N° 170
Mars

http://piednoir.net
    carte de M. Bartolini J.P.
     Les Bords de la SEYBOUSE à HIPPONE
1er Mars 2017
jean-pierre.bartolini@wanadoo.fr
http://www.seybouse.info/
Création de M. Bonemaint
LA SEYBOUSE
La petite Gazette de BÔNE la COQUETTE
Le site des Bônois en particulier et des Pieds-Noirs en Général
l'histoire de ce journal racontée par Louis ARNAUD
se trouve dans la page: La Seybouse,
Écusson de Bône généreusement offert au site de Bône par M. Bonemaint
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EDITO
MICR-ONDE de choc

         Chers Amis,

         Qu'est-ce un Micron en politique ?
         Parce qu'il ne servait plus à rien, c'est le micron qui a été retiré du Système International des Mesures et qui a été alloué aux bons à rien et imbéciles de la politique car ils sont tellement petits, nuls mais en plus néfastes pour le pays, surtout lorsqu'ils ouvrent leur gueule pour lancer des insanités provoquant une onde de choc.
         Comme Alexandre Dumas : " J'aime mieux les méchants que les imbéciles, car parfois ils se reposent. "

         Et le " Micron candidat" s'est transformé en le monstre " Micr-onde de choc " par son voyage et ses déclarations outrancières (traîtres envers la France) en Algérie, qualifiant la colonisation française en Algérie de " crime contre l'humanité " et en la plaçant au-dessus de Hitler ; puis ses insultes envers les Pieds-Noirs à Toulon par le " Je vous ai compris ". Il ne faut pas oublier que le père de cette formule nous l'avait bien mis en riant sous cape.

         Je ne voulais plus entrer dans ce jeu malsain de la " politique " mais cet " Enfoiré de première " (comme dirait Coluche), m'a fait sortir de mes gonds avec sa sortie " gaullienne " de mauvais goût et odieuse même.
         Je dis aux Pieds-Noirs : il ne faut pas que ce traître puisse être président de ce pays car il s'appellera officiellement la " Francarabia ".
         Il faudra que le prochain président élu le fasse passer en cour martiale pour ses propos tenus en terre étrangère et contre la France, le pays de nos enfants et petits-enfants.

         Pour nous, malheureusement, la prophétie du Maréchal Juin se précise de jour en jour, donc nous savions et nous mourons sans être surpris, mais comment les " Patos " laissent-ils dire cela de leur pays ? Ont-ils encore une âme patriotique ?

         Est-ce que les Français ont dit que la colonisation romaine a été " un crime contre l'humanité " ?
         La " colonisation " française en Algérie, ou l'on devrait plutôt dire " la création officielle de l'Algérie " en lui donnant des frontières après une conquête sur la barbarie " Turco-Arabique ", fût une épopée formidable dans l'avancement de la civilisation avec des progrès prodigieux dans la médecine, les constructions de bâtiments, routes, rails, aéroports, ports, écoles, hôpitaux, etc…

         A part les Romains, aucun pays n'a apporté autant de bienfaits dans un autre pays. Bien sur cela n'a pas été de tout repos pour toutes les communautés où seuls des hommes belliqueux, politiques ou religieux maniaient l'art de la paix et de la guerre. Certainement pas les migrants et leurs descendances, de 1830 à 1962, qui par leurs sacrifices ont su chérir l'Algérie plus que les Algériens d'aujourd'hui.

         Mais le bilan final en 1962, bien qu'imparfait parce les belliqueux ont voulu interrompre le processus d'une Algérie qui aurait été le modèle du 21ème siècle dans une indépendance forte décidée d'un commun accord, avec fraternité, par toutes les communautés. Les Russes, les Américains et la France (d'après guerre) ne voulaient pas d'une Algérie riche dans son Eldorado Africain.

         Il n'y a pas de repentance, ni de pardon, ni d'excuses à apporter de part et d'autre de la Méditerranée. Seuls les traîtres à la France et à nos communautés méritent l'opprobre.

         Le passé est mort, seuls les souvenirs sont vivants et doivent conduire à une paix intérieure.

         Les relations avec l'Algérie doivent être menées dans des conditions de réalités mutuelles et franches et pas dans des conditions d'opportunité et de falsification comme avec ce " Micr-onde de choc ". Pour en finir avec cette " colonisation ", que chacun des deux pays fassent le vrai bilan comptable des 132 ans de présence française avec l'apport des migrants de divers pays européens et ensuite se mettent autour d'une table pour en discuter et écrire la véritable histoire, pas celle des historiens façon " Stora ".

         Y a t-il cette volonté sincère de part et d'autre ?

         C'est pourquoi, nous Pieds-Noirs continuons notre combat pour la mémoire en la diffusant sur nos sites Internet. C'est le seul outil vraiment efficace pour le faire.

Bonne lecture, JPB                   
         Diobône,
         A tchao.

         "Les témoins sont le sel d'un pays. De près, ils brûlent la peau, car personne n'a envie de les entendre. Mais ils persistent, solitaires et tristes, accrochés à leur mémoire.
         Ils attendent leur heure. Ils possèdent la résistance du grain de sable.
         C'est la dernière responsabilité qui nous incombe : éviter que nos enfants aient un jour les dents gâtées par les raisins verts de l'oubli.
         Ecrire et raconter inlassablement, non pour juger mais pour expliquer."
Hélie de Saint Marc

Citation envoyée par M. Hugues Jolivet

         P.S. : CI-DESSOUS, des réactions et témoignages
       


Vous n'aurez jamais aussi mal
Envoyé par Mme Leonelli

Il est bien connu qu'il est dans la nature humaine d'humilier ceux qu'on a lésés.

        Monsieur Macron,

       Si l'on en croit les dizaines de messages qui vous sont parvenus et qui circulent sur le "NET" vous avez dû combler vos trop grandes lacunes historiques!
        Inutile donc de revenir là dessus.
        Vous avez déclaré avoir été peiné par certains messages reçus et comprendre notre souffrance.
        Vous avez même eu l' indécence de "pousser" le cri de ralliement de l'auteur de tous nos malheurs.
        A jamais aux portes de notre mémoire -nos tragiques souvenirs nous imposent un sursaut, vos scandaleuses déclarations l'ont provoqué.

        Non Monsieur Macron vous n'aurez jamais aussi mal que nous. (ou pas encore)
        Vous n'aurez jamais aussi mal -- que cette jeune maman obligée de transporter son bébé dans sa valise pour pouvoir lui offrir une sépulture chrétienne.
        Jamais aussi mal- que cette jeune mauresque regardant éventrer une femme enceinte et obligée d'écraser la tête du fœtus tombé à ses pieds ( témoignage consigné dans un rapport du CICR à votre disposition.)
        Jamais aussi mal- que cette jeune femme découvrant son mari égorgé et son bébé empalé.
        Jamais aussi mal-que tant de familles de harkis parquées dans des camps à leur arrivée en France et décrivant l'horreur de ce qui se passait dans leur pays ( hommes décapités et dont la tête servait de ballon de foot à des enfants, entre autres horreurs.)
        Jamais aussi mal - que tant et tant de personnes obligées de quitter leur pays en abandonnant le fruit de près d'un siècle et demi de sacrifices et de travail, leurs maisons, leurs cimetières.
        Jamais aussi mal - que cette jeune adolescente préférant affronter le froid glacial en rasant les murs pour se rendre au lycée de peur qu'on la reconnaisse à son accent et qui demeura de longs mois dans un état de prostration - Ma sœur -
        Jamais aussi mal d'avoir pleuré au point de ne plus sentir les larmes qui ruisselaient sur nos joues.......
        Jamais aussi mal - que cette courageuse maman-veuve- portant à bout de bras ses deux jeunes filles leur disant: Courage nous avons la vie sauve! - ma mère
        Jamais aussi mal-que tant de familles obligées dans l'urgence de choisir les centres d'accueil véritables étables ! En cette nuit de Noël 1962 l'évocation était presque consolante!
        Centres d'accueil surnommés aimablement "Centres de rats pas triés"
        Jamais aussi mal-que tant de familles de disparus tressaillant d'espoir à chaque coup de sonnette.
        Jamais aussi mal que tant de familles de soldats "morts au champs d'honneur" pour qui? pour quoi? à qui l'on a souvent fait croire qu'ils avaient été envoyés en Algérie pour protéger les colons...
        La liste des souffrances qui nous furent imposées est longue Monsieur Macron, nous n'eûmes pas droit au suivi psychologique si sollicité et appelé à s'amplifier si l'on en croit ce qui attend votre "douce France". Nous n'avions plus rien à perdre juste à espérer un sursaut patriotique face à une haine aussi injustifiée...
        Même le très connu journal "LA CROIX" n'ayant de chrétien que le nom- mettait en garde le bon peuple français contre le danger de mélanger la jeunesse française à celle venant d'Algérie.
        Monsieur DEFERRE l'honorable maire de Marseille voulait nous jeter à la mer...Et nous demandait d'aller nous réadapter ailleurs....Que dirait-il aujourd'hui de sa flamboyante cité phocéenne.....
        Nos containers - quand ils arrivaient étaient immergés.

        Pourtant!
        Nous n'avons pas fait brûler des cités, pas caillassé la police, Juste gardé un indéfectible amour pour une si amère patrie, son drapeau , ce qui nous vaut d'être de dangereux "Citoyens"
        Vous avez été bien mal inspiré Monsieur Macron en parlant de "Crime contre l'humanité" aux héritiers directs voire aux auteurs de crimes dont vous accusez votre propre pays de façon abjecte. Mal inspiré de serrer la main d'hommes ou de femmes dont l'hymne national est un véritable cri de guerre et de haine contre la France, seul hymne au monde à citer un pays .

        50 ans d'indépendance n'était-ce pas suffisant pour s'affranchir du "joug" de l'oppresseur?
        Et qu'est-ce qui pousse tant d'algériens à se jeter dans les bras de leurs anciens tortionnaires? A quoi a servi ce " droit des peuples à disposer d'eux- mêmes? "

        En entendant les applaudissements à chacun de vos meetings nous constatons avec tristesse combien le lavage de cerveau à fonctionné à merveille selon un plan savamment orchestré.
        Vous appartenez à une génération à qui l'on a donné "le moyen de tailler le passé à la mesure des engouements du moment.... La classe politique use et abuse de l'histoire au gré de ses intérêts relayée par tous les média. Quelle merveille d'entendre pérorer tant de "politologues" et historiens en tous genres bien évidemment du même bord!

        Monsieur Boualam Sansal , journaliste algérien ne manque pas de tirer la sonnette d'alarme concernant l'irresponsabilité de la France et son choix calamiteux de se prosterner devant un dictateur, représentant tout puissant d'un FLN qui a dilapidé les richesses du pays le rendant exsangue. il dénonce l'armée d'idiots utiles en France et j'ajouterais de "lécheurs de "babouches"
        " les algériens sont très inquiets et effarés de voir la France cette grande nation laïque exhiber ses imams, inquiets et effarés de voir l'Europe se déliter et devenir un amplificateur de crises et fabricant d'un islamisme véritablement monstrueux."
        "On croirait que la laïcité a été abrogée par un édit du grand imam."
A t'il ajouté.
        Voilà qui laisse présager la réalisation d'une prophétie:
        "Vous n'avez pas voulu de l'Algérie française de Dunkerque à Tamanrasset, vous aurez la France algérienne de Tamanrasset à Dunkerque..."
        Hier je vous méprisais monsieur Macron, aujourd'hui je vous plains, sincèrement.
        Pauvre France!
        Ceux qui renient leur passé, sont condamnés à le revivre.

Bernadette RYTER-LEONELLI
Fille d'un officier de la gendarmerie
cité à l'ordre de la nation à titre posthume.


Dernière minute : Judas ressuscite à Alger !
Envoyée Par M. Hugues Jolivet
Blog du Père Michel Viot du diocèse de Versailles et aumônier national des anciens combattants.

       C’est la France, dont il prétend être un des « apôtres », qu’Emmanuel Macron vient de doublement trahir en Algérie ! Lui qui aspire à la magistrature suprême n’a pas hésité à critiquer son pays de l’étranger ! Ou il est très mal éduqué et pense que toutes les transgressions sont bonnes pour se faire remarquer, ou il pense que l’Algérie est encore française ? Cette dernière hypothèse me paraît douteuse, compte tenu de son message sur la colonisation : « crime contre l’humanité » ! Écho de la voix de son Maître, François Hollande, en 2012, le jour de son investiture, qui critiquait Jules Ferry pour son colonialisme, alors qu’il venait de déposer une gerbe devant sa statue ! Mais il voulait honorer le laïc, ne pouvant pas comprendre que cet homme était aussi un grand patriote aimant la France et sa culture et voulant ainsi la faire partager, quitte à envoyer des Pères blancs avec l’armée française. Horreur pour messieurs Hollande et Macron !

       Je voudrais donc rassurer les anciens combattants catholiques dont je suis l’aumônier national. Je ne vais pas les convoquer pour une confession de crime contre l’humanité, eux qui au prix de leur vie ont voulu défendre , tant en Indochine qu’en Algérie, tout ce que la France avait apporté de bon en matière d’enseignement, de médecine et autres progrès. Je n’ignore pas qu’à côté de ces incontestables bienfaits, la colonisation, comme toute entreprise humaine eut ses ombres ! Mais ces dernières n’effacent pas l’apport positif de la France ! Monsieur Macron lui même n’a-t’il pas dit dans un autre discours et devant un public différent que la colonisation « avait créé des richesses et favorisé la naissance de classes moyennes ».

       Si les choses se sont souvent mal terminées, en Algérie en particulier, les questions de finances ont eu une grande part de responsabilité ! Monsieur Macron, plus qu’un autre, devrait le savoir. Tout comme Il aurait dû se souvenir de ce qui nous a obligé à intervenir en Algérie en 1830. La sécurité de notre littoral méditerranéen était en cause, tout comme notre honneur ! Réalités secondaires pour ce « prétendant « qui vient de faire le choix public de les oublier ! Il est devenu un candidat « moralement fictif », justiciable devant les urnes ! Aussi j’espère que les anciens combattants catholiques – et ce n’est pas interdit aux autres – protesteront comme il convient contre l’injure qui leur est faite par un candidat à la présidence de la République, qui les compare à des nazis !

       Source : http://www.asafrance.fr/item/reaction-de-michel-viot-aumonier-national-catholique-des-anciens-combattants-derniere-minute-judas-ressuscite-a-alger.html


"Si on veut vraiment faire de l'histoire, il faut tout mettre à plat..."
Envoyé par Mme Leonelli

Souhaitons qu'après plus d'un demi-siècle de mensonges
Les déclarations racoleuses, (très en vogue en ce moment,) de Monsieur MACRON, permettront enfin de le faire!

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Alors qu'Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l'humanité, Jean Sévillia explique pourquoi une telle déclaration est un non-sens historique. L'historien estime que l'on ne peut pas jeter ainsi «l'opprobre sur les Européens d'Algérie, les harkis, et leurs descendants».
Journaliste, écrivain et historien, Jean Sévillia est rédacteur en chef adjoint du Figaro Magazine. Il vient de publier Écrits historiques de combat, un recueil de trois essais (Historiquement correct ; Moralement correct ; Le terrorisme intellectuel) qui vient de paraître aux éditions Perrin.

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        FIGAROVOX. - Lors de son déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a accordé un entretien à la chaîne Echorouk News où il qualifie la colonisation d'«acte de barbarie» et de «crime contre l'humanité». Ces qualifications morale et juridique ont-elles un sens historiquement?

       Jean SÉVILLIA. - Sur le plan juridique, la première définition du crime contre l'humanité a été donnée en 1945 par l'article 6 de la Charte de Londres qui instituait le Tribunal militaire international, instance qui allait juger les chefs nazis à Nuremberg. Étaient visés «l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisés en exécution d'un plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile». D'autres textes affineront la définition, comme le statut de Rome créant la Cour pénale internationale, en 1998, sans en changer l'esprit. Or la colonisation est le fait de peupler un pays de colons, de le transformer en colonie, voire, nous dit le dictionnaire le Robert, de procéder à son «exploitation» afin de le «mettre en valeur».

        La présence française en Algérie a duré un siècle, avec ses échecs, ses pages grises, mais aussi ses réussites, ses motifs de fierté.

        Historiquement parlant, à l'évidence, la colonisation suppose un rapport de domination du colonisateur envers le colonisé, variable en intensité et en durée selon les lieux où elle s'est déroulée, mais elle n'a pas pour but d'exterminer les colonisés, ce qui, sans parler de l'aspect moral, n'aurait même pas été de l'intérêt matériel du colonisateur. Parfois, dans les périodes d'installation du colonisateur, et cela a été le cas, en Algérie, la colonisation est passée par une guerre de conquête, avec son lot de violences inhérentes à toute guerre. Les travaux d'historiens comme Jacques Frémeaux ou le regretté Daniel Lefeuvre nous ont cependant appris à contextualiser les méthodes d'alors de l'armée française, une armée qui sortait des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, et ont montré qu'Abd el-Kader n'était pas non plus un enfant de chœur quand il combattait les Français. Mais cent trente années de présence française en Algérie ne se résument ni à la guerre de conquête des années 1840 ni à la guerre d'indépendance des années 1950. Il y a un immense entre-deux qui a duré un siècle, avec ses échecs, ses pages grises, mais aussi ses réussites, ses motifs de fierté.

        Dans les événements tragiques de la fin de l'Algérie française, des Européens d'Algérie ou des musulmans fidèles à la France ont été victimes d'actes constitutifs du crime contre l'humanité.

        Qualifier la colonisation d'acte de barbarie ou de crime contre l'humanité est un non-sens historique, un jugement sommaire, manichéen, qui passe sous silence la part positive de l'Algérie française, celle qui a conduit des Algériens musulmans à croire à la France et à s'engager pour elle. L'histoire a pour but de faire la vérité et non de jeter de l'huile sur le feu, mais, s'agissant de «barbarie», on pourrait rappeler que, dans les événements tragiques de la fin de l'Algérie française, des Européens d'Algérie ou des musulmans fidèles à la France ont été victimes d'actes aujourd'hui constitutifs du crime contre l'humanité. Si on veut vraiment faire de l'histoire, il faut tout mettre à plat.


        Dans cet entretien, Emmanuel Macron est revenu sur ses propos parus dans Le Point en novembre 2016 qui ont été «sortis de leur contexte», notamment quand il évoquait les «éléments de civilisation» apportés par la colonisation française. Comment comprenez-vous cette expression d'«éléments de civilisation»?

        Européens et Arabes étant mêlés sur les bancs des écoles au moment où, dans maints États américains, la ségrégation sévissait encore entre Blancs et Noirs.

        Je suppose qu'Emmanuel Macron faisait alors allusion, par exemple, à l'œuvre d'enseignement menée par la France en Algérie, certes avec retard, un retard dû à l'impéritie de la IIIe puis de la IVe République. En 1960, 38% des garçons musulmans et 23% des filles fréquentaient l'école, pourcentage qui était supérieur à Alger où 75% des garçons musulmans et 50% des filles étaient scolarisés, Européens et Arabes étant mêlés sur les bancs des écoles au moment où, dans maints États américains, la ségrégation sévissait encore entre Blancs et Noirs. Peut-être l'ancien ministre faisait-il encore allusion à la médecine coloniale. L'École de médecine d'Alger a été fondée moins de trente ans après la conquête. En 1860, le taux de mortalité infantile pouvait atteindre les 30 % dans la population algérienne. En 1954, il sera descendu à 13 %, pourcentage certes trop élevé, mais qui témoignait quand même d'un progrès. C'est à Constantine, en 1860, qu'Alphonse Laveran a identifié l'agent du paludisme, ce qui lui vaudra le prix Nobel de médecine en 1907. À l'école ou à l'hôpital, où était le crime contre l'humanité dans l'Algérie française?

        Ajoutant que l'on ne construit rien sur «la culture de la culpabilisation», l'ancien ministre de l'Économie précise aujourd'hui: «La France a installé les droits de l'Homme en Algérie, mais elle a oublié de les lire». Ne peut-il pas ainsi réconcilier l'opposition entre les partisans de l'excuse et les critiques de la repentance?

        Emmanuel Macron, spécialiste du rien-disant destiné à contenter tout le monde afin d'attirer un maximum de voix...

        Il est certain que défendre un minimum l'œuvre française en Algérie tout en flattant un maximum les contempteurs de la colonisation française est un exercice qui demande de la souplesse. Mais je laisse les commentateurs de l'actualité analyser les balancements contraires d'Emmanuel Macron, spécialiste du rien-disant destiné à contenter tout le monde afin d'attirer un maximum de voix. Je rappellerai seulement que l'histoire électorale française, depuis un siècle et demi, a vu régulièrement surgir du paysage politique des personnages de ce type et jouer les hommes providentiels dont de braves citoyens attendaient tout. La société du spectacle y ajoute une dimension où il faut avoir la gueule de l'emploi: être jeune et beau. Ce sont des phénomènes sans enracinement dans la société, et par-là éphémères.

        Comment expliquez-vous que la «colonisation» suscite encore aujourd'hui un tel débat dans l'opinion publique? Est-ce le signe de la crise identitaire que traverse le pays?

        On pourra regarder en face l'histoire de la présence française en Algérie le jour où l'opprobre ne sera plus jeté sur les Européens d'Algérie et les harkis, et leurs descendants.

        L'opinion me paraît plutôt indifférente à la question: déjà, dans les années 1950-1960, elle était de plus en plus hostile à l'Algérie française qui exigeait des sacrifices que plus personne n'avait envie de supporter. Mais en France, l'esprit de repentance permet à certains réseaux d'attiser la détestation de notre passé, phénomène de haine de soi qui conduit à dissocier la nation. Et en Algérie, la dénonciation de la colonisation française cela fait partie des fondamentaux du pouvoir actuel qui s'est construit sur toute une mythologie autour de la guerre d'indépendance. Le drame nous revient en ricochet par les jeunes Français d'origine maghrébine qui ont été élevés avec l'idée que la France aurait commis des crimes à l'égard de leurs aïeux. Comment pourraient-ils aimer la France dans ces conditions, comment pourraient-ils se reconnaître dans notre passé? C'est un chemin difficile mais il n'y en a pas d'autre: il faut faire toute la vérité sur la relation franco-algérienne à travers la durée et à travers la multiplicité de ses facettes. On pourra regarder en face l'histoire de la présence française en Algérie dans sa totalité le jour où l'opprobre ne sera plus jeté par principe sur les Européens d'Algérie et les harkis, et leurs descendants.





Elle s’appelle Zorah Boumerdassi.
Envoyé par M. J. Castano
Par Mme Simone Gautier

      
         Monsieur,

       Elle s’appelle Zorah Boumerdassi. Son mari est mort à Verdun.
       Mon grand-père est mort à Verdun. Mon oncle a ruiné sa vie dans un stalag.

       En mai 2016, pour le Centenaire, on a fait gambader des enfants parmi les petites croix blanches à Verdun, on les a fait jouer à la guerre des grands... Nous étions loin du recueillement mais la chasse aux voix, au son des tambours du Bronx, venait de s’ouvrir.

       Je suis devenue orpheline très tôt dans ma vie. C’est Zorah qui m’a élevée, emmenée à l’école, fait réciter mes leçons, c’est elle qui m’a amenée au catéchisme et à Notre Dame d’Afrique pour prier pour ma mère, c’est elle qui m’a tenue dans ses bras des nuits entières tandis que je grelottais de paludisme, c’est elle qui décorait le sapin, c’est elle qui me faisait les gâteaux au miel de l’Aïd …

       C’est vrai, toutes deux, nous n’avions pas d’éducation politique comme mes camarades du lycée Fromentin, les brillantes poseuses de bombes, massacrant des enfants, pour la gloire et sa jouissance.

       Vous avez sali la mémoire de Zorah, vous l’avez déshonorée, elle qui m’apprenait le respect du plus pauvre, vous nous avez trahie toutes les deux, vous m’avez volé ma mère.

       « Celui qui m’a comprise » a fait assassiner mon mari le 26 mars et tous ceux qui ne voulaient que demeurer français, pauvres demeurés. Il venait juste de terminer son service militaire, obéissant aux lois de la République. Et voilà que vous aussi vous nous comprenez ? En vous faisant le complice, conscient et volontaire, de celui qui a volé nos morts le 26 mars en les enterrant sous des années de plomb qui durent encore. Il ne s’agit pas là du silence du recueillement mais du silence du déni qui traine aux basques des États successifs.

       Vous avez oublié de citer le « génocide du 5 juillet à Oran », votre tête est trop pleine. « Mieux vaut une tête bien faite qu’une tête trop pleine » … vous avez sûrement commenté cette citation de Michel Eyquem de Montaigne lorsque vous avez fréquenté l’école de la République.

       Vous avez oublié de citer les Disparus, toujours votre problème de tête trop pleine. Toujours cette chape de plomb qui obscurcit tout entendement et le vôtre sans aucun doute apparemment. Avant de refermer le livre, courage, finissez de le lire ou vous resterez condamné à vivre à jamais dans l’ombre du traumatisme de votre propre pays.

       En commémorant le 19 mars vous ne reconnaissez aucune de nos douleurs comme vous l’affirmez. Vous imposez un déplacement de la mémoire qui est un acte criminel. C’est un travesti de la vérité sur la fin de la guerre qui ampute notre mémoire, et donc ne reconnait pas les douleurs de tous. Vous commettez une perversion de l’Histoire dans laquelle vous entrainez aussi les Harki.

       Pour la commémoration des cinquante-cinq ans de la « guerre d’Algérie », n’envoyez pas des enfants jouer à la guerre dans leurs cimetières. Ils ne comprendraient pas que c’est seulement pour leurs voix.

       Je suis bien désolée de vous dire pour finir que je ne veux pas que vous m’aimiez, qu’on me plaigne ou qu’on me console par des paroles qui n’ont aucun sens. Je veux qu’on m’entende.

       Comprenez-moi bien : l’Algérie est un pays qui n’existe plus. Al Djazãir qui l’a remplacé n’est pas dans mon propos. Je ne chasse pas. C’est à vous de faire les comptes avant de refermer le livre.

       Souvenez-vous de la fable de Jean de La Fontaine : « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf » qui se termine ainsi : « La chétive pécore s’enfla si bien qu’elle creva ».

       Prenez soin de vous.
Simone GAUTIER née RAMOS        
http://www.alger26mars1962.fr/        


« Macron en Algérie »
Par M. Eric Wagner
Tout à l’appréciation du goût de mon café matinal, j’apprends à la lecture du journal de ce jour qu’Emmanuel Macron est en visite à Alger. Hier Manuel, aujourd’hui Emmanuel….ils y vont tous !         

         Alors comme tout ce qui touche à l’Algérie m’intéresse et m’interpelle, surtout quand il s’agit d’évoquer celle où je suis né en 1961, c’est à dire l’Algérie alors française, je lis attentivement le court article consacré à cette visite car il est notamment écrit en gros caractères gras que le candidat - « ni droite ni gauche », mais pas du centre non plus (de la lune peut être alors….) - mesure « le poids du passé » !

         « Le poids » ! Quel poids ? Quel sens lui donne- t-il? Car il y a « poids » et « poids », tout comme poids de forme et surpoids. Tout est question de nuances et pour ce qui en est des sentiments franco-algériens « de nuances sacrément nuancées ». Faudrait pas se fâcher tout de même…

         Bref, pour ce qui me concerne, le poids auquel je pense à ce moment- là de ma lecture est celui du poids sur la langue qu’il faut tourner 7 fois dans la bouche avant de causer dans les micros, de l’Algérie, là-bas comme ici, puis surtout celui de l’amertume…

         Mais bon, au-delà de questions de poids et d’arrière-goûts, ce qui me reste en travers du gosier c’est quand je lis en fin d’article le propos du leader en marche (sur l’eau entre les 2 rives de la Méditerranée) citant « les millions de binationaux, d’Algériens vivant en France, qui sont un pont vivant, qui sont cette mémoire commune et parfois déchirée »………….Ben alors, quel poète !

         Mais il semble qu’Emmanuel, comme bien d’autres de ses prédécesseurs allant se faire une « carrure » au bled, qu’il ait bien oublié – mais nous sommes habitués depuis 55 ans à faire partie des oubliés de l’Histoire – les algériens (sans A majuscule) au sens de ce que Camus et ses contemporains estimés être les « fils du bled », algériens d’origine européenne que l’Histoire a retenue sous le nom de Pieds-Noirs dont j’ai la vivace mémoire de me souvenir d’en être, un de ceux-là toujours debout, toujours bien vivants. Aussi « pont vivant », mémoire, parfois déchirée également….Ecoutez là itou.

         Mais pour ce faire faudrait- il que lui comme bien de nos Politiques actuels sachent qui nous sommes et ce que nous représentons, encore. Egalement en millions de personnes, en France et à l’étranger, avec les générations de descendants, qui, comme je le suis lorsque je vais en Algérie, sont reçus par la Douane algérienne, aux mots de « bienvenu chez vous » ! Et oui….Ils n’ont pas pu vous le dire, à vous, cher Emmanuel.

         Alors, ne candidatant à rien, je ne fais par la présente qu’affirmer que l’on nous oublie (enterre) bien à tort.

         Car voyez -vous, cher Emmanuel, entre nous et devant tout le monde, votre expression est une erreur d’estimation sur ce que les Pieds-Noirs sont. C’est-à-dire bien de ceux qui participent aussi, avec leur bagage historique, leurs amertumes, leurs colères, leurs légitimes attentes et revendications, à ces ponts vivants entre les 2 rives de Mare Nostrum, pas à cause de l’Histoire, par l’Histoire. Nous y participons, de générations en générations, depuis 187 ans, chaque jour…Pensez-y puisque mesurant « le poids du passé », vous voyez aussi « l’avenir » ! Allez, en marche.

         « En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul, l’amour pouvait oser pareil défi… Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous, qui sommes ses enfants » (Boualem Sansal, écrivain Algérien– 2002)

         L’historien Max Gallo : son essai « Fier d’être Français ». Il y déclare : « Il faut bien que quelqu’un monte sur le ring et dise : “Je suis fier d’être français”. Qu’il réponde à ceux qui condamnent la France pour ce qu’elle fut, ce qu’elle est, ce qu’elle sera : une criminelle devenue vieillerie décadente. […] Ils exigent que la France reconnaisse qu'elle les opprime, qu'elle les torture, qu'elle les massacre. Seule coupable ! Pas de héros dans ce pays ! Renversons les statues, déchirons les légendes. Célébrons Trafalgar et Waterloo et renions Austerlitz ! Ils veulent que la France s’agenouille, baisse la tête, avoue, fasse repentance, reconnaisse ses crimes et, tondue, en robe de bure, se laisse couvrir d’insultes, de crachats, heureuse qu’on ne la “nique” qu’en chanson et qu’on ne la brûle que symboliquement chaque nuit !

         Et Malika Sorel, polytechnicienne, essayiste, française d’origine algérienne, de renchérir : «Au Maghreb, les gens sont consternés par ce qui se passe en France. Pour eux, la situation est liée à cette « repentance » et la responsabilité en incombe aux adultes français qui passent leur temps à se prosterner et être à genoux…»

         Là, la Messe est dite face à l’âne Macron…pardon pour les ânes sans lesquels la glorieuse Armée d’Afrique de nos pères n’aurait pas remporter la victoire du Mont Cassino !
Eric Wagner,             
5ème génération de Français d’Algérie, le 14 février 2017.             



Macron, Votre récente déclaration
Envoyé par Mme Leonelli

  Non Monsieur Macron, la notion de "crime contre l'humanité" ne saurait s'appliquer à la colonisation telle que vous la présentez.   

             Déjà parce que cette dénomination n'est apparue qu'en 1945 au procès de Nuremberg et parce qu'un certain nombre d'éléments doivent le constituer, notamment l'attaque massive et systématique contre une population civile pour des raisons ethniques, religieuses ou politiques, entre autres.

             L'Algérie comptait 1 million et demi d'autochtones en 1830, 9 millions en 1962. On est donc très loin d'une épuration, au contraire

             il y a eu une explosion démographique en raison notamment de la diminution de la mortalité infantile et de l'éradication de nombreuses maladies... grâce à ces "foutus colons".

             En revanche, le massacre de dizaines de milliers de Harkis ou la chasse au faciès dans les rues d'Oran le 5 juillet 1962 rentrent dans ce cadre de "crime contre l'humanité". Et les responsables sont vos amis du FLN.

             Pour ces centaines de Pieds-Noirs conduits à la mort le 5 juillet à Oran, pour le seul fait d'être des "roumis", le crime contre l'humanité est bel et bien constitué selon la définition même qu'en donne l'ONU.

