudaine, de ce désordre, de cette fuite.
      Je ne pouvais imaginer comment avec nos forces armées en place, nos institutions subsistantes, nous n'ayons pu partir la tête haute.
      J'ai renoncé à énumérer les causes car l'écheveau qui les compose est trop mêlé, trop touffu, trop contradictoire.
      Certes il y a quelques gros fils qui ressortent : le mensonge politique clamé par Mendés - France, Mitterrand et, pour finir en apothéose, De Gaulle dans les si médiatiques " Je vous ai compris, et vive l'Algérie française ".
      Tout est tromperie.

      L'autre gros fil reste l'O.A.S, derniers sursauts, derniers barouds pour une finalité inimaginable.
      La presse, l'opinion publique française, l'Eglise, tous, en 1930 nous encensaient et depuis 1956 nous accablaient de tous les maux. Dernièrement en 1992 un brave curé demandait au Pape la repentance pour les colons ! et pourquoi pas la béatification de Monseigneur Duval archevêque d'Alger et pro-- FLN !
      Ces grandes et petites causes n'ont pas, à mon sens, été le déclenchement de ce " come back" précipité.

Photo Robert Antoine

      Le moment " M " fut la fusillade de la rue d'Isly le 26 mars 1962.
      Moment critique où l'Armée Française tire sur une foule désarmée de manifestants européens.
      À ce moment, on comprend toute la portée fragile des accords d'Evian, là on sent que l'Armée ne protégera plus les pieds noirs, dans leur vie, dans leurs biens, comme il est écrit ; là on a peur.
Sur un kilomètre avant Maison-Blanche
les réfugiés attendent - en campant dans les fossés leur transport vers la France

      Alors on pense à ses enfants, puis à soi, car la pression FLN est de plus en plus forte, de plus en plus pressante et sans contrepoids. Les exactions sont nombreuses, les files d'attente de plus en plus longues et l'Armée Française a toujours l'arme au pied.
      Ce ne sont pas là les moments de gloire de l'Armée d'Afrique.
      Qui a dit que l'Histoire réelle de l'Algérie française reste à écrire ?
      Je ne sais, mais j'en suis convaincu.

      Les lambeaux de nos malheurs sont peu de choses devant l'énormité des tromperies de la France vis-à-vis de nous, et je comprends les sentiments de certains qui peuvent dire " Je suis français, mais pas pratiquant ".
      Hormis les 12 000 colons que comptait l'Algérie en 1962 soit avec leur famille 45 000 personnes il reste une population d'un million de personnes qui se dirigeront vers la France. C'est un peuple de petites gens, ouvriers, fonctionnaires, artisans ... Peu sont politisés, peu connaissent la France.' Ils y ont cru, ils sont déçus, ils ne savent plus. Ils ont cru au 13 mai quand cette chance manquée de fraternisation a soulevé tout un peuple. Ils sont déçus, car aucun de leurs représentants ne siége à Evian, seul l'ennemi pouvait négocier avec le gouvernement.
      Leurs sursauts : les barricades, l'O.A.S, le putsch.
      La fusillade de la rue d'Isly a mis fin à leurs espoirs, ils n'y croyaient pas, c'était impensable. Leurs boussoles deviennent folles, ils ne savent plus...
      Dans cette rétrospective, il est une cause difficile à percevoir : le facteur temps.
      Le revirement de la politique française se perçoit vers la fin des années 60. Le début de l'exode date d'avril 62. Un an et demi pour assimiler, évaluer, accepter une cohabitation, c'est peu pour l'Histoire, c'est infime pour une population, qui ne se sent plus protégée et, vers la fin agressée, humiliée. Le temps aurait pu aménager les relations entre ces deux communautés, à la condition expresse qu'elles se sentent protégées, dans l'instant et dans le temps. Ce ne fut pas le cas.

3ème PARTIE --- A SUIVRE
Histoire écrite en l'an 2001 par Robert ANTOINE
Photographies de l'auteur

A ma femme, à mes filles
A M. et Mme Roger Fauthoux
A ceux qui m'ont aidé à retrouver
une documentation perdue

M. ANTOINE nous fait l'honneur de la diffusion, par épisodes sur notre site, de ce livre de souvenirs. Pour ceux qui voudraient posseder ce livre, il est vendu par l'auteur au prix de 25 Euros (hors frais d'envoi).
Adresse de courriel, cliquez ICI --> : M. Robert Antoine


 LES FRERES PIEDS-NOIRS
Par Christian Roehrig
N° 2             

PREFACE

     A travers un survol virtuel de mes souvenirs, moi, petit et humble piednoir de Bab-El-Oued (Place Lelièvre) je retrace certains faits historiques qui m'ont profondément marqué.
     Mi goguenard, mi-cynique, quelquefois acerbe, je décris en pataouète, mes états d'âme et mes ressentiments à l'égard de certains hommes politiques qui ont failli à leur parole d'honneur.
     Depuis ces désillusions, j'observe les charognards se disputer le pouvoir.
     Devenu grand-père, je doute, si rien ne bouge, de la nationalité future de mes arrière- petits enfants que je ne connaîtrai pas et à qui je veux, par le présent, laisser le témoignage d'une vérité.
C. ROEHRIG     

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Mais je comprends toujours pas pourquoi on est parti.

       Tiens à trois je commence : Un Deux trois, totalargas marquas, doues y pico, triquettremblous, tape plus fort sur la table Joseph, punaise, on fait comme chez Henri Tolsa Ce beau frère de François, Bovo que ti'es, allez, continue, tu vas voir.

        Oh ! R'garde !... R garde Joseph ! comme ils nous regardent !... C'est la même chose que quant on est descendu du bateau, y regardent d ' la même façon, on dirait qu'y sont au Zoo en train de regarder les singes.
       Eh ! Oh ! On n'est pas au Ruisseau des singes ici. Merde alors ! Non mais tu t'rends compte ! Tu t'rends compte !... Pendant un chouia, on s'est regardé les pieds, j'crois bien qu'on vivait une aute fois Ça séance du débarquement, pas çui d'la guerre non, le naute en 1962.
       Après un grand moment, j'ai interrompu ce silence qui devenait pesant.
       Ouais, mais j' suis sûr qu'avec la propagande qu'on nous avait fait en France, que quand on est descendu des bateaux, y croyaient voir des colons avec les poches pleines de billets et y z'ont pas vu qu'on avait même pas le billet d' retour et même qu'on avait plus d'poche au pantalon, y nous restait plus qu'les yeux pour pleurer et encore !....
       Tout à l'heure tu parlais des champions de France hein ! tu t 'souviens de Jean-claude Cirretti, Champion d 'France cadet du lancement du poids ! Encore un !... 'Vinga, les champions d' France, y'en a un aute, celui qui était ceinture noire de Judo, son frère c'était Jean-Claude, j' me souviens plus de son nom de famille, son père y l'avait le magasin de vin à côté de chez François rue des moulins je crois, lui aussi il était champion de France. Y avait aussi le frère de Lucien Udari qui f 'sait partie de l'équipe de Judo du SABO.
       Moi j'étais ceinture de flanelle et j'étais champion de France de la chaise longue, remarque j'l'ai été qu'une fois, l'année d'après c'est le Corse qui m'a battu. C'est une blague bien sûr, y faut bien rire un peu.
       Tu veux qu'j'te dise tous Ces champions qu'on a eu ? Je vais faire la liste sans savoir dans quel ordre, mais pour le plaisir du souvenir. J'vais pas tous les citer pace que je les connais pas tous, y'a aussi ceux des autes départements. Donc y avait Kouidri, Le seul que Marcef Cerdan, le bombardier du Maroc, qu'il a pas pu lui faire mette les genoux au tapis. Kouidri, quand y mettait les genoux par terre c'était pour faire la prière. Les frères Brenardot, Jo et l'aute que j'm'en souviens plus, eux c'était en natation. Yves Lavoipierre, vice Champion du Monde des moins des moins de 21 ans au fleuret derrière Christian D'Oriola. Yvel (Levy) champion d'Europe des .Mi-Lourds. Alphonse Aaluni Champion du Monde des Coqs (en Boxe). Alain Mimoun, Champion Olympique du Marathon. Francis Oustric en vélo sur la piste, j'allais oublier naute Louis Acariès (en boxe) et Alain Gotvallès en natation, et j'dis pas ceux d'main'nant. y en a d'autes encore mais y faut que j'réfléchisse pace que ma mémoire elle est quèque fois effacée. Si ça m'revient j' te l'dirai.

        Et les artistes qu'on avait et qui sont encore des vedettes, Enrico .Macias, Marlène Jobert, Roger Hanin, Françoise Fabian, Nicole Garcia, Patrick Bruel, Benguigui, Bacri, Jean-Claude Brialy, lui c'est vrai il est né par accident mais ça n'empêche qu'il a respiré le premier air pur de chez nous, Yves VINCENT qu'il est né rue Jean Jaurès, Daniel AUTEUIL et les musiciens Henri RIERA l'accordéoniste qu'y a joué avec Aimé BARELLI à Monte-Carlo, Jo RIPOLL, Michel GESINA, Martial AYELLA, François VALERY, Jean CLAUDRIC (lui c'est l'frère de Roland BACRI) et tous les autes dont les noms y m'échappent. Et puis y avait aussi naute Albert CAMUS grand écrivain, Prix Nobel, je t'le dis une vrai pépinière naute Algérie. Enfin....

        Et le Pourquoi Pas Nous, tu t'rappelles ! C'est jojo ( Giordano) qui l'avait fait la peinture, c'était l'roi du dessin, tu t 'souviens qu'il était l 'quintal, mais il avait l 'visage comme le soleil sans nuage, toujours y riait remarque, nous on pleurait pas, mais lui avec sa belle figure ronde y riait d'un rien et d'un seul coup d'crayon y t' faisait une ressemblance de çui qui passait, comme ça pour s'amuser. Oilà une façon qu'on avait d 's'amuser c'était sain, comme on dit main'nant, on dansait, on s'rinçait le gosier mais jamais avec de l 'alcool, toujours les jus de fruit, faut dire qu'avec le pays qu'on avait y fallait pas s'en priver. Les fruits, là-bas y z'étaient plein de soleil, et puis y avait aussi le lait grenadine ou le lait menthe. Moi j'comprends pas main'nant les jeunes, y peuvent pas s' faire une soirée sans êtes de bouffa, et quand ils veulent faire plus, ils trouvent pas mieux que d'incendier les voitures, ouais mais pas les leurs ni ceux d' leurs parents non y brûlent les voitures des autes. J'comprends pas.

        Et comment qu'y s'appelle déjà l'aute, çui-là qu'y avait eu la poliomyélite, son frère y l'était l 'chef d'orchestre... Ça y est, ça m 'revient, Roland BACRI, ouais c'est ça, c'était un d' ici rue du Roussillon, il habitait en bas à côté de l 'Plan de Bab-El-Oued et de l'entrée de chez Spiteri Walter, lui on disait qu'il était l'anglais avec son prénom, j'crois bien qu'en face y'avait Sultan, tu t'rappelles de son père comment qui tirait aux boules ?

        Joseph : A moi tu me dis comment qui tirait ? Purée ! J'ai joué plus d'une fois contre lui. Mon père aussi y tapait la boule.

        Christian : Tu sais, des fois j'suis bien content pace qu'à la télévision j'revois Robert, çui qui joue au cinéma main'nant, j'suis content de voir qu'il a bien réussi, avant quand on était jeune, il était avenue d 'Ca Bouzaréah. Il s'tenait toujours à côté du marchand d 'glace chez Roma-Glace, " Castel qui s'appelle " Il a joué aussi dans la pièce qui met une de haute famille en scène, la famille Hernandez qui a été montée par Geneviève Baïlac la cousine d'un copain à moi, Ce fils de çui là, Roma-Glace, il était en classe avec nous autes.
       Tu vois, ça m 'revient, il suffit de trouver le bon bout d'la pelote des souvenirs et elle se déroule, y avait son frère ou son cousin, pas de Romolli mais de Robert, qui avait chanté au bal des conscrits qu'on avait fait à la Place Lefèvre avec toute la clique, Jean Jean Culatti, Dédé Cabrera, 'Vincent Sancho, Lucien Cirretti le frère de Jean-Claude, le père ferrandis, ceusses qui habitaient la rue Nelson Chierico, ah ! J' vois ton pt'it sourire ironique à l'évocation de ce nom, ouais j' sais bien d'quoi tu fais, muettement allusion, évidemment y avait une jolie fille avec un très joli minois resplendissant de bonheur qui faisait battre le coeur de quelqu'un que je connais bien, elle était belle comme un papillon sorti tout juste de sa chrysalide, elle avait un petit air candide, des yeux rieurs et un sourire enjoleur. Tu vois j' suis en train de dérouler un sacré film de Roméo et Juliette. En parlant d ' la famille Ferrrandis tu t' rappelles des frères, Henri, l'aîné, il a épousé Josette la soeur de Jacky Company, Jeannot, lui if avait une petite moustache à la Clark Cable, terrrrrible ! Il a épousé Andrée Guardiola ouais, souviens-toi la jolie fille très typée, elle travaillait Square Bresson à la Banque Alba je crois.