             Non Monsieur Macron, mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents n'étaient pas des criminels complices ou auteurs de crimes contre l'humanité ou d'actes de barbarie.
             Des Espagnols et des Italiens qui avaient fui la misère, des Alsaciens qui voulaient rester Français et qui cherchaient une vie meilleure en Algérie. Ils ne sont pas devenus riches, bien au contraire, mais ces gens humbles, honnêtes et travailleurs avaient quelque chose dont vous êtes totalement dépourvu : un réel amour de la France.

             Soyez assuré, Monsieur Macron, de mon plus profond mépris. Il ne saurait en être autrement à l'égard d'un candidat qui pour sa drague électorale se permet d'insulter les miens.

Lionel VIVES-DIAZ             
Enseignant. Né en 1964 en métropole             
2 ans après l'exode de ses parents...             




Stupide et Ignare....
De Monsieur Alain ALGUDO

Photo M. A. Algudo
       Réponse à Macron, stupide et ignare petit politicien !

       En Photo les "criminels" de notre famille ALGUDO/LAURENT qui, comme beaucoup des nôtres qui gisent dans nos cimetières saccagés en Algérie, ont payé pour qu'il puisse nous insulter aujourd'hui depuis notre sol natal !

       Mon propre père, Chevalier de la Légion d'honneur, a participé aux deux grandes guerres.
 

       A. ALGUDO
       Président CDFA/UCDARA
       Vice-Président de VERITAS
       Pour me contacter : alainalgudo@aol.com


La famille Algudo de 14/18
Photo M. A. Algudo


Hommage officiel

Photo M. A. Algudo


Edouard Laurent

Photo M. A. Algudo

"Vous êtes un danger pour la France"
Geneviève TRONCY-BORTOLOTTI
Envoyé par Mme Leonelli

POUR UN DEVOIR DE MÉMOIRE
Vis à vis de mes Ancêtres dont je reste immensément fière, Devant la magnifique oeuvre française qu'ils ont accomplie durant 130 ans, que j'admire et que je respecte.

        Monsieur Macron,

       J'adhère totalement à tous les messages, lettres de protestations, témoignages de mes compatriotes que vous avez reçus et qui inondent mon ordinateur. Je tiens à y rajouter deux points :

       Tout d'abord, la présentation des principaux "criminels" qui composent ma famille.
       Trois générations de mes aïeux m'ont précédée sur notre terre natale.
        Mes deux familles sont arrivées en Algérie en 1830/1832. 1er acte de naissance à El Biar en 1837. Exactement un siècle avant ma naissance à Alger.

       Mon grand-père maternel, Georges BACHET né à Béni Mansour en 1885 est mort pour la France en février 1918 à l'âge de 33 ans.

       Un de mes oncles, Robert MAURY, officier chez les Tirailleurs Algériens, a été grièvement blessé à Cassino : 6 citations. Son frère a été égorgé dans sa ferme en 1955.

       Le meilleur ami de mon père, Louis FERMI, considéré chez nous comme un membre de la famille, a été lâchement assassiné sur les ordres de ce de gaulle qui semble être votre idole le 26 mars 1962 avec 86 innocents dont femmes et enfants en plein cœur de la ville d'Alger.

       Mon grand-père paternel, Camille BORTOLOTTI (1887 -1982) a été un des pionniers qui ont contribué à sortir du néant le "pays de Barbarie" pour en faire une splendide province française.

       Parti défendre la France en 1914 - 1918 il en revient avec, entre autres décorations, la Croix de Guerre.

       Colon, adjoint spécial du village qu'il a créé, puis maire de Ténès, parlant parfaitement l'arabe et le kabyle, il est nommé juge au tribunal des Affaires Musulmanes, à Cherchell. On vient de loin lui demander des conseils, arbitrer les conflits, juger les délits locaux, et ses verdicts, rendus en toute équité, sont acceptés de tous.
        Oeuvrant pour le développement du pays avec les personnalités autochtones de l'époque il est très ami en particulier avec le Bachaga BOUALEM et le Président Abd El Kader SAÏA.

       Par décret du 18 mars 1952, publié au Journal Officiel du 22 mars 1952, pris sur le rapport du Ministère de l'Intérieur, Camille BORTOLOTTI est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur en qualité de "Délégué à l'Assemblée Algérienne, Conseiller Général".

       Par décret du 12 juillet 1972, publié au Journal Officiel du 14 juillet 1972, pris sur le rapport du Ministère de l'intérieur, il est promu Officier de la Légion d'Honneur, en qualité de "Président de l'Association des Délégués à l'ancienne Assemblée Algérienne".
        Vous trouverez en PJ1 le discours du Caïd MOKRANE prononcé le jour de sa première décoration : on ne peut mieux résumer les "crimes" de cet homme.

       "Crimes" auxquels s'ajoute la lutte acharnée qu'il a menée pour la défense des Harkis, avec le Bachaga BOUALEM. Et aussi le fait qu'il a ramené en Métropole ses ouvriers indigènes et leurs familles qui étaient en danger et menacés par vos amis du FLN.
        S'ajoutant aux livres que vous ont fait parvenir mes amis Roland COURTINAT, Bernard LUGAN, et Jean SEVILLA, je vous conseille fortement de lire avec la plus grande attention le livre du Bachaga BOUALEM, "Mon Pays, la France" (Ed. France-Empire 1962).

       La seconde PJ que je joins à ce courrier est un fichier rassemblant quelques témoignages d'Algériens sur l'Oeuvre Française en Algérie. Tout autre commentaire me paraît superflu.

       Espérons que ces lectures combleront vos lacunes sans fond.

       Je reviens maintenant sur votre attitude inqualifiable et les propos que vous avez tenus qui relèvent de la haute trahison, puisque vous souillez non seulement, nous, les Français d'Algérie, ainsi que nos amis Harkis, mais aussi les Français de métropole attachés à l'Algérie Française. Et la France, tout simplement. Vous êtes l'auteur d'une ignominie inconcevable, et une honte pour la France.

       "Crime contre l'humanité et de vraie barbarie" !!!
        A la liste des tortionnaires établie par Mr Eric de VERDELHAN en page 1 de son rapport, on peut encore ajouter le génocide de la Namibie (début de siècle dernier, 2 millions d’exterminés par le père de Goering), celui de l'Arménie, et naturellement les 4 millions du Cambodge par les Khmers rouges...
        A notre arrivée dans le "Pays de Barbarie" il y avait 1 million d'autochtones. A notre départ : 10 millions.
        Vous appelez cela un "crime contre l'humanité, de vraie barbarie" Monsieur Macron ????

       Non, vous n'avez rien compris du tout, même si vous imitez comme un pantin désarticulé et particulièrement ridicule cet autre être abject responsable d'un 26 mars, d'un 5 juillet 1962, et des 150.000 Harkis livrés sur ses ordres à vos amis FLN. Ne serait-il pas là, le "crime contre l'humanité et de vraie barbarie" ???

       Et ce "Je vous aime"... !!! Mais vous perdez la raison ???
        Non, vraiment, Monsieur Macron, nous n'avons que faire de vos déclarations énamourées plus que grotesques !

       A votre attitude, je vois deux hypothèses :
       - La première, qui toutefois me paraît peu vraisemblable, est que vous seriez un ignare et un imbécile : dans ce cas, puisque vos études supérieures ont donné de si piètres résultats en matière de connaissance historiques et autres, il vous faut aller aux cours du soir, ce qui vous permettrait dans la journée de vous installer sur un divan entre les mains d'un psychanalyste, ou d'un psychiatre. Vous semblez en avoir besoin, de toute façon.

       - Reste la seconde, qui me paraît la bonne :
        Vous vous moquez (et je suis polie) éperdument de nous, vous usez diaboliquement de provocation par des mensonges sciemment élaborés et volontaires. Que n'allez-vous faire votre tournée électorale dans les quartiers de la Seine St Denis ou d'Aulnay -sous- Bois, plutôt qu'en Algérie ?
        Votre courage serait-il limité ? Se borne-t-il à faire lancer des gaz lacrymogènes sur des français de 80 et 90 ans, comme vous venez de le faire à Toulon ?

       Votre courage ira-t-il jusqu'à passer sur votre orgueil et votre arrogance pour présenter à la France des excuses officielles, puisque la "repentance" est à la mode du jour ?

       Inutile de m'envoyer en réponse votre lettre circulaire qui court sur nos ordinateurs, déjà en ma possession, chef d'œuvre de rouerie politicienne qui esquive bien sûr la question, et qui ne risque pas de m'émouvoir.
        Un simple accusé de réception m'évitera de vous poster l'ensemble de ce courrier en recommandé avec Accusé de Réception.

       Comme vous l'a encore écrit un de mes amis, "Vous êtes un danger pour la France".

       Je n'ai pas l'habitude de saluer les ennemis de la France, dont vous êtes.

Geneviève TRONCY-BORTOLOTTI
ALGER 1937 - LYON 2017

REMISE DE LA CROIX DE CHEVALIER DE LA LEGION D'HONNEUR

                                          A Camille BORTOLOTTI
                            Francis-Garnier, juin 1953

               Monsieur le Secrétaire Général,
               Monsieur le Président de l'Assemblée Algérienne,
               Messieurs les Délégués,
               Monsieur le Sous-Préfet,
               Messieurs les Administrateurs,
               Mesdames, Messieurs,
               Monsieur BORTOLOTTI et Cher Ami,

               C'est avec un coeur palpitant d'allégresse que je prends la parole pour vous dire combien, ce jour, pour nous tous, et en particulier pour moi, est mémorable.

               Au nom des populations musulmanes du douar Beni Haoua que je représente, et en mon nom personnel, je vous exprime toute la joie et toute la fierté que nous ressentons à l'idée de voir tout à l'heure, épinglée sur votre poitrine, la plus haute distinction honorifique que le gouvernement français décerne à ses meilleurs serviteurs. Je n'exagérerai rien en proclamant que, vous aussi, vous êtes un de ceux qui ont le mieux servi la cause française dans ce pays, et que vous êtes digne de mériter cette Croix de Chevalier de la légion d'Honneur.

               Je parle en connaissance de cause, car voilà bientôt plus de quarante ans que la famille Bortolotti et la famille Mokrane se côtoient et vivent dans une communion de coeur et d'idées. Moi, personnellement, je vous connais depuis près de trente-cinq ans.

               J'ai assisté aux différentes étapes de votre belle carrière politique que je souhaite plus brillante encore, ainsi qu'aux différentes phases de votre prospérité économique qui ira en s'accentuant, je l'espère.

               Ce progrès soutenu et constant dans deux domaines où il faut reconnaître qu'il est très difficile de réussir, témoigne d'une ardeur au travail, d'une ténacité sans relâche, d'une volonté peu commune, et d'une honnêté exemplaire. Ces dons exceptionnels, vous ne les avez pas utilisés d'une façon égoïste, uniquement dans votre intérêt privé, mais vous les avez mis également au service d'un but plus désintéressé et plus noble, celui de travailler pour la collectivité. Vous vous êtes penché avec sollicitude sur le sort des masses rurales pauvres, qui peuplent les montagnes ingrates du douar Beni Haoua.

               En effet, grâce à vos qualités de coeur, à votre générosité sans bornes, vous avez sauvé de la mort des familles entières que la faim guettait à chaque hiver. Pendant les années sombres de la guerre, la maison Bortolotti était devenue le refuge de tous ceux qui étaient traqués par le froid et la faim. Madame Bortolotti, à qui je rends hommage, s'est si bien dévouée pendant ces années de disette, qu'elle jouit du respect et même de l'admiration des habitants de Francis-Garnier et de Beni Haoua.

               La guerre terminée, vous avez cherché à élever le niveau de vie rustique des populations en vous attaquant au problème de l'arboriculture, la seule source de vie dans ces régions déshéritées. Grâce à vos méthodes de travail, et à la grande propagande que vous avez faite en faveur des cultures en banquettes, vous avez été l'exemple vivant du colon moderne qui, armé de son bulldozer, ose s'attaquer à la montagne, réputée inaccessible et stérile. Dans ce domaine, vous vous êtes fait une réputation telle que l'on peut, à juste titre, vous gratifier de ce slogan : "Si banquette il y a, M. Bortolotti est passé par là".

               Vous avez réussi à convaincre les fellahs de la nécessité de travailler leurs terres en pente, vous les avez autorisés à prélever, dans vos pépinières, des plants d'arbres divers, vous leur avez prêté vos tracteurs, et tout cela gracieusement.

               Ainsi, vous avez contribué à apporter le bien-être dans beaucoup de familles, et à faire reculer la misère dans ces foyers de paupérisme que sont les douars Beni Haoua, Sinfita et Taourira.

               Votre activité ne s'est pas cantonnée dans les limites des douars que je viens de citer, mais elle a débordé, comme une sève généreuse, et a coulé à partir de l'Oued Damous, jusqu'à Ténès.

               Le S.A.R. et le Foyer Rural, deux édifices qui embellissent notre cher petit centre, sont également vos oeuvres. Je souligne que ces deux organisations, qui se complètent merveilleusement, en améliorant les conditions de la vie des ruraux ainsi que celle des citadins, sont les premières du genre qui ont été créées dans la Commune Mixte de Ténès.

               Vous avez édifié, au centre de Francis-Garnier, une usine moderne qui produit des confitures réputées sur les marchés mondiaux. Cette usine constitue une source de revenus importante pour les ouvriers de Beni Haoua, qui y travaillent dans les meilleures conditions d'hygiène, et qui bénéficient des avantages de la Sécurité Sociale, tout autant que leurs camarades des grandes villes. Vos ouvriers sont très fiers de vous parce qu'ils vous aiment, comme vous les aimez. Votre sollicitude à leur égard est tellement grande que vous avez envoyé, à vos frais, deux de vos ouvriers les plus méritants en pélerinage aux Lieux Saints de l'Islam. Sachez, mon Cher Ami, que ce geste vous honore, parce que vous avez compris que la récompense idéale, à laquelle aspire tout musulman, est celle d'aller visiter la Maison Sacrée d'Allah.

               Je ne puis malheureusement pas m'étendre davantage, étant limité par le temps, sur toutes vos réalisations en faveur des pauvres et de la classe ouvrière, mais j'espère en avoir dit l'essentiel.

               Je ne puis terminer sans insister sur vos qualités morales et sociales qui ont fait de vous un grand et bon Français. Vous avez, dans ce pays-ci, depuis que je vous connais, prêché inlassablement l'union, l'amitié, et la concorde des deux races. Vous avez consacré le meilleur de votre temps à faire taire les rancunes, à montrer le vrai visage de la France civilisatrice, et à faire des Musulmans de cette région de fidèles serviteurs de la France.

               Votre idéal a été de répandre le bien autour de vous, par amour du genre humain.

               Le témoin de votre oeuvre dans ce domaine est là, à cinq cents mètres, debout sur la colline qui surplombe la mer : c'est le mausolée de Mama Binett, que vous avez édifié à vos frais. Cette religieuse, que la main du destin a conduite de façon si tragique sur nos plages, a su si bien rallier à elle tous les coeurs au prix de souffrances et de sacrifices, qu'elle est aujourd'hui honorée et vénérée, aussi bien par les Chrétiens que par les Musulmans. Vous avez puisé, dans l'histoire de cette Sainte, les vertus qui font les grandes figures, vous vous êtes imprégné de son exemple, et, comme elle, vous vous efforcez d'atteindre le plus noble des buts : celui d'unir tous les coeurs par le Bien.

               Permettez-moi, Cher Ami et Cher Camarade Légionnaire, avant de vous donner l'accolade, de vous féliciter chaudement pour cette décoration justement décernée, qui récompense un long passé de labeur et de dévouement.

Photo Mme Bortolotti

               J'associe à ces félicitations votre chère épouse, Madame Bortolotti, et vos enfants qui suivront la voie tracée par leur père, celle de montrer que la présence de la France est partout bienfaisante.


               VIVE BORTOLOTTI
               VIVE LA FRANCE
MOKRANE, Caïd de BENI AOUA               



        Le Président Abdelkader Saiah Officier de la Légion d'Honneur, Sénateur au cours de son discours d'accueil ce jour-là. A sa droite, mes grand-parents.

COMMUNIQUE DU CDC-AFN
Message envoyé par Mme A Bouhier
Inculture ou provocation ?
  
           Les propos électoraux récents tenus en Algérie par Monsieur Macron n’excusent pas tout, notamment l’inculture et la provocation d’un candidat à la magistrature suprême. « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, c’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie…. »

           Cette déclaration a stupéfié tous ceux qui, en France ou en Algérie, ont vécu le drame algérien et plus largement ceux qui connaissent l’histoire de l’Algérie.

           Inculture parce que ce candidat formé dans nos plus prestigieuses écoles et qui a disposé d’un parcours professionnel privilégié a sans doute oublié plusieurs chapitres de l’histoire de l’Algérie.

           Provocation car porter un tel jugement dans un pays étranger dont de nombreux ressortissants vivent sur notre territoire, à un moment où le terrorisme islamique menace la France, relève d'une faute politique indigne d'un candidat à la magistrature suprême.

           Les Algériens et les Français ont besoin de paix, de réconciliation, d’une mémoire collective où chacun assume ses pages sombres pour un avenir meilleur des deux côtés de la Méditerranée. C’est cela qu’un candidat à la présidence de la République française aurait dû privilégier et c’est cela que tous les Algériens qui aiment la France attendent, non une repentance stérile qui n’a jamais forgé un avenir. Raviver les plaies pour des raisons d’opportunité électorale sur un territoire étranger s’avère plus qu’une erreur ; c’est une faute grave qui sera ressentie comme telle par tous les Français qui connaissent l’Histoire et notamment par tous ceux qui ont vécu le drame algérien.
          Le CDC-AFN (18 rue Vézelay 75008 PARIS), présidé par le général (2S) Henri PINARD LEGRY, président de l’ASAF, rassemble près de 750 000 membres, appartenant aux associations et fédérations patriotiques suivantes qui ont cosigné ce communiqué :
          Amicale des anciens des Services spéciaux de la Défense nationale (AASSDN)
          Association des combattants de l’Union française (ACUF)
          Association nationale des Croix de guerre et de la Valeur militaire (ANCGVM)
          Association nationale pour la mémoire des militaires français portés disparus en Algérie (SOLDIS ALGERIE)
          Association de Soutien à l’Armée Française (ASAF)
          Défense et Renouveau de l’Action Civique (DRAC)
          Fédération Nationale André Maginot (FNAM)
          Fédération nationale de l’Artillerie
          Fédération nationale des associations parachutistes (FNAP)
          La Promotion « Victoire 1945 »
          Union des blessés de la face et de la tête« Les gueules cassées » (UBFT)
          Union nationale de l’Arme blindée cavalerie chars (UNABCC)
          Union Nationale des Combattants (UNC)        

Vidéos et Diaporama
envoyé par divers Internautes
L'épopée des Pieds-Noirs

     Algérie: L'épopée des Pieds-Noirs-construire et mourir par Maya Legrand.

      https://youtu.be/nB9vrYfu7UA

      A voir absolument, ce n'est pas seulement l'Histoire des Pieds Noirs, c'est l'Histoire de la France, et donc de chacun d'entre vous, même si vous n'y êtes pas nés.
     Amicalement
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Les pieds noirs vus par les algériens...

    Je_vous_ai_compris
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Prélude à la guerre civile qui se rapproche à grands pas !

     Video que vous ne voyez pas aux infos !!
     Quelques images rassurantes !!!!!!!!!!!!!! de Bobigny.
     Cliquez sur le lien.

     https://tvs24.ru/cumulus/videos/162/bobigny/


Il venait d'avoir dix-huit ans.
Par Mme Jocelyne Mas


           " Il était beau comme un enfant,
            Fort comme un homme "
            Et il était amoureux.
            Amoureux de sa terre.
            Il voulait vivre pour elle,
            Il l'aimait pour elle seule,
            Et n'avait d'autres désirs,
            Que de vivre près d'elle et pour elle.

            Cette terre riche de promesses,
            Chaude comme un enfant,
            Capricieuse comme une femme.
            Des hommes voulaient l'en chasser,
            Cette terre qui avait vu naître ses ancêtres,
            Cette terre devenue fertile et prospère,
            Grâce à tous leurs efforts, leur travail.
            Jamais, il n'en partirait, jamais, il ne la quitterait.

            Il allait se battre pour la garder.
            Mais, que savait-il à son âge ?
            De la folie meurtrière des hommes,
            De leurs injustices,
            De leurs crimes,
            De leurs compromissions.

            Il fonça dans la bagarre,
            Insouciant du danger.
            Inconscience de la jeunesse
            Qui croit que rien ne peut l'atteindre.

            Mais un soir, sur le chemin de la maison,
            Le destin l'attendait.
            Une balle en plein cœur,
            Et la terre tant aimée but goulûment,
            Le sang rouge qui s'écoulait de sa poitrine.

            Extrait de " Au gré des flots "
            vague à l'âme et clapotis mélancoliques.

            Médaille d'Argent du Mérite Culturel
            Prix de l'Académie de Provence et du Monde Francophone.
Mme Jocelyne Mas         






Programme des films à Bône
Journaux envoyés par M. Marc Donato
Les spectacles du 8 janvier 1956


PHOTOS de BÔNE
Envois de M. Charles Ciantar

Photo envoyée par Charles Ciantar

Photo envoyée par Charles Ciantar




Photo envoyée par Charles Ciantar


Photo envoyée par Charles Ciantar



Photo envoyée par Charles Ciantar


Photo envoyée par Charles Ciantar


Photo envoyée par Charles Ciantar

Photo envoyée par Charles Ciantar


Cinéma Colisée
Photo envoyée par Charles Ciantar
Cinéma Olympia
Photo envoyée par Charles Ciantar

Cinéma Majestic
Photo envoyée par Charles Ciantar
Cinéma Vox
Photo envoyée par Charles Ciantar

Cinéma Pax
Photo envoyée par Charles Ciantar
Scéne de la vie au début de la conquête
Photo envoyée par Charles Ciantar


LE MUTILE N° 40, 2 décembre 1917 (Gallica)
A UN CAPORAL DE L'INTENDANCE
        
        " Le 22 Août à l'arrivée du train de Constantine, une douzaine de permissionnaires du front, se présentent au bureau des " Isolés " à Alger, pour y faire viser leur permission.

        Ces braves poilus, couverts de brisques, et dont quelques-uns portent la croix de guerre, entrent dans le bureau, qu'ils encombrent un instant.

        Assis derrière son bureau, un petit caporal, à la mine réjouissante, frais et rose, comme un bébé en nourrice, sanglé dans une vareuse à la coupe parfaite, lève la tête et s'écrie :

        " Qu'est-ce que c'est, qu'est-ce que c'est ? Sortez dehors, moi j'étouffe ici. Attendez à la porte. "

        Il étouffe, le Pauvre ! Oui, ce fils à papa craint la chaleur, parait-il ? Aussi, c'est pour ça qu'on le conserve soigneusement, dans un bureau bien aéré, à l'ombre et surtout ! bien à l'abri de la " chaleur des marmites "

        Les Poilus ! eux, c'est une autre affaire ; ils ne craignent pas la chaleur. "Sortez dehors ; il y fait 45° de chaleur, mais vous pouvez bien supporter ça. " Et les Poilus soumis et disciplinés, (il y avait même des gradés) obéissent et sortent dans la cour.

        A ce moment, un officier entre dans le bureau et apercevant les permissionnaires dans la cour : " Que faites-vous là, en plein, soleil, leur dit-il. Entrez ici, vous serez bien mieux. "

        Inutile de dire que ce nouvel ordre est exécuté avec un ensemble parfait. Quelques uns rient de satisfaction, en contemplant la mine renfrognée du petit caporal.

        Je regrette de ne pas connaître le nom de ce brave officier qui, en cette occasion a montré qu'il était un bon chef et un père de famille. C'est avec de pareils procédés, bien simples pourtant, qu'on se l'ail aimer de ses hommes et que le poilu " tiendra ".

        Quant à la conduite du caporal, ce monsieur qui craint la chaleur, mais qui s'en moque pour ses camarades qui vont se faire tuer peut-être, et dont quelques-uns hélas ! ne reverront plus Alger ; elle se passe de commentaires.

        Toutefois, j'espère Bien que la loi Mourier donnera satisfaction à ce monsieur qui a si chaud à Alger. Il y à en effet, sur le front, certaines petites tranchées, notamment aux Eparges ou en Belgique, ou ce caporal pourra villégiaturer avec de l'eau jusqu'aux genoux et la neige sur les épaules. II sera là dans son élément, et pourtant, je gage qu'au bout de quinze jours de ce régime, il préférera le climat d'Alger, où il étouffe pourtant, le pauvre.
Sans commentaires                  
Le Mutilé                  



Fables Bônoises
De M. Edmond Brua
Envoyé Par M. Carpy Dominique

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LES TURCS ET LE SAVANT

         Hauteur ! Quillage ! Baliyage !
         - Pas bonne arrête !
         - A ta tête au carré !
         - Pas bonne échappe !
         - Mort !
         - Va, va faire des cages
         J'a pas vu que ti en as bourré ?
         Tu te crois de taper des quilles ?
         - Dans la mort de tes oss !
         - Dans les oss de tes morts !
         - Ti as juré des morts, Salvator !
         Y en a des fraîch' dans la famille !

         C'est en ces mots que deux jeunes Bônois
         Se disputoient au jeu de billes.

         Un Savant, renommé jusque chez les Chinois,
         Auteur d'une Encyclopédie
         Et qui son siège avoit dans mainte Académie,
         Quittoit à l'instant le vaisseau.
         Il venoit chez les Turcs observer leurs coutumes.
         Un tel amusement lui paroît si nouveau
         Qu'il réclame aussitôt du papier et des plumes
         Pour en noter les détails avec soin.
         - Qui sait, se disoit-il, si de cet examen
         Ne résultera point quelque thèse féconde ?
         La Terre est-elle pas une machine ronde ?
         Dieu la lança-t-il pas comme font ces gamins ?
         Voyons comme ils vont de leurs mains
         Retracer à nos yeux la genèse du monde.
         Tout propose un problème à l'esprit du savant
         Qui le résout le plus souvent.

         Tandis qu'il fait ce commentaire,
         Un écu de sa bourse échappe et tombe à terre.
         Salvator de dire : - O Bagur !
         A de bon, cet homme il est guitche.
         Tu vas, tu mets le pied dessur,
         Personne il a rien vu. T't-à-l'heure on fait des mitches.

         - Oh ! oh ! s'exclame le Savant,
         C'est le diamant dans la gangue !
         Quelle aubaine, vraiment, d'écouter ces enfans
         Et que le turc est une belle langue !
         Des mitches : à chacun la moitié du butin.
         Vous voyez en ceci le surgeon du latin

         Dimidia pars. Je le note.
         Me voici l'égal d'Aristote !
         - Attends ! dit Salvator. Pour qu'i' se bouge un peu,
         Nous se fésons semblant qu'on se reprend le jeu.
         Hauteur ! Bonne arrête ! Et je plombe !
         Monsieur, vous se poussez pour que j'me prends l'effet
         Méteunant, diocane, en bombe,
         Bagur, si tu pars pas, que le cul i' te tombe
         Dessur un oursin juif et que le sous-préfet
         De Bone-la-Coquette
         I' s'ie ramasse a'c des pincettes !

         L'Aristote buvoit du lait.
         - C'est merveille, dit-il, de les ouïr parler !
         Que le cul : fondement ; il te tombe : t'escape.
         Le modèle est dans Rabelais !

         Il saute, transporté. Mes Bônois rient sous cape.
         Les billes font la chausse-trape,
         L'étaient sur le dos. S'emparant de l'écu,
         Tandis qu'il reprend pied, Salvator crie : - Oh ! hisse
         Aussi dans Rabelais y a pas : tomber de cul ?
         Le monde à Bone i' dit : Entention ti glisses !
         D'avant, qu'on s'appeloit Thagaste à Souk-Ahras,
         I' fésoit : Cave ne cadas !
         Et Bagur d'ajouter : - Oilà la différence.
         Le pluss cavé des deux, c'est pas çuilà qu'on pense.

         Guitche, Guitche-à-Pœil : se dit de qui a mal aux yeux ou mauvaise vue.
         Mitches (des) : la moitié, part à deux.

               
Edmond Brua








 Bulletin - Oeuvre de saint Augustin et de sainte Monique, patronne des mères chrétiennes  
1875 - Brochure trouvée à la BNF


L'ARMEE D'AFRIQUE
ET LA MISSION LA FRANCE EN AFRIQUE
               
UNE SAINTE EN ALGÉRIE N° 2

            Parmi les pièces de vers qui ont été lues par les élèves du Petit Séminaire de Saint-Eugène, lors de la bénédiction de N.-D. du Ravin, il en est une dont nous tenons à citer le passage suivant, car il est comme un voeu prophétique qui a eu sa réalisation bien plus tôt qu'on n'osait le prévoir
Et toi, fils de l'Islam, pauvre infortuné frère,
Pourquoi ne viens-tu pas sur ce sein maternel ?.
Peut-être, un jour, posant ta nomade chaumière
Au flanc de la colline, auprès du sanctuaire,
Ton cœur s'ouvrira-t-il à son parfum d'amour.
0 doux espoir! Peut-être un jour
Te verrons-nous aux pieds de la Vierge chérie;
Et le Ravin surpris de ces nouveaux accents
Entendra-t-il tes chants
Répéter à l'écho ce doux nom de Marie.

                L'écho de ce même ravin l'a répété bien souvent, depuis, ce doux nom qui s'échappait du cœur et de la poitrine de nos jeunes Indigènes.
                Que de fois, en effet, à l'époque où le Séminaire Arabe était fixé à Saint-Eugène, nos chers enfants ont sollicité la faveur de venir prier aux pieds de N.-D. du Ravin!
                Le vénérable archevêque d'Alger, leur sauveur et leur père, ne s'est jamais embarqué pour passer en France ou revenir en Afrique, sans que le premier soin de ses enfants ait été d'accourir devant cette grotte vénérée pour chanter, aux pieds de la madone, l'Ave Maris Stella, et supplier cette étoile des mers de conduire à bon port la nef qui portait leur Père.

                C'était là aussi qu'ils aimaient à venir passer chacune de leurs belles soirées de Mai pour y suivre leurs exercices du mois de Marie, écouter, au murmure du ruisseau et aux chants du rossignol, la lecture qui leur était faite, puis chanter, avec tout l'enthousiasme de leur foi et de leur amour, les louanges de cette mère qu'ils aiment tant depuis qu'ils ont le bonheur de la connaître.
                Jamais ils ne sont passés là, en se rendant en promenade, sans aller se mettre à genoux pour offrir leur prière à Marie, puis se relever et chanter ensemble, avec un recueillement profond, le Sancta Maria, succurre miseris.

                Plusieurs fois Mlle Agarithe nous a montré, à cette époque, les derniers vers cités plus haut, et qu'elle aimait à relire et à conserver avec soin, en nous disant " Personne alors ne pensait qu'on verrait, après si peu de temps, le spectacle que nous donnent aujourd'hui ces pauvres musulmans convertis."
                Qui peut dire si plus tard, dans le même espace de temps, les Indigènes des tribus éloignées ne quitteront pas, eux aussi, leurs montagnes ou leurs déserts pour venir au Pèlerinage de N.-D. d'Afrique et chanter, comme ces enfants, le Credo catholique devantl'autel de Marie!…

                Cependant le concours à N.-D. du Ravin devenait de jour en jour plus considérable. Les manifestations de la Sainte Vierge à sa fidèle servante se réalisaient. Il fallut songer à lui construire un temple plus vaste, un vrai Pèlerinage où les fidèles pourraient se réunir sans trop d'encombrement. C'est le sommet de cette même colline qui fut choisi pour devenir le piédestal du phare religieux de l'Afrique.
                On manquait des ressources nécessaires pour faire tout d'abord un monument digne de la Reine d'Afrique. Mgr Pavy, résolut donc de commencer par une chapelle provisoire, espérant laisser à ses successeurs le soin de faire davantage quand la chose deviendrait nécessaire. Nous verrons bientôt qu'il était destiné à compléter son œuvre.

                C'est le 2 juillet 1854, année de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception, que le premier coup de pioche fut donné dans les fondations de l'humble sanctuaire.
                Mademoiselle Agarithe vint, dès ce jour, s'installer dans une petite cabane, à côté des ouvriers, pour honorer Marie et chercher à la faire aimer davantage, à mesure que les murs de sa chapelle s'élèveraient, et aussi pour vendre des cierges et autres objets de piété, afin d'aider à la construction de l'édifice.
                Depuis ce temps, elle ne s'est pas absentée un seul jour de ce poste d'amour et de dévouement qu'elle s'était assigné.