        Joseph : Ouais, main'nant que tu m'rappelles ça je vois. Mais y avait aussi Paco Perez, Claude Verdaguer et d'autes que j'ai plus les noms main'nant. Le chanteur y chantait comme Luis Mariano, même qu'on l'appelait le petit Luis.
       Mais j'comprends toujours pas pourquoi on est parti. Rgardes, y disaient qu'on pouvait pas voir les Arabes, Marcel, ouais main'nant y s 'fait appeler MohameL, y venait bien avec nous dans la bande, et y venait aussi au bal, alors ? Et Khader le marchand de poules de la rue de Chateaudun, et les fils Bouzermani ? Y avait Embarek qui te faisait des plongeons meumeu, y s'm'était les bras comme Jésus Christ sur la croix, le saut de l'ange qu'on disait, et y rentrait dans l'eau comme une aiguille dans une motte de beurre, pas une seule éclaboussure. Et Saad Moussa, le boxeur, lui y l'était noir de peau avec les dents toutes branches, tout ceux-là y z'étaient bien avec nous et on jouait ensemble ! Et quand y avait leurs fêtes, y nous donnaient bien des gâteaux, j'me souviens même que j'ai été invité à des mariages chez les arabes et chez les juifs, alors qu'est-ce qui nous racontent avec leurs chiqulalas, y connaissent rien de naute vie de là-bas. Seul'ment on s'mariait pas entre nous pace qu'on savait, par respect pour chaque religion, qu'on pouvait pas obliger Moussa à venir faire la Communion avec nous et eux y savaient qui pouvaient pas demander à une mouquère chrétienne de porter le Haïk, alors par respect et pour justement pas en venir aux mains, on voulait pas faire un baroud, alors... On s'mariait pas mais on s'aimait, et çui qui voulait s'marier y faisait pas la religion comme y z' ont fait, Riri et la soeur de Marinette, lui il était Juif et elle Catholique et ça fait plus d 'quarante ans qui sont mariés, mais sans la religion et y s'aiment bien.

        Les Frangaouis y z'ont jamais rien compris à naute politique qu'y était pas une politique des frères ennemis mais des frères de l'amour du Pays. Et sans cette satanée politique, on s'rait encore là-bas à s'taper la kémia.
       Hein qu'il était beau naute Pays !
       Putain d' putain, pourquoi on est parti ?
       Tu t'rends compte, que même les anciens arabes, ceux qu'avant on jouait ensemble et qui sont main'nant chez eux, y regrettent de pas pouvoir faire un peu la tchatche avec nous. Eux aussi y sont malheureux de ne plus nous voir, y regrettent qu'on soit parti, y disent que ceux qui sont venus occuper nos appartements y sont des boudjadis d 'la montagne et y peuvent pas s'voir. Avec la séparation, les politiques y z'ont fait plus de malheureux que d'heureux, mais va leur dire ça aux frangaouis qui sont du bord du Grand...
       Enfin INCH-ALLAH comme on disait.

La Suite au prochain Numéro

LETTRES A UN METROPOLITAIN
Envoyé par Mme Anne Marie Berger/Gallo
Par le CERCLE D'ÉTUDES ALGERIENNES
ÉDITIONS REGIREX (1960)

" L'Algérie est le champ de bataille le plus important du monde actuel où la paix n'est qu'une apparence. Nous n'avons pas affaire à la révolte d'un peuple opprimé, nous n'avons par affaire à une rébellion nationale. Nos adversaires ce sont des hommes armés, encadrés et commandés par l'étranger. Cet étranger n'est pas Algérien, car les personnages du Caire sont des fantoches."
M. Michel Debré à la tribune du Conseil de la République, séance du 29 mai 1956.)
      
 
LETTRE N° 11

       Il nous faut encore examiner une question que nous avouons n'aborder qu'avec une certaine répugnance. La propagande ennemie n'a pas manqué d'alerter, avec beaucoup de sollicitude, le contribuable métropolitain sur le prix élevé qu'il faudra payer pour conserver l'Algérie à la France. Le malheureux citoyen, dont les fins de mois sont difficiles, a vacillé sous le poids des chiffres qu'on lui a assenés. L'Armée seule, lui a-t-on dit, coûte un milliard par jour. Il s'agit de francs légers, bien sûr ; la somme donne tout de même à réfléchir.
       Les bons apôtres ont toutefois omis de préciser que cette somme, à supposer qu'elle soit exacte, comprend toutes les dépenses militaires, y compris, par conséquent, les soldes, la nourriture, l'entretien, etc... , c'est-à-dire les dépenses qui sont inhérentes à l'existence même d'une Armée, où qu'elle soit et quoi qu'elle fasse.
       La stricte honnêteté exigerait donc que l'on fît état seulement du supplément de dépenses qu'entraînent les opérations menées en Algérie, en observant au surplus qu'une partie de ces dépenses correspond aux travaux de pacification : construction de routes, d'écoles, de salles de soins, etc..., qui constituent, en fait, des investissements.

       Il reste cependant que l'Algérie revient cher au contribuable français y compris, bien entendu, le contribuable français d'Algérie.
       Ramenons tout d'abord ce supplément de dépenses à sa juste proportion. II a été évalué à 5 % du revenu national.
       Nous avons dit que cette discussion nous causait une certaine répugnance. Nous n'avons pas l'intention de nous montrer grands seigneurs avec l'argent des autres, mais nous pensons qu'il est des entreprises dont on ne peut étudier la rentabilité sans éprouver une certaine gêne. Celle qui consiste à sauvegarder une province qui fut française avant Nice et la Savoie, à préserver la vie et la liberté des dix millions de Français qui l'habitent, nous paraît constituer autre chose qu'une affaire de gros sous.
       Il a fallu payer très cher aussi, infiniment plus cher, pour que les départements d'Alsace et de Lorraine re-deviennent français. Nous ne pensons pas qu'un seul cuistre se soit posé la question de savoir si l'affaire était rentable.
       De 1939 à 1940 et plus encore de 1942 à 1945, au moment où tous les métropolitains avaient les yeux tournés vers l'Algérie, seul morceau de France qui restât libre, on nous a demandé de verser notre sang, ce qui allait de soi, et notre argent, parce que c'est le nerf de la guerre. Nous ne nous souvenons pas qu'un seul d'entre nous ait marchandé le prix de la patrie.
       Est-il certain, au surplus, que les crédits dépensés en Algérie le soient " à fonds perdus " ? Les dépenses strictement improductives ne représentent qu'une faible partie du total. En fait, il s'agit surtout d'investissements directs ou indirects. Lorsqu'on construit une route ou un port, l'entreprise ne rapporte pas de dividendes. Son influence sur l'économie générale est pourtant évidente. Pour être moins immédiat, le résultat est le même s'il s'agit d'une école ou d'un hôpital : tout ce qui contribue à améliorer la condition humaine a nécessairement la valeur d'un enrichissement.
       Et maintenant voulez-vous que nous abandonnions nos discussions de marchand de tapis pour essayer de voir grand et loin ?