                Bien des inquiétudes, bien des lenteurs, bien des difficultés semblaient vouloir entraver l'entreprise à ses débuts. Agarithe qui savait le plan de Dieu ne perdit jamais courage. En effet, la chapelle s'éleva peu à peu. Les pèlerins suivaient avec intérêt les progrès de cette construction. Mais l'édifice une fois achevé, il faudrait une statue pour le sanctuaire; où la prendre?
                Dieu y avait déjà pourvu. Un jour que Mgr Dupuch, premier évêque d'Alger, traversait la France pour l'intéresser à son pauvre diocèse, des dames de Lyon vinrent lui offrir une magnifique statue en bronze sur le gracieux modèle de la Vierge fidèle de Mgr de Quélen; mais à condition qu'elle servirait au premier monument religieux élevé sur la terre d'Afrique pour honorer la Sainte Vierge.
                Mgr Dupuch la fit d'abord placer sur son palais d'Alger; elle n'y resta que quelque temps; l'autorité inquiète avait peur que ce signe de religion vint à mécontenter le peuple conquis. Elle fut alors à transportée à Staouéli et cédée aux Pères Trappistes qui la placèrent au-dessus de l'entrée de leur monastère avec cette inscription :
POSUERUNT ME CUSTODEM.


                C'est cette statue que Mgr Pavy vint un jour réclamer par ces paroles "Vous avez fait de cette madone la gardienne de votre maison, c'est bien, mais aujourd'hui elle va changer de rôle, je viens vous la demander pour en faire la reine de l'Afrique! " Les Pères déclarèrent à Mgr que la statue lui appartenait; mais qu'ils ne feraient pas à leur mère l'injure de la descendre eux-mêmes de la place où ils l'avaient mise pour la renvoyer de leur monastère.
                L'évêque se chargea donc de cette opération, et le lendemain un chariot amenait sur la montagne de la Bouzaréah cette statue que les ouvriers déposèrent sur de la paille pour ne pas l'endommager.

                Mademoiselle Agarithe accourut en toute hâte auprès de sa nouvelle Reine qui venait prendre possession de ces lieux jusque-là du domaine de Satan.
                Elle ne souffrit pas qu'elle restât plus longtemps sur cette paille. Elle s'empressa de l'environner d'honneur, d'amour et de prières. Elle l'orna de fleurs et de verdure, fit brûler devant elle des lampes et dés cierges jusqu'au moment où elle fut solennellement érigée sur son piédestal de marbre, au-dessus de l'autel où Mgr Pavy vint célébrer la première messe du pèlerinage.
                Ce jour-là, une récompense bien méritée attendait la pieuse Agarithe qui ne pensait point à ce qui allait arriver au moment de la communion, Mgr Pavy, ne voyant pas la fondatrice du pèlerinage au premier rang de la table sainte, l'appela à haute voix au milieu de l'assistance nombreuse des pèlerins, des prêtres, des religieux et religieuses qui se pressaient en foule à cette touchante cérémonie. Elle était, comme toujours, modestement retirée dans un coin de la chapelle, attendant que tout le monde ait passé pour prendre la dernière place au banquet eucharistique. Elle dut s'exécuter à la voix de son évoque qui lui ordonnait d'approcher; et c'est ainsi que cette humble fille a été la première à recevoir la sainte communion au pèlerinage de Notre-Dame d'Afrique.

                C'est le troisième dimanche de septembre, fête de Notre-Dame des Sept-Donleurs, qu'eut lieu la bénédiction de la chapelle provisoire et que cette première messe y fut célébrée.
                Cette date resta dans le cœur d'Agarithe, d'abord parce que, a cause des souffrances indicibles de toute sa vie, elle aimait surtout, nous l'avons dit, à honorer Marie sous le vocable de Notre-Dame des Sept-Douleurs; " et puis, disait-elle, Notre-Dame d'Afrique sera particulièrement la consolatrice des cœurs affligés. " Elle disait vrai les catholiques d'Algérie et les mères chrétiennes du monde entier en savent quelque chose aujourd'hui, car elles ont là, à l'autel de Sainte-Monique, un centre d'association et de prières perpétuelles. Bien des grâces y ont été obtenues, bien des larmes y ont été essuyées !"

                Mais le démon ne pouvait voir sans une rage profonde lui échapper ainsi cette terre africaine, où son empire était si bien établi depuis tant de siècles, pour passer au pouvoir de Celle qui devait lui broyer la tête en foulant à ses pieds le croissant.
                Comme ces esprits de ténèbres, qui, chassés par Notre-Seigneur, obtinrent de la permission de soulever une tempête, le démon eut ainsi en cette circonstance le pouvoir d'exercer une dernière fois sa fureur destructive sur la sainte montagne où venait de s'élever le pèlerinage de Marie.

                C'était le 10 août 1860 Agarithe était seule aux pieds du Très-Saint Sacrement et de Marie, lorsque tout à coup une bourrasque effroyable se déchaîna sur la montagne déracinant les arbres, enlevant la toiture de la chapelle, emportant au loin ornements, chandeliers, vases-sacrés, ne respectant que la statue de Marie qui demeura immobile sur son piédestal.
                Le pied de l'ostensoir fut trouvé au bas de la montagne, sur la grève, et les rayons au sommet principal de cette même montagne de Bouzaréah. Mademoiselle Agarithe, la tempête cessée, se releva saine et sauve du milieu de la chapelle, où sans s'en rendre compte, elle était restée prosternée tout le temps, la face contre le pavé.
                Elle eut toujours depuis la persuasion que c'était le suprême adieu de Satan à ces misérables contrées qu'il avait possédées pendant tant de siècles, mais que l'astre du matin venait éclairer et conduire à de nouvelles destinées.

                Cependant là foule des pèlerins augmentait chaque jour davantage depuis que la petite chapelle dominait la, montagne. A certains jours de fête surtout, le concours devenait tel, qu'une partie des fidèles devaient rester dehors, exposés à toutes les ardeurs d'un soleil brûlant.

                Agarithe était heureuse d'une telle affluence, mais elle souffrait de voir que tous ne pouvaient s'agenouiller en même temps aux pieds de leur mère pour faire monter vers elle une prière collective : " La foi, disait-elle, y gagnerait et les grâces n'en seraient que plus abondantes."
                Elle fit part de ses réflexions à Mgr Pavy, qui comprenait lui aussi la nécessité de faire davantage encore; mais les ressources lui manquaient.
                Agarithe dans sa foi vive et simple comme celle des saints, se tourna alors du côté de saint Joseph : "C'était sur la terre le procureur de la Sainte Famille, aimait-elle à répéter : Il a travaillé 30 ans à la sueur de son front pour la faire vivre, il ne peut pas trouver mauvais qu'on s'adresse aujourd'hui encore à sa sollicitude quand on veut honorer ici-bas Jésus et Marie."

                Et dès lors elle plaça dans sa boutique un tableau de saint Joseph, devant lequel elle entretint constamment une lampe allumée. Il arriva bien quelquefois que cette lampe fut éteinte c'était lorsque les recettes n'avaient pas été suffisantes au gré de la pieuse Agarithe : " saint Joseph, disait-elle, n'aime pas qu'on lui boude. Il reconnaît vite ses torts et les répare! "
                Cette familiarité de notre Sainte avec son Procureur alla même plus loin voyant ses recettes augmenter de plus en plus dans des proportions qu'elle n'avait pas prévues, elle résolut, " pour l'encourager, de l'intéresser à son petit commerce en lui donnant le sou par franc sur ses bénéfices, car, ajoutait-elle, saint Joseph aime à avoir la bourse bien garnie pour ses bonnes œuvres. "

                Parmi les bonnes oeuvres qu'elle mettait ainsi sur le compte de saint Joseph, nous citerons une œuvre de propagande qui lui était bien à cœur, car elle ne pouvait borner son zèle aux limites étroites de sa cellule : c'était de répandre le plus possible autour d'elle de petits opuscules propres à faire grandir la Foi et la piété, jusque dans les coeurs de ceux à qui elle ne pouvait parler elle-même. Elle les donnait gratuitement aux Pèlerins, en leur recommandant de les emporter en souvenir de leur visite à Notre-Dame d'Afrique, et de les lire en commun au sein de leurs familles. Que de foyers algériens ont reçu la visite de ces nombreux et zélés messagers de mademoiselle Agarithe.

                Elle préludait ainsi, sans la connaître encore, à l'Association de Saint-François de Sales, que Mgr Lavigerie devait organiser un peu plus tard dans son diocèse, et qui, par une plus grande diffusion de bons livres, produit déjà de si beaux fruits dans cette nouvelle Église d'Alger.
                Mais il arriva quelquefois que ses demandes à saint Joseph n'étaient pas exaucées au gré de ses désirs. Lorsque la grâce sollicitée avait de l'importance à ses yeux, elle suivait pour l'obtenir une tactique qui, disait-elle, lui avait toujours réussi. Elle commençait une neuvaine; au bout de ce temps, si la grâce n'était pas accordée, saint Joseph était mis à l'amende et sa lampe éteinte, après quoi une seconde neuvaine était faite, à l'issue de laquelle l'amende doublait, ainsi de suite jusqu'à ce que la faveur demandée fût obtenue.

                Il nous souvient d'avoir entendu le vénérable Archevêque d'Alger raconter d'elle le trait suivant :
                Un jour que, selon sa coutume, Monseigneur s'était arrêté en revenant d'Alger, pour prier Notre-Dame d'Afrique, il annonça à Mlle Agarithe une nouvelle importante concernant le pèlerinage.
                La pieuse fille ne répondit pas; mais se tournant vers le tableau de saint Joseph dont la lampe ce jour-là était éteinte, elle lui dit, en allongeant l'index de la main droite. "Ah ah vous avez eu peur, saint Joseph !"

                Que signifie cette parole, mon enfant, dit l'Archevêque, et en quoi saint Joseph est-il mêlé à notre affaire?
                Il y a longtemps, Monseigneur, que je lui demandais de réaliser ce que vous venez de m'annoncer. Voilà bien des neuvaines que j'ai faites à cette intention, et par conséquent bien des amendes que j'ai dû lui infliger et qui ont doublé chaque fois; il ne lui reste en caisse que quelques sous. Demain il eût, été obligé de faire des dettes pour me payer. J'étais bien sûre qu'il n'en viendrait pas à cette extrémité ! "


                Cependant le bon saint Joseph exauça la confiance d'Agarithe au delà de toute prévision. Les bénéfices de ses ventes produisirent une somme relativement importante que la pauvre fille fut heureuse de déposer entre les mains de Mgr Pavy. " Voilà pour la première pierre, lui dit-elle, commencez le monument, et il faudra bien que saint Joseph fournisse de quoi l'achever."
                L'Evêque d'Alger se décida donc à compléter son œuvre il résolut d'élever à Notre-Dame d'Afrique un monument digne d'elle, et capable de contenir la foule si nombreuse qui, les jours de fête, se pressait déjà autour de la Madone. Une commission fut nommée pour discuter ce projet, approuver les plans et en assurer l'exécution. La plume et la parole de l'Evêque d'Alger firent connaître à la France cette sainte entreprise; et, pour la réaliser, le vénérable Evêque n'hésita pas de prendre plusieurs fois l'escarcelle du quêteur.

                Il est mort à la peine, et, peut-être des suites des nombreuses fatigues qu'il s'était imposées en quêtant pour cette oeuvre, qui fut une des principales de son épiscopat. Bien ne lui donna pas la consolation de voir sa belle entreprise complètement achevée. Il mourut en regardant les blanches coupoles de la basilique que surmontait déjà la croix, et en recommandant à la vénération de son clergé la sainte fille qui avait tant fait pour ce pèlerinage.
(La suite au prochain Bulletin.)                                  
A SUIVRE


Poèmes Méditerranéens
Le Vieux Pêcheur Arabe
ECHO D'ORANIE - N°261


               C'était durant l'été de dix-neuf cent soixante,
                L'ALGERIE aux enfers entamait sa descente,
                J'avais vingt et un ans, et j'étais en vacances,
                Avant le grand repli sur la terre de FRANCE !

                J'étais allé, ce matin-là, "en bas le port",
                C'est ainsi que, là-bas, l'on s'exprimait alors :
                La ville de "MOSTA", perchée sur un plateau,
                Dominait le grand port, mais j'étais parti tôt.

                Un Grand-oncle m'avait offert
                Une canne en fibre de verre,
                Un moulinet, dont j'étais fier,
                Nul n'était plus heureux, sur Terre !

                Je m'étais procuré quelques sardines fraîches,
                Cent grammes de gambas, comme appâts pour la pêche.

                A l'extérieur de la jetée, je pêchais au lancer,
                Sur un bloc de béton, un bon site avancé.

                Dans le temps beau et sec, l'air chaud et immobile,
                Inondait tout le port et asphyxiait la ville ;
                Mais au bord de la Mer, une petite brise,
                soufflait, rafraîchissante, et tout à fait exquise !
                La pêche fut médiocre, cela ne mordait pas,
                Car les poissons gavés, boudaient mes beaux appâts !

                Sur le coup de midi, je pliai mes affaires,
                Car j'avais, pour rentrer, un long chemin à faire

                A quelques blocs de là, pêchait un vieil ARABE,
                Amorçant son secteur de gros débris de crabe :
                Des appâts me restaient, j'allais les lui offrir,
                Bien qu'il fût, lui-aussi, sur le point de partir.

                Parcourue le matin, la route descendante,
                Que j'avais faite à pied, devenait ascendante,
                Dès lors, en plein soleil, dans un air surchauffé,
                L'asphalte qui fondait, et j'étais assoiffé !

                Stoïque et résolu, j'entamais l'ascension,
                De la route brûlante ; et la transpiration
                Ruisselait dans mes yeux, m'inondait dans le dos,
                Et collait ma chemise, plaquée par mon fardeau !

                Un vieux VESPA gris-vert, s'arrêta lentement :
                C'était le vieil ARABE, qui m'offrit, gentiment,
                De monter à l'arrière, pour m'éviter la peine,
                De la raide montée, rude à en perdre haleine !

                Il portait le turban, la longue djellaba,
                Traditionnel costume, des Arabes, là-bas ;
                Il paraissait très vieux, comme MATHUSALEM,
                Et m'était inconnu... mais de MOSTAGANEM !

                Deux cannes en bambou, en un brin de cinq mètres,
                En travers de son dos, portées en bandoulière,
                S'inclinaient sur la gauche : cette longue bannière,
                Empiétait sur la route, il fallait bien l'admettre !

                Mon instinct me dictait de ne pas refuser ;
                J'enfourchais le Scooter, qui semblait bien usé.
                Le deux-roues démarra, hésitant, zigzaguant,
                Surpris du chargement, un peu extravagant !
                En première ou seconde, le moteur s'affolait,
                Refusant la troisième, me brûlant le mollet !

                Telle une grosse guêpe, la VESPA vrombissait,
                Et vers le haut sommet, lentement nous hissait :
                Avec ces longues cannes, qui semblaient des antennes,
                Nous étions son butin, pour la cime lointaine !

                Et lorsque l'on croisait une autre automobile,
                L'ARABE à son guidon s'inclinait sur la droite,
                Les cannes se levaient en barrière mobile,
                Laissant passer l'auto, sur la voie trop étroite !

                Les passants observaient l'équipée fantastique,
                L'engin motorisé, son pilote biblique,
                Encombré de ces cannes, longues et archaïques,
                Et, sur la selle arrière, l'Européen PIED-NOIR,
                Unis par amitié, sympathie halieutique :
                Quel fabuleux symbole ! Quel message d'espoir !

                A l'orée de TIJDITT, le quartier Musulman,
                L'ARABE s'arrêta, me laissant prudemment.
                Dans les bras l'un de l'autre, nous nous sommes pressés,
                Emus, fiers et heureux, d'avoir pu effacer,

                L'omniprésente Guerre, qui tant nous déchirait,
                Et chaque jour hélas, ne faisait qu'empirer !

                L'esprit du Treize Mai, un temps ressuscité,
                Nous le vîmes en rêve, durer l'Eternité

                Je lui offris ma pêche, maigre remerciement,
                Nous nous dîmes adieu, définitivement !

                Le lendemain matin, sur la route du port,
                Un Européen, mitraillé, trouva la mort :
                Je songe maintenant, et l'idée me ravit,
                Que l'ARABE en ce jour, m'aura sauvé la vie !
               

Le 19 Avril 1997 Jean-Yves ROBERT                    




PAQUES ALGEROISES
L'Effort Algérien N°3 du 23-04-1927
         
              Enfin, voici les cloches de la charmante légende revenues de Rome ! Après le dimanche fleuri des Rameaux et la touchante coutume des " paradis ", nos églises ont chanté, dimanche dernier, la gloire de la Résurrection, résurrection du Sauveur et dans notre ciel et dans nos chemins creux du Sahel, résurrection de la vie, du soleil et des fleurs.

           Résurrection aussi de l'esprit chrétien et c'est là le grand fait de Pâques, c'est là le grand réconfort et le grand espoir des catholiques. Naguère, mettons, il y a vingt ans, notre cathédrale recevait à peine cinquante hommes à la communion pascale. Dimanche dernier, Mgr Leynaud put annoncer officiellement que plus d'un millier d'Algérois étaient venus s'agenouiller à la Sainte-Table. Quelle consolation pour notre clergé et aussi quel encouragement pour tous ceux qui travaillent sans répit à la diffusion de l'esprit chrétien.

           Qu'il nous soit permis de dire ici combien nous fûmes touchés de cette union des peuples dans le chœur de notre Cathédrale. Quand l'officiant éleva l'hostie, Sénégalais, Annamites, Européens, simples tirailleurs et commandants courbèrent la tête et une seule prière, la même, s'échappa de leurs lèvres. La voilà la vraie fraternité et c'est au pied de l'autel et là seulement qu'on la trouve.

           Mouvement de " renouveau catholique " avons-nous dit. Ce mouvement n'est d'ailleurs pas l'apanage d'Alger ; un peu partout, on constate une renaissance de la piété des masses. En France, Paris, les églises accueillent des foules toujours plus nombreuses. Le mouvement atteint, et c'est là un fait d'une importance capitale, l'élite de la nouvelle génération. Toutes les grandes écoles tournent maintenant leurs regards vers la chaire des églises. C'est ainsi que la progression suivante peut être enregistrée pour les communions pascales des élèves de nos établissements supérieurs : En 1924, 4037 ; en 1925, 5566 ; en 1926, 7489, et, le 10 avril 1927, neuf mille cinq cent soixante quatorze (9574).
           Quelle belle moisson en perspective !

           Dans celte multitude joyeuse qui se répandait dimanche dernier dans notre belle campagne algéroise, l'idée chrétienne est en marche. Résurrection ! Résurrection ! Sonnez, joyeuses cloches de Pâques !
Un observateur catholique.
           


PHOTOS de BÔNE
Envoyées par M. Bussola
ECOLE SADI CARNOT 1895
Photo Roland Bussola
Ecole brulée
Photo Roland Bussola

Extérieur, Ecole Sadi Carnot, seule la partie garçon a été restaurée
Photo Roland Bussola

Photo Roland Bussola


Preau d'entrée
Photo Roland Bussola

Photo Roland Bussola


Photo Roland Bussola
Cour Intérieure
Photo Roland Bussola



Photo Roland Bussola

Photo Roland Bussola



Cour des cuisines et réfectoire
Photo Roland Bussola
La Cloche d'époque
Photo Roland Bussola

Une classe
Photo Roland Bussola
Un poële d'époque
Photo Roland Bussola


Les régistres dont certains de 1893
Photo Roland Bussola

Photo Roland Bussola


Photo Roland Bussola

Photo Roland Bussola


Photo Roland Bussola



ANECDOTE
Envoyé par Mme Jocelyne Mas

Extrait du discours du Maréchal PETAIN publié le 25 Novembre 1939

          «  L'Education de la jeunesse, l'extraordinaire responsabilité qui pèse sur nos maîtres, voilà ce qui me préoccupe.

          La France continuera à être une grande nation, si on apprend mieux à ses enfants le mépris de la facilité, le sens de l'effort et du travail. C'est l'éducation patriotique qui donnera à la jeunesse, en qui je place toute mon espérance, le goût de travailler et de servir, le goût de la famille, du foyer, des enfants. Patrie et Travail, c'est à cette double condition que la France continuera . »





LES FRANÇAIS EN ALGERIE (1845)
Source Gallica : Louis Veuillot N°7

Souvenirs d'un voyage
fait en 1841, par Louis Veuillot,


 XV -
- UN RAVITAILLEMENT
- MAUVAISE VOLONTE DES COLONS
- NUIT A L'HOPITAL.
- LE KAID EL-MAJOR

          On dit qu'il est beau de voir une grande âme aux prises avec le malheur ; il est aussi très-beau de voir une volonté forte aux prises avec les difficultés qui s'opposent à son action. Depuis un mois que je suis en Afrique, j'ai ce spectacle sous les yeux, et je n'en connais point déplus intéressant, car il fait naître des péripéties nombreuses : ni de plus encourageant, car il montre combien il y a peu d'obstacles dont l'énergie d'un seul homme ne puisse triompher. Il fallait absolument, et en toute hâte, relever les garnisons de Miliana et de Médéa, et introduire dans ces deux places des approvisionnements suffisants pour en faire les bases d'opération de la colonne qui doit ravager les rives du Chélif et aller détruire Taza et Boghari, tandis qu'une autre colonne ira frapper Abd-el-Kader à Tagdempt et à Mascara.

          Pour aller à Médéa, qui n'est pas à vingt-cinq lieues d'Alger, il faut une armée; pour porter des vivres et des munitions, il faut des moyens de transport. Le gouverneur, en regardant autour de lui, trouva peu de troupes disponibles, et encore moins de moyens de transport. Il fit d'abord évacuer quelques-uns des camps ou postes disséminés dans la plaine, entre autres celui de Fondouk, dont j'ai vu les malheureux soldats, noircis par le soleil, minés par la fièvre et par l'ennui, se réjouissant de leur délivrance. Il n'est pas de fatigue, pas de danger qui ne leur semble préférable au supplice qu'ils viennent d'endurer.

          En réponse aux clameurs que ces évacuations soulevaient de toutes parts, le gouverneur s'occupa de mettre la milice citoyenne en état de garder elle-même les postes de la banlieue : nouvelles réclamations, nouveaux succès. Voilà des hommes ; mais le convoi, comment le former? Quatre cents mulets à peu près étaient tout ce dont le gouverneur pouvait disposer. Ce n'était pas le quart de ce qu'il lui fallait. On attendait d'autres mulets de France, ils n'arrivaient pas; les bureaux de Paris n'avaient point terminé leurs petits arrangements. Cependant le temps s'écoulait; on allait perdre un mois; un mois perdu, c'est presque une année perdue et sans compensation, car les approvisionnements se consomment; si l'ennemi tue moins de monde, plus large pâture est faite à la maladie : ce n'est pas la guerre qui est meurtrière, c'est l'inaction.

          Le gouverneur n'y tint pas. Il mit en réquisition tous les moyens de transport civils de la province d'Alger, chevaux, ânes, mulets, chameaux, charrettes, tout ce qu'il put trouver. Pour le coup, on jeta les hauts cris : c'était une contribution de guerre levée sur les bénéfices des propriétaires de bêtes de somme; c'était la ruine des colons, de ces pauvres intéressants colons ! On menaçait de s'adresser aux tribunaux, à la presse surtout, de quitter l'Algérie. Point de raison! L'autorité militaire se déploya sans miséricorde, et continua de faire main basse sur tout ce qui pouvait porter ou traîner un certain fardeau; et en définitive, après des peines inouïes, avec le secours d'une vigilance de tous les instants et d'une fermeté qui eut, à la vérité, souvent besoin d'être dure, on se trouva en mesure de partir d'Alger le 30 mars, convenablement pourvu. M. Bugeaud ne remportera peut-être pas, dans toute la durée de son gouvernement, un succès qui lui ait autant coûté que celui-là.

          Ce convoi présentait bien le plus confus et le plus bizarre assemblage qu'il soit possible d'imaginer. C'était une multitude de charrettes et d'animaux conduits de fort mauvaise humeur par des hommes appartenant à dix nations différentes. On y entendait blasphémer dans toutes les langues du monde. On arriva le soir à Douera, premier bivouac. J'avais, fort heureusement pour moi, dans l'état-major du gouverneur, d'excellents amis qui m'aidèrent à passer cette première nuit militaire. M. Roches, interprète principal, et M. Vergé, capitaine d'ordonnance, vieux Algériens quoique jeunes tous deux, ont acquis, par une longue expérience, l'art de se coucher par terre et de dormir à la belle étoile. Je m'étais naïvement étendu au beau milieu de l'herbe, à l'endroit où je l'avais trouvée plus épaisse. "Que faites-vous donc? me dirent-ils, vous ne songez pas à la rosée. On ne se couche sur l'herbe que quand le pavé manque. "

          Et ils me firent place à côté d'eux, sur une chaussée voisine, où la terre nue et battue me paraissait plus dure que le pavé. La cérémonie de mon coucher ne se fit pas sans toutes sortes de plaisanteries amicales : l'un me roulait comme une momie dans mon manteau, l'autre m'enseignait l'art de me faire un bonnet de nuit d'un coin de couverture, et me demandait s'il appellerait maman pour border mon lit. Je me trouvais fort bien, néanmoins, de leurs conseils, encore mieux de leur amitié; et, après avoir fait une courte prière, je commençais à m'endormir en songeant à ces vers de Théophile :
Si je couche sur le pavé,
Je n'en suis que plus tôt sur pié :
Parmi les troubles de la guerre,
Je n'ai point un repos en l'air;
Car mon lit ne saurait branler
Que par un tremblement de terre.

          Tout à coup une main robuste vient nous secouer; nous reconnaissons un autre bon compagnon, également officier du gouverneur, qui nous dit mystérieusement de le suivre, et qui marche devant nous, sans autre explication. Nous entrons à sa suite dans un vaste bâtiment, il nous ouvre une longue pièce mal éclairée par une chandelle fumeuse, et il nous montre... des lits! "Je ne suis pas de ceux, dit-il sérieusement, qui méprisent une paillasse lorsqu'ils la rencontrent, ou qui la refusent parce qu'elle est accompagnée d'une paire de draps. Couchez-vous là, jeunes gens; il sera temps demain de cueillir le rhumatisme dans la prairie." Mais la joie qu'avait produite en nous ce discours fut grandement tempérée, pour moi du moins, lorsque j'appris que nous étions dans la plus belle salle et sur les meilleurs lits de l'hôpital de Douera. Hélas! ces lits, à peine élevés de six ou huit pouces au-dessus d'un sol humide, sont ceux de nos officiers blessés ou malades, et heureux encore ceux qui en ont de pareils !

          Quant aux soldats, je laisse à deviner quels sont les leurs !

          Je pensai à la longueur de ces nuits d'hôpital, loin de la patrie, sans consolation, sans amis et si souvent sans espérance. Le sommeil s'écarta longtemps du lit qu'on m'avait offert, et des rêves pénibles fatiguèrent encore mon repos sur ce chevet, siège habituel du morne désespoir et de l'agonie.

          Mais il n'est pas de mauvaise nuit dont les rayons du soleil levant, la splendeur des campagnes et l'éblouissement des spectacles nouveaux n'effacent bientôt le souvenir. Nos agiles chevaux, qu'animaient le son des trompettes et l'air vif du matin, nous portaient joyeusement à travers ces collines verdies et fleuries par le précoce printemps de l'Afrique. De tous côtés étincelaient les armes, les clairons sonnaient, de joyeux propos couraient sur le front des bataillons. Dans le groupe de l'état-major, tandis que le gouverneur, l'œil sur toute l'armée, contemplait avec joie la marche difficile mais à peu près régulière de son pesant convoi, les jeunes officiers s'entretenaient de mille choses et particulièrement de l'espoir de rencontrer l'ennemi. Nous arrivâmes ainsi d'assez bonne heure à Boufarik. " N'est-ce pas ici, dis-je à un capitaine de trente ans, votre ancien royaume? - Pas tout à fait, me répondit-il , mais c'était ici mon marché et l'endroit où ma diplomatie avait besoin de multiplier ses efforts."

          Il faut que j'interrompe en cet endroit le récit de la campagne, pour raconter l'histoire démon ami El-Major, kaïd des Beni-Khrélil.

          Le kaïd El-Major a commencé par naître au milieu de la Lorraine; il fit ses classes dans un collège, comme tout le monde, et à l'âge de vingt ans il étudiait le droit à Paris. C'était un de ces jeunes gens que l'instinct des armes fait palpiter au milieu des travaux tranquilles que leur imposent leur famille et la paix. Aux premiers coups de tambour de 1830, il quitta ses professeurs, ses gros livres, son officine de procureur, où il apprenait l'art de multiplier les frais, et se rendit en Afrique. On l'incorpora dans les zouaves, corps formé en partie d'indigènes. Vivant avec les Arabes, et toujours aux avant-postes, il apprit vite la langue et la guerre du pays ; on le remarqua, il devint bientôt sergent-major.

          Sur ces entrefaites, Bouzéid-Ben-Chaoua, kaïd de la forte et turbulente tribu des Beni-Khrélil, établie dans la Mitidja, aux environs de Boufarik, fut assassiné comme ami des Français. L'anarchie se mit dans la tribu. Elle y était plus redoutable qu'ailleurs : les Beni-Khrélil avoisinant les Beni-Moussa toujours remuants, et les Hadjoutes toujours insoumis, il y avait à craindre qu'ils n'échappassent, eux aussi, à la main débile de l'administration. Pour faire acte d'autorité, le fils du kaïd assassiné, Hadj-Allal-Ben-Bouzéid-Ben-Chaoua, fut nommé à la place de son père ; mais il fallut l'installer et le faire accepter. C'était un enfant de seize ans, faible et craintif. Or toute la force, toute la résolution, toute la ruse d'un véritable Arabe n'eussent pas été de trop pour commander aux esprits. Hadj-Allal n'avait pour lui que son droit et la vénération dont on entourait depuis longtemps sa famille. A Ben-Chaoua, résidence ordinaire des kaïds, était la zaouia des marabouts de ce nom.

          Dans les circonstances actuelles, ces titres ne suffisaient pas ; mais notre sergent-major des zouaves, qui faisait des vers et lisait Racine à ses heures de loisir, aimait beaucoup ce Joas bédouin, et plus encore les aventures. Il offrit d'aller tout seul, sans autre force que celle de son bras et de son esprit, restaurer la dynastie de Ben-Chaoua. Il s'était si bien montré jusqu'alors, qu'on lui accorda la gloire et le danger de cette entreprise. Il partit avec son pupille, et, malgré de grandes et périlleuses difficultés, mena tout à bonne fin. Le sergent-major de vingt-trois ans sut habilement manier les rudes fourbes à qui il avait affaire ; il flatta, menaça, promit; enfin, un jour, au grand marché de Boufarik, la tribu reconnut pour son kaïd Hadj-Allal-Ben-Bouzéid-Ben-Chaoua. On apporta au jeune chef les viandes rôties, le kouscoussou, la dya (amende pour le meurtre de son père), et il rendit la justice à la satisfaction des justiciables et même des justiciés.

          Cette première révolution terminée, la tribu en vit bientôt une autre. Au bout de quelque temps ou reconnut du côté des Arabes et du côté des Français que décidément le descendant des Ben-Chaoua manquait de courage et de capacité. Je ne sais qui s'en aperçut d'abord, et j'aime à croire que le cœur du sergent-major était à l'épreuve du sceptre. Toujours est-il que l'adolescent fut remplacé et que ce fut son protecteur qui le remplaça, mais du moins il le remplaça certainement à la satisfaction générale. A cet égard il n'y a pas de meilleure preuve que l'obéissance des sujets. Son intronisation eut lieu dans les formes les plus solennelles ; il rendit à son tour la justice, entouré des anciens, dont il prenait conseil, et qui sont dépositaires de la tradition. S'il se souvint des leçons de M. Ducaurrois, je l'ignore. Il est probable qu'il put s'en passer. La connaissance du droit romain n'est pas nécessaire aux juges des Beni-Khrélil. On le vit du reste, si jeune et quoique chrétien, s'acquitter parfaitement en toutes choses de sa charge, conclure la paix, déclarer la guerre, s'aventurer au milieu de la plaine entre des tribus dont l'hostilité n'était pas douteuse et dont la bonne foi n'était rien moins que sûre, sans autre appui que son autorité morale sur une population où il devait rencontrer beaucoup de jaloux et de compétiteurs.

          Etrange enchaînement d'aventures! ce clerc d'avoué, qui trois ou quatre années auparavant se préparait à devenir avocat ou notaire dans quelque petite ville de France, qui ne savait d'Alger rien de plus que ce que nous en savions tous alors, se trouvait maintenant, sous le costume des scheiks, prince de trois ou quatre mille nomades de la Mitidja. Qu'on se figure ce qu'étaient pour nous, en 1829, les Arabes, et les Arabes d'Alger ! Notre étudiant, qui avait certainement lu les Mille et une Nuits, vivait donc en plein conte arabe. Il y devait trouver quelques lacunes ; mais il habitait sous la tente, il avait une garde, des hommes d'élite attachés à sa personne; quand il disait, comme les rois de tragédie : "Holà! gardes, à moi!" huit ou dix gaillards des mieux barbus se présentaient la main sur le cimeterre; cinq cents braves cavaliers le suivaient au combat, et, après avoir mis l'ennemi en fuite, exécutaient devant lui les jeux sauvages de la victoire, portant au bout de leurs fusils les tètes sanglantes des vaincus. Quel changement, quel renversement, quel bouleversement de toutes choses ! L'avenir, les habitudes, le costume, la langue, la patrie, tout était changé, même le nom,... et même la religion! Hélas ! pourquoi faut-il que ce dernier trait assombrisse la brillante et poétique aventure de mon ami, et nous montre par où s'est affaibli le caractère français, si généreux, si intelligent et si beau! Ce brave soldat, le meilleur garçon du inonde, s'est fait un jour de chrétien mahométan, sans presque y songer, sans que cela fût le moins du monde, nécessaire; parce qu'il avait, je crois, le projet d'aller à la Mecque. Dieu lui fasse miséricorde : il n'a guère, je pense, mesuré la portée de son action. Etait-il chrétien? J'en doute. Est-il musulman? je suis sûr du contraire.

          Il était, il est resté ce que sont tant d'autres : une pauvre âme hors de voie; ce que sont les savants, les philosophes, la plupart des hommes d'Etat qui gouvernent la France; ce que sont les professeurs qui l'ont élevé, ce que sont les trois quarts de ses condisciples. Il a aimé son pays, il a servi la gloire : il ignore après cela s'il y a un Dieu à aimer ou à servir. On ne lui en a rien dit, ou on lui a dit que les formes du culte sont indifférentes...

          Et un jour, avec son excellent cœur, avec un excellent esprit, avec une âme incapable de la moindre bassesse, avec un sentiment religieux même, capable, si on l'avait éclairé et cultivé, de s'élever aux vertus les plus généreuses, il a fait une action à laquelle n'aurait pu le décider nulle menace de mort. Je le connais trop et je l'aime trop pour n'être pas convaincu qu'il n'a point songé à se faire musulman en vue de justifier à ses yeux des penchants mauvais de la nature humaine, car il ne liait point et ne connaît point le Dieu qu'il a quitté, il ne sait pas ce que Dieu condamne; mais je ne puis regretter assez amèrement cette ignorance, cause principale de son malheur; je ne puis flétrir assez énergiquement la fausse et indigne politique d'un gouvernement qui a toléré de pareils actes, et qui les a peut-être encouragés.

          El-Major (on comprend pourquoi je continue à lui donner ce nom, qu'il ne porte plus) resta deux ans dans la tribu. Il y rétablit à peu près et non sans peine la paix au-dedans et au dehors. Il y gagna valeureusement ses épaulettes de capitaine et la décoration. C'est un officier d'avenir. Si j'étais gouverneur général de l'Algérie, je le renverrais certainement en France, pour lui donner le temps de faire oublier sa folie, qui lui nuit auprès des indigènes beaucoup plus qu'elle ne le sert, car ils se doutent bien qu'il ne fera jamais un vrai croyant; et je lui donnerais ensuite à gouverner des Arabes. Il est ferme et modeste, du petit nombre de ceux qui ne se proposent jamais que pour les choses difficiles, et qui se tiennent à l'écart après avoir bien fait ce qu'ils avaient à faire. Il a pris aux musulmans leur stoïcisme sur les coups de la destinée. L'autre jour, comme nous passions sur le territoire de son ancienne principauté, maintenant déserte, il me récita des vers de sa façon, adressés à une tragédienne de Paris, et de fort jolis vers.



P'TIT PAUL
OU
LE BLEU DES JOURS GRIS

Envoyé Par M. Paul Rocca

photo M. Paul Rocca Chers Compatriotes,
              Ce livre relate l'enfance de Paul né en 1948, quelques mois après la mort de son père, dans le village de Randon proche de Bône en Algérie. Il est le cinquième des enfants que sa mère Augustine doit élever face à un grand dénuement et bien des obstacles à surmonter. Elle y parviendra avec obstination et dignité, en mère courage, heureuse de livrer bataille dans son commerce le Café des amis. Paul coulera des jours heureux au village et dans le Café, entre joies et drames, tout au long des années cinquante, dans le cadre des "événements" d'Algérie.

              L'histoire restitue l'ambiance et les couleurs du pays perdu. C'est l'hommage au parcours difficile des parents et aux clients du Café, civils ou militaires et de toutes confessions. Elle rappelle l'école, les jeux d'enfants d'alors, le quotidien du village, le cinéma, la musique, la vie du Café, l'internat au lycée St Augustin de Bône et le décor magnifique de places et de plages de cette dernière. C'est aussi le récit des 3 attaques du village par le F.L.N, l'assassinat de son maire, les conditions de vie et de survie des soldats dont le Café des amis constitue à la fois un havre de paix et de confession. L'ensemble du livre est tour à tour amusant ou drôle, dramatique ou émouvant.

              L'auteur, Paul Rocca, a quitté son Algérie à 14 ans, en 1962. Après le B.E.P.C et le Bac philo, il s'est orienté vers les études de droit à la faculté d'Aix en Provence. Après l'obtention de sa licence, il est devenu directeur d'hôpital en Picardie, à Compiègne et Amiens, après une formation à l'Ecole de santé de Rennes. Il est actuellement retraité en Provence, dans le Vaucluse et il y publie son 1er livre en fin 2016.


              Ce livre est disponible chez lulu.com France ou alors joindre l'auteur à l'adresse paulo8084@gmail.com

PROLOGUE : A L'AUBE D'UN JOUR NOUVEAU
"Les racines de la mémoire sont toujours profondes. Elles finissent par remonter à la surface, alimentées par l'eau des jours ou la source du temps, les clapotis et le sang d'une vie" (Paul Rocca)

       Et voilà, la page se tourne et je ne sais pas exactement à quoi va m'exposer le destin, dès demain. Le DC 6 décolle et quitte l'aéroport des salines, tout près de Bône, en cette fin de matinée du 24 juillet 1962. Qu'il est beau ce pays que je quitte, pensais-je alors que mon frère aîné Jean-Pierre, à côté de moi dans l'avion, regarde par le hublot et mesure déjà, vraisemblablement avec émotion, le prix de ce départ que personne dans la famille n'aurait osé imaginer ne serait-ce qu'il y a un an ou deux.
       Fallait-il que cela arrive ? Qui le savait ? Qui pouvait le dire il y a encore quelques semaines ? Ce départ d'Algérie était-il inéluctable ? Faudra-t-il donner du temps au temps pour parvenir à le savoir un jour ?

       Je n'ai que quatorze ans tout juste, à l'heure de cet envol, et toutes ces questions commencent à peine à s'insinuer en moi. Je n'ai pas très envie de les approfondir encore, c'est trop tôt et je sais très bien que je ne pourrai pas avoir les réponses. Je n'ai été que l'observateur de faits, de situations, dont le contenu m'échappait souvent, ou tout au moins ne m'apparaissait ni très clair ni évident de la part de toutes ces personnes qui gravitaient autour de moi, qui se lançaient dans des discussions faisant consensus ou alors, tout à l'opposé, conduisant à la discorde. Ah ! La politique, dieu sait si, malgré mon jeune âge, j'en aurai entendu parler sans fin. Mais tout est allé si vite, trop vite pour moi en peu de temps. C'est incroyable et d'une brutalité folle que de devoir quitter Randon aujourd'hui. J'abandonne mon cher village, où j'ai connu des joies intenses enrobées parfois dans le brouillard de jours sinistres. Et Bône, ma ville tant aimée, toujours si radieuse au soleil comme sous la pluie, quelle que soit la saison, parée d'un étincelant collier de plages de sable doré et dominée par la statue protectrice de Saint-Augustin, le regard tourné vers cet écrin de lumière et de couleurs que sont le port et le célèbre cours Bertagna. Est-ce vraiment déjà hier que tout cela, je veux dire ma petite histoire à moi ? J'ai bien du mal à le croire. Ce n'est que le mauvais rêve d'un moment. Je ne peux pas être amputé à tout jamais de mon pays, c'est absurde. J'irais jusqu'à dire que c'est contre nature, non ? Allons, je ne pars peut-être qu'en voyage pour quelque temps et puis, je vais revenir. Il ne peut en être autrement.

       Aujourd'hui, c'est un faux départ certainement. Pourtant, toutes ces horreurs des dernières années, ces attentats, ces attaques, cette pression orageuse partout, à Randon, Bône, Alger, Oran…Cela a bien existé, toutes ces éclaboussures de haine, de passions mal contenues, toutes ces morts préméditées ou non, dans un camp comme dans l'autre. Et moi j'étais si bien malgré tout dans mon petit paradis cousu main, parce qu'il y avait le revers de l'horreur dans mon pays, toute la beauté sauvage, épicée, épique, fébrile, qui rendait les gens, toutes communautés confondues, si vivants, si volubiles, si entiers mais aussi si généreux dès que la politique ne s'en mêlait plus. J'avais déjà fait mon nid au milieu de la famille, des amis, des commerces où je me rendais chaque jour, aussi bien pour les courses que pour tailler une bavette et pénétrer l'univers des grands, des adultes. Et pour accompagner au quotidien les bons comme les mauvais jours, j'avais l'appui amical de la musique, du cinéma, de la presse, qui ne cesseront jamais de meubler mes journées, d'ailleurs. C'était mon enfance, puisque je ne peux déjà plus dire "c'est"…

       Ce matin du 24 juillet, je me suis levé plus tôt que d'habitude. Je n'avais pas très bien dormi, bien sûr. Tout se bousculait dans ma tête. Il fallait s'en aller de Randon au plus vite, désormais. Le village et ses environs devenaient zone hostile et dangereuse pour les Français d'Algérie, les "européens", comme dans tout le reste de l'Algérie, selon les dires des uns et des autres à la radio comme dans les journaux ou dans la rue.

       Maman le répétait régulièrement depuis tant de semaines, et à plus forte raison depuis le 3 juillet, date de la proclamation de l'indépendance de l'Algérie. Cette dernière n'était plus française, à la fin des dits "événements" qui l'avaient agitée durant huit années.
       Les Français locaux, devenus les pieds-noirs depuis peu aux yeux de la métropole, n'avaient donc plus d'alternative, contrairement à ce que pouvaient penser certains des hommes politiques. A commencer par le Général de Gaulle qui allait, sous peu, s'étonner de voir affluer un million d'individus en France, sans armes mais cependant avec encore quelques bagages. Le maire de Marseille a, quant à lui, une solution toute trouvée depuis ces derniers jours : les "foutre" à la mer. Il estime qu'ils ne méritent rien d'autre et ne gêneraient plus personne ainsi ! Sacré Gaston, tu ne nous connais pas. Les générations qui m'ont précédé ont su montrer qu'elles savaient braver bien des difficultés et ignorer ce que voulait dire baisser les bras. En 1830, il a fallu combattre les tribus indigènes, les fièvres et les insectes. Ce ne fut pas sans morts, mais il est resté des graines et elles ont poussé…Mais enfin, aujourd'hui et cent trente deux ans plus tard, pas de choix autre que le retour dans la mère patrie que beaucoup n'avaient d'ailleurs pas quittée volontairement, lors du siècle précédent.
       La France, la politique ou la misère les y avaient contraints, au moment de la commune de Paris par exemple. C'est toutefois une autre histoire et, pour le moment l'ordre du jour c'est l'exil des français d'Algérie, quelque part, de préférence en France mais aussi en Espagne, quand ce n'est pas beaucoup plus loin à l'étranger. En tout cas, c'est bien souvent au hasard, là où l'avion ou le bateau peut les pousser quand il n'y a aucune famille ni amis pour les accueillir. On verrait plus tard, c'est déjà si compliqué de devoir partir du jour au lendemain, en abandonnant souvent biens, famille, connaissances. Ils ont tellement entendu dire qu'il leur fallait choisir entre la valise et le cercueil, tous ces derniers temps. C'est la menace que propageait le Front de Libération Nationale (F.L.N) avec audace et jouissance. Eh ! Bien, pour ceux qui sont parvenus à s'en tirer, échappant aux attentats ou aux crimes perpétrés contre eux par les rebelles algériens, les fils de la révolution, l'heure est venue de remplir cette maudite valise d'espoirs en une vie meilleure sous d'autres cieux, dans cette France qu'ils ne connaissent pas pour la grande majorité d'entre eux, si ce n'est par les récits qu'on leur en a faits ou les films qu'ils ont vus, les documents et livres qu'ils ont lus.

       Aujourd'hui, dans l'urgence, c'est donc à mon tour et à celui de Jean-Pierre de prendre la poudre d'escampette. Tous les deux uniquement, sans le reste de la famille qui ne nous rejoindra que plus tard, après avoir réglé les affaires ou la situation professionnelle de chacun.
       Nous ne partons cependant pas tout à fait dans l'inconnu. Nous devons rejoindre à Vitrolles, dans les mystérieuses Bouches du Rhône, notre sœur aînée Pauline qui vient de s'y installer avec ses cinq enfants et son mari José, affecté récemment en qualité de mécanicien dans l'armée de l'air à Salon de Provence.

       Le petit déjeuner a été avalé rapidement vers 8h30. Mon frère et moi n'avions pas vraiment faim car nous sentions bien qu'une époque s'achevait déjà pour nous. A seulement et respectivement 18 et 14 ans ! La France nous attendait, peut-être, mais nous n'avions rien demandé. Surtout pas de quitter notre village, notre nid protecteur, notre cocon. Il suffisait amplement à notre bonheur, à notre épanouissement, depuis nos tous premiers jeux d'enfants. Mais la 403 Peugeot beige clair de notre beau-frère Robert était déjà là devant le Café des amis, notre maison, pour nous conduire à l'aéroport des salines, distant de Randon de douze kilomètres, accompagnés de notre sœur cadette Denise.

       En vitesse, alors que je l'avais déjà fait quatre ou cinq fois dans la matinée, je suis repassé dans toutes les pièces de la grande maison pour une dernière fois, sans omettre le passage obligé dans la cour et le jardin, afin d'accumuler le maximum d'images à conserver précieusement au fond de ma mémoire, en souvenir, et de faire des adieux émus à ces lieux enchanteurs. Jean-Pierre, alors même que nous ne nous parlions pas, ne cessait lui aussi d'aller et venir à l'intérieur comme à l'extérieur, me croisait et essayait vainement de calmer sa nervosité, tout comme moi. Nous voulions, en réalité, masquer à tout prix aux yeux de la famille le chagrin qui commençait à nous tenailler sournoisement et nous obligeait à refouler les premières larmes qui nous nouaient la gorge.

       Il allait falloir très bientôt quitter maman Augustine et René, son second mari depuis peu, qui ne viendraient pas à l'aéroport. C'était, d'une part, pour ne pas rendre l'imminence du départ trop solennelle et plus difficile pour nous, mais aussi, il faut bien le dire, par nécessité. Il fallait tenir ouvert le café pour accueillir les clients habituels et, de la sorte, faire comme si de rien n'était… Ce choix rendait aussi, bien évidemment, les choses plus aisées pour les parents qui souhaitaient dédramatiser la situation suffisamment traumatisante pour eux et pour tout le monde.

       Au moment venu d'entrer dans la Peugeot, je me suis senti tout à coup oppressé, la poitrine comprimée par un poids que rien ne semblait pouvoir alléger. Mon esprit s'est brouillé, le vertige m'a pris l'espace d'une fraction de seconde. Une sensation bizarre de vide s'est alors installée en moi. Mes jambes se sont mises à ramollir, mon sang s'est glacé dans les veines, mes muscles se sont tendus et durcis jusqu'à me faire mal. Le malaise me tombait dessus sans crier gare et j'ai compris sur-le-champ qu'il valait mieux désormais abréger au plus vite le moment de la séparation, renverser le sablier du temps et ne plus regarder en arrière. La messe était dite cette fois, à n'en pas douter, et il n'y avait plus d'alternative que celle de se tourner vers demain et d'autres horizons.

       Sur le seuil du café, maman se tenait droite comme un i, affichant un petit sourire triste, un rien désemparée. Elle savait ce moment inéluctable et tâchait de se consoler à l'idée que l'absence des deux derniers des cinq enfants ne serait pas trop longue. La situation politique laissait deviner que le sort des français d'Algérie serait réglé sous peu : il devenait vraiment dangereux de rester sur cette terre, à présent que l'indépendance était proclamée, et incessamment il leur faudrait tous quitter le pays. Pour la famille, il y avait juste à s'accorder le temps nécessaire à la vente du café, en espérant que cela soit possible, et accomplir dans les meilleurs délais les formalités du départ pour la France. Cela devenait de jour en jour le sort commun à l'ensemble des pieds-noirs, et donc aux Randonois par voie de conséquence.
       Reprenant ses esprits et s'emparant, comme elle l'avait toujours fait, du taureau par les cornes, maman s'est alors approchée de la 403 et s'est penchée pour nous embrasser l'un après l'autre, sans excès d'effusion et en retenant courageusement ses larmes. René, notre beau-père a fait de même, tentant de rompre l'intensité du moment en lançant quelques plaisanteries de circonstances.

       Lorsque Robert a lancé le moteur de la Peugeot, Augustine s'est redressée, a esquissé quelques gestes mécaniques et maladroits, dictés par la nervosité inhérente à l'émotion. Elle a lissé les longs cheveux noirs qui lui faisaient casque au-dessus des épaules et qu'elle avait raccourci quelque temps avant de se remarier, puis a frotté ensuite ses mains le long du tablier à volants qui protégeait sa jupe noire. Enfin, au démarrage du véhicule, elle a levé la main droite en salut et pris le temps de s'exclamer à l'endroit de Robert et Denise :
       - Surtout, soyez prudents avec la voiture jusqu'à l'aéroport, vous avez bien du temps avant l'heure de départ de l'avion.

       Suivant le début de la progression de la 403, elle a ajouté de manière calme et sur un ton très doux, qui se voulait rassurant :
       - De toute façon, les enfants, on va se revoir bientôt, le temps pour vous de vous habituer à une nouvelle vie en France, puis ce sera à notre tour de vous rejoindre chez votre sœur Pauline. N'oubliez pas de l'embrasser pour nous, elle et toute sa petite famille.

       Ensuite, tout s'est enchaîné très rapidement et dans une sorte de halo mouvant, comme si la réalité s'émoussait et perdait de sa consistance, dans un relâchement nerveux enfin apaisant pour mon frère et pour moi. Robert a emprunté la route principale vers Bône, en direction de l'aéroport. Deux ou trois visages familiers sont apparus au passage, accompagnant notre départ et nous faisant des signes d'adieu, tel notre copain Jacques entre autres. Mes yeux ont ensuite tenté de classer dans les tiroirs de ma mémoire le plus possible d'images à conserver en souvenir de notre village natal. Ont alors défilé à travers les vitres de la voiture bien des photos flash liées à notre enfance et que nous emportions en vrac. Elles resteraient gravées en lettres d'or indélébiles dans notre cerveau d'adulte : ces maisons, blanches pour la plupart, s'alignant de part et d'autre de la voie, croulant sous leur parure de glycines qui dégoulinent en lourdes volutes mauves ou bleues sur et autour des auvents et terrasses ; ces imposants massifs de roses, marguerites, lys ou bégonias, selon les saisons, qui se dressent fièrement ou rampent en larges bordures prodigues et exubérantes dans les jardins arrosés ; ces figuiers au corps lourd et à la coiffe abondante et débordante, prêts à faire éclater en septembre leur prolifique variété de fruits à la robe verte ou noire et à chair savoureuse ; ces oliviers, merveilleux diffuseurs, en groupes complices, d'une ombre bleutée qui apporte fraîcheur et réconfort lors des grosses chaleurs accablantes de l'été.

       Les voilà d'ailleurs, ces derniers, qui tordent leur tronc sillonné de rides dans tous les sens, comme pour nous saluer une dernière fois dans une pirouette ou une valse des adieux ! J'ai le temps d'apercevoir encore quelques rares mulets qui déambulent malgré la canicule de ce jour, stimulés par le bâton ou le pied de leur guide arabe juché sur leur dos. Ils semblent montrer leur réticence à poursuivre leur avancée dans la poussière sèche et aveuglante des chemins. Je poursuis ma provision d'images et de couleurs que j'enrichis pendant toute la traversée en Peugeot du spectacle des champs d'orangers, de mandariniers, de citronniers, des plans de vigne et de tabac que nous abandonnons peu avant l'arrivée aux salines. Ces dernières finissent par surgir, cernées de ses vastes étendues blanchâtres et salées, curiosité traditionnelle de tous les promeneurs, passagers et voyageurs de la ligne desservant Bône, la capitale locale, et les villages éparpillés dans la région.

       Le petit aéroport, chichement équipé en zones d'accueil, de restauration ou en espace détente, m'est apparu bien triste et désert en ce jour de semaine du 24 juillet. Quelle différence avec les fois précédentes lorsque je venais me promener en famille le dimanche et où j'éprouvais beaucoup de curiosité à essayer de deviner d'où venaient et où partaient ces hommes et femmes défilant dans le hall étroit, bagages et valises à la main. Moi-même, je ne connaissais de mon pays qu'un espace relativement restreint à un environnement maximum de 60 kilomètres, tout au plus, autour de Randon.

       Aujourd'hui est cependant un autre jour, à marquer d'une pierre blanche dans ma vie : je pars pour la France, mon pays de substitution, inconnu, mais mon pays tout de même, à découvrir et à apprivoiser indubitablement, pour y poser les jalons d'un avenir nouveau et y installer mon futur d'homme en devenir.
       

Blague syndicale
Envoyé Par M. Christian

C'est un DRH qui, à la fin d' une négociation serrée avec les syndicats et afin de détendre l'atmosphère, se propose de faire un ultime tour de table sur le thème :
          Quelles sont vos lectures favorites ?
          Le 1er, délégué CFTC, répond : « Moi je lis Témoignage Chrétien »
          Le DRH : « Bravo, félicitations, vos lectures sont en adéquation avec vos idées !
          Le 2ème, le délégué CFDT: « Moi, je lis le Nouvel Observateur »
          Le DRH : « Bravo, félicitations, vos lectures sont en adéquation avec vos idées ! »
          Le 3ème, délégué CGC : « Moi, je lis le Monde »
          Le DRH : « Bravo, félicitations, vos lectures sont en adéquation avec vos idées ! »
          Le 4ème, le délégué CGT, est interrompu par le DRH : « Vous, je pense !! vous lisez l'Humanité, bien sûr ! »
          Le délégué CGT: « Non pas du tout, je lis "Mode et Travaux" !! »
          Le DRH: « Mode et travaux ? Je ne comprends pas !? »
          Le délégué CGT : « Si, si !!! Tous les mois il y a un patron à découper. ! ! !



Chantiers nords-africains
           Trouvé à la BNF            01-1930   N°6
170 Mars 2017
La Maison Mauresque (N°1)
par M. J. COTEREAU

Ancien élève de L'Ecole Polytechnique, Lauréat de l'Académie des Beaux-Arts avec la collaboration de : M. HENRI MURAT, Ingénieur, MM. SEILLER et LATHUILLIÈRE, Architectes E.D.B.A. et D.P.L.G.
M. DESSUS-LAMARE, Conservateur du Musée d'Art Musulman à Alger, a bien voulu nous donner quelques renseignements dont le rédacteur a fait état dans son exposé.

                          Sous le ciel bleu où elle arrondit ses coupoles, parmi les collines onduleuses qu'elle égaye de ses blancheurs géométriques, elle évoque aux yeux de d'Occidental de prestigieuses visions. Une littérature aussi diaprée, mais trop souvent aussi trompeuse que l'Orient dont elle traite l'a étrangement transfigurée. Des légendes et des poèmes ont été brodés à l'envi sur sa naissance aux temps barbaresques, sur sa vie voluptueuse ou tragique, sur son agonie et sur sa fin. A cet abondant félibrige nous n'avons ni la prétention ni le désir d'ajouter de nouvelles pages. L'histoire vue en profondeur est plus belle que la légende ; l'analyse esthétique strictement objective, appliquée à l'objet, donne d'autres satisfactions que la réalisation de la plus charmante fantaisie.

                          Le large éclectisme des Chantiers Nord-Africains a permis aux divers auteurs de cette étude de présenter l'ouvrage ainsi conçu non seulement aux spécialistes de la construction et de l'art, mais au public lettré ou curieux. Puissent-ils intéresser leurs lecteurs et contribuer pour leur faible part à la glorification de cette Algérie dont on célèbre le Centenaire.

                          Cent ans ! cela a suffi pour qu'une forme architecturale en pleine vigueur, à peine touchée en 1830 d'une ombre de décadence soit devenue chose du passé. Depuis trois siècles elle régnait en Barbarie. Une période combien plus longue, encore perdue dans les brumes, avait vu ses caractères se fixer. Il nous est difficile de nous arrêter. Nous remontons aux premières civilisations et une fois de plus à cette Egypte où toutes les archéologues s'enlisent dans le désert des origines.

                          DE TELL-EL-AMARNA A EL-DJEZZER
                          Sur les Rives du Nil.
                          Romantisme et Erudition.


                          L'idée d'une filiation entre l'architecture arabe et l'architecture égyptienne remonte à Chateaubriand. M. Fraigneau, qui rapporte ce détail, a reproché " à l'auteur d'Atala d'avoir fait de l'architecture avec l'imagination d'un poète ". Il nous parait plus équitable de dire qu'une fois de plus, un poète intuitif jusqu'à la divination, a pu devancer de ses comparaisons les déductions plus solides mais moins spontanées des érudits. Chateaubriand a été frappé par quelques points de ressemblance assez discutables entre les minarets et les obélisques ; entre les " moresques " et les hiéroglyphes, les unes et les autres inscriptions sur des murs. Nous le suivrons plus volontiers quand il retrouve dans les mosquées les linteaux plats sur colonnes de l 'Egypte. Au fond, l'intuition est juste ; ses explications sans valeur. Là où l'écrivain a raison, c'est quand il invoque à l'appui de sa thèse l'impression que la puissante civilisation égyptienne a pu faire, même par ses ruines, sur les nomades de l 'Arabie. Pour ceux-ci les monuments stables ont été réduits en bibelots de bois ou de plâtre, l'imitation architecturale s'est faite par l'intermédiaire d'un art décoratif embryonnaire. L'archéologie a confirmé, quoique de biais, les hypothèses romantiques. La maison égyptienne comportait en effet les caractéristiques essentielles de l'habitation orientale. A l'intérieur, recherche du luxe, à l'extérieur, simplicité affectée, destinée à détourner les jalousies toujours en éveil.

                          La Maison égyptienne.

                          Il existe en Egypte un "Tell " (monticule recelant des ruines) qui, sous le nom de Tell-el-Amarna, est devenu justement célèbre dans le monde des archéologues. C'était là qu'un roi hérétique, et surtout anticlérical, avait construit à son usage une nouvelle capitale. Celle-ci fut abandonnée par son gendre, lequel revint à la religion et à la ville adonnées, et en fut récompensé, si c'est là une récompense, par une célébrité très posthume : sous le nom de Toutankhamon. Quant à la capitale, elle a été fouillée et étudiée.
                          On y a retrouvé deux types de maison : le seul qui nous intéresse comportait une cour centrale, aussi dépourvue que possible de communications avec l'extérieur et donnant seule le jour à toutes les pièces.

                          Nous avons préféré reproduire le plan d'une maison plus compliquée. On peut suivre sur notre figure 1, les pas d'un visiteur, désirable ou non, cherchant à pénétrer l'intimité familiale. Son premier coup d'œil s'est heurté à un mur ; il rôde maintenant dans un véritable labyrinthe. Le voilà, par quelle surprise, dans les pièces les plus secrètes ! Comment en sortirait-il s'il n'est muni du fil d'Ariane ? Nous venons d'évoquer la Crète. Il est de fait que les habitations de l'ancien Orient, comme la Grèce archaïque, présentent les mêmes caractères, inspirés par la méfiance.

                          Riche Maison égyptienne.

                          Dispositions curieuses. Voici des pavillons disséminés dans des verdures ; ils se groupent en quartiers ; les, uns intéressent les réceptions ; d'autres se rattachent au harem ; certains encore font partie des dépendances. Les jardins où chantent des jets d'eau sont des " jardins fermés " comme ceux du Cantique.
                          Cependant, comme en ce poème, l'amour sait être délicat. La femme est respectée comme une maîtresse de maison. La polygamie ne règne que chez les grands, dans les palais. Les maisons ne réservent pas à l'épouse des cages même dorées ; la distinction entre les appartements publics et privés ne se manifeste pas. Ce n'est pas le maître qui cache aux étrangers son sérail, si miteux qu'il soit, c'est la famille en bloc qui se méfie du dehors.

                          La tradition égyptienne ne parviendra en Algérie que par des voies géographiquement très détournées. N'y a-t-il pas lieu cependant d'envisager avec l'érudit professeur M. Marçais l'hypothèse " d'un art proprement africain "? Il est curieux en tout cas de trouver dans les architectures de Sédrata près d'Ouargla, oeuvres d'autochtones nord-africains, outre des influences récentes de l'Orient celles plus mystérieuses de l'art copte ou art égyptien chrétien, évidemment héritier de l'art égyptien païen.

                          En Grèce.

                          Il est à peu près acquis que l'habitation grecque s'est inspirée de l'égyptienne ; en tous cas elle lui ressemble. Chose curieuse : le type décrit par Vitruve (livre V, chapitre X), comporte une disposition de détail commune avec la maison Mérinide de Fez, c'est-à-dire avec le prototype de l'habitation Maghrébine. La cour intérieure dont elle ne saurait être dépourvue est entourée d'un portique sur trois côtés ; sur le quatrième se trouvent seulement deux antes en saillie sur le mur de fond, de part et d'autre d'une entrée de salle. Le plan n'est pas sans analogue par conséquent avec celui de notre figure 4 dans la portion A, 4.

                          De la Grèce à Rome.

                          Le même Vitruve qui nous rapporte ce détail a fait. un parallèle maintes fois cité entre la maison grecque et la maison romaine. La différence essentielle qu'il signale a trait à l'emplacement des appartements familiaux par rapport aux bâtiments de réception.
                          En Grèce les premiers s'ouvrent directement sur la rue, à côté des seconds ; il est vrai que c'est par un couloir étroit contrastant avec le large vestibule des audiences. A Rome, au contraire, les mêmes appartements font suite à l'atrium ; le patricien qui y reçoit ses clients et ses invités s'interpose entre ceux-ci et sa famille. La condition de la femme s'avère moins libre qu'en Grèce. Les Arabes qui pratiquèrent d'une façon plus outrancière encore le régime de la claustration domestique, ne pouvaient manquer de préférer le second type au premier. D'ailleurs au moment où ils conquièrent une partie du bassin méditerranéen, ils ne sauraient y trouver plus que des maisons romaines, en Algérie en particulier.

                          La petite Maison romaine de Saint-Leu.

                          Parmi celles-ci quelques-unes sont encore assez conservées pour se prêter à l'étude archéologique.
                          Dans leur manuel d'archéologie romaine, MM. R. Cagnat et V. Chapet donnent le plan d'une maison de Timgad admirablement régulière, groupant ses pièces autour d'un patio à portique.

          
                          Dans ses monuments antiques de l'Algérie, M. Gsell en présente plusieurs. Nous retiendrons comme particulièrement typique la " petite maison de Saint-Leu " dont notre ligure 2 donne le plan, schématisé pour les nécessités de notre étude et complété par quelques interpolations. Il s'agit d'une habitation relativement modeste quant à ses dimensions : 25 mètres sur 23 m. 50 environ. L'entrée unique donnait accès à un vestibule et vue sur un mur aveugle, affirmation de méfiance. Atteinte après un détour, la cour s'encadrait de portiques.

          
                          Trois d'entre eux ornés de fontaine ; le quatrième, celui du Nord, se fermait comme une antichambre, de murettes percées de portes. Sur la salle de réception S s'ouvraient trois baies, dont la centrale, encadrée de deux piliers, se garnissait probablement d'une grille. La porte de fond, plus étroite, devait être utilisée pour le service. Les autres pièces de la maison étaient réparties autour de la cour, pièces longues et étroites, encore que l'architecte les ait subdivisées au mieux. Touches décoratives respectées par le temps : des restes de mosaïques : en rosace dans les portiques et la salle de réception, noirs et blanches dans les cuvettes en demi-cercle des fontaines. Il ne s'agit pas d'une œuvre remarquable au point de vue architectural ; la salle S est fâcheusement désaxée par rapport à la cour. Mais dans l'ensemble le plan est acceptable, les circulations aisées, par exemple dans le patio. Nous retrouverons ce plan onze siècles environ plus tard et nous ne pourrons nous empêcher d'enregistrer la décadence.