       Le général de Gaulle, à qui on peut difficilement contester le sens de la grandeur, a maintes fois défini le cadre dans lequel lui paraît devoir s'inscrire l'avenir de la France. En quinze ans, notre pays s'est relevé de ses ruines matérielles et morales et a repris une place éminente dans le concert des nations. Par un phénomène probablement unique dans l'histoire des peuples, la courbe de la natalité s'est franchement infléchie dans le sens de l'augmentation et nous serons bientôt le peuple le plus jeune d'Europe. Notre économie est en expansion ; notre monnaie s'est stabilisée. Nous avons repris confiance en nous-mêmes et nous pouvons de nouveau prétendre diriger les événements au lieu de les subir.
       Or, la situation internationale et ses perspectives d'avenir sont telles que l'histoire semble nous confier la double mission d'unir et de diriger l'Europe. II ne s'agit pas d'imposer à nos voisins une hégémonie politique, ni même économique. Nous avons déjà, au cours des siècles, essayé cette méthode et nous en avons compris la vanité. Mais si les Etats-Unis d'Europe se constituent, et il faudra inéluctablement que les nations d'Europe, ou bien se groupent, ou bien disparaissent, cette union sera le fruit d'un mouvement librement consenti et devra, sous peine d'échec, être placée sous le signe de l'égalité.
       Il est cependant évident qu'au sein de cette association, la France jouera le rôle de foyer de cristallisation. Sa position géographique, son passé historique, sa puissance économique y conduisent fatalement. Entre le " géant sans coeur et le géant sans cervelle ", selon le mot que M. Soustelle se défend d'avoir dit, face à une Asie aux démesures inquiétantes, sous l'assaut chaque jour plus pressant des idéologies matérialistes, seule l'union de l'Europe peut encore sauver notre civilisation et imposer la paix occidentale. Et c'est la France qui doit réaliser cette union.
       Se représente-t-on alors l'atout maître que constitue l'Algérie dans cette dramatique partie de poker ?
       Nous ne pensons pas seulement aux treize départements du Nord. Ils apportent pourtant l'appoint non négligeable de leurs ressources économiques en plein développement, de leur population encore plus jeune que celle de Métropole, de leurs points d'appui stratégiques, (navals et aériens) qui permettent de verrouiller la Méditerranée. Ils maintiennent surtout le contact entre l'Islam et la pensée occidentale, dont les fondements spirituels sont communs.
       Nous pensons davantage au Sahara. Comme le lui conseillait lord Rothermere, le coq gaulois a gratté de ses ergots les sables arides et en a fait jaillir le pétrole et le gaz naturel. Ce qui prouve qu'il faut toujours prendre un Anglais au sérieux. Dès à présent, la France a la certitude de pouvoir, dans un avenir prochain, assurer l'approvisionnement de l'Europe tout entière en combustibles liquides et gazeux et de l'affranchir de toute tutelle à cet égard.
       En fournissant, sous forme de gaz naturel, aux pays circum méditerranéens (nous pensons à l'Espagne, à l'Italie et au Sud de la Métropole) la source d'énergie qui leur a jusqu'à présent fait défaut, en leur permettant ainsi d'exploiter leurs richesses naturelles, nous leur offrons la possibilité de transformer leur économie et de résoudre, en Italie et en Espagne, d'inquiétants problèmes humains.

       Et que sont les découvertes déjà faites auprès de celles que cachent encore les ergs et les hamadas ? Procurez-vous une carte du Sahara et placez-y quatre petites taches : Hassi-Messaoud - Hassi-er-R'Mel - Edjelé - Tiguentourine. Puis regardez ce qui reste.
       Et par-delà le grand désert, nous pensons à l'Afrique Noire, à ses richesses qu'attendent les hommes, et à ses hommes que nous avions reçu la mission sacrée de guider sur les chemins de la civilisation.
       Nous savons bien que la tâche qui nous attend est à la mesure de ces immensités. Mais nous pensons que l'on ne fait pas une politique de grandeur en restant au coin du feu.
       L'hexagone métropolitain est un adorable jardin qu'on ne retrouve jamais sans attendrissement. Mais en France et dans l'Europe entière monte une jeunesse qu regarde par dessus le mur pour découvrir, vers des horizons nouveaux, des espaces plus larges.

       Essayons d'imaginer ce monde européen de demain : trois cent millions d'hommes unis par la même civilisation, des complexes économiques qui, ayant fondu leurs antagonismes au sein d'un marché commun, se son déconcentrés et développés et ont atteint sinon dépassé, le niveau de leurs concurrents russes et américains d'immenses richesses naturelles permettant de les approvisionner largement, un relèvement général du ni veau de vie, l'intensification des échanges commerciaux ouvrant la voie aux relations culturelles et, en définitive non plus l'union, mais l'unité de l'Europe dans le cadre de la civilisation occidentale.

       Ne pensez-vous pas, dans ces conditions, que vos milliards soient bien placés ?


Opinions d’étrangers
Sur les colonisateurs !
Envoyé par M. Albert Hamelin
Opinions d’étrangers tirées du livre d’Edmond GOJON « 100 ans d’efforts français en Algérie : BOUFARIK » Librairie PLON-PARIS

        1878 : célèbre explorateur allemand RHOLFS
        « Quiconque a pu comme moi voir les prodigieux travaux exécutés par les français en Algérie n’éprouvera qu’un sentiment de pitié pour ceux qui, en présence de toutes ces œuvres admirables, oseraient prétendre que les français ne savent pas coloniser.
        Sous le rapport de la colonisation, la France n’a rien à envier aux nations les plus privilégiées, et l’œuvre accompli en Algérie n’a été surpassée nulle part et très rarement égalée. »

        1878 : célèbre savant russe TCHIHATCHEFF
        « Désormais les plus opiniâtres détracteurs de la France n’oseront plus lui adresser le reproche qui, malheureusement, a été répété plus souvent par les français que par les étrangers, peut-être parce que les premiers parlaient souvent de ce qu’ils n’avaient pas vu, tandis que les derniers se donnaient au moins la peine d’observer le pays, sur les lieux mêmes. »