                          L'héritage perse.

                          Cependant que l'empire romain mourait sous sa forme latine, l'Orient, subjugué par lui, se réveillait de nouveau. Revanche politique et religieuse ; revanche architecturale aussi. Dans l'Asie déjà intérieure, la vieille civilisation perse ne s'était jamais bien éteinte. Aux temps lointains de sa splendeur, sous les Cyrus et les Darius, elle avait exercé une influence profonde sur l'art grec en formation et, par lui, sur l'art romain. Elle va entrer comme élément dans l'architecture byzantine dont s'inspirera l'Arabe. Enfin, comme désireuse de supprimer tout intermédiaire, elle s'épanouira en art musulman et, reprise d'une vigueur nouvelle, imposera ses formules séculaires à tout le Sud Méditerranéen. N'est-il pas curieux de trouver dans le plus ancien palais perse un bâtiment de réception avec salles d'audiences sous coupoles et, distinct de lui, l'habitation privée avec ses salles à terrasse groupées autour de la cour ? Le palais d'Ammam, dans la Syrie transjordanienne, qui présente des dispositifs analogues et s'adorne d'arcs outrepassés, est une œuvre encore perse et musulmane cependant.

                          Crépuscule byzantin.

                          En Afrique du Nord les Vandales ont passé, les Vandales proprement dits, car ils ont eu beaucoup d'émules. Les Byzantins les ont réduits et, héritiers des romains, ont ajouté aux villes d'or quelques œuvres de leur esprit, vaguement crépusculaires...
                          Leur domination se brise. Voici que vont commencer " les siècles obscurs du Maghreb " Mohammed, qu'on appelle Mahomet en France, a arraché les Arabes à leur obscurité de plusieurs siècles, leur a inspiré un fanatisme religieux à ensanglanter le monde. 'Oqba ben Nâfi, le fameux Sidi 'Okba, reprend la Berbérie aux byzantins ; il y fonde Kairouan. Jusqu'à 1830 l'architecture sera musulmane... Et cependant l'histoire n'admet pas les coupures, même en des temps de catastrophe. Vaincue en Algérie, la civilisation de la Corne d'Or continue à y rayonner, comme elle rayonnera encore autour de Constantinople, après la conquête des Turcs. Oui, vraiment, un beau crépuscule de ténacité et de splendeur.

                          Les nouveaux maîtres du monde se doivent cette architecture sans laquelle il n'est pas de gloire. Des artistes grecs y pourvoiront. Les califes en attirent à Damas où ils forment des élèves musulmans. D'autres accourent en Espagne. Au X° siècle encore l'Alcazar de Zahra est leur œuvre. En Berbérie il n'a pu en être autrement.

                          Des siècles passent. Les Turcs détruisent l'empire grec, mais ils lui empruntent son architecture. Par leur gloire militaire ils donnent une nouvelle force de conquête à l'art du peuple subjugué. Alger deviendra leur proie ; mais sauront-ils oublier la prestigieuse cité, ses coupoles sous le couchant ?

                          Mille et Une Nuits.

                          Le cadre de ces contes prestigieux n'a-t-il pas été l'architecture byzantine vue par le rêve d'un nomade, un soir de cruauté ou de langueur ? Le palais de l'empereur Byzantin, de ce sultan chrétien qu'était le Basileus, a dû frapper l'imagination même des ambassadeurs des khalifes. Il n'en reste rien aujourd'hui. Cependant, par la plume de M. Albert Bayet, nous essaierons de l'évoquer ; nous serons étonnés de reconnaître notre maison romaine, cette maison que dans le monde des formes il relie à l'habitation musulmane, arabe ou turque...

                          " A l'entrée du palais sacré s'étendait un vaste atrium (le patio moderne), non point rectangulaire comme dans les maisons romaines, mais composé de deux hémicycles dont l'un couvert d'une abside...

                          Le milieu était occupé par un bassin de bronze aux bords d'argent, au centre duquel se dressait un vase d'or. A l'atrium succède un péristyle en forme d'arc dont le plafond est soutenu par quinze colonnes en marbre de Phrygie. Au centre s'élève un dôme que supportent quatre colonnes de marbre vert... Au-delà commencent les appartements impériaux, et les salles, les dépendances se pressent les unes contre les autres, tellement nombreuses qu'il faut renoncer à les énumérer. Entre toutes se distingue par sa splendeur le triclinium d'or : salle octogone couverte d'une coupole que percent seize fenêtres. Sur les huit côtés s'ouvrent huit absides qui communiquent entre elles : elles sont profondes et forment à leur tour de véritables salles.

                          La Maison Byzantine

                          S'il est vrai que les caractéristiques de l'art byzantin sont " la combinaison de l'arcade avec la colonne et l'emploi des coupoles sur pendentifs ", aucun doute n'est permis : l'art arabe est effectivement un héritier direct de l'art byzantin, la maison arabe procède de la maison byzantine. Pour le reste il est à peu près acquis que cette dernière est en plan la maison romaine avec " ses multiples appartements groupés autour de l'atrium et du péristyle ".

                          Les seules différences auraient pu résider dans l'emploi fréquent de la courbe. Cet emploi, seuls des architectes plus habiles que les Arabes auraient lai l'étendre aux plans. Il ne se retrouve qu'en élévation, à propos des arcs et surtout des coupoles, héritages de l'art persan. Ainsi se trouvent justifiées des opinions qui peuvent paraître contradictoires mais qui se réduisent l'une à l'autre ; la première veut que la maison arabe se rattache à la maison perse à coupoles ; l'autre, qu'a émise M. Saladin, que " les maisons maghrébines sont une combinaison de la maison byzantine et de la maison romaine".

                  La Maison maghrébine jusqu'au XIVéme siècle.

                          Sidi 'Okba, fondateur de Kairouan, y construisit même un palais. Dès l'an 185 de l'hégire, d'importantes constructions civiles s'établissaient autour de la capitale islamique. Il n'en reste plus grand chose. Un peu comme les Pharaons, les émirs répugnaient à habiter les demeures de leurs prédécesseurs ; soit superstition, voire remords, souveraineté, ils aimaient mieux en construire de nouvelles. Pour celles-ci ils ne se gênaient d'ailleurs pas pour dépouiller les anciennes. Les changements de Dieux eux aussi provoquent de pareils vandalismes pour de pareils réemplois, entre temples et églises, entre églises et mosquées.

                          Les seuls vestiges actuellement reconnus se rapportent à des dépendances du Palais Aghlabide de Qaçr el-Qâdim (X° siècle). Les salles s'y avèrent longues et étroites. Les murs et les terrasses sont en pisé, ou en briques crues séchées au soleil. Du palais de Raqqâda on ne trouve que des fondations de mur et quelques débris de mosaïques... Ce détail, relatif plutôt à la décoration qu'à l'architecture proprement dite, n'en inspire pas moins à M. Marçais, le distingué professeur et notre guide dans ce voyage en zigzags archéologique, une fort sagace réflexion. " On ne serait pas surpris de les rencontrer (ces mosaïques) dans une basilique chrétienne d'Afrique du III° siècle ou du IV° siècle. Le peu que nous connaissons de ce palais Aghlabide nous apparaît avec évidence comme l'œuvre d'artisans indigènes mettant au service des émirs arabes et sans y rien changer une technique et un style décoratif entièrement hérités de leurs ancêtres... "

                          Passons maintenant à l'Algérie. Nous sommes à cinq kilomètres et demi d'Ouargla, au pays où les hérétiques Kharijites " guidés par les astres " se réfugièrent au cours du X° siècle. Des fouilles bien commencées, mais encore inachevées, permettraient peut-être de fixer les grandes lignes de l'art correspondant, dit de Sedrata, et de préciser le degré de parenté qui peut exister entre ces maisons et les habitations turco-mauresques. Deux portiques et trois chambres s'ouvrent sur une cour centrale.

                          Une galerie borde celle-ci et, par des portes médianes, donne accès encore une fois à des pièces rectangulaires. Ces dernières, non seulement sont beaucoup plus longues que larges, douze mètres sur deux et demi, mais constituent déjà les pièces en T que nous retrouverons plus loin. Les deux extrémités, isolées par des arcs, constituent des sortes d'alcôves. Les voûtes sont des berceaux finissant en demi-coupoles. Des niches formant placards sont aménagés dans les murs. Tous ces détails et d'autres, tels que les motifs de décoration en plâtre, annoncent la villa mauresque. D'ailleurs nous l'avons vu, ils se réclament de l'art copte et par lui de l'art égyptien.

                          Nous continuerons à trouver un peu partout des ruines plus ou moins informes, donnant chacune quelques renseignements fragmentaires, prouvant au passage la permanence d'un certain détail. A Madhûya, sur une étroite presqu'île du Cap Africa (Tunisie), ce sont des demi-coupoles à coquille ; c'est une cour entourée de constructions. A 1.500 mètres au Sud de Kairouan, les palais de Çabra-Mançouriya évoquent aux fouilleurs de textes les vieux et étranges noms de leurs salles orientales : les Salons du Myrtes et du Camphre, la Pierre du Diadème et la Pierre d'Argent. Les fouilles ont exhumé des colonnes de marbre rougeâtre, nommées " colonnes de sang ", des restes de bassins, des briques séchées au soleil. Elles ont fourni la preuve des couvertures en terrasses...

                          Nous voici maintenant loin de la mer, loin des villes, dans le site aujourd'hui affreusement rocailleux des Monts du Chott-el-Hodna, et nous faisons un retour mélancolique sur le nom rafraîchissant de " Palais du Lac que comportait dans ses parages la Qal'â des Beni-Hammad ! Le plan reconstitué montre successivement, après divers vestibules et locaux de réception (non sans analogie avec les sqifas), une grande cour à portiques, un ensemble de salles dont l'une très vaste, enfin une nouvelle cour sans portique bordée de pièces étroites. Le nom du palais était dû à un lac qui occupait la cour à portique. Il est remarquable sur ce plan que les pièces d'apparat aient pu être vues d'enfilade, alors que les pièces privées comportaient des entrées coudées et contournées, des oppositions constantes d'ouvertures et de murs pleins. D'autres corps de bâtiments et de magnifiques jardins complétaient cet édifice ; les ruines révèlent un palais bien daté, non remanié, dans le genre de l'Alhambra, mais antérieur à lui puisque du XI° siècle.

                          L'Espagne de cette époque n'est qu'une annexe de l'Afrique. Ce sont des maisons maghrébines qu'ont révélé des fouilles près de Cordoue, dies patios ceints de portiques sur lesquels s'ouvraient les salles et, parfois, détail à noter, des plafonds au lieu des coupoles. L'âge suivant, celui des Almoravides et des Almohaves, ne nous donnent que de faibles renseignements. Il est acquis cependant que le parti cent fois mentionné continue à être employé. Nous franchissons ainsi les XI° et XII° siècles.

                          Nous arrivons à l'âge dit " moresque " par les historiens d'art musulman, âge de plénitude et de maturité, après lequel une fois de plus commença la décadence. L'architecture civile élève son chef-d 'œuvre, l 'Alhambra de Grenade, merveilleux palais, très conforme, quant à son plan et à sa décoration, à la tradition musulmane. Sans entrer dans des détails, on peut considérer l'Alhambra comme composé de deux ensembles juxtaposés, constitués chacun autour d'une des deux cours oblongues intérieures, d'équerre l'une par l'autre.

                          Connues respectivement sous les noms de Cour du Miroir d'eau (ou des Myrtes) et de Cour des Lions, ces deux cours sont de véritables patios à portiques. Les salles donnent sur elles, en particulier sur la première la salle des ambassadeurs, sur la deuxième les salles des deux sœurs, des Abencérages et du tribunal, toutes richement décorées et justement célèbres.

                          La Maison Mérinide de Fez.

                          Mais ne sortons pas du Maghreb. Le Maroc possède une œuvre tout à fait typique, connue parmi les archéologues SOUIS le nom de Maison Mérinide de Fez, son plan que nous reproduisons procède incontestablement, comme nous l'avons dit plus haut, de celui de la maison romaine de Saint-Leu. On pourrait même penser à une imitation maladroite.

                          La porte d'entrée P, située à une extrémité de la façade, donne accès à un couloir étroit E brusquement coudé à angle droit. Ce couloir, prototype des futures sqifas, comportait un banc de marbre pour les gardiens ou les visiteurs. Il aboutit au patio. La maison a quinze mètres de côté, ledit patio six. Comme la cour intérieure de la maison grecque de Vitruve, celle-ci est entourée, sur trois côtés seulement, par des galeries dont les piliers carrés supportent les plafonds. Les pièces donnent sur le patio, suivant le parti constant. La différence capitale avec la maison de Saint-Leu résulte de l'existence d'un étage ; l'escalier qui accède à celui-ci, attenant au vestibule, prend jour sur une galerie qui le surveille.

                          Cette galerie, la plus fréquentée, devait-elle à sa position d'ètre de toutes la plus étroite ? la largeur d'une simple porte. Celle qui longeait la salle 5 était au contraire plus large, peut-être parce que d'équerre sur l'accès et la vue directs. Mais, pourquoi l'a-t-on tracée parallèle au mur de fond, non pas au portique voisin ?... N'étaient pas non plus très heureuses les dimensions des diverses chambres, toutes trop longues et étroites, si l'on excepte la pièce 5. On allègue la longueur réduite des rondins de thuya utilisés pour le plafonnage. Cette raison, quoique vraisemblable, n'est ni la seule, ni la principale. Rien n'eut empêché les constructeurs, à l'exemple de leurs prédécesseurs latins, de diviser les longues pièces par des cloisons.

                          Ils ont préféré gaspiller la place disponible en établissant des débarras exigus, plus ou moins bizarrement placés. En général, le plan est moins bien conçu que celui de la maison de Saint-Leu.

                          Chacune des trois galeries s'ouvrait sur l'atrium par trois baies, dont les extrêmes étaient voûtées d'un plein centre et la troisième à linteau. Les pièces ne recevaient la lumière que par leurs portes. Deux des chambres du rez-de-chaussée étaient cependant réduites de toute la hauteur d'un entresol, celui-ci délicatement éclairé de fenêtres à arcs géminés. En résumé et sans entrer dans des détails, cette description montre suffisamment que le type de la maisons nord-africaine était fixé dès le XIV° siècle. La Maison Mérinide décrite par M. Alfred Bel dans ses inscriptions arabes de Fez a été démolie après tant d'autres de son espèce. Elle présentait de merveilleux détails de décoration dont rend compte notre photographie.


                          Alger.

                   Nous arrivons au XV° siècle, aux temps modernes. Les villes littorales du Maghreb se livrent déjà à la piraterie.

                          Certaines se font ainsi conquérir par les Européens, en particulier par les Espagnols ; Alger seul leur échappe : un moment le Penon, îlot fortifié du large, tient la ville sous la menace de ses canons.

                          Pour se défendre contre les chrétiens, les Algérois se livrent aux corsaires turcs : l'un de ceux-ci, Khair-eddine, le fameux Barberousse des auteurs chrétiens, ayant offert son hommage au sultan de Constantinople, fait de l'Algérie une province turque...

                          C'est à partir de cette époque que se construisirent les maisons dites Mauresques, qu'il serait plus exact de dénommer maisons algériennes de l'époque turque.

UN PARADOXE ARCHITECTURAL

                          Les conditions dans lesquelles va se développer l'architecture turque d'Alger sont tout à fait spéciales. Sil faut s'étonner de quelque chose, ce n'est pas de ce que cette architecture soit restée figée, c'est qu'elle ait pu naître et produire des œuvres curieuses.

                          Art turc ?

                          Les Turcs, qui venaient d'entrer en scène, qui désormais allaient soumettre le pays au joug de leurs janissaires, étaient le peuple le moins artiste, le moins apte à la construction qu'il soit possible de rêver. Ils ont eu au moins le talent d'employer les talents d'autrui. En Asie, ils font leur l'architecture persane ; en Europe ils n'attendent pas d'avoir conquis Constantinople pour s'inspirer de l'art byzantin. Art persan, art byzantin ! ceux-là même qui ont déterminé l'art arabe ! Les Turcs n'ont rien à inventer, rien à créer. Qu'ils laissent subsister seulement l'architecture locale !

                          Malheureusement ils ne s'en contenteront qu'à demi. Les Turcs, non pas seulement d'Alger mais de tout l'empire Seldjoukide, après avoir déduit des inspirations persanes et byzantines tout ce qu'elles comportaient et construit des édifices intéressants, se sont laissés, suivant l'expression de M. Saladin, corrompre le goût par un faux rococo italien. Sur une architecture en somme naturelle et logique, vont se greffer des formes étrangères. Une tendance aussi fâcheuse sera naturellement beaucoup plus forte à Alger qu'aux environs de Constantinople.

                          Le milieu social.

                          Et l'art local, si proche de l'art andalou, va s'abâtardir en Algérie beaucoup plus vite qu'en Tunisie ou au Maroc.
                          Débarrassée d'une littérature facile qui fut byronienne et n'est plus que feuilletonesque, la société barbaresque s'avère un mauvais milieu pour une floraison quelconque. Une aristocratie de soudards, janissaires ou autres. En face d'eux et leurs rivaux naturels, les raïs ou patrons corsaires, les uns turcs, les autres renégats, échappés de toutes les pègres méditerranéennes. La piraterie, ancienne forme de la guerre sainte, est devenue la grande industrie nationale. Alger fête chaque razzia ; les négociants, vrais receleurs, troquent esclaves et butins contre des habits ou des victuailles. Un vrai repaire de brigands. Vie intellectuelle nulle. Aucune tradition ancienne. La bêtise des parvenus entant des âmes de forbans.

UN BRIC A BRAC ARCHITECTURAL

                          Architecture ? Les mémoires des raïs ou des janissaires mêlent des souvenirs architecturaux de l'Orient, de cet Orient dont ils viennent, à ceux des richesses d'art qu'ils ont pu piller aux chrétiens.
                          Des terrasses et des coupoles ; des pendules et des fauteuils ! Quand leurs razzias sont terminées, inactifs et vaniteux, hantés d'un besoin de luxe, voire de désirs de beauté, ces riches brigands font construire.
                          A leurs longues heures vides qu'ils peupleront de rêveries, ils élèvent des asiles de repos et de plaisirs. Et comme de justes vengeances menacent leur paix mal acquise, ils demandent à leur logis d'être un refuge à l'épreuve, aux jours des séditions du peuple ou des proscriptions du pacha. Dans la maison qui sera leur, ils voudraient voir toutes les formes, tous les objets qui leur ont plu. Le détail seul les intéresse. Que leur chaut la composition ?
                          Edifiés pour leur plaisir, leurs demeures et leurs sérails sont constitués aux hasards des captures et des caprices. Ici l'imagination populaire évoque des blondes flamandes, des andalouses et des vénitiennes, des orientales et des juives, voire des négresses du Sud. Là se juxtaposent de même les colonnettes italiennes, les céramiques de Delft et les boiseries Louis XV. Ces éléments, les marchands méditerranéens les fourniront, de force ou de gré. Malgré leurs pirateries, on troque avec les Barbaresques ; certaines nations préfèrent même, une fois pour toutes, acheter par des tributs, " par des prestations en nature " le respect de leur pavillon.

                          Des architectes ?

                          Quels artistes se chargeront de la construction ? Nulle part, au cours des siècles, il n'est fait mention d'un architecte indigène vraiment digne de ce nom. Aucune étude systématique n'a été produite. La maison turco-mauresque se construit sans architecte, sous la direction d'un entrepreneur. Nous avons pu voir cette année même s'élever une construction de ce type dans le Sud Constantinois. Un maître de l'œuvre indigène dirigeait la construction.

                          A Alger, il est fait mention de praticiens occidentaux. Dans la ville des corsaires les Européens débarquaient un peu comme leurs marchandises, les uns simples prisonniers, les autres encore hommes libres, venant remplir leurs fonctions. Parmi ceux qui nous intéressent figuraient probablement des ouvriers et des artisans plutôt que de vrais artistes. Dans un pays où les consuls étaient eux-mêmes torturés, il semble que peu de chrétiens devaient aller de leur plein gré. La plupart étaient des esclaves. Si ceux-là taisaient quelques rêves sous les lignes d'architectures, c'étaient des rêves d évasion, de rachat, de liberté. Certes, quelque nostalgie pouvait inciter un français à sculpter une fleur de lys sur le plafond qu'il construisait, ou un italien à graver les armoiries de sa ville. Mais le désir de plaire au maître, d'en obtenir quelque faveur, d'éviter au moins le fouet, occupait plutôt ces captifs...

                          Une architecture, et non pas un art.

                          Et, dès lors, la question se pose ? Quelle architecture originale auraient pu, dans de telles conditions, réaliser les esclaves d'un vaste marché travaillant pour les rêves d'un barbare avec des matériaux d'un peu partout ? On ne saurait parler d'un art. Ce mot s'applique à une création de beauté plus grave, plus vivante, mieux composée. Ici les formes vont changer, nous ne pouvons dire évoluer, suivant les caprices du maître, suivant les hasards des prises. Au XVII° siècle on pillera du style Louis XIV et au XVIII° du Louis XV. Sur un bateau hollandais du style flamand, sur un génois de l'italien...
                          Ce sont de simples détails disparates, anachroniques, tombant de la terre des roumis et s'en chassant dans la construction, comme s'incruste une aérolithe dans la glèbe d'un coin de terre...

                          Quant à cette construction, elle n'évolue pas. Ni les propriétaires, ni les architectes, ni les ouvriers n'aspirent à du changement. Le plan surtout est figé. N'a-t-il pas dans ces grandes lignes plus de vingt siècles d'existence ? Ne convient-il pas au climat, aux mœurs, à la religion ? Ne sommes-nous pas sur la terre de l'immobilité, du moindre effort, de l'attente indéfinie ? Et les formes, pourquoi changeraient-elles ? Celles que l'on sait construire plaisent au maître, par habitude. Si tant est qu'on en soit capable, pourquoi tenter des innovations que paierait la bastonnade ?
                          De la conquête de Barberousse à celle de De Bourmont, on ne peut pas dire vraiment que la maison turco-mauresque ait évolué. On ne peut même pas dire, tant les documents chronologiques font défaut, qu'une différenciation se soit produite entre les maisons urbaines et les maisons rurales, entre les maisons riches et les maisons pauvres. Peut-être ces types étaient-ils fixés dès le début du XVI° siècle.

                          UN PLAN TYPE

                          Tout à l'heure, dans une tournée rapide, nous irons voir, tant à Alger que dans ses environs, les maisons encore existantes. Nous n'aurons garde d'oublier, si quelque document nous en reste, celles que n'a pas respectées notre fameuse civilisation. Ensuite, avec la lenteur de l'arabe et l'attention de l'occidental, nous visiterons la maison-type, plus ou moins imaginaire et synthétique.
                          D'ores et déjà cependant, si même cela nous expose à quelques redites, nous devons en examiner le plan dans ses grandes lignes, ne serait-ce que pour en vérifier la parenté avec les habitations déjà décrites...

                          La planche ci-contre, extraite d'un ancien ouvrage, est extrêmement explicite. Un commentaire, très bref suffira à la compléter.
                          Au rez-de-chaussée : au fond d'une impasse (ou dans un angle rentrant), s'ouvre la porte sur le vestibule ou sqifa ; il y a parfois deux, trois sqifas. On sort de la dernière par une seconde porte toujours latérale sur le patio. Celui-ci est entouré de galeries, ici sur trois côtés, comme à Fez et à Saint-Leu, généralement sur quatre ; galeries à arcades sur colonnes, dont le type s'est fait classique.

                          Les chambres donnent sur les galeries. Les pièces du côté de l'entrée comportent un entresol, formant palier d'escalier et couvrant le fond de l'impasse. Au premier, galeries sur le patio répondant à celles du rez-de-chaussée, une en plus, sur laquelle s'ouvre l'escalier d'accès aux terrasses. Les inscriptions portées sur le plan indiquent que le premier étage est essentiellement réservé à la famille, c'est l'appartement intime ; au rez-de-chaussée logent les serviteurs et s'arrêtent les étrangers.

                          Noter qu'il existe un sous-sol avec buanderie, citerne et puits : l'alimentation en eau est un problème important sous le ciel d'Alger, et ce problème n'est pas trop mal résolu...
                          D'une façon générale si le plan ne révèle pas une grande recherche d'équilibre et d'harmonie, il n'en témoigne pas moins qu'il s'agit d'un type rationnel correspondant parfaitement aux besoins d'une civilisation très particulière.

                          Cette curieuse maison qui donnait rue Porte-Neuve était évidemment du type urbain. A l'échelle de 6 mm. par mètre, qui est celle du plan, elle a environ 10 mètres sur 11. Quoiqu'elle ait appartenu à une famille aisée, on la devine à l'étroit. On pourrait en dire autant de toutes les maisons d'Alger.

                          Deux variantes.

                          A la campagne, où la place leur était moins marchandée, les riches propriétaires pouvaient étendre leurs constructions, leur donner des vues, les grouper autour de cours extérieures toutes différentes des patios et, de vastes jardins diaprés, entourer leurs architectures. Ainsi étaient réalisées des villas.
                          Leur aspect peut être très différent de celui des maisons urbaines ; leur parti reste le même.

PROMENADE ARCHITECTURALE

                          Nous pourrions être, fort embarrassés pour l'effectuer dans le temps. Les renseignements chronologiques font souvent défaut. D'ailleurs, comme nous l'avons vu plus haut, le plan n'a pas évolué, et il est assez peu utile de donner une date aux édifices, si ce n'est à titre documentaire.

                          Souvenirs d'Histoire.

                          Les plus anciennes constructions mauresques civiles dont il reste des vestiges seraient les casernes des Janissaires, édifiées des XI° au XVII° siècles. Des sept qui existaient, deux subsistent en partie et sont devenues le cercle militaire. Les bagnes, célèbres et fort anciens, ont également disparu. M. Murât, notre excellent collaborateur, cite comme antérieur à l'époque turque le palais de Chiobali, attenant à l'ancien bagne du même nom, ou des fouilles seraient fort intéressantes à effectuer. C'est du XVII° siècle que datent les palais de Mami Raïs et d'Hassan Pacha, antérieurs à ceux de l'amiral Pitchiny, d'Ahmed Dey et de Mustapha Pacha, ce dernier de la fin du XIX° siècle.

                          Dans les environs d'Alger, l'ancienne villa Mac Ley, à El-Biar, est une des plus anciennes. Elle appartint au farouche pacha El-Eudj Ali, qui vivait au XVI° siècle et fit emmurer le fameux Geronimo : dans les sous-sols de cette villa on fit la lugubre découverte d'un squelette enchaîné.
                          D'ailleurs, pour ne pas se lancer dans des chronologies fantaisistes, il faut noter que la Ville n'est pas ancienne. Un tremblement de terre a détruit Alger en 1716 et presque tous les édifices postérieurs à cette date.

                          Le Dar es Soltan.

                          Le palais qu'habitaient anciennement les Deys d'Alger, le Dar es Soltan, comprenait des entrepôts, des locaux à usage administratif, le harem et les appartements du Dey, assemblage des plus chaotiques. La partie centrale s'appelait le petit jardin. la Djenina. Elle n'a été démolie qu'assez longtemps après la conquête française et notre figure 7 montre l'aspect de la place du Gouvernement au temps où elle existait encore. La façade manquait peut-être de cachet, mais elle valait bien celle des constructions ultérieures.
                          Subsistent encore aujourd'hui le Secrétariat général du Gouvernement et ce chef-d'œuvre d'architecture turco-mauresque qu'est l'Archevêché.

                          A en croire les descriptions, dont la plus ancienne, celle de Nicolas de Nicolay remonte à 1550, la Djenina comportait deux cours ; la seconde, la plus petite, égayée par un jet d'eau et... trois fois la semaine par les discussions du conseil du Dey.
                          Les séances avaient eu lieu d'abord en plein air : des voûtes vinrent ensuite les protéger des intempéries. D'un des angles, un escalier de bois montait à une longue galerie, pavée de faïences, bordée de colonnes de marbre, rafraîchie d'un jet d'eau tombant sur un vasque octogonale. En ce décor oriental, au fond, sur un siège bas, le pacha était assis.

                          La Qaçba.

                          Comme, malgré tant de solennité, les émeutes pouvaient aller les y chercher, les deys, avec Ali Khodja quittèrent leur ancien palais en 1816 et se transportèrent à la Qaçba. Cette forteresse, curieuse surtout en tant que spécimen de l'architecture militaire, présente cependant des parties fort intéressantes relevant de la construction civile. Tels le harem et les appartements du Dey. La salle d'audience, elle, était établie sous une galerie de la grande cour au-dessous du pavillon du coup d'éventail. Tout cela, en particulier le plus délicieux des patios, a été dégradé par l'occupation militaire. De belles pièces ont été abîmées pour constituer les logements les plus mal commodes. Les albums des anciens graveurs, de Berbrugger, de Lessore et Wyld sont souvent les seuls témoins des élégances passées.

                          Les maisons mauresques d'Alger.

                          Les plus célèbres, outre l'archevêché déjà cité (l'ancien Dâr Aziza bent el bey, Hôtel des Ambassadeurs), sont le Dar-es-Çouf (l'actuel hôtel de la Division), l'hôtel du premier président à la cour d'appel, le Dar el Hamra, (chefferie du génie de la rue Philippe), l'ancien hôtel du préfet, le palais d'Hiver, tous plus ou moins malencontreusement restaurés et adaptés à leur destination nouvelle. Le plus intact est l'ancien palais de Mustapha, l'actuelle Bibliothèque Nationale, que beaucoup de connaisseurs regardent, avec l'Archevêché, comme le type du genre...

                          Le Palais de Constantine.

                          C'est à Constantine qu'il faut aller voir le dernier palais turco-mauresque réellement authentique, le plus vaste également, s'il n'est pas le plus parfait et le plus pur comme style... Malgré quelques influences tunisiennes, il mérite d'être présenté ici, à côté de ses frères algérois...
                          Sa construction n'a pas de légende; mais une histoire tout à fait typique. Nous ne saurons mieux le faire que de citer un texte déjà ancien de M. G. Rey dans l'Algérie Littéraire et Pittoresque (N°48) : El Hadj Ahmed, le dernier et le plus forban des beys de Constantine, accomplissant son pèlerinage à la Mecque avait admiré l'ampleur et le luxe des palais orientaux. De retour à Constantine, il songea bientôt à échanger sa modeste habitation contre une clémence somptueuse qui répondit à son orgueil. Il fallait du terrain? Il déposséda ses voisins sans scrupules. Il fallait des matériaux ? Le Gênois Schiaffino lui en fit parvenir des cargaisons d'Italie. Les marbres, les faïences et les bois durs, débarqués à Bône, puis chargés à dos de chameaux et à dos de mulets étaient péniblement escortés par les indigènes à travers un pays souvent montueux et sans chemins. La construction commença bientôt sans plan d'ensemble, sans idée nette, toujours augmentée, modifiée, enrichie au gré des caprices du maître. Deux maçons (EI-Hajj-el-Jabri), de Constantine et El-Khettabi, kabyle, formés tous deux à Alexandrie et à Tunis, dirigeaient les ouvriers, tous indigènes, recrutés sur place ou dans les environs par le majordome du bey. Momentanément interrompue par l'intervention du dey d'Alger que les plaintes de Constantine contre son bey avait ému, la construction reprit de plus belle en 1830 après notre débarquement. L'espace manquait : on jeta bas des maisons par douzaines, faisant place nette sur une superficie de 5.600 m2. Les matériaux, expédiés à deux reprises d'Italie, étaient insuffisants : le bey pénétra dans les plus riches demeures, arrachant à sa guise les carreaux vernissés et les boiseries, enlevant les portes, déracinant les colonnes, chargeant ses ouvriers des glaces et des panneaux sculptés. A ceux qui subissaient cette spoliation sans prendre un air de joie, il faisait donner la bastonnade...

                          Quant aux plus récalcitrants, ils allaient bientôt du haut de la Kasba porter leurs protestations dans " les cascades du Rhummel". En 1835, au cour d'une fête splendide, de parfums, de lumières et de musiques, on inaugurait pour la foule le féerique palais ; deux ans après nos soldats en ramenaient le bey captif après une tentative de fuite et une lâche abdication...

                          Le texte que nous avons cité est extrêmement curieux ; il appuie les diverses considérations générales exposées dans notre chapitre. " Un paradoxe architectural " sur l'origine des matériaux et de la main-d'œuvre, sur les mobiles des potentats bâtisseurs, sur les caprices de l'exécution et l'absence d'architectes. Nous retrouverons plusieurs fois El Hadj Ahmed et son palais...
                          Celui-ci affecte une forme rectangulaire ; comme le terrain est en pente, on a dû racheter la déclivité en établissant en certains endroits des caves et des écuries. L'ensemble est d'une grande richesse, peut-être plus apparente que réelle. Le kiosque où le bey aimait particulièrement résider fera l'objet d'une mention spéciale. Ce palais, le dernier qu'aient construit les Algériens, n'a pas laissé d'être abîmé par les restaurations et modifications que lui a fait subir l'administration militaire.

                          Les villas algéroises.

                          Nous reviendrons à Alger admirer les villas des corsaires et des janissaires. Autour de la ville blanche, la campagne, couleur vert sombre, était d'une exquise fraîcheur. Notre civilisation l'a enlaidie, l'a fait reculer. Déjà la cité moderne touche de vieilles demeures, jadis perdues dans les jardins. Déjà elle les encercle et les déborde. Une ancienne villa du dey est devenue l'Hôpital Maillot, à Bab-el-Oued, dont on n'a guère respecté que l'actuel pavillon des officiers. A l'autre extrémité d'Alger, se groupent autour du Palais d'Eté, la villa Yousouf, le Bardo et l'orphelinat des Sœurs de Saint Vincent de Paul, la première résidence champêtre du Dey Mustapha, les autres simples dépendances délicieuses il est vrai... Au-dessus du Jardin d'Essai, sur des pentes aux beaux arbres, la villa Abd-el-Tif abrite de jeunes artistes, peintres et sculpteurs, voués à la contemplation de l'Islam.

                          Avec la villa Abd-el-Tif nous avons abordé la verte ceinture d'Alger. Là où ne passent pas encore les grandes routes françaises, serpentent des chemins creux, inégaux et raboteux, cabossés de gros cailloux et souvent creusés de fondrières. Mais comme ils sont frais et charmants, encadrés de hauts talus verts, à l'ombre délicate des oliviers !
                          Entre leurs capricieux méandres s'étendent les vastes jardins, chacun avec sa villa blanche. On voit monter les longs cyprès, et gesticuler dans le ciel les figuiers de barbarie. Ces coins là n'ont pas trop changé ; on y oublie la vie moderne et pour peu qu'on sache rêver, avec quelque littérature on vit celle d'il y a cent ans. Caparaçonnées de tapis, sous leurs harnais frangés de laine et brodés d'or, les grandes mules du raïs s'en vont de leurs pas lents et sûrs ; sur leur dos à califourchon, le Maure, propre comme elles, se laisse gravement porter. Il s'en va rejoindre les femmes qu'il a encagé à sa villa.

                          C'est en effet dans cette délicieuse campagne que les Turcs ont établi leurs demeures. Où pourraient-ils mieux jouir de leurs fortunes mal acquises ? Où pourraient-ils mieux cacher leur harem, a l'abri des murailles blanches et des portes aussi épaisses ?

                          Ces maisons de plaisir, elles méritent bien ce nom, se groupent dans une région que les premiers colonisateurs avaient appelée la zone des Fahs. M. Murât en a dressé une liste fort intéressante ; nous la donnons ci-dessous dans sa presque intégralité.
                          Au pays qui porte son nom, une villa du Dey Hussein fut occupée après la conquête par le consul d'Angleterre. A Mustapha-Supérieur, outre les palais déjà mentionnés, signalons la Villa des Arcades et la Villa Mahieddin, toutes deux pieusement conservées par leurs occupants à l'admiration des visiteurs ; signalons aussi Djenan-el-Muphti, Mustapha Kodja, Ksel-el-Haud et Kessi-el-Djiloua. Près de Birkadem, Kail-el-Bab, Khasna Dar ; à Kouba, Bou Derbah, Djenan Chaouch.

                          Remarquons, avant d'aller plus loin, que ces maisons de campagne portaient le nom de Djenan, jardin. Le jardin était l'essentiel, c'était lui le lieu de repos, de rêverie. La villa n'en était au fond qu'une essentielle commodité.

                          C'est la campagne d'El-Biar qui est probablement la plus riche en délicieuses villas. En quête d'inspirations pour notre présente étude, nous y avons fait au seuil du printemps la plus charmante des promenades. Aux coudes des chemins tordus, se dressent, coupant les haies ; des portes mauresques. Sur les piédroits, à hauteur du heurtoir, se lisent des noms de riches demeures ; mais celles-ci sont bien cachées, on n'aperçoit que des jardins, une nappe d'eau miroitante... Plus loin la belle au bois dormant a bien voulu laisser abattre ses murailles enchantées ; une allée, assez sinueuse, conduit à une cour ombrée ; un bijou architectural se révèle ; des murs sertis de carreaux aux tons métalliques ; une exquise composition d'un perron et de fleurs grimpantes. Tels sont les " jardins des corsaires ", les villas Dar-el-Raïs, Ben Sakhdoun, de Bourmont, Djenan Ali Raïs, Djenan Raïs Hamidou...

                          Celle-ci eut son raïs tué en 1815 ; elle appartenait en 1830 au ministre des finances du Beylick. Elle est plutôt connue sous le nom de Villa du Traité. " En réalité, dit M. Esquer, il n'y eut pas de traité mais une capitulation dont les termes furent arrêtés par Bourmont et les officiers généraux de l'armée, en plein air, sur un terrain à gauche de la route qui va de Sidi-Ferruch à Alger.
                          A El-Biar également, la villa Mac Ley, dont nous avons parlé, comportait une grande cage couvrant un jardin fermé ; c'était là que le noble turc mettait à l'abri ses femmes.

                          Sur les pentes de la Bouzaréa se groupaient les consulats de France, de Belgique, des Etats-Unis, de Naples, d'Angleterre, cependant que Mustapha comptait ceux de Suède, d'Espagne et du Danemark. On peut encore mentionner les villas de Ben Dran, Djenan ben el Dabek, Bir es Sbil, Ben Zaheut, Djenan Mufti, l'Ecole Normale, Mustapha Reis, la Maison des Pirates, la Villa d'Hydra. Toutes, ou à peu près toutes, se cachent loin des regards dans des replis de terrain. Seule la villa Santerre, ainsi appelée du nom de ses propriétaires actuels, a eu la franchise rare de se camper sur une crête, devant une vue magnifique.

LA MAISON DU PACHA

                          Sans aucune intention romanesque, nous allons la visiter. C'est à peu près celle de la rue de l'Etat-Major, corrigée sur certains points par des références aux autres. Nous n'évoquerons ni les coupeurs de tête, ni les belles prisonnières languissant loin de leurs patries, ni les potentats barbaresques filant leurs rêves en fumées.

                          Ruelles.

                          Nous suivons l'étroite ruelle, obscurcie d'encorbellements. Tout alignement inconnu ; un mur ne parvient même pas à s'aligner sur lui-même ; il se gauchit dans tous les sens. Il fut blanchi ; il est grisâtre. D'étroites fenêtres le trouent, quadrillées de grilles solides, soulignées d'une pierre plate, surmontées d'une autre, en auvent.

                          Les encorbellements se signalent ; quelques moulures robustes au profil souvent élégant les soutiennent au départ du mur ; la partie la plus avancée porte sur des jambes de force, de simples rondins de thuya, qui vont s'encastrer de guingois un peu plus bas. Les cartes postales pour touristes ont présenté ces béquilles sous leurs airs les plus pittoresques. Nous avons préféré donner des façades plus dégagées et fort hardies pour des mauresques.

                          La plupart des rues, au contraire, se resserrent à l'excès ; les plus timides se couvrent même. On s'en va sous les berceaux ou sous les voûtes d'arête. Les étages supérieurs n'admettent pas même la place que laissent les rez-de-chaussées aux circulations extérieures...

                          La porte de la maison.

                          La seule joie, la seule animation de ces façades moroses est la porte d'entrée. Celle-ci semble annoncer, encore que timidement, sous la pauvreté affectée le luxe de l'intérieur... Elle se méfie encore ; nous l'avons trouvée d'ordinaire à la pointe d'un angle rentrant. Elle se réserve, aux jours d'émeute, de s'ouvrir aux défenseurs intérieurs, de laisser prendre à leurs fusils les assaillants d'enfilade. Et de fait, que raconte-t-on ? Dans les annales de la ville il n'y aurait pas eu de maison forcée par la populace...
                          Nous avons frappé sous l'auvent ; la porte nous a observé, examiné par ses judas. Puis elle a tourné sur ses gonds. Nous voici dans le vestibule.

                          Les " sqifas "

                          Ce vestibule est une salle petite et carrée, que les arabes nomment sqifa. Dans l'épaisseur -
                          Considérable - de l'un des murs latéraux s'enfoncent des sortes de niches, sur des banquettes de marbre, deux banquettes, rarement quatre. Là s'asseyaient autrefois le janissaire qui faisait office de portier et le mameluk de garde. Malgré ces farouches personnages, la salle est toute charmante, avec ses céramiques sans patrie et les doubles colonnettes torses qui isolent prudemment chaque banquette de ses voisines.

                          Les habitations un peu riches comportaient au moins deux sqifas. Entre la première et la seconde, en face de la porte d'entrée, une autre porte s'ouvrait. Elle opposait aux indiscrets le même aspect rébarbatif, encore qu'un peu adouci, les mêmes moyens de défense.
                          On entrait après cette porte dans iL squifa-el-kebira, dans la seconde sqifa.

                          De tels vestibules existaient déjà dans les maisons gréco-latines. Leur nombre pouvait varier de un, comme dans la plupart des cas, à trois dans certains palais de l'époque hellénistique. C'était là que les patriciens allaient recevoir leurs clients. Une fois de plus les Arabes se sont inspirés des romains. La sqifa était avant tout un salon de réception...

                          Des sqifas on parle déjà dans les poèmes homériques : le nom qui la désignait veut dire " exposée au soleil " et démontre qu'il s'agissait d'une enceinte découverte. Dans les maisons arabes, la seconde sqifa était également découverte, au moins en partie ; la première plus rarement. Cette disposition permettait d'y établir un courant d'air qu'un jet d'eau venait encore rafraîchir.
                          La partie couverte était voûtée, le plus souvent en voûtes d'arête. Aux sommets de celles-ci étaient fixés des anneaux, auxquels on suspendait des lampes.

                          Les visiteurs s'asseyaient dans ces niches que nous avons déjà signalées. Séparées par des gros piliers comme à la Sqifa de la Djenina, voire par des colonnettes, comme en la plupart des sqifas, ces niches n'en formaient pas moins de véritables isoloirs. Elles ne sont plus dans les vestibules que de pittoresques détails architecturaux. Sur leurs colonnes jumelées portent les arcs les plus curieux. Au-dessus d'eux, sur tout le périmètre de la salle, se déroule une bande de carreaux de faïence, " la ceinture, disent les Arabes ". Une autre bande, de même nature, en descend vers chaque colonne ; son nom arabe l'assimile à la boucle de cheveux qui pend sur la joue d'une femme. Le dessin de ces carreaux complète admirablement la composition décorative.


                          Les banquettes ou " dekaken " recouvraient leurs sièges de marbre de nattes ou de coussins ; elles étaient affectées aux visiteurs ordinaires, amis ou solliciteurs, " clientèle " au sens romain. Ceux qu'on tenait à honorer s'asseyaient au fond de la salle, sous le portique à trois arcades. Détail curieux à noter : le nom local de ce dernier est " estouana ", du grec " stoa ", et, en arabe classique, il désigne les stoïciens ou philosophes du " portique ".

                          Sur la grande sqifa donnait " l'endroit retiré d'où l'on repousse quelque chose " : Macraia (la langue arabe pareille au Turc de Molière " dit beaucoup en peu de paroles "). La macraia en question était une loge très obscure où un nouveau gardien se cachait et se voyait d'autant moins qu'il était nègre. Celui-là n'entrait pas dans la maison, mais il surveillait les allées et venues au seuil de la porte-intime.

                          Autre précaution : au palais d'Hassan Pacha, se trouve pratiquée dans une paroi de la petite sqifa une ouverture d'un mètre carré environ fermée d'une grille de fer forgé et recouverte par une tenture.
                          Ladite porte s'ouvrait sur un côté, le portique occupant le mur de fond. Elle donnait accès aux appartements privés. Seuls la franchissaient les proches parents et seulement dans des circonstances solennelles.

                          Par exception, le palais de Mustapha comportait une troisième sqifa. Quel luxe de précautions ? Le propriétaire, il est vrai, avait des raisons de se méfier. Ancien charbonnier, puis balayeur de la porte de l'Oukel el Hadj, Baba Mustapha, c'était son nom, devint khaznadji puis dey d'Alger en 1798. Son élévation au pouvoir fut une opération financière, d'un cachet très roman moderne, réalisée par deux juifs, Vaphtali Busnash et Joseph Bacri. Mustapha ne fut que leur homme de paille.
                          Il se prêta à toutes leurs spéculations, à toutes leurs déprédations. Brutal et cupide, mais peureux jusqu'à la folie, se sentant très impopulaire, il ne pensait qu'à se cacher. Ce fut peine perdue pour lui. Il fut balayé par une émeute antisémite au cours de laquelle cinquante juifs furent massacrés...

                          Mais au point où nous en sommes, les échos des vues et des séditions cessent de nous parvenir. Après les portes armées, celle-ci est sans méfiance. Nous allons être enveloppés de l'intimité du patio.

                          Le centre de la maison.

                          La délicieuse cour intérieure, ce qui frappe et plaît entre tout dans l'habitation mauresque, c'est le patio des demeures espagnoles, carrée ou rectangulaire. Elle porte le nom caractéristique de : wast ed dar : centre de la maison. Autour d'elle en effet tournent les portiques de promenade, se groupent les pièces d'habitation. Autour d'elle s'agite la vie domestique. Son origine, nous l'avons vu, semble remonter à l'Egypte. Toutes les architectures méditerranéennes la prévoient. Rome lui donne sa constitution définitive. Tous les palais sarrazins, la maison Mérinide enfin lui subordonnent leur composition interne. Il ne s'agit d'ailleurs pas d'une conception indigène : les maisons kabyles par exemple ont un plan tout différent...

                          L'aspect d'un patio est familier à tous les algériens. Tous connaissent les encadrements d'arcades outrepassées, sur colonnes généralement torses, qui donnent tant de grâce à ces cours intérieures ; tous connaissent la fraîcheur qu'évoquent par leur seul aspect les galeries du pourtour. Les arcs en portent les plafonds. La même disposition se retrouve au premier étage ; des balustrades de bois ajouré courent de colonne à. colonne. Généralement le patio est découvert : il sert à l'aération des pièces ; au Bardo une disposition exceptionnelle fait donner ces dernières, au premier étage, sur une salle à coupole (fig.. 40.) qui constitue un véritable patio couvert.

                          La cour carrée proprement dite était presque toujours ornée d'une fontaine avec jet d'eau. Une fraîcheur délicieuse, une chanson de berceuse, baignait ainsi " le centre de la maison ".
                          Aucun bruit ne venait du dehors. La lumière et la chaleur ne pénétraient qu'adoucies. Là s'écoulait la vie intime; le maître seul y avait accès, par exception, les parents proches, en de très grandes circonstances, naissance, circoncision, mariage. C'était là que les femmes, dans leurs longues heures de désœuvrement, tissaient les étoffes merveilleuses et brodaient d'arabesques les haïks.
                          Quand il faisait particulièrement chaud, que les rayons solaires tombant d'aplomb projetaient sur les carreaux des plages trop crues de lumière on tendait un vélum sur les terrasses. Usage très ancien en Orient, dont les livres saints des chrétiens font mention à plusieurs reprises et qu'ont pu porter les sémites de leurs pays d'origine...

                          Parfois au lieu du vélum ce sont des plantes grimpantes étendues sur des tonnelles qui enchantent le patio des ombrages et des parfums de leurs fleurs. Telle au palais de la Casba cette cour aujourd'hui détruite dont une vieille gravure évoque la beauté finie. Deux fontaines aux larges vasques s empanachent de leurs jets. Sur le grand bassin encadré de portiques...
la gerbe épanouie
en mille fleurs
tombe comme une pluie
de larges fleurs...

                          Les pétales tombent aussi. Les Maures parlent, fument et passent. Nonchaloir oriental. Sous une porte à arceau un serviteur noir s'éloigne portant un plateau dans les mains. Nous allons suivre ses traces vers les pièces d'habitation...

                          Intérieurs mauresques.

                          A chaque étage, en général, quatre pièces, longues et étroites, donnent sur les galeries du patio. Dans certains cas, à l'Archevêché, comme à la Maison Mérinide, la hauteur du rez-de-chaussée est divisée en deux et des salles, formant l'entresol, prennent jour par des fenêtres au-dessous du plafond des galeries. Une grande porte à deux battants et quelquefois des fenêtres carrées, barraudées, donnent le jour aux diverses chambres ; des " claustras " en plâtre ajouré, pratiquées au-dessus de la porte, contribuent à leur aération. La largeur ne dépasse guère deux mètres cinquante ; elle peut être commandée en partie par la longueur maxima des rondins de thuya qui soutiennent le plafond, mais résulte tout aussi bien du plan général et des habitudes de vivre des usagers.

                          Certaines parties de ces véritables nefs, parties que l'on pourrait presque assimiler à des travées, sont voûtées de coupoles souvent fort belles. Les extrémités sont de même isolées par des arcs et, derrière des tentures, peuvent former au besoin des alcôves, des réduits...
                          Les chambres ne sont généralement pas tout à fait rectangulaires. Dans la plupart des cas on peut, à juste titre, les appeler des pièces en T, la barre supérieure de la lettre formant un des côtés du patio, la barre médiane étant l'axe d'un renforcement en face de la porte d'entrée. Cet enfoncement, le plus souvent peu profond, voûté d'une simple arcature, est muni d'une banquette qui occupe tout : sa largeur. C'est là tout naturellement la place d'honneur où peut trôner le maître, s'asseoir la maîtresse de maison. Il constitue d'autres fois une alcôve assez profonde.

                          L'origine en est certainement lointaine. Cet enfoncement se retrouve au Maroc où il s'appelle bahou, en Tunisie, et à Constantine où il porte le nom de qabou et présente plus de profondeur. Dans les constructions abbassides de Samara il s'hypertrophie au point d'être plus grand que la salle ! Il affecte les habitations toulounides du vieux Caire. Sa trace pourrait être cherchée jusqu'au-delà de la Grèce, en Egypte et en Mésopotamie.

                          Compliqué de défoncements au bout des salles, il a donné à d'étranges géométrisations sur plans, par exemple à de curieux tracés cruciformes.

                          Des fenêtres grillées, une ou trois, percent les murs de ces recoins. Elles se révèlent sur la façade des maisons urbaines par des saillies et des grilles, sur celle des villas par des décrochements d'avant corps. Nous ne faisons, pour le moment, qu'indiquer ces conséquences, nous y reviendrons plus loin...

                          L'ameublement de telles pièces se composait surtout de tapis, de coussins, de tables naines, d'étagères enluminées, sans parler de maints bibelots qui faisaient d'un intérieur turc, à l'époque de la conquête, le plus amusant des bazars. Des lustres à cristaux vénitien pendaient du milieu des pièces.

                          Les distingués érudits que sont M. Marçais et notre excellent collaborateur M. Dessus-Lamare, aidés par M. Fabre, peintre amateur de talent, ont réalisé au Bardo, une reconstitution très scrupuleuse d'un salon de réception mauresque. Une visiteuse du meilleur monde est venue rendre visite aux deux maîtresses de maison ; on cause ; on boit du café dans de minuscules petites tasses, on croque des pâtisseries. Une négresse sert ces dames. Celles de la maison sont installées sur leur divan, dans le fameux renforcement de la pièce en T. Par la fenêtre grillée, la vue est si belle sur la campagne !
                          L'amie s'est assise sur les beaux tapis épais ; sur eux traîne à grands plis carrés le velours violet de son manteau. Vous avez déjà reconnu le tableau de Delacroix : " Femmes d'Alger ".


                          Les détails sont des plus curieux, toutes les pièces du Musée. Entre le divan et la fenêtre, un haïti jaune et marron, orné d'arcades et de nierions, épouse la ligne du mur. A gauche de l'entrée, tout au fond, se dresse un superbe lit d'apparat, à colonnes, tout doré, du plus mauvais goût italien. Il en est d'autres de tous styles, de bois sculpté, de fer forgé. Ils ne servent qu'à des parades dans les grandes occasions. Les Turcs aiment mieux d'ordinaire coucher sur des matelas, près du sol, très probablement pour s'épargner les escalades.. Comme autres meubles, des coffres à habits et à bijoux, des petites armoires d'écaillé, des étagères aux couleurs criardes comme les menuisiers indigènes en vendent encore à leurs clients, un petit métier à broder.
                          Une glace, triple suivant la règle. Une guitare à huit cordes. Une de ces pendules européennes dont la vie des dames mauresques aurait pu fort bien se passer, mais qu'on prisait fort néanmoins. Des fioles à eau de rose, des verreries de bohème... et, sous un globe de verre, l'artificiel bouquet criard que nos grands-mères provinciales installaient sur leurs cheminées. A l'extérieur d'une fenêtre une cage est suspendue ; un petit oiseau y est captif, à peine plus que ces femmes dans leur prison hétéroclite d'ennui, de plaisir et d'or...
                          Tout ce luxe biscornu dégage de la tristesse. Les premiers visiteurs d'El Djezaïr semblent avoir eu une toute autre impression. Etait-ce l'enchantement d'un exotisme découvert, en un temps où le romantisme exaspérait le goût de la couleur locale, orientale surtout ? Une description de Lessore et Wild dans leur album justement célèbre reflète cette fraîcheur de première vue ; elle nous permet aussi d'évoquer un autre genre de pièce : la salle à manger après le salon.

                          La salle est une des plus belles qui existent à Alger ; le plafond surtout en est sculpté avec un goût admirable. Les ornements en relief sont dorés et peints avec soin et les parois de la muraille revêtues de faïences élégantes. C'est la salle des repas.
                          Au fond se trouve une petite pièce et une petite galerie de bois où l'on dépose les fruits, la menue vaisselle et les instruments de table... peu nombreux... quelques plats, des cuillers en bois, quelquefois en ivoire, une cruche remplie d'eau. La table, qui est ronde et souvent en métal, ne s'élève qu'à un pied de terre. La famille s'accroupit à l'entour et puise sans cérémonie avec les doigts dans le plat.
                          Les mets sont apprêtés avec beaucoup de sucre, d'épices et d'essence de rose ou de jasmin : les plus célèbres sont le pillau et le couscoussou (sic). Le pillau est une espèce de pudding mêlé de bœuf et de mouton salé. Le couscoussou se compose de viandes et de légumes de toutes sortes cuits à la vapeur, du riz et des épices : c'est le mets le plus distingué qu'un algérien offre à ses hôtes, aux jours de fêtes ou lorsqu'il fait l'honneur à des étrangers de les admettre à sa table ; dans ce cas les femmes se retirent dans leurs appartements, où elles donnent souvent aussi des repas aux personnes de leur sexe. La cuisine algérienne possède encore des pâtisseries apprêtées, assaisonnées et parfumées de vingt manières différentes. Ces pâtisseries se servent sur des petits plats ornés de roses et de fleurs, quelquefois de petites bougies allumées.
A SUIVRE              


SE TROMPER D'ADRESSE E-MAIL...
Envoyé par Christian
Voilà ce qui arrive lorsque l'on se trompe d'adresse e-mail ...
       Un couple de parisiens décide de partir en week-end à la plage et de descendre au même hôtel qu'il y a 20 ans, lors de leur lune de miel.
       Mais, au dernier moment, à cause d'un problème au travail, la femme ne peut pas prendre son jeudi. Il est donc décidé que le mari prendrait l'avion le jeudi, et sa femme le lendemain
       L'homme arrive comme prévu et après avoir loué la chambre d'hôtel, il se rend compte que dans la chambre, il y a un ordinateur avec connexion Internet. Il décide alors d'envoyer un courrier à sa femme .
       Mais il se trompe en écrivant l'adresse
       C'est ainsi qu'à Perpignan, une veuve qui vient de rentrer des funérailles de son mari mort d'une crise cardiaque reçoit l'e-mail.
       La veuve consulte sa boîte aux lettres électronique pour voir s'il n'y a pas de messages de la famille ou des amis. C'est ainsi qu'à la lecture du premier d'entre eux, elle s'évanouit.
       Son fils entre dans la chambre et trouve sa mère allongée sur le sol, sans connaissance, au pied de l'ordinateur.
       Sur l'écran, on peut lire le message suivant :
       À mon épouse bien-aimée,
       Je suis bien arrivé. Tu seras certainement surprise de recevoir de mes nouvelles maintenant et de cette manière.
       Ici, ils ont des ordinateurs et tu peux envoyer des messages à ceux que tu aimes.Je viens d'arriver et j'ai vérifié que tout était prêt pour ton arrivée, demain vendredi. J'ai hâte de te revoir . J'espère que ton voyage se passera aussi bien que s'est passé le mien. P.S.: Il n'est pas nécessaire que tu apportes beaucoup de vêtements : il fait une chaleur d'enfer ici !

LA REPENTANCE
Par M.José CASTANO,

« En un siècle, à force de bras, les colons ont, d’un marécage infernal, mitonné un paradis lumineux. Seul, l’amour pouvait oser pareil défi… Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous, qui sommes ses enfants » - (Boualem Sansal – 2002)

       Au fil des générations, nos hommes politiques et les médias qui les soutiennent, n’ont eu de cesse de cultiver le mythe de la culpabilité nationale : Colonisation… Repentance… Soumission… ignorant, comme le disait Charles Péguy, « qu’il y a des contritions plus sales que les péchés ». C’est pourquoi, le « remords » aidant, ils s’interdisent (et nos magistrats avec eux) toute action systématique de reconduite à la frontière qui pourrait être interprétée par le lobby pro-immigrationniste comme un acte raciste… Et de cette façon, la misère s’ajoute à la misère… et déjà dans ce pays, la démocratie ipso facto repose sur la cosmopolite reconnaissance du peuple français à disparaître inéluctablement. Ainsi, inexorablement, toutes les traditions historiques qui ont fait la grandeur de la France sont en train de se dissoudre dans un pluralisme qui admet tout et comprend tout et qui n’est que trop voisin de la lâcheté pure et simple. Elle agit, cette France-là, comme si elle n’était plus intéressée à maintenir sa position dans le monde. Elle s’accuse elle-même et se déclare honteuse de son passé guerrier, impérialiste et colonialiste, oubliant toutefois que le passé des autres nations n’est ni plus paisible, ni plus vertueux…

       Dénigrer l’histoire de son pays, de son passé, sa grandeur et le sacrifice de ses aînés est un acte criminel. Nous n’avons pas à tronquer notre histoire pour faire plaisir à telle minorité, telle association au « cœur sur la main » ou tel parti politique. « Dans cette rumination morose, les nations européennes oublient qu’elles, et elles seules, ont fait l’effort de surmonter leur barbarie pour la penser et s’en affranchir » écrivait Pascal Bruckner. Que ceux qui s’adonnent à ce type d’autoflagellation jouissive n’oublient pas cette mise en garde de Henri de Montherlant : « Qui a ouvert l’égout périra par l’égout. »
       Ce dénigrement perpétuel de la France et de son passé colonial par nos « bien pensants », martyrocrates de profession, faussaires de l’antiracisme, est le pire danger auquel elle est confrontée. L’historien Max Gallo, dans son essai « Fier d’être Français », déclare : « Il faut bien que quelqu’un monte sur le ring et dise : “Je suis fier d’être français”. Qu’il réponde à ceux qui condamnent la France pour ce qu’elle fut, ce qu’elle est, ce qu’elle sera : une criminelle devenue vieillerie décadente. […] Ils exigent que la France reconnaisse qu'elle les opprime, qu'elle les torture, qu'elle les massacre. Seule coupable ! Pas de héros dans ce pays ! Renversons les statues, déchirons les légendes. Célébrons Trafalgar et Waterloo et renions Austerlitz ! Ils veulent que la France s’agenouille, baisse la tête, avoue, fasse repentance, reconnaisse ses crimes et, tondue, en robe de bure, se laisse couvrir d’insultes, de crachats, heureuse qu’on ne la “nique” qu’en chanson et qu’on ne la brûle que symboliquement chaque nuit ! Il est temps de redresser la tête, de hausser la voix, de monter sur le ring… et de boxer à la française ! »

       Et Malika Sorel, française d’origine algérienne, de renchérir : «Au Maghreb, les gens sont consternés par ce qui se passe en France. Pour eux, la situation est liée à cette « repentance » et la responsabilité en incombe aux adultes français qui passent leur temps à se prosterner et être à genoux…»
       - Repentance ! C’est un mot que les Français commencent à connaître tant ils l’entendent ! Celui-ci désigne la manifestation publique du sentiment personnel qu’est le repentir pour une faute que l’on affirme avoir commise et dont on demande le pardon.
       - Pardon ! Mais quelle faute a bien pu commettre la France pour demander pardon ? Et à qui ? Pardon d’avoir un passé colonial ? Mais, Messieurs les détracteurs, le colonialisme que vous décriez, la main sur le cœur aujourd’hui, n’est rien d’autre que ce phénomène qui a poussé l’Occident à partager l’essentiel de son avance technique avec le reste du monde qui ne l’avait même pas entrevue. L’entreprise s’est accompagnée de souffrances, certes, mais il n’est pas d’aventure humaine qui ne s’accompagne de ce douloureux cortège… Il est le prix de sueur et de sang qu’il faut payer, mais le bilan est positif. J’en appelle à tous ceux qui ont atterri dans une colonie soumise à la loi et aux méthodes de l’Occident. Le changement de tableau est subit. Des récifs, elle a fait des ports ; de la poussière et des marais, elle a édifié des villes ; dans cet air embrasé, elle a fait pousser des feuillages et des jardins. Quand un contraste crie, il faut l’entendre, et ce serait être apocryphe en nature humaine, en morale pure, que de ne pas comprendre la puissance occidentale.

       Voyez donc, en exemple, ce qu’est devenue l’Algérie en un siècle seulement de colonisation... Au départ des Européens en 1962, les terres arables et fertiles ont été gagnées sur le désert et sur les marais au prix de tant de tombes qui jalonnent l’Afrique du Nord que le terme même de « colonisation » est aujourd’hui dépassé. Comment oublier que ce sont les premiers Européens (les pères de ces enfants qui ont été chassés) qui ont asséché les marais, ensemencé les maquis, transformé les douars, les casbahs, les repaires de pirates en paisibles villages, en cités prospères, en ports dignes de ce nom, bâti les écoles, les universités et les hôpitaux, tracé les routes et édifié les ponts, chassé la maladie, la famine, fait jaillir des pierres la vigne généreuse et les orangers ? Comment oublier que c’est la France, et elle seule, qui a fait gicler du sable du désert le pétrole et le gaz ? Et c’est pour toutes ces réalisations qu’il faudrait demander pardon ? A cela, qu’ont opposé les révolutionnaires ?... La révolte, le terrorisme, l’abomination et pour finir, la dilapidation de l’héritage « colonial ».
       Avant que la France ne vienne dans ce pays, les autochtones jouissaient-ils de toutes ces réalisations ? Les avaient-ils réalisées ? La France les en avait-t-elle privées ? La réponse est NON ! Et ce qu’ils n’ont pas su faire eux-mêmes en tant de siècles, voici qu’ils se l’approprient aujourd’hui et qu’ils accusent la France de n’avoir rien fait pour eux en 132 ans… Dès lors, les voix des apparatchiks du FLN, au pouvoir depuis 1962, conscients de leur responsabilité dans la misère qui frappe le peuple, n’ont de cesse de façonner les esprits en utilisant invariablement ce même refrain, vieux d’un demi siècle, qui répète sans cesse que les Français sont des ravisseurs et des bourreaux, qu’ils ont dévasté par le fer et par le feu la patrie algérienne en pillant ses richesses et exigent aujourd’hui réparation et repentance.