        1888 : célèbre écrivain anglais GRANT Allen
        « L’Angleterre n’apprécie pas encore à sa valeur la grandeur et l’importance de l’œuvre accomplie par la France, pour le compte de la civilisation, sur la côte de Barbarie. Accoutumés comme nous le sommes à pénétrer mentalement au cœur de l’Afrique par la voie du Nil, du Congo ou du Zambèze, nous sommes trop portés à rabaisser le travail, moins bruyant peut-être, mais plus sûr et plus durable, que la France poursuit en Algérie et à Tunis, que de misérables jalousies ne devraient à aucun prix l’empêcher de poursuivre au Maroc. Mais tout observateur impartial des merveilleux résultats obtenus par un demi-siècle d’occupation au nord de l’Afrique sera obligé de convenir que cette occupation est le plus grand des bienfaits pour le continent noir, et que la civilisation implantée à Alger rayonne déjà et s’infiltre rapidement au-delà du désert même.
        Les Français sont de piètres colonisateurs, dit-on volontiers. Cela peut être vrai, seulement en ce sens que la France n’est pas une mère de colons assez féconde. Les ruches trop pleines sont les seules qui essaiment. Il ne manque à la France que ce trop-plein de population, cet excès qui se porte naturellement au dehors ; car, pour l’énergie, pour la patience, pour le talent organisateur, il n’y a pas de colonie britannique qui puisse montrer rien d’analogue à ce qu’on admire en Algérie. »


Plein les ratiches
Envoyé par Marcel Treels

Dans un bus rempli de petits vieux en tournée spéciale pour le troisième âge à Lourdes, une mamie tapote l'épaule du chauffeur et lui tend une bonne poignée de cacahuètes.
Le chauffeur un peu étonné, la remercie et avale d'un trait les arachides.
Ca tombe bien, il avait justement un petit creux.
Cinq minutes plus tard, la mamie remet çà.
Le chauffeur la remercie à nouveau et gobe les cacahuètes.
Cinq minutes plus tard, le même cirque recommence.
Au bout de dix poignées, le chauffeur en a plein les ratiches et demande à la mémère : - Dites donc, Mamie, c'est bien gentil de me gaver de cacahuètes, mais vos quarante collègues, ils n'en veulent pas un peu ?
- Bah ben non. Voyez-vous, avec nos dents, on ne peut pas les mâcher.
Y'a que le chocolat autour qu'on aime...!

COMMUNIQUE
envoyé par M. Ezagouri Viviane


CHERS COMPATRIOTES
TEUMA MARIE-CLAUDE, AGUERA ELISE & EZAGOURI VIVIANE


Toutes trois filles de disparus organisent avec le concours de la Maison des Rapatriés à Marseille et l'Amicale des Oraniens des B.D.R le 5 juillet 2006 à Marseille, une marche silencieuse, en mémoire des disparus d’Algérie après le 19 mars 62 et les victimes du 5 juillet 1962 à ORAN.
44 ans, de silence la vérité s'impose

VENEZ NOMBREUX NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE SOUTIEN
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Rassemblement Devant Métro Vieux Port 15 h 00
Marche vers la Préfecture pour déposer une motion
Dépôt de gerbe 17 h 30 monument des Rapatriés Corniche Kennedy
Messe à l'Eglise du Sacré Cœur 19 h 30 (Avenue du prado)



Ne pas oublier les Spahis
envoyé Par le Capitaine (H.) Francis JOSSE

L'association Mémoria-Nord était l'organisatrice de la manifestation à laquelle le Peloton des Spahis du Nord (Francis JOSSE 21RS - 1RS / Claude SAINQUENTIN 3RSM - 4RSM / Yves BOUTEILLER 7RSA - 9RSA / Christophe TANCHOU 1RS) a participé le dimanche 28 mai 2006 à la Nécropole Nationale d'Haubourdin ou reposent les restes de Spahis (malheureusement non identifiés) du 1er Escadron du 3RSM / 80ème GRDI (1940) et plusieurs centaines de Tirailleurs nord-africains héros de la "bataille de Lille" (1940). Capitaine (H.) Francis JOSSE jossef@numericable.fr

« Ce n‘est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles... »


CDFA - COMITES DE DEFENSE DES FRANÇAIS D'ALGERIE
Union des Comités de Défense des Agriculteurs Rapatriés
U.C.D.A.R.A.- Union des Comités de Défense
des Agriculteurs Rapatriés et leurs Amis
Association loi de 1901 N°3/09374
reconnue représentative au J.O du 24.04.71
                          
===================

      Plaidoyer pour l'obtention de l'égalité de traitement entre tous nos compatriotes victimes de l'abandon anticonstitutionnel des départements Français d'Algérie.

      Je m'appelle François RODRIGUEZ, né en 1934 en Algérie, je pourrai m'appeler Charles DURAND, David BENSOUSSAN ou Mehdi BENASLA.

      J'étais assez grand, lors de la dernière grande guerre, pour me rappeler du départ de mon père qui nous quittait pour défendre la mère Patrie.

      Je savais aussi pourquoi je n'avais plus mon grand-père qui avait été gazé dans les tranchées de l'est de la France en 14/18, et qu'il en était mort peu après son retour parmi les siens.

      J'ai eu la chance de conserver encore quelques années mon pauvre père revenu grand invalide de la bataille des Ardennes, encore plus fier d'être Français, amoureux de son drapeau et, disait-il, honoré d'avoir fait parti des troupes de libération de sa patrie, et il ne fallait surtout pas oublier de pavoiser nos balcons le 14 Juillet.
      Dans les rues de nos villes et villages c'étaient la féerie tricolore.

      Je n'ai, à ce jour, rien vu de pareil en France métropolitaine !

      Eh oui, avec Charles, Mehdi et David, nous avions appris la fierté d'être Français !

      Nous le faisions savoir le plus naturellement du monde avec notre drapeau National.

      David était comptable à la minoterie, Charles travaillait chez VIDAL et MANEGAT, Mehdi était conducteur d'engins à l'entreprise CHAUVEUR , moi, François, j'étais conducteur à la S.N.C.F.A ;

      Du même âge, nous ne nous connaissions pas, mais avions une particularité commune, celle de n'avoir aucun bien matériel, sinon notre travail et posséder la joie de vivre dans notre pays natal, notre ciel éternellement bleu, un soleil à nul autre pareil, et cette douceur du temps qui passe, incomparable.

      Il faisait alors bon d'être Français dans nos départements d'Algérie où était instauré cette égalité effective entre tous les citoyens des deux rives de notre Méditerranée, sans distinction d'origine, de race de langue ni de religion.

      Nous avions donc tous les droits, pleins et entiers, attachés à la qualité de Français et étions donc soumis naturellement aux mêmes obligations. Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.

      Dans les années 50, notre beau ciel bleu commence à s'assombrir et commencent à couler des larmes de sang.

      Ce 5 Mai 1957, mon père, qui aurait pu tout aussi bien celui de Charles, David ou Charef, se promène sous les ficus de l'avenue prés du logement familial, ce matin là, le rescapé de la bataille des Ardennes tombe sous les balles du terroriste déjà soutenu et pourvu en armement par les ignobles porteurs de valise Français du F.L.N.

      Nous, Charles, Mehdi, François et David, au service militaire, nous combattons ce terrorisme d'un autre temps qui crucifie nos beaux départements Français d'Algérie.
      Comme Grand-père et Papa, nous sommes fiers, à notre tour, de servir notre pays.

      Inexorablement, tout commence à basculer car, en dehors des attentats quotidiens qui se multiplient, les ceintures de nos gouvernants commencent à se délier et leurs pantalons entament une lente mais irréversible descente, notre armée gagnent sur le terrain, les terroristes et leurs alliés gagnent la bataille politique dans les salons parisiens, la duplicité devient institutionnelle.

      En plus du massacre des populations civiles, 30.000 glorieux soldats auront bientôt payé de leur vie une infâme trahison d'état.

      Pourtant des déclarations sans équivoque avaient fait croire que leur sacrifice ne serait pas vain.

      Alors une autodéfense réactionnelle s'organise, dopée par une légitimité que lui confère la célèbre déclaration, il est bon de le rappeler, d'un des plus haut personnage de l'état (Michel DEBRE).

      La forfaiture s'amplifie pour aboutir aux sinistres accords d'Evian du 18 Mars 1962 et un cessez-le feu unilatéral le 19 Mars 1962.

      Pour faire passer le message, le monstre de Colombey organise, quelques jours plus tard, méthodiquement, à l'occasion d'une manifestation pacifique, un guet-apens tragique qui se terminera dans un bain de sang par la fusillade du 26 Mars 1962 rue d'Isly à ALGER.

      L'Etat Gaulliste, continue à lancer, avec une sauvagerie décuplée et une méthodologie inouïe, les barbouzes de SANGUINETTI et du tortionnaire DEBROSSE contre notre population révoltée par tant de cynisme : la tragédie est consommée quand, le 5 Juillet 1962 à ORAN lors du massacre de la population sans défense, le démoniaque chef de l'état Français, informé, donne un ordre criminel à l'ignoble Général KATZ : " SURTOUT NE BOUGEZ PAS " et l'ordure obéit.
      Même ordre à l'armée devenue félonne, témoin des massacres perpétrés contre les harkis et leurs familles, et qui se déshonore alors définitivement

      Devinez qui a encore payé le plus cher le prix de la félonie en ces heures dramatiques et meurtrières, mais c'est bien sur les David, Charles, Mehdi et François.

      C'était le triomphe de la trahison et de la forfaiture.

      Chacun connaît la suite Métropolitaine, plutôt la fuite, dans des conditions épouvantables qui n'ont pas ému outre mesure " les veaux " (dixit De Gaulle) Français conditionnés, un déplacement de population inimaginable, sciemment inorganisé, voir entravé, entrecoupé de meurtres et d'enlèvements, poussant l'ignominie jusqu'à renvoyer en Algérie des combattants Français musulmans : ….l'horreur !

      Honte à la France de nous avoir accueilli comme des parias,

      Honte à la France d'avoir embastillé ou fait fusiller ceux qui avaient refusé de trahir la parole donnée,

      Honte à la France d'avoir dressé, par la désinformation orientée, une partie de la population Nationale contre nous,

      Honte encore à la France, enfin, de laisser perdurer à travers ses médias l'image négative de notre peuple de l'Algérie Française, et ce n'est pas une loi reconnaissant etc…..qui les empêchera de continuer leur ignoble action, surtout quand ce simple hommage est aujourd'hui rayé par une volonté complice destinée à satisfaire la volonté de leur " ami ", bourreau des harkis et des pieds noirs.

      Là encore, n'oubliez jamais !

      Nous aurions aimé croire que cet héritage maléfique serait rentré, au fil des ans, en déshérence, il n'en est rien, et pour preuve ces tapis rouge du sang de nos martyrs que l'on déroule actuellement sous les pieds des terroristes d'hier, toujours en place aujourd'hui.

      France en ce début du vingt et unième siècle, tes enfants que tu as forcé, par le pire des abandons, à s'expatrier, ne peuvent oublier que tu n'as toujours pas fait le geste de simple justice morale et sociale.
      Par contre, ce que tu as su faire, après les tribunaux d'exception, se sont des lois d'exception qui ont régi la réinstallation de certains des nôtres, en laissant libre cours à des circulaires administratives ou directives hiérarchiques qui ont complètement dénaturé et dévoyé la volonté du parlement.

      Quand à nous, Charles, David, Mehdi et François, petit peuple de notre Algérie Française qui représentons plus de 80% de ces expatriés forcés que la propagande d'état a transformé en affreux colonialistes, anciens combattants ou descendants de ceux des deux grandes guerres, ce petit peuple qui fut mobilisé à un taux jamais égalé pour venir au secours d'une mère patrie occupée, ce petit peuple exige une loi de cohérence sociale s'appliquant à tous ceux qui, majeurs au rapatriement (foyers fiscaux) n'ont jamais perçu d'indemnisation matérielle compensant un juste " Pretium Doloris ".

      Prés de 45 ans après, RIEN, est-ce bien dans cette France " Grande et Généreuse " que nous nous trouvons ?

      Alors qu'elle continue à abandonner les dettes de certains anciens territoires devenus pauvres par le fait de l'incapacité et la cupidité chronique de leurs dirigeants, la nation française doit se faire un devoir de réparer cette iniquité flagrante qui frappe les plus démunis et les plus fragiles de ses enfants.

      Il y va de son honneur et nous ferons en sorte de faire entendre leurs voix avant les prochaines échéances électorales majeures qui attendent le pays.

      NON, le mémoire des horreurs commises par la monstruosité de certains hommes ne doit pas être sélective et ne concerner que les puissantes diasporas bien introduites, nous revendiquons la même justice dans la réprobation des crimes dont l'état gaulliste s'est rendu sciemment coupable contre ses compatriotes des départements Français d'Algérie, alors que, sans la haine viscérale d'un seul homme démoniaque et la veulerie de son entourage, ce bain de sang, que l'on occulte encore et toujours, aurait pu être évité.

      Il faut que le peuple Français sache que Harkis et Pieds noirs ont été livrés, sur ordre, aux nouveaux maîtres de l'Algérie et que la solution finale de nos populations voulue par des ordres criminels de non intervention, ne s'est pas accomplie parce que, n'en déplaise à certains, la grande majorité des Algériens ne nous était pas hostile et celle-ci le prouvent encore aujourd'hui par l'accueil réservé à certains de nos compatriotes nostalgiques qui retournent sans problèmes dans leurs villes et villages.

      Mais…. En France….. une seule vérité est admise….. celle des porteurs de valises et des parjures souillés par le sang de leurs victimes innocentes.

      Mais ce peuple conditionné apprécie-t-il simplement ce que représente la valeur de naître, vivre et mourir dans le pays de ses racines…. ? Il nous en a privé, il commence à le payer.