       Dans les livres d’histoire, écoliers et étudiants retiennent de l’armée française, qu’elle ne s’est strictement et uniquement livrée qu’à des exactions envers la population civile algérienne. C’est proprement odieux ! A l’inverse, rien n’apparaît sur les bienfaits de la Pacification et sur le bien-être que cette armée-là a apporté à l’homme du Bled. Sur les réalisations précitées, rien n’est mentionné. L’Histoire de l’Algérie rapportée par les livres est une Histoire tronquée, falsifiée, vide de toute vérité vraie et injurieuse vis-à-vis de ces milliers d’hommes et de femmes, Européens et Musulmans, qui ont œuvré de concert pour sortir ce pays du cadre moyenâgeux qui était le sien en 1830. Et il se trouve des Français pour soutenir les thèses diffamatoires du FLN !... des nigauds de naissance, champions des « droits de l’homme », de « l’antiracisme » et de « l’antifrance » qui demandent à grands cris la « révision des livres d’histoire ».
       « Rien n’est plus dangereux au monde que la véritable ignorance et la stupidité consciencieuse » a écrit Martin Luther King…

       Dès lors, que peuvent bien retenir les jeunes enfants dès leur scolarité ? Une histoire de France faite d’intolérance, d’inégalités, de compassion excessive, de récriminations et d’accusations qui ne manqueront pas de marquer à jamais leur esprit et d’entacher durablement l’image qu’ils se feront désormais de leur pays. « Vous tenez en vos mains, l’intelligence et l’âme des enfants. Vous êtes responsables de la Patrie. Les enfants qui vous sont confiés… ils sont Français et ils doivent connaître la France, sa géographie, son histoire : son corps et son âme », déclarait Jean Jaurès… ce que dénia Jacques Chirac en interdisant les cérémonies en mémoire de l’Empereur Napoléon Bonaparte au nom du complexe des conquêtes des siècles passés…

       Quant aux immigrés, comment les encourager à s’intégrer à une nation qui n’a de cesse de culpabiliser et de se mépriser elle-même ? Dans le journal « Le Monde » du 21 janvier 1992, Michel Serres suppliait les journalistes : « Si vous pouviez… de temps en temps dire un peu de bien de la France ! » Et en 1947, déjà, Raymond Aron déclarait : « La vanité française consiste à se reprocher toutes les fautes sauf la faute décisive : La paresse de la pensée ».
       « Je vous laisse deviner ce qui se passe lorsqu’un peuple estime que ses élites ne le représentent plus, ne défendent plus son identité, ne défendent plus ce qu’il est, eh bien l’étape suivante, c’est que le peuple reprend son destin en main » a lancé, en guise d’avertissement, Malika Sorel.
       Quant aux adeptes de la « repentance » et de l’anticolonialisme, ils devraient s’inspirer de cette cinglante leçon d’histoire que nous donne Walter Williams, Africain-Américain et professeur d’économie à l’université George Mason de Virginie (Etats-Unis) : « Peut-être que votre professeur d’économie vous a enseigné que la pauvreté du Tiers-Monde est l’héritage de la colonisation. Quel non-sens ! Le Canada a été une colonie, comme l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou Hong-Kong. En fait le pays le plus riche du monde, les Etats-Unis, fut jadis une colonie. Par contraste, l’Ethiopie, le Liberia, le Tibet, le Sikkim, le Népal et le Bhoutan ne furent jamais colonisés et pourtant ils abritent les populations les plus pauvres du monde… » Mortifiant sujet de réflexion…
José CASTANO       
e-mail : joseph.castano0508@orange.fr
- « Je n'ai jamais entendu un musulman présenter ses excuses pour avoir occupé l'Espagne pendant huit siècles » - (José-Maria Aznar, ancien chef du gouvernement espagnol – Journal « Jeune Afrique » du 1er octobre 2006)


EPIPHANIE
Par M. Hugues Jolivet

M. H. Jolivet

        Question Radio Trottoir : "Qu'est ce que l'Epiphanie ?"
         Moins d'un passant sur deux donnera la réponse,
         Et l'autre accusant de semer la zizanie,
         Avec cette question totalement absconse !
               Par contre, si l'on demande : "Connais tu les Rois Mages ?"
               Les réponses fuseront, déviant vers "La Galette"
               Qu'on déguste en famille, au travail, au Village,
               Celui qui prend la fève, porté sur la sellette !
         Futur Evêque de Gênes, Jacques de Voragine
         Ecrit, au treizième siècle, la Légende Dorée,
         Livre des traditions et de leurs origines,
         Et du sens des présents, trop souvent ignoré.
               Les Mages étaient trois, un vieillard, Melchior,
               Reconnait Jésus "Roi" en lui offrant de l'or.
               Gaspard est un jeune homme, il fait brûler l'encens,
               Hommage à Jésus "Dieu", le sens de ce présent.
         Balthazar, visage noir, présente de la myrrhe,
         Produit d'embaumement pour Jésus "Christ" martyr.
         L'Epiphanie n'est autre que "l'apparition"
         De Jésus comme Dieu à toutes les Nations !
- Hugues JOLIVET        
3 janvier 2015         




" LE CYCLE DE L’ADIEU
Envoyé par Le Docteur J.C. Perez               N°20
L’agonie des cathédrales
CHAPITRE 20

Identité réelle du 13 mai 1958 à Alger :
une offensive jihadique majeure

I

              Les responsables stratégiques et historiques de la révolution arabo-islamiste, révolution qu’ils projettent de mettre en œuvre à une échelle universelle, s’identifient en dernière et définitive analyse, aux planificateurs secrets et aux exécuteurs majoritairement naïfs des évènements d’Alger, dits « du 13 mai 1958 ».

              Ces évènements enclenchèrent en effet la mise en route d’une phase opérationnelle majeure de leur conquête mondiale, dont ils espéraient qu’elle allait se poursuivre au XXè et au XXIè siècle.

              On ne doit pas oublier avant tout, que cette première phase de conquête mondiale que nous sommes en train de vivre, et qui est loin d’être parvenue à ses fins, doit être portée au crédit majeur et surtout exclusif de la prise du pouvoir en France par Charles De Gaulle en 1958.

              « Voyez-vous, mon cher Méningaud, avec cette affaire d’Algérie, nous ferons revenir le patron au pouvoir ».
              Il s’agit d’un propos tenu, dans l’esprit sinon dans les termes rigoureusement exacts, par Jacques Soustelle. Propos adressé à maître Méningaud.
              C’était un avocat pied-noir, de Philippeville en Algérie. Au moment de cet entretien, Méningaud faisait encore partie du RPF (Rassemblement du Peuple Français), fondé par De Gaulle, au début de la IVè République.

              Méningaud, un idéaliste révolutionnaire, mon aîné de plusieurs années, vivait dans la recherche permanente de « sa » voie idéologique depuis 1936 au plus tard.

              Pendant la guerre civile espagnole, il s’engagea dans les Brigades Internationales et combattit Franco.

              Plus tard, il prit part à des actions de résistance contre l’occupant allemand. Il fut arrêté, et effectua un séjour prolongé à Buchenwald.
              Il en réchappa, alors que sa compagne perdit la vie à Dachau.

              Après ces aventures et ces drames, il persista avec constance, ténacité et surtout sincérité, dans la recherche de « sa » voie politique. Il la découvrit finalement, dans le culte monarchique français auquel il se voua.
              Il connut alors une brillante carrière : conférencier de « l’Action Française ».

              Au cours de ses exposés il argumentait, avec talent, en s’appuyant sur une redoutable documentation d’historien, une critique impitoyable du régime parlementaire. Soumis d’après lui aux exigences opérationnelles du capitalisme financier supranational et apatride.

              Je fis sa connaissance à Alger. Il s’y était rendu pour assister à la conférence de Georges Bidault, en 1959, au stade de Saint-Eugène.

              Au cours d’une manifestation que j’ai évoquée lors d’une étude parmi les premières du « Cycle de l’Adieu ».
              Il fut impressionné, me déclara-t-il, par ma technique d’organisation du service d’ordre du FNF (Front National Français ), parti politique dont j’étais le numéro 2 derrière mon ancien commensal de la prison de Barberousse en 1957, Joseph Ortiz.

              Il devint lui-même un cadre supérieur du Front National Français fondé par le même Joseph Ortiz en 1959. Il participa aux Barricades d’Alger affecté, par mes soins, à un poste de haute responsabilité.
              Cette semaine de janvier 1960, on le sait, fut désastreuse pour l’Algérie française.
              Désastreuse pour une seule raison : l’attitude irréaliste et inconsciente du général Challe, commandant en chef en Algérie.

              Celui-ci, durant l’après-midi du 24 janvier, avant le drame de la fusillade qui ensanglanta cette journée, refusa en effet devant Ortiz, de prendre une décision définitive et efficace pour le sauvetage de l’Algérie française.
              En tant que général en chef, il aurait pu, il en avait les moyens, « envoyer De Gaulle au tapis » si, dans l’après-midi du 24 janvier, il avait exprimé ses convictions, par des initiatives militaires.
              Initiatives rendues possibles grâce aux véritables et uniques déclencheurs du 24 janvier 1960 à Alger : les groupes de choc du FNF, sous mon commandement.

              Mais Challe tergiversa. Delouvrier sut tirer parti de ce doute. Il ne manqua pas de faire tomber le commandant en chef dans un piège sournois. Il transmit l’ordre gouvernemental à Challe, de transférer son PC à la Reghaïa, à quelques dizaines de kilomètres d’Alger, le jeudi de cette semaine. Faisant échapper ainsi le général en chef aux effets contagieux des ardeurs algéroises.
              Ardeurs et enthousiasmes lucides d’Alger qui se sentaient bien isolés en Algérie, accompagnés qu’ils étaient, d’un silence très prudent des autres collectivités urbaines d’Algérie.
              Collectivités urbaines qui se sont soumises à De Gaulle, durant cette semaine du 24 janvier 1960.

              Méningaud, après la dislocation des barricades, préféra se mettre à l’abri d’une arrestation. Son épisode de Buchenwald lui suffisait comme expérimentation carcérale. Il refusa de rejoindre le Commando Alcazar avec Ronda, Jourdes, Forzy, moi-même et d’autres encore.
              Il prolongea évidemment sa participation au combat en faveur de l’Algérie française, dans la clandestinité.
              Je l’ai retrouvé au sein de l’OAS, à l’intérieur de laquelle il intervint avec toutes ses compétences.
              Il nous a quittés à l’âge de 67 ans.

II

              Je viens d’évoquer ce frère d’armes, Méningaud, parce que son dynamisme oratoire et la culture politique dont il bétonnait sa vie, lui avaient ouvert les portes de nombreuses structures politiques « nationales » qui aspiraient à bénéficier de ses compétences. Et du résultat de ses brillantes analyses.
              Dans le cadre de ses contacts parisiens, cet avocat philippevillois rencontra Jacques Soustelle. Celui-ci n’était pas encore ministre gaulliste. C’était dans les locaux du RPF (Rassemblement du Peuple Français ), rue de Solférino à Paris, en 1956.
              Soustelle lui tint un propos que j’ai rappelé en mille occasions, à l’instar de beaucoup d’autres d’ailleurs. En substance :
              « Avec cette affaire d’Algérie, nous ferons revenir le patron au pouvoir ».
              Ainsi, pour toute une intelligentzia politique, le patron du RPF, De Gaulle, était tenu en réserve pour …
              pourquoi faire en réalité ?

              Première hypothèse
              Sauver l’Algérie française grâce au prestige « utilitaire » que l’on concédait à l’homme de Colombey-les-deux-Eglises ?
              Prestige qui aurait permis d’anéantir les ennemis de notre patrie, pressés de tuer la France métropolitaine, après l’assassinat de la France d’outre-mer ? C’était vraisemblablement la conviction de Soustelle quand il s’exprima devant Méningaud.

              Deuxième hypothèse
              Se débarrasser de l’Algérie, de la terre, mais avant tout du peuple triconfessionnel algérien qui donnait vie à cette terre ?
              « De manière », prétendait-on sournoisement dans le camp ennemi « à libérer la France de la charge financière que représentait le maintien en vie de ce gigantesque territoire sud-méditerranéen, l’Algérie, à qui la France avait donné vie ? Que la France avait enfantée ? » Car il ne faut jamais oublier que la France reste encore et restera pour la nuit des temps, la véritable et unique mère accoucheuse de l’Algérie.

              Cette seconde hypothèse exprimait la « véritable solution gaulliste », nous le savons aujourd’hui.
              Sous la forme d’un accomplissement de ce qu’il est devenu habituel de décrire chez nos ennemis, par le terme de « délestage économique du débouché algérien ». Délestage mis en œuvre dans le but exclusif de développer une valeur ajoutée croissante, générée grâce au génie des manœuvriers du capitalisme financier. Manœuvriers actionnés en France par un clan politico-financier, « le clan pompidolien ». En référence au professeur agrégé de philosophie, Pompidou, fondé de pouvoir de la banque Rothschild.

              Ce projet fut exprimé en maintes occasions par De Gaulle, chef de l’Etat. En particulier lors de son discours mortel du 16 septembre 1959. Discours qui fut à l’origine de la « Semaine des Barricades » de janvier 1960.
              Suivie du « putsch lamentable » du printemps 1961, déclenché par un état-major d’officiers commandés par Challe, qui n’avait pas su évaluer De Gaulle en tant qu’agent réel et majeur de l’anti-Occident.
              Putsch suivi de l’OAS (Organisation Armée Secrète) de 1961-1962.
              L’OAS, ce fut avant tout une organisation de volontaires animés de la volonté de faire vivre l’Algérie française. C’est-à-dire d’interdire la mort de la France sud-méditerranéenne.
              Tout naturellement, je me suis intégré dans ce combat, puisque je m’étais incorporé dans la guerre clandestine pour l’Algérie française dès le 5 octobre 1955, date de mon retour à la vie civile. C’est-à-dire dès le début de ma carrière de médecin praticien, à Alger.

              A l’OAS, j’ai assumé, à l’échelon national, un poste décisif et surtout dramatique de responsabilités que j’ai assumées de 1961 à 1962.
              J’ai assumé cette fonction tant que l’OAS survivait.
              Tant qu’elle survivait à l’abri d’une trahison mortelle, accomplie à la fin de l’hiver 1962, dans l’intérieur même de ses structures. Trahison que je me suis refusé de combattre.
              Car ce combat aurait exigé un bain de sang au sein d’un secteur humain précieux de notre effectif.
              Un bain de sang que j’ai décidé d’éviter à tout prix.

III

              L’abandon de l’Algérie était planifié depuis longtemps…. en réalité.
              Ce que l’on refuse de préciser, aujourd’hui encore, c’est la vérité suivante : cet abandon de l’Algérie en tant que terre française, fut mis en exécution opérationnelle par la conjuration du 13 mai 1958.
              Abandon mis en œuvre, militairement, par un effectif secret.
              Un effectif gaulliste à l’échelon des exécuteurs.
              Un effectif pompidolien, à l’échelon des concepteurs.

              Chaban-Delmas, ministre des armées de la IVè République, avait installé une antenne algéroise dans le cabinet d’un avocat d’Alger, et du fils de ce dernier, avocat lui aussi. Cabinet situé au boulevard Carnot à Alger.
              Parmi les effectifs de cette « antenne de la Défense Nationale » se comptaient des patriotes sincères. Partisans de l’Algérie française.
              Qui attendaient qu’une opportunité se présentât de faire chuter la IVè République.
              Pour installer De Gaulle au pouvoir.

              Avec la perspective exclusive, prioritaire, et surtout prodigieusement naïve, de sauver l’Algérie des entreprises de ceux de la IVè République qui, regroupés et structurés dans une force de l’abandon, étaient pressés de rejeter cet immense territoire constitutif de la France sud-méditerranéenne, hors des limites du Territoire de la Nation Française.
              Tous ces conjurés n’avaient principalement à l’esprit, à cette époque, que les entreprises anti-françaises du maire d’Alger, Jacques Chevallier. Entreprises qui se traduisirent en maintes occasions, par des initiatives fréquemment mortelles pour nos soldats.

              Illustrons cette accusation que je porte, par le moyen d’un seul exemple parmi beaucoup d’autres.
              Alors qu’il était ministre des armées, Jacques Chevallier avait informé en 1955, le sénateur de Batna, Ben Chenouf, d’une opération qu’allait déclencher le général français, commandant en chef en Algérie.
              Ben Chenouf prévint Ben Boulaïd, haut responsable FLN dans le Constantinois.

              Un désastre fut ainsi volontairement évité aux forces du FLN par notre ministre des armées lui-même. C’est-à-dire par Jacques Chevallier, protégé par la haute autorité du président du conseil, Mendès France.
              Cette trahison réelle, indiscutable et indiscutée, de Jacques Chevallier, servit opportunément de camouflage constant à une autre trahison de gravité suprême.
              Une trahison militaire remarquablement déguisée, car elle s’identifiait à une composante majeure de la conjuration qui se proposait déjà de tuer la France en Algérie.

              Cette conjuration se structura avec une habileté satanique. Car elle n’hésita pas à se mettre en œuvre comme si son but était de sauver l’Algérie française.

              Dans le même temps, elle bénéficia d’un concours extérieur de grande valeur opérationnelle. Concours qui lui fut apporté dans la perspective réelle et secrète d’assassiner l’Algérie française en tant que terre d’une part.
              Ainsi que le peuple d’Algérie qui aspirait à vaincre et à survivre en tant que Français sur cette terre, d’autre part.
              Concours extérieur dont l’identité est précisée dans les pages qui vont suivre.

IV

              Cette double conjuration, la trahison d’une part, et le savant camouflage de celle-ci d’autre part, bénéficia en effet du concours d’un auxiliaire international majeur.
              Le concours de Bourguiba, chef de l’état tunisien.

              En quoi s’exprimait l’intervention de Bourguiba, l’ancien complice archiconnu de Mussolini et grand partisan du fascisme italien, dans une série d’évènements qui aboutirent à la mort de l’Algérie française ?

              Essayons de répondre à cette question fondamentale en évoquant une série de péripéties que je m’efforcerai de schématiser au mieux, à partir des lignes qui vont suivre. Péripéties qui illustrent ni plus ni moins, que la mise en œuvre militaire de l’assassinat de l’Algérie française.

              Dans la nuit du 10 au 11 janvier 1958, dans l’est-constantinois une position militaire française située sur la frontière algéro-tunisienne, est attaquée par un fort contingent de fellaghas.
              Nos hommes, commandés par le capitaine Allard, avaient été opportunément renseignés.
              Ils étaient donc eux-mêmes en embuscade.
              Prêts à recevoir leurs agresseurs.
              Ils furent cependant surpris par l’importance de l’effectif de l’attaque. Effectif qui n’avait pas été bien évalué, dans sa véritable force, par le renseignement qui avait entraîné la décision de monter une embuscade par nos soldats français.

              En réalité, ce furent eux, les soldats du capitaine Allard, qui tombèrent dans l’embuscade qu’ils croyaient avoir eux-mêmes montée. Car l’effectif ennemi se composait de 300 combattants fellouzes bien armés, véhiculés jusqu’à la frontière algéro-tunisienne, par des camions de la garde nationale tunisienne. 300 hommes fortement armés et équipés, furent ainsi opposés à notre détachement de soldats qui était en nette infériorité numérique.

              La résistance de nos combattants fut héroïque et efficace. Elle donna le temps à un détachement du 1er REP de les renforcer, avec le capitaine Sergent, qui commandait une compagnie de légionnaires dans cet effectif de renfort.

              Cette contre-attaque française, provoqua le refoulement de l’ennemi au-delà de la frontière tunisienne. Ce qui protégea ce même ennemi d’un anéantissement total.
              Au grand dam du capitaine Sergent qui espérait le poursuivre et le détruire, mais qui fut contraint d’obéir à l’ordre transmis depuis l’état-major du régiment, par le capitaine Martin. L’ordre du commandement était, en effet, précis et péremptoire :
              « ne pas poursuivre l’ennemi au-delà de la frontière, ce sont les ordres ! » précisa impérativement le capitaine Martin.

              A quoi correspondait cette opération ?

              Banale pour nos soldats en son début, elle s’est révélée exceptionnellement grave dans son déroulement, avec des pertes des deux côtés. Opération qui s’est terminée, dans la réalité des faits, par une fuite précipitée de nos agresseurs de l’autre côté de la frontière sans qu’il fût possible de les anéantir.

              « …elle ne correspondait militairement à rien cette opération ! » serait sans doute un commentaire avisé.

              Si ce n’est qu’en réalité, cette attaque féllouze suivie de son refoulement au-delà de la frontière, avait été couronnée d’un brillant succès !
              De succès pour nos ennemis !!!
              Succès ?
              Quel succès ?
              1er REP : Premier Régiment Etranger Parachutiste

              Celui d’avoir ramené en Tunisie quatre prisonniers français. Quatre soldats parmi lesquels nous avons retenu trois noms.
              Le sergent RICHOMME, les soldats De COURTREIX et FEUILLEBOIS.

              S’encombrer de prisonniers quand on est poursuivi par les légionnaires du 1er REP, qui interviennent à la fin de l’opération, c’est une ineptie, un non-sens militaire.

              Et bien non !

              Car cette capture de prisonniers français constituait le but véritable et exclusif de l’attaque FLN contre les positions tenues par le capitaine Allard.
              Bourguiba, en effet, en tant que complice supérieur, ultime même, de nos ennemis FLN et des complices français de celui-ci, avait besoin de ces prisonniers français, emmenés de force en Tunisie, pour monter et déclencher une opération majeure de provocation.

              C’est cette opération de provocation qui fut à l’origine du 13 mai 1958, à Alger, ainsi que des conséquences dramatiques de ce 13 mai 1958 dans l’avenir et l’identité même de la France.

              Une aventure, ce 13 mai 1958 !
              Magistralement planifiée par le FLN, l’ennemi planétaire de la France, mise en route très précisément dans la nuit du 10 au 11 janvier 1958, à la frontière tunisienne.
              C’est la date, permettez-moi d’insister, du début d’un accomplissement majeur : l’accomplissement de l’assassinat de la France sud-méditerranéenne.

              La date d’un évènement dont les conséquences historiques ne se sont pas encore développées avec leur plein effet planétaire.

              C’est une raison suffisante, pour l’homme que je fus, intégré à partir du 5 octobre 1955 à cette cause majeure entre les majeures que représentait l’Algérie française, de vous proposer aujourd’hui un rappel volontairement schématique de la mise en route de l’assassinat de la France sud-méditerranéenne.
              Tel que cet assassinat fut mis en œuvre au mois de janvier 1958, à la frontière tunisienne.
              L’attaque de nos troupes à la frontière tunisienne dans la nuit du 10 au 11 janvier 1958.
              Nos soldats résistent avec vigueur.

              Nous infligeons des pertes à l’ennemi. Nous en subissons aussi car le FLN est exceptionnellement armé.
              Ennemis véhiculés dans des camions de la garde nationale tunisienne qui ramènent nos ennemis à l’abri de nos légionnaires, lors de leur refoulement au-delà de la frontière.

              Contre toute logique opérationnelle, nos agresseurs s’encombrent de prisonniers, qu’ils emmènent en Tunisie !!!

              Des prisonniers ? Pour quoi faire ? Obtenir des renseignements ? C’est une interrogation ridicule !

              Des prisonniers, oui, mais dans un seul but : monter une opération majeure de provocation.

              Trois mois plus tard, en avril 1958, ces quatre soldats français faits prisonniers lors de l’embuscade du 11 janvier 1958, sont jugés à Tunis par un tribunal militaire FLN.
              Ils sont condamnés à mort pour viol !
              Trois d’entre eux sont fusillés, un quatrième est gracié.

              « On sait reconnaître les innocents dans un tribunal du FLN » prennent soin de préciser nos ennemis avec insistance, à propos de l’acquittement ou plutôt du non-assassinat du quatrième accusé !

              A Tunis est publié un communiqué du FLN, le 7 mai 1958, annonçant «l’exécution » des trois soldats français.
              Il s’agit de Richomme, Feuillebois et De Courteix. Condamnés pour un crime de viol. Un crime inventé pour créer l’évènement !

              Un crime inventé et imputé à nos soldats pour atténuer, devant l’opinion internationale, l’indiscutable lâcheté de leur assassinat, planifié en réalité depuis le mois de janvier 1958.

              A Alger, c’est la stupeur ! La douleur ! Ou plutôt une souffrance collective qui nous assaille comme l’espérait notre ennemi !
              C’est le 13 mai 1958 ! Arrivé à point nommé !

              Le 13 mai maudit accouché par ceux qui avaient planifié d’amputer notre patrie française de l’Algérie, c’est-à-dire de la France sud-méditerranéenne.
              Le 13 mai de ceux qui surent exploiter l’assassinat officiel de nos soldats à Tunis, dans le but de déclencher un « enthousiasme pervers parce qu’il fut aveuglant ».

              Enthousiasme pervers et morbide parce qu’il alimentait un délire assassin qui a fait crier « vive De Gaulle ! » à un peuple patriote.
              Un peuple patriote qui devint un peuple condamné et trahi que l’on était disposé à livrer au massacre.

              Le général MASSU, au micro du forum d’Alger, devant la foule menaçante des Algérois, s’intégra dans ces délires en proclamant avec une innocence navrante :

              « Nous supplions le général De Gaulle, de faire entendre sa voix ».

              A Paris, trois anciens parachutistes SAS, anciens compagnons d’armes de Massu, de 1942 à 1945, rongent leur frein. Ils ont été avertis par de hautes autorités judiciaires parisiennes, partisanes de l’Algérie française, des intentions réelles de De Gaulle.

              Ils se rendent à Alger, envoyés clandestinement par de hautes autorités prudemment silencieuses du ministère de la justice parisien.
              Ils rencontrent leur frère d’armes, Massu.
              Ils lui révèlent les intentions réelles de l’homme de Colombey-les-Deux-Eglises.
              Ils proposent à MASSU de sauver l’Algérie française.
              C’est-à-dire qu’ils lui confient la mission de résoudre définitivement « le problème De Gaulle » dès l’arrivée de celui-ci à Alger. Par l’opération adéquate qui s’imposait, en termes de vie ou de mort, pour l’Algérie française.

              Massu, averti, s’abstint de toute initiative.

              Cette péripétie me fut révélée par un ancien parachutiste SAS, le commandant Botella, ancien compagnon d’armes des émissaires reçus par Massu.
              Cette révélation me parvint dans une maison d’Argenteuil. Dans cette maison vivait l’un de mes « deux chefs de branche » : celui qui commandait le BCR (Bureau Central de Renseignement ) de l’OAS à l’échelon national et international.

              Je me rends compte que je viens de me laisser piéger par l’envie de rappeler un évènement que certains jugent invraisemblable.
              Que certains ne veulent pas savoir.
              Je tiens à le souligner une fois de plus : cette précision que je viens de vous livrer m’a été confiée par le commandant Botella, un dimanche après-midi à Argenteuil, dans la maison d’un ancien parachutiste SAS comme lui, haut responsable national, sous mes ordres, du Bureau Central de Renseignement de l’OAS. Le BCR.

              C’est ainsi que la France fut trahie.
              La France fut trahie par des bouleversements consécutifs au 13 mai 1958.
              13 mai déclenché par des complices occidentaux des actuels conquérants du jihad islamiste.

V

              Ces bouleversements font courir à notre patrie un risque de soumission progressive dans les décennies à venir, si nous refusons d’ouvrir les yeux sur le passé pour être en mesure d’affronter ce que l’on veut nous faire subir demain.
              Je me suis permis d’évoquer ces phases d’histoire avec l’audace de m’y impliquer parfois intensément. C’était inévitable.

              Au moment où cette étude s’achève, au moment où sans amertume je me rends compte que tout va s’arrêter pour moi aussi, dans un délai logiquement pas très éloigné, je devais formuler cette réflexion, une fois de plus.
              Celle-ci me confirme dans ma conviction : l’Algérie, territoire immense, aurait dû logiquement rester française, dans une perspective précise : devenir européenne ensuite.
              Elle était, pour la France et pour l’Europe, un territoire de continuité nécessaire, entre le monde occidental et le continent africain.
              Elle représentait un site de rencontre providentiel entre l’Occident et un immense monde musulman africain.

              Le peuple français d’Algérie, par son enracinement sur cette terre de prédilection, était tout particulièrement qualifié pour conférer à cette rencontre, sous l’égide de la mère-patrie française, une richesse et un fondement humain qui auraient contribué à structurer d’abord, à consolider ensuite, la convivialité nécessaire et souhaitable entre le monde musulman d’une part et l’Occident d’autre part.

              Le refus obstiné, qui fut opposé à la vie de l’Algérie française, est révélateur d’une volonté stratégique : créer tout au contraire les conditions d’une confrontation inévitable entre le monde musulman et le monde non musulman.
              Pour atteindre ce but, avant toute chose, il fallut freiner le développement du christianisme en Algérie française, pour le vaincre.
              Ils l’ont finalement vaincu là-bas, en attendant de le vaincre ici, au nord de la Méditerranée.

              Ils l’ont vaincu en imposant à Louis-Philippe d’interdire les conversions collectives que s’apprêtait à entreprendre le père Lavigerie.

              Des hommes politiques contemporains, tout particulièrement les Occidentaux, refusent d’enregistrer l’identité réelle de la guerre d’Algérie. Conséquence : ils côtoient, ils subissent la révolution islamiste fondamentaliste actuelle, sans faire l’effort de l’analyser.
              Ils ne sont pas en mesure d’affronter cette révolution, parce que selon toute évidence, ils ne jouissent pas de la richesse intellectuelle et spirituelle pour la comprendre.
              Ils exhibent tout au contraire une carence d’informations, une carence d’inspiration qui les situe en permanence à côté de cette révolution.

              Leur comportement, nous l’avons souligné pendant des décennies, évoque une pathologie autistique chronique. On les voit développer parfois des projets ambitieux, des initiatives brillantes, des perspectives de gestion capitaliste supposée efficace. Ils sont en réalité, tout le temps, hyperactifs, mais ils stagnent à côté du normal. A côté du fondamental, à côté de la réalité de la vie.

              Nous, les anciens du combat pour l’Algérie française, tirons encore aujourd’hui un grand profit de la lumière générée par cet astre à jamais éteint, que fut l’Algérie française.
              Une lumière résiduelle certes. Mais une lumière efficace, qui suffit pour quelques temps encore. Une lumière qui survit à son astre générateur que fut l’Algérie française.
              C’est bien cette lumière non encore épuisée qui nous permet d’éviter de plonger dans un oubli mortel.

              Nous sommes en effet capables d’identifier historiquement et spirituellement l’identité de la révolution que l’on veut nous imposer aujourd’hui. Parce que nous l’avons affrontée « là-bas ».
              C’est sans doute pour cette raison que nous restons l’objet d’un ostracisme forcené, haineux, de la part de ceux qui ne voient rien.
              Parce qu’ils ne disposent pas des moyens intellectuels de voir.
              Il nous est donc imposé de refuser le silence auquel on prétend nous soumettre.

              Dans quel but ?

              Ne soyez pas surpris de la réponse que j’ose vous proposer.

              Dans le but d’éviter à tout prix la naissance d’une nouvelle OAS.

              Une OAS européenne, occidentale, supranationale et universelle.

              Une OAS qui se structurerait en vue d’un combat ultime. Car cette OAS n° 2, comme ce fut le cas pour l’OAS n° 1, serait confrontée à des drames que nous serions dans l’obligation de combattre par d’autres drames nécessaires à notre survie.

VI

              Un combat ultime nous attend.
              Celui de protéger l’Occident tout entier contre la conquête idéologique et la mutation spirituelle qui nous menacent.
              Que l’on se serve de notre vécu.
              Nous vous le racontons souvent car il nous appartient de vous le faire connaître.
              Nous vous l’offrons en toute sincérité et en toute humilité.

              Notre combat fut un combat « symbole », un combat avertisseur.
              C’était le temps glorieux de l’Algérie française !
              Une grande page d’histoire qu’il faut comprendre au mieux possible.