Alain ALGUDO      

Nécrologie du "bon sens"
Envoyé par Marcel Treels

Je sais que vous en avez tous, mais combien devraient lire ce message, tous les matins (même nous pourquoi pas ?) ....... pour ne pas oublier toutes ces valeurs et les transmettre....... à tous ceux que nous aimons......

        Aujourd'hui nous déplorons le décès d'un ami très cher qui se nommait "Bon Sens" et qui a vécu parmi nous depuis de longues années.

P       ne connaît exactement son âge, car les registres de naissances ont été perdus il y a bien longtemps dans les méandres de la bureaucratie.

        On se souvient de lui pour des leçons de vie, comme " la journée appartient à celui qui se lève tôt ", " il ne faut pas tout attendre des autres " et " ce qui arrive est peut-être de MA faute ".

        " Bon Sens " vivait avec des règles simples et pratiques, comme " ne pas dépenser plus que ce que l'on a ", et des principes éducatifs clairs, comme "ce sont les parents, et non les enfants, qui décident ".

        " Bon Sens " a perdu pied quand des parents ont attaqué des professeurs pour avoir fait leur travail en voulant apprendre aux enfants les bonnes manières et le respect. Un enseignant renvoyé, pour avoir réprimandé un élève trop excité, a encore aggravé l'état de santé de " Bon Sens ".

        Il s'est encore plus détérioré quand les écoles ont dû demander et obtenir une autorisation parentale pour mettre un pansement sur le petit bobo d'un élève, sans pouvoir informer les parents de dangers bien plus graves encourus par l'enfant.

        " Bon Sens " a perdu la volonté de survivre quand des criminels recevaient un meilleur traitement que leurs victimes. Il a encore pris des coups quand cela devint répréhensible de se défendre contre un voleur dans sa propre maison et que le voleur pouvait porter plainte pour agression.

        " Bon Sens " a définitivement perdu sa foi quand une femme qui n'avait pas réalisé qu'une tasse de café bouillante était chaude, en a renversé une petite goutte sur sa jambe, et pour cela a perçu une indemnisation colossale.

        La mort de " Bon Sens " a été précédée par celle de ses parents : Vérité et Confiance, de celle de sa femme Discrétion, de celle de sa fille Responsabilité ainsi que de celle de son fils Raison.

        Il laisse toute la place à ses trois faux-frères "Je connais mes droits", "C'est la faute de l'Autre" et "Je suis une victime".

        Il n'y avait pas foule à son enterrement car il n'y a plus beaucoup de personnes pour se rendre compte qu'il est parti.

        Si vous vous souvenez de lui, faites circuler cette lettre, sinon ne faites rien !


LE PLATEAU DES GLIÈRES
Par Simone Gautier


      C'est l'histoire d'un amour et de sa fin tragique pendant la guerre d'Algérie.
      Une histoire d'amour qui se poursuit au-delà des apparences, dans le monde sensible, comme une expérience tout à fait particulière de l'invisible. C'est aussi un hommage en l'honneur d'un homme dont la mémoire gît, encore aujourd'hui, au fond des ténèbres.



      14 heures 50 à l'horloge de la Grande Poste.
      14 heures 50 la première rafale
      Aller au secours de ce qui est resté dans le silence pendant si longtemps, c'est mettre des paroles sur la souffrance.

      Simone GAUTIER, d'origine métropolitaine, minorquine et espagnole est née à Hussein Dey, grande banlieue d'Alger, qu'elle quitte en 1962. Elle débute ses études à l'université d'Alger, les poursuit à Paris à la Sorbonne en faculté de psychologie et à l'Institut d'Orientation scolaire et professionnelle.
      Elle est diplômée du Conservatoire des Arts et Métiers de Paris. Conseillère d'orientation psychologue, elle termine sa carrière comme directrice de centre d'orientation de l'Education nationale.
      Elle est chevalier des Palmes académiques.


IL S'APPELLE PHILIPPE HENRI JEAN ANTOINE GAUTIER
SCHLUCHSEE FREIBURG im BREISGAU

Noël 1954. Il n'avait pas encore 20 ans. Je n'avais pas encore 22 ans.
Nous avons pris le même car, bourré d'étudiants de toutes écoles confondues pour aller faire du ski en Allemagne, en Forêt Noire. Il s'était installé tout à fait à l'arrière du car avec un copain. Ils étaient bruyants, joyeux. Ils disaient beaucoup de bêtises qui les faisaient beaucoup rire. Je m'étais installée tout à fait à l'avant avec une amie de ma promotion. Nous étions très sages et je trouvais que ces garçons, au fond du car, étaient un peu bêtes. Cependant j'ai fini par reconnaître dans mon for intérieur que l'un avait plus d'esprit que l'autre.

Commande :de "Le Plateau des Glières" au prix de 20 Euros l'unité plus 4,50 Euros de frais d'envoi et règle la somme de Euros à l'ordre de "MEMOIRE DE NOTRE TEMPS "- Parc du Belvédère, Bât. Fi, avenue Marius Carrieu 34080 MONTPELLIER qui vous remercie.

Contactez-moi : simone.gautier@free.fr


MESSAGES
S.V.P., lorsqu'une réponse aux messages ci dessous peut, être susceptible de profiter à la Communauté, n'hésitez pas à informer le site. Merci d'avance, J.P. Bartolini

Notre Ami Jean Louis Ventura créateur d'un autre site de Bône a créé une nouvelle rubrique d'ANNONCES et d'AVIS de RECHERCHE qui est liée avec les numéros de la seybouse.
Après avoir pris connaissance des messages ci-dessous,
cliquez ICI pour d'autres messages.
sur le site de notre Ami Jean Louis Ventura

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De M. Michel Parent
Bonjour
Le 9 avril 2006, j'ai trouvé sur mon répondeur un message qui m'a fait bondir de joie.
C'était un de mes coéquipiés du relais 4X100 métres de la JSH (jeunesse sportive d'Hippone)
Hélas 50 fois hélas il ne m'a pas laissé ni son nom ni son numéro de phone
Est-ce que c'était Petit Girard ou Pascal ou Demonceaux ?
"Michel Parent de la JSH (jeunesse sportive d'Hippone) recherche ses anciens coéquipiés du relais 4X100 metres Petit Girard, Pascal, Demonceaux "
Merci.
Miparent@aol.com