              Une page d’histoire que je refuse de tourner à jamais. Car elle est riche d’hier mais surtout, riche de demain.
Le docteur Jean-Claude PEREZ        
Nice, le 8 février 2017                

1)
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BIBLIOGRAPHIE

L'assassinat de l'Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle. 2012
              Un des livres du cinquantenaire, à lire et à faire lire.
Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie
              Stratégies et tactiques, 2006 ; 2e Edition
              Cet ouvrage a été d'un grand recours dans la rédaction de cette étude
L'islamisme dans la guerre d'Algérie
              Logique de la Nouvelle Révolution Mondiale, 2004
Le sang d'Algérie
              Histoire d'une trahison permanente, 2006 ; 2e édition
Debout dans ma mémoire
              Tourments et tribulations d'un réprouvé de l'Algérie française, 2006 ; 2e édition
Attaques et Contre-attaques
              Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie II, 2008
Editions Dualpha
Boite 37
16 bis rue d'Odessa
75014 PARIS
Tel. : 09 52 95 13 34 - Fax : 09 57 95 13 34
Mail : infos@dualpha.com
Site internet : www.dualpha.com

Vous pouvez prendre connaissance des deux interview accordées par Jean-Claude PEREZ :
- la première à Monsieur Olivier CAZEAUX : sur Internet tapez « OAS, le docteur PEREZ parle » ;
- la seconde, à Monsieur BESSOU dans le cadre de la préparation d’un film. Monsieur BESSOU a livré à Jean-Claude PEREZ tout le matériau de son exposé visible sur le site
www.jean-claude-argenti-sauvain.com.
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BIBLIOGRAPHIE N° 2

        Cette étude n° 20 constitue la dernière d’un cycle d’études que j’ai regroupées dans un « CYCLE DE L’ADIEU ».
        Un cycle de 21 études en réalité, dont je me permets de rappeler les titres


        Introduction L’agonie des cathédrales
        Etude n° 1 L’inévitable engagement
        Etude n° 2 Du cimetière d’El Kettar au centre de Bab-El-Oued
        Etude n° 3 De la visite de Georges Bidault à Alger (19 décembre 1959) à « la prière d’adieu du Prophète »
        Etude n° 4 La deuxième faute d’Achard – Celle qui aboutit à l’arrestation du général Salan
        Etude n° 5 La première faute d’Achard – Du rôle des « communistes franquistes d’Algérie »
        Etude n° 6 Les conséquences encore actuelles de la première faute d’Achard
        Etude n° 7 Premier véritable exil encore occulté des juifs d’Algérie : « Les Aurès, 698 »
        Etude n° 8 Deuxième exil allégué des juifs d’Algérie : 1830
        Etude n° 9 Troisième exil volontaire en 1865 des juifs d’Algérie, suivi d’un quatrième exil théorique des juifs d’Algérie en 1870 »
        Etude n° 10 Bases identitaires et fondamentales de la guerre d’Algérie
        Etude n° 11 L’Occident chrétien et l’Occident musulman : la France… fille… ou mère de l’église….
        Etude n° 12 A propos d’un double faux exil des juifs d’Algérie imputable à la France, selon les écrits de notre accusateur – 1ère partie
        Etude n° 13 A propos d’un double faux exil des juifs d’Algérie imputable à la France, selon les écrits de notre accusateur – 2ème partie
        Etude n° 14 A propos d’un double faux exil des juifs d’Algérie imputable à la France, selon les écrits de notre accusateur – 3ème partie : troisième et quatrième exils théoriques
        Etude n° 15 A propos d’un double faux exil des juifs d’Algérie imputable à la France, selon les écrits de notre accusateur – 4ème partie : cinquième et dernier exil théorique des juifs d’Algérie
        Etude n° 16 Fondement capitaliste et antichrétien exclusif de l’assassinat de l’Algérie française – Le traquenard de la loi du 4 février 1919
        Etude n° 17 Occident et Occident musulman : Origine ?.... Utopie ?..... Réalité ?....
        Etude n° 18 L’AML : l’Association des Amis du Manifeste de la Liberté, installée par De Gaulle à Alger en 1943 ….. Phase historique majeure dans la genèse du jihad islamiste contemporain
        Etude n° 19 Hier … la décadence des wisigoths espagnols généra l’islamisation endogène de l’Espagne…. Demain….. la décadence occidentale… est-elle sur le point de générer une soumission de l’Europe au jihad islamiste ?
        Etude n° 20 Identité réelle du 13 mai 1958 à Alger : une offensive jihadique majeure

        Aurais-je le loisir ou la possibilité d’amorcer un « Cycle de l’Adieu n° 2 ? »

        Après tout, le savoir, le vécu, et les interprétations historiques de celui que je fus et qui s’est retrouvé à la tête d’une responsabilité nationale et dramatique, en tant que chef de l’ORO (Organisation du Renseignement et des Opérations de l’OAS), peuvent apporter des éclairages nécessaires à la connaissance d’une page historique et dramatique de notre histoire.
        Eclairages que certains s’entêtent à négliger.
        Parce que, le plus souvent, ils se soumettent à d’autres relations plus complaisantes du drame de l’Algérie française.
        Ils adhérent ainsi à la réalité de l’euthanasie que l’on a fait subir à la France sud-méditerranéenne.

        Euthanasie à l’origine d’un risque majeur : la décadence totale de l’Occident.

Quand je dis que je suis fauchée, je SUIS fauchée!
Envoyée Par Eliane

         Un beau matin une petite vieille dame répond lorsqu'on frappe à sa porte.
         Elle y découvre un jeune homme, bien habillé avec un aspirateur à la main.
         "Bonjour madame, dit le jeune homme. Si vous avez une minute
         Je vais vous montrer ce nouvel aspirateur, haute technologie, qui aspire sans comparaison"!
         Allez-vous en, lui dit-elle, je suis fauchée. Et elle tente de refermer la porte
         Aussi rapide qu'un éclair, le jeune homme met son pied pour coincer la porte ouverte.
         Il rouvre la porte et s'exclame: "pas si rapidement, madame, pas avant que je vous ai fait ma démonstration".
         Sur ce, il vide un sac plein de fumier de cheval sur le tapis
         "Maintenant, madame, si mon aspirateur ne nettoie pas la totalité de ce tas de fumier, je m'engage à manger ce qui en restera ! "

         La vieille dame recule et lui dit: " Je vais vous chercher une fourchette, monsieur. Ils ont coupé mon électricité ce matin parce que je n'ai pas payé ma facture"



L’Organisation Armée Secrète
« Le sursaut d’un peuple qui ne voulait pas mourir ».
Par M.José CASTANO,

« L’OAS a été écrasée par une répression telle qu’aucun état civilisé n’en avait jamais déclenché une semblable contre ses propres nationaux » - (Jacques Soustelle)

       Article dédié à mon ami Jeannot SANCHEZ, membre des Commandos « Collines » de l’OAS, qui a mis sa peau au bout de ses idées. Adhérent à l’Amicale des Oraniens des Bouches du Rhône

       Depuis plusieurs mois l’Europe subit une vague migratoire sans précédents en passe de déstabiliser ses institutions. De pauvres hères accostent par milliers nos rivages dans l’espoir d’y trouver le paradis et bientôt ils seront des millions… C’est « Le Camp des Saints », roman d’anticipation écrit en 1973 par Jean Raspail qui se réalise sous nos yeux...

       Cependant dans cet imbroglio où la misère côtoie l’intérêt et l’intrigue, il est une catégorie de migrants envers laquelle j’éprouve une aversion particulière : Les lâches et les poltrons.

       En effet, alors qu’en Afghanistan des soldats occidentaux continuent de mourir, que les pertes françaises se sont élevées à 89 tués et qu’au Mali 13 de nos garçons sont déjà tombés pour défendre la liberté de ces nationaux, je n’accepte pas de voir ces derniers, dans la force de l’âge, déserter leur pays. « Ils fuient la guerre », clament-ils à l’envi relayés en cela par la bien-pensance française... Mais un pays, ça se défend ! On ne fuit pas quand le danger sévit sinon cela s’appelle désertion… démission… lâcheté… traîtrise…

       Si ces jeunes gens dans la force de l’âge refusent de se battre, qui va le faire à leur place ? Cent de nos meilleurs soldats sont déjà tombés dans ces régions étrangères et hostiles pour un rêve de liberté qu’ils voulaient offrir à d’autres. N’est-ce-pas suffisant ?

       Si ces hommes ont tourné le dos à leur pays, c’est qu’ils ne l’aiment pas. Comment dans ce cas pourraient-ils aimer la France ? Parallèle saisissant et contrastant entre ces derniers refusant le combat et cherchant leur salut dans la fuite et ces « soldats perdus » de l’Algérie française excluant toute idée de capitulation, de démission et d’abandon.

       Contrairement aux migrants, face à l’adversité, ces Français d’Algérie surent redresser la tête, s’unir et se défendre dans un combat inégal, cruel, inexorable, d’autant plus cruel et inexorable que chacun savait qu’il s’agissait du dernier… du combat du désespoir. Alors, un sigle… trois lettres allaient leur ramener l’espoir :

       Organisation Armée Secrète
       Ce sigle représentait un idéal de combat contre le déracinement et contre la honte. Il n’avait aucun caractère politique, puisque spécifiquement charnel.

       C’est après l’effondrement du putsch, d’avril 1961, que l’OAS devait atteindre la notoriété en Algérie et ne devint vraiment active qu’au lendemain de cette chose extraordinaire qui ne fut qu’une vaste fumisterie : la trêve « unilatérale » décidée par Paris et qui permit aux rescapés de l’Armée de Libération Nationale (A.L.N) de reprendre la population en main aussi bien dans les campagnes que dans les centres urbains. Attentats, égorgements, mutilations se multipliaient. Devant les cadavres des égorgés et les visages grimaçants des mutilés, toute velléité de résistance s’effondrait. Le ressort se brisait. Les Musulmans fidèles à la France étaient les premières victimes ; la peur, peu à peu, les menait dans les rangs du FLN.

       « De Gaulle veut notre mort ! » Ce fut le cri de guerre et de désespoir d’un million d’Européens qui, las d’apprendre le massacre de familles françaises, s’organisèrent en commandos. Les magasins arabes flambèrent à leur tour, le plastic détruisit des bains maures. Les affrontements, les combats de rues se multiplièrent sans que les forces de l’ordre n’arrivent à juguler cette flambée de violence. L’Algérie entière était déchaînée. Les « stroungas » explosaient partout et aux grenades lancées dans les tramways et les autobus par le FLN, répondaient les mitraillages des cafés maures. Partout du sang, des morts qu’on enjambait dans les rues. La folie s’était emparée de ce pays autrefois si paisible et si heureux.

       De nouveau la presse se déchaîna qualifiant de « monstrueux » les attentats commis contre les Musulmans. Elle baptisa du nom de « ratonnades » ces actions désespérées et affirma sans vergogne que « les tueurs nazis de l’OAS se livraient au racket et au massacre sur les Musulmans et les « patriotes » gaullistes ! »
       Faute de protection de l’armée ou de la police, la population européenne se faisait justice elle-même appliquant la loi du talion, condamnable par son aveuglement, mais explicable par les souffrances endurées depuis sept années.

       On oubliait la terreur qui avait régné depuis si longtemps, on ne se souvenait plus des charniers de Mélouza et d’El-Halia, des bombes du stade d’El-Biar et du casino de la Corniche, on ne prêtait aucune attention aux grenades du FLN qui explosaient chaque jour dans les quartiers européens, les cafés, les écoles, aux arrêts d’autobus. On feignait d’ignorer les enlèvements qui se multipliaient dans tous les coins du territoire, les égorgements et les viols. Seuls importaient les « ratonnades » que le journaliste, Yves Lavoquer, comparait aux « pogroms de la Russie tsariste et aux massacres nazis » !…

       L’OAS était une révolte : révolte des habitants de toute une province qui se sentaient abandonnés par la mère Patrie et qui se voyaient placés dans l’alternative suivante : quitter leur sol natal et devenir des déracinés ou rester sur place pour subir les spoliations et les vengeances, le couteau, la balle et la hache. Et qui formait ses rangs, sinon des hommes courageux, le plus souvent des humbles qui n’avaient ni privilèges à défendre, ni fortune à sauver ?

       L’OAS, c’était à la fois, le combattant de l’ombre, l’enfant qui collait une affiche et mourait le pinceau à la main, le vieillard qui guettait et sifflait à l’entrée d’un quartier pour avertir de l’arrivée des « forces de l’ordre », la ménagère qui transportait des tracts dans son panier en allant au marché et ces familles qui hébergeaient les légionnaires du 1er REP après la dissolution de cette prestigieuse unité. Elle était une armée d’ombres, l’armée miraculeuse de l’amour et du malheur. Elle représentait, pour la population d’Algérie, le dernier espoir et l’ultime recours contre un désespoir passionnel. C’était la bouée de sauvetage à laquelle le naufragé tente de s’accrocher.

       Ses éléments se battaient non par ambition, non par intérêt, mais parce qu’un sentiment sur lequel aucun raisonnement n’avait de prise -l’attachement profond à la terre natale- les avait conduits à la révolte. L’OAS c’était, comme l’a écrit Alain Peyrefitte, « le sursaut d’un peuple qui ne veut pas mourir » (1).
       Une évidence s’imposait cependant : S’il n’y avait pas eu le FLN, il n’y aurait pas eu d’OAS. Si de Gaulle avait laissé l’armée abattre le FLN –comme elle aurait pu le faire- il n’y aurait pas eu non plus d’OAS… c’est une vérité première.

       Durant un an elle fit la guerre, comme le FLN la fit durant sept ans et, pour son malheur, les Français de Métropole ne retinrent d’elle que ses aspects les plus noirs. Ils ignoraient –ou feignaient d’ignorer- les exactions du FLN, des barbouzes et des gendarmes mobiles. Ils ne considéraient déjà plus l’Algérie comme un département français… et ils s’en fichaient. Ils souhaitaient se débarrasser au plus vite du « boulet algérien » -terme propre au général président- Les communistes jubilaient et poursuivaient leur propagande de destruction basée sur la sempiternelle rengaine : « Les pauvres Musulmans exploités par les salauds de colons », terme englobant tous les Européens d’Algérie, qu’ils fussent employés, ouvriers, commerçants ou fonctionnaires, tous issus d’une immigration désirée… quand elle ne fut pas imposée par la Métropole avec les déportations de 1848 et 1870.

       Pour autant, l’OAS ne désarmait pas. Dans certains points du bled dont l’armée se retirait progressivement depuis l’été 1961, elle avait tenté l’implantation de maquis pour lutter directement contre l’ALN sans populations interposées et dans le secret espoir de dégager une portion de territoire où son autorité serait reconnue. Guelma, Bouira, Tipasa, Coléa… autant de vains essais. Les commandos furent encerclés par l’armée et, incapables de tirer sur des soldats français, se rendirent. L’ultime et spectaculaire tentative eut lieu dans l’Ouarsenis, le 29 mars 1962 et se solda par un sanglant échec et la mort de l’un de ses chefs, le commandant Bazin. Trahie, l’OAS, au lieu des alliés qu’elle attendait (les harkis du Bachaga Boualam et deux unités régulières de l’armée) tomba sur des concentrations de forces FLN dix fois supérieures en nombre dont il a été affirmé –et jamais démenti- qu’elles avaient été amenées à pied d’œuvre par les véhicules des gendarmes mobiles français. Un combat désespéré qui alla jusqu’au corps à corps, s’engagea. Les hommes de l’OAS qui échappèrent à la tuerie furent pourchassés et quand ils furent rejoints, sauvagement abattus. Ce fut là la dernière bataille de l’OAS… son Camerone ! (1) Dans son livre « C’était De Gaulle », Alain Peyrefitte rapporte ce propos de l’homme de Colombey : « Les gens de l’OAS me haïssent parce qu’ils sont aveuglés par leur amour de la France. Mais si ceux qui soutiennent le FLN me haïssent tout autant, c’est parce qu’ils sont aveuglés par leur haine de la France ».
José CASTANO       
e-mail : joseph.castano0508@orange.fr


PHOTO de BÔNE
Envoyé par M. Spina

Photo envoyée par M. Spina        


ATTENTATS
Par M. Hugues Jolivet

Image envoyée par M. Jolivet
Légitime défense de nos soldats
         Bien que le fait du jour soit lié à l'attentat
         Que les Forces de l'Ordre, visées, ont maîtrisé,
         Notre Presse, si prompte à suivre, pas à pas,
         De tels événements, à les téléviser,
         A préféré poursuivre, qualifiant d'accablants,
         Des propos prononcés par l'épouse d'un Ministre,
         Alors Premier Ministre, voici bientôt dix ans,
         Les jetant en pâture dans cette journée sinistre !

         La Police, la Justice sont elles encore utiles ?
         Les enquêtes des médias désignent des coupables,
         Qu'ils clouent au pilori, lancent leurs projectiles,
         Médisances, calomnies, armes impitoyables.
         Il n'est plus question de présomption d'innocence,
         Images, paroles sont preuves, alourdissent la peine.
         Seule la vérité est fille de "bien-pensance"
         Que la Presse s'arroge en provoquant la haine !

         Piétiner une vie, non jugée illégale,
         D'un couple réservé, est attentat moral !

- Hugues JOLIVET        
3 février 2017         



LIVRE D'OR de 1914-1918
des BÔNOIS et ALENTOURS

Par J.C. Stella et J.P. Bartolini

                            Tous les morts de 1914-1918 enregistrés sur le Département de Bône méritaient un hommage qui nous avait été demandé et avec Jean Claude Stella nous l'avons mis en oeuvre.

             Jean Claude a effectué toutes les recherches et il continu. J'ai crée les pages nécessaires pour les villes ci-dessous et je viens d'ajouter Petit, Clauzel, Guelât Bou Sba, Héliopolis, des pages qui seront complétées plus tard par les tous actes d'état civil que nous pourrons obtenir.

             Vous, Lecteurs et Amis, vous pouvez nous aider. En effet, vous verrez que quelques fiches sont agrémentées de photos, et si par hasard vous avez des photos de ces morts ou de leurs tombes, nous serions heureux de pouvoir les insérer.
             De même si vous habitez près de Nécropoles où sont enterrés nos morts et si vous avez la possibilité de vous y rendre pour photographier des tombes concernées ou des ossuaires, nous vous en serons très reconnaissant.

             Ce travail fait pour Bône, Aïn-Mokra, Bugeaud, Duvivier, Duzerville, Herbillon, Kellermann, Milesimo, Mondovi, Morris, Nechmeya, Penthièvre, Randon, Kellermann et Millesimo, va être fait pour d'autres communes de la région de Bône.
POUR VISITER le "LIVRE D'OR des BÔNOIS de 1914-1918" et ceux des villages alentours :

CLIQUER sur ces adresses : Pour Bône:
http://www.livredor-bonois.net
             Le site officiel de l'Etat a été d'une très grande utilité et nous en remercions ceux qui l'entretiennent ainsi que le ministère des Anciens Combattants qui m'a octroyé la licence parce que le site est à but non lucratif et n'est lié à aucun organisme lucratif, seule la mémoire compte :
http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
                         J.C. Stella et J.P.Bartolini.
 


NOUVELLES de LÁ-BAS
Envoyées d'Algérie



Soupçonnées de liens avec Daech

Envoyé par Jean Pierre
http://www.liberte-algerie.com/actualite/deux-francaises-arretees-a-boumerdes-263659

Par Liberté 3 février 2017   l Par M.T.

Deux Françaises arrêtées à Boumerdès
           Deux ressortissantes de nationalité française ont été arrêtées, mardi dernier, à Boumerdès pour appartenance à un groupe terroriste, a-t-on appris de sources bien informées. Les deux femmes, âgées de 47 et 42 ans, ont été interpellées par les services de sécurité alors qu’elles se trouvaient aux domiciles de leurs époux, tous deux Algériens, à la cité Foes, à 2 km au sud de Boumerdès. L’une d’elles, mère de trois enfants et dont le conjoint se trouve actuellement en Irak, a été placée sous mandat de dépôt par le procureur près le tribunal de Boumerdès et incarcérée à la prison d’El Harrach. Elle sera jugée pour les chefs d’accusation d’“appartenance à un groupe terroriste, apologie du terrorisme et résidence illégale”. La deuxième, mère de cinq enfants, a été arrêtée pour “apologie du terrorisme et résidence illégale”. Elle se trouve sous contrôle judiciaire. Selon nos sources, les deux femmes auraient des liens avec les groupes terroristes de Daech opérant en Syrie et en Irak. Les services de sécurité auraient saisi des ordinateurs et des téléphones portables appartenant aux deux prévenues. Ce sont les informations contenues dans ces appareils qui ont permis leur inculpation. Nos sources précisent que les deux Françaises ne sont pas d’origine maghrébine ou d’origine arabe mais qu’elles sont françaises de souche et possèdent des noms et prénoms français. C’est pour la première fois que les services de sécurité mettent la main sur des Françaises qui seraient impliquées dans des affaires de terrorisme en Algérie. On ignore les détails de cette arrestation et le degré d’implication de ces deux femmes avec les groupes terroristes, mais l’on sait que le nombre de femmes françaises qui rejoignent la Syrie et l’Irak à partir du sol français est en nette progression ces deuxdernières années. Un terroriste français sur trois, présent en Irak et en Syrie, est une femme, selon un rapport des services de sécurité français cités par les médias.

           Ainsi, sur les 600 ressortissants français présents dans les rangs de l'organisation de l’État islamique, le rapport recense 220 femmes aux côtés des différents groupes terroristes actifs au Moyen-Orient, selon le même rapport.
           Par ailleurs, nous avons appris que six autres personnes présumées appartenir à des groupes terroristes en lien avec Daech ont été arrêtées, ces derniers jours, dans la localité de Boudouaou par les mêmes services de sécurité avant d’être placées sous mandat de dépôt pour “appartenance à un groupe terroriste et apologie du terrorisme”. Il y a quelques jours, les services de sécurité ont également arrêté à Sidi Daoud et Baghlia, 30 km à l’est de Boumerdès, trois autres personnes âgées entre 20 et 35 ans pour “soutien aux groupes terroristes”.
M. T.           


Colloque international sur les politiques de défense nationale à Ouargla

Envoyé par Marcel
http://www.liberte-algerie.com/actualite/la-menace-de-daech-est-toujours-presente-dans-la-region-subsaharienne-263660


Par Liberté Algérie : 03. 02. 2017   l Par Ammar Dafeur

La menace de Daech est toujours présente dans la région subsaharienne
Le terrorisme et le grand banditisme, les principaux thèmes abordés lors du colloque.


        La sécurité de la sous-région constitue un défi pour l’Algérie qui doit faire face à la menace extérieure induite par la vulnérabilité des pays voisins.

        C’est parce que la défense nationale constitue de nos jours la préoccupation de nombre de chercheurs et penseurs qui considèrent que la protection des frontières constitue un des piliers de l’indépendance et de la souveraineté nationale afin de faire face à toute menace que la faculté de droit d’Ouargla a organisé, les 30 et 31 janvier, un colloque international sur les politiques de défense nationale entre préservation de la souveraineté nationale et défis géostratégiques.

        Cette rencontre qui a regroupé des universitaires et experts nationaux et étrangers, a mis en exergue trois volets : la définition de la sécurité de façon globale, ses spécificités et sa définition en tant que phénomène intercontinental, les menaces sécuritaires au niveau du continent africain et du Moyen-Orient et enfin comment aller vers une approche globale et régionale afin de cerner les zones de perturbations et de conflits en utilisant des technologies modernes pour faire face aux menaces dites “hard” telles que le trafic d’armes et le terrorisme mais aussi celles dites “soft” telles que l’immigration clandestine, les maladies et épidémies. Dans son intervention intitulée “les conséquences de l’insécurité en Afrique subsaharienne sur les pays de l’Union du Maghreb”, M. Azzedine Ziani, ancien ambassadeur et ancien premier conseiller politique des Nations unies à Bamako, dira que “l’Algérie demeure un pays convoité. Comme elle représente pour ceux qui ont mis en pratique ce plan destructeur et diabolique, un pays incontournable. Ils insistent pour que l’Algérie soit touchée par ce printemps arabe. Donc ces daéchiens qui sont sur le point de revenir ne vont pas, malgré les apparences, rentrer chez eux. Néanmoins, la plupart d’entre eux va s’installer dans cette partie de l’Afrique subsaharienne au Burkina Faso et notamment au Mali car ce pays est le ventre mou de la région et dont la situation interne s’y prête parfaitement. Il faut savoir que le Mali est mal géré, son pouvoir central ne maîtrise pas tout”. Et de prévenir que “la menace est toujours présente donc il faut se préparer sérieusement pour ne pas tomber dans ce que d’autres pays ont connu”. Et d’ajouter : “Comme vous savez que le futur dans le domaine énergétique est le gaz naturel et que l’Algérie est un pays très riche en la matière, il est normal qu’il soit convoité et fasse partie de ce plan diabolique, ce qui nécessite de redoubler de vigilance car toute la responsabilité de la région est mise sur l’Algérie qui doit protéger ses 6300 km de frontière qu’elle partage avec ces pays africains.” Pour l’orateur, la solution est dans la reconstruction de l’UMA, qu’“il faut réanimer, alors que maintenant le Maroc a regagné l’Union africaine sans exiger le départ de la Rasd.

        Donc c’est déjà un grand pas et pourquoi ne pas faire de même et intégrer la République sahraouie dans l’UMA”. La sécurité cybernétique était, aussi, au menu de ce colloque du fait qu’elle constitue une menace majeure sur la sécurité des pays. Selon le Dr Slimane Araj, enseignant à l’université d’Alger 3, “l’arrivée de l’Internet et son utilisation massive au cours de ces dernières années ont donné lieu à de nouvelles menaces contre l’État et la société. Ce qui nécessite l’adoption de nouvelles stratégies pour faire face à ces menaces grâce à la mise en place d’un dispositif juridique et institutionnel”. Et de préciser : “Pour le cas de l’Algérie, sur le plan juridique une loi portant sur les règles particulières de prévention et de lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information et de la communication a été déjà adoptée. Sur le plan institutionnel il existe un centre de prévention et de lutte contre la criminalité informatique et la cybercriminalité qui a pour mission d’assister les unités de police judiciaire en matière d’investigations sur les infractions numériques et de collecter des informations à échanger avec ses interfaces à l’étranger, permettant de réunir toutes les données utiles pour la localisation et l’identification des auteurs des infractions liées aux technologies de l’information et de la communication.”Aussi, ce colloque a été marqué par l’organisation de trois ateliers, à savoir le rôle de l’armée nationale dans le développement local, la menace cybernétique et l’étude des cas des pays en conflit.

Ammar Dafeur           

           NDLR:



CIMETIERE ZEGHOUANE

Envoyé par Albert
http://www.huffpostmaghreb.com/2017/02/13/annaba--des-tombes-deteriorees-suite-a-un-glissement-de-terrain-cause-par-un-chantier-anarchique_n_14718876.html


Par HuffPost Algérie : Lundi 13 février 2017  par Hani Ghoualmi

Annaba : Des tombes détériorées suite à un glissement de terrain causé par un chantier anarchique

           C’est avec indignation et dégoût que les Bônois ont découvert ce vendredi les dégâts survenus dans le cimetière de Zeghouane.

           "Le cimetière de Bône, l’envie de mourir il te donne." Une citation historique et populaire qui donne un aperçu sur la beauté de ce lieu. Ce cimetière de Zeghouane boisé de pins maritimes, palmier et sapins surplombant la mer (plage Vidro) a été endommagé ce vendredi 10 février au matin par des travaux de terrassement faites d’une façon anarchique. ciemtière zeghouane

           Des engins, présents depuis quelques jours sur les lieux, ont entamé des travaux de terrassement tout juste au pied du mur inférieur du cimetière. Suite aux récentes pluies hivernales, le mur n’a pas résisté à la pression et les tombes ont malheureusement été entraîné par le glissement de terrain et emporté par les amas de terres.

           Sur la page Facebook du groupe Annabi à 100% , on découvre à quel point le cimetière a été endommagé.

           Indignation générale sur les réseaux sociaux et une absence totale des autorités locales

           "Écœurant". "Mon père a été inhumé la semaine passée, j’espère que sa tombe n’a pas bougé". "Je suis allé voir ce matin, la tombe de mon père a été épargnée de justesse".

           Ces quelques commentaires d’internautes annabis démontrent l’indignation face à ce drame. "Même les morts ne sont plus respectés dans cette ville" s’exclame encore Fayçal sur une page facebook locale qui a mis en ligne des photos des tombes abîmées.

           Une pétition en ligne a été lancé : "Monsieur le Wali d’Annaba, arrêtez ce massacre !"

           Sur ce chantier (situé face à la plage Vidro), aucun panneau informatif n’a été mis en place pour indiquer la nature des travaux entrepris, laissant ainsi le doute planer sur le projet. Une pratique de plus en plus courante dans cette ville.

           Certains Bônois, croient savoir, que le projet en question est celui de la construction d’une mosquée et le terrain mitoyen du cimetière qui servait de terrain de jeux pour les enfants a été totalement détruit par les pelleteuses.

          



MILA, L’historique moulin de Sennaoua sera restauré

Envoyé par Gilbert
http://www.liberte-algerie.com/est/lhistorique-moulin-de-sennaoua-sera-restaure-264896


Par le Monde Afrique : Lundi 22 février 2017  par KAMEL B.

L’historique moulin utilisé par les moudjahidine comme cache d’armes durant la Révolution

           La bâtisse avait abrité, entre 1948 et 1950, de nombreuses rencontres secrètes auxquelles participaient Boussouf, Didouche, Zighoud, Boudiaf, Aït Ahmed et Bentobal.

           Le moulin Verges, qui avait servi de cache d’armes et de point de rencontre de certaines figures de la révolution entre 1948 et 1950, lorsqu’il avait été loué par Lakhdar Bentobal, ne sera pas démoli comme l’a décidé, dans un premier temps, le wali de Mila. Situé à Sennaoua, à l’est de la ville de Mila, le moulin à grains en question, possédé alors par un couple de colons, M. et Mme Verges, avait été loué par Lakhdar Bentobal en 1948, qui l’avait transformé, à la barbe de l’administration française, en lieu clandestin de réunions des militants du MTLD, dont il faisait partie.

           Selon le directeur des moudjahidine de Mila, Ghadbane Karim, la bâtisse avait abrité, entre 1948 et 1950, de nombreuses rencontres secrètes auxquelles avaient participé Boussouf, Didouche, Zighoud, Boudiaf, Aït Ahmed et Bentobal. L’endroit avait été utilisé également comme cache d’armes à cette époque.

           Faisant face actuellement à la nouvelle résidence de la wilaya en construction dans la localité de Sennaoua, l’historique meunerie à grains a été classée “à démolir” dans un premier temps, avant que la proposition de sa réhabilitation faite par la direction des moudjahidine ne soit finalement admise. “Le wali a accepté l’idée de restauration de l’historique bâtisse”, nous dira M. Ghadbane. Notre source souligne que les travaux de réhabilitation du site seront pris en charge financièrement par la wilaya. “Une expertise du sol et une étude technique de faisabilité seront lancées très prochainement”, affirme-t-on. Notre interlocuteur précise que le ministère des Moudjahidine considère ce moulin comme un monument historique à préserver : “Il a la même valeur historique que les monuments de la vieille ville de Mila.”

           Il est à souligner que depuis le lancement des travaux de construction de la nouvelle résidence de la wilaya, plusieurs voix ont défendu l’idée de sa démolition pour le prétexte qu’il “dénature quelque peu la physionomie moderne des bâtiments qui poussent dans la région”, un avis que les associations de défense du patrimoine matériel de la ville et la direction des moudjahidine n’ont pu digérer.

KAMEL B.           




MESSAGES
S.V.P., Lorsqu'une réponse aux messages ci-dessous peut, être susceptible de profiter à la Communauté, n'hésitez pas à informer le site. Merci d'avance, J.P. Bartolini

Notre Ami Jean Louis Ventura créateur d'un autre site de Bône a créé une rubrique d'ANNONCES et d'AVIS de RECHERCHE qui est liée avec les numéros de la Seybouse.
Pour prendre connaissance de cette rubrique,

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sur le site de notre Ami Jean Louis Ventura


De M.

         Mon adresse est :
--------------------

De M. Pierre Jarrige

Chers Amis
Voici les derniers Diaporamas sur les Aéronefs d'Algérie. A vous de les faire connaître.

    Diaporama 105                                          Lieutenant Bleuberet 6
    Diaporama 106                                          Lieutenant Bleuberet 7
    Diaporama 107                                          Lieutenant Bleuberet 8
    Diaporama 108                                          Lieutenant Bleuberet 9
    Diaporama 109                                          Lieutenant Bleuberet 10
Pierre Jarrige
Site Web:http://www.aviation-algerie.com/
Mon adresse : jarrige31@orange.fr



DIVERS LIENS VERS LES SITES

M. Gilles Martinez et son site de GUELMA vous annoncent la mise à jour du site au 1er Mars 2017
Nous vous invitons à visiter la mise à jour.
http://guelma.piednoir.net/


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Le sermon du curé
Envoyé par Eliane
       C'est un curé qui monte en chaire un dimanche matin et dit à ses fidèles
       - Mes chers paroissiens, le titre du sermon du dimanche prochain sera :
       " FOURRER ; PÉNÉTRER ; DÉCHARGER et JOUIR"
       - À dimanche prochain...

       Le message s'est transmis durant la semaine, de bouche à oreille dans le village.

       Le dimanche suivant, l'église était bondée, il y avait jusqu'à 3 rangées debout en arrière.

       Arrive le sermon, M. le curé monte en chaire et dit :

       - Mes très chers paroissiens, je vous remercie d'être venus en si grand nombre ce matin et, tel que promis la semaine dernière le sujet spécial de ce matin est :

« FOURREZ -VOUS bien dans la tête
que pour PÉNÉTRER dans le royaume des cieux,
il faut vous DÉCHARGER de vos péchés
afin de JOUIR du paradis éternel»
« AMEN.»



Si vous avez des documents ou photos à partager,
n'hésitez-pas à nous les envoyer. D'avance, Merci.

                 EN CLIQUANT. ===> ICI


Notre liberté de penser, de diffuser et d’informer est grandement menacée, et c’est pourquoi je suis obligé de suivre l’exemple de nombre de Webmasters Amis et de diffuser ce petit paragraphe sur mes envois.
« La liberté d’information (FOI) ... est inhérente au droit fondamental à la liberté d’expression, tel qu’il est reconnu par la Résolution 59 de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée en 1946, ainsi que par les Articles 19 et 30 de la Déclaration universelle des droits de l'homme (1948), qui déclarent que le droit fondamental à la liberté d’expression englobe la liberté de « chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit ».
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