De M. Albouy Gérard
Je suis Albouy Gérard et j'ai passé ma petite enfance à Bône où nous habitions au 16, rue Pérrégaux avant de rejoindre Alger où mon père était affecté (il était fondé de pouvoirs de la Société Nestlé)- Mon grand père Palomba Fernand qui avait été propriétaire de l'Atlantic Hôtel, était natif de Bône et son frère Jean était le directeur de l'Agence "Air France"; donc de vieilles figures Bonoises.
Quand à moi, j'avais un ami d'enfance que je recherche toujours : GODARD Jean Marie; son père était juge d'instruction au tribunal de Bône; nous avons été enfants de choeur ensemble sous la houlette de l'archîprêtre Houche, étions "coeurs vaillants avec l'abbé Laurent, et faisions les 400 coups de gosses de mon époque! Si un lecteur des messages connaissait le point de chute de cet Ami Jean Marie qu'il n'hésite pas à m'en informer! j'en serais très heureux.
Et pour votre site, qu'il dure toujours : il fait beaucoup d'heureux, et nos enfants ont besoin de connaître la véritable vie que menaient les pieds noirs dans leur beaux départements français.
Mon adresse : gerard.albouy11@wanadoo.fr

De M. Jean-Claude ORIA
Je recherche un oncle que j'ai perdu de vu en 1959 . Mr Roger IRLES de Sidi-bel Abbes il doit avoir 70 ans à peu près
Merci d'avance
Mon adresse : Jeanclaudeoria@aol.com

De Mme Ophélie Cardonna ?
Bonjour,
Ma famille est originaire de Bône, je cherche donc des personnes les ayant connus.
Ma grand-mére s'apellait CARDONA ROSETTE, elle habitait rue BURDEAU, avec ses 2 frères l'un plus agé GEORGES et l'autre plus jeune CHRISTIAN.
Ma grand mére est née en 1937, malheureusement elle et ses freres ne sont plus là pour me raconter leur ALGERIE.
Je n'ai que des photos.
Mon arriere-grand-mére était remariée avec BURGIERES EUGENE. Son nom de jeune fille était VERDAILLANT MARIE-LOUISE née en 1912 à Bône.
Si ces noms vous rapellent quelques choses, envoyez-moi un mail s'il vous plait.
Merci d'avance. Ophélie
Mon adresse : Loulie62@aol.com

De M. Rachid Habbachi

Salut tout le monde.
Madame Emmanuelle Zidi scénariste et metteur en scène qui recherche ses parents:
Le père Franco MATTANA, la mère Fatma-Zohra ZIDI qui a vécu avant 1962 à la cité GATT, rue Desaix n° 33.
Merci à tous les bônois. Bisous -RACHID-
Mon adresse : caroube23@yahoo.fr

De Mme Evelyne Sajous

Bonjour,
Je suis née le 16 octobre 1945 à l'hopital civil de Bône et déclarée sous le nom de GENEVIEVE MOURIER.
Je suis seule et je recherche ma maman ou toute personne qui connait mon histoire ou encore quelqu'un de ma famille.
Je serai tellement heureuse de retrouver ma maman - je la cherche depuis des années et j'espère encore et toujours.!
Merci à tous ceux qui pourront m'aider !
Mon adresse : evelynesajous@yahoo.fr

De M. Gilles Di Scala

Bonjour Monsieur VENTURA.
En cherchant le site web d'un ami je suis tombé sur votre site.
Je suis Gilles DI SCALA né le 07/05/55 à Bône de Sauveur et de LUSTRO Marcienne
J'ai quitté Bône le 30/06/62 et j'ai trés peu de souvenirs à part ceux d'un petit garçon de 7 ans qui se souvient seulement de l'endroit où il habitait,où habitaient ses grands-parents,de son école,et du stade où son pére l'amenait supporter la JBAC...
Il me semble que l'école où j'allais s'appelait Ecole St.Augustin, mais je n'en plus trés sur. Mes parents hélas ne sont plus là pour me guider. Il parait, et beaucoup de personnes me l'ont confirmé, que mon grand-pére paternel était trés connu sur Bône. C'était Dominique DI SCALA dit Mimi le chanteur.
Si des personnes ont des photos de classe de primaire de l'école ST.Augustin merci de les faire paraitre sur le web.
A Bientôt, .Gilles DI SCALA
Mon adresse : famillediscala@yahoo.fr

DIVERS LIENS VERS LES SITES

Voici un lien vers l'ADADENC (Amicale Des Anciens Des Ecoles Normales de Constantine). En effet de nombreux bônois ont fréquenté cette école.
Site: http://www.ecoles-normales-constantine.com
D'avance merci, pour vos visites.
Amicalement, Rémy BAISON

L'union (journal des Ardennes), à voir.
Sitehttp://www.lunion.presse.fr/loc/20060523.UNA7860.html?0740


Calendrier de l'ADIMAD
Le 04 juin 2006 Le Touvet (38) à 11 heures au cimetière : hommage à Claude Piegts, sur sa tombe.

Le 7 juin à Perpignan (66) à 11 heures : Manifestation privée devant la Stèle des Réfugiés du Cimetière Vernet (à côté des stèles des Harkis et de l'ADIMAD) : Hommage de l'ADIMAD aux Réfugiés tombés pour que vive l'Algérie française.
Le7 juin à Perpignan (66) à 16 heures : église Saint Paul du Moulin à Vent: Messe pour les ex-détenus et les morts pour l'Algérie Française

Le 10 juin à Paris ( 75007) A 10 heures : Messe à la mémoire du Général Raoul SALAN et de tous ceux qui, étant sous ses ordres, sont tombés pour la France. En l'église Saint-Thomas d'Aquin.
L'association Les Amis de Raoul Salan prie tous ceux qui se sont battus aux côtés du général Salan ou qui sont restés attachés à son souvenir d'assister à cette cérémonie dans le plus grand recueillement
Renseignements : http://www.salan.asso.fr/

Pour plus de détails sur ce calendrier http://perso.wanadoo.fr/adimad/index3.html



cliquez ICI pour d'autres messages.

Envoyé par René Michaut
Dans la rubrique Métiers : DDE
Une dame est à la fenêtre de sa maison et voit se garer devant chez elle un camion de la DDE.
Un premier gars en descend, prend une pelle et creuse un trou, puis va 2 mètres plus loin et creuse un deuxieme trou.
Et ainsi de suite.. Un deuxieme gars sort alors du camion, prend une pelle et rebouche tous les trous que son collègue continue à creuser.
Intriguée, la dame va les voir et les interroge sur leur travail.
Et le premier agent lui repond :"Je sais que ça peut paraître bizarre.
D'habitude nous sommes trois dans l'équipe mais aujourd'hui le gars qui plante les arbres est en RTT"


Vous venez de parcourir cette petite gazette, qu'en pensez-vous ?
Avez-vous des suggestions ? si oui, lesquelles ?
En cliquant sur le nom des auteurs en tête de rubrique, vous pouvez leur écrire directement,
c'est une façon de les remercier de leur travail.

D'avance, merci pour vos réponses. ===> ICI


